Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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7 novembre 2020

Apéro virtuel II.6 – samedi 7 novembre 2020

Classé dans : Actualité, Arts et beaux-arts — Miklos @ 23:59

Le choléra en France. Paris : mesures de désinfection prises à la gare de Lyon,
à l’égard des voyageurs arrivant de Toulon et de Marseille.
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Amusante coïncidence, l’apéro d’hier étant passé par la Gare du Nord, Michel commence par une brève visite de la gare de Lyon, avec, en arrière-plan, une gravure de 1884 illustrant les mesures de désinfection qui y avaient été prises à l’égard des voyageurs arrivant de Toulon et de Marseille (ce que ne fait pas la SNCF de nos jours…), suivie d’un album en ligne de photos qu’il y avait prises – et notamment du Train Bleu – en 2014, lors des Journées du patrimoine, avec pour finir une photo du repas que François lui y avait offert pour son anniversaire en 2019.

Après une discussion de « la situation » et de la complexité des décisions que doivent prendre les uns et les autres, Françoise (C.) fait visiter l’église Santa Maria presso San Satiro (cf. ses photos) qui a la particularité de n’avoir quasiment pas de chœur (du fait d’une rue qui passe derrière l’église et qu’il fallait préserver), remplacé par une peinture en trompe-l’œil derrière l’autel qui donne l’illusion de profondeur.

Ensuite, Jean-Philippe parle de Civilizations de Laurent Binet1, qui, malgré l’orthographe plutôt anglaise de son titre, est bien écrit en français, livre dont il a déjà lu trois des quatre parties. Il s’agit d’une uchronie, selon laquelle ce seraient les Vikings qui seraient arrivés, bien avant Colomb, aux Amériques; que Colomb et les siens y disparaissent, et que c’est Atahualpa l’Inca qui débarque avec son entourage, au Portugal… L’auteur veut-il, demande Jean-Philippe, faire ressentir aux Occidentaux leur responsabilité d’avoir assujetti, colonisé, perverti, et doivent donc rendre ce qu’ils y ont pris (pour leurs musées, par exemple) ? Une longue discussion s’ensuit, dans laquelle Michel questionne (sans avoir une opinion tranchée) les recherches scientifiques (archéologiques, médicales, culturelles, etc.) qui ne respectent évidemment pas les valeurs des cultures passées ou présentes (par exemple avec l’exhumation de morts, leur transport ailleurs, et tout ce qui en découle). Questionnement sur le savoir, ses valeurs, son utilité (et pour qui)…

Sur ce, on termine l’apéro pour aller voir si les États-Unis continuent ou non à se Trumper.

Et pour demain : comme précédemment, nombre de sujets ont été proposés – un instituteur (ou institutrice) qui a changé votre vie, une expérience en tant qu’enseignant(e), une œuvre musicale qui vous a marqué, une visite de là où l’on se trouve actuellement (ou de tout autre endroit), et, bien entendu, chacun est libre de choisir un autre sujet. Il faut penser à avoir beaucoup à dire, parce qu’on n’aura pas l’occasion de remplir les vides en parlant encore une fois de la bataille Trump-Biden…

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1 Après l’apéro, en effectuant quelques recherches, j’ai trouvé cette intéressante critique du roman de Binet.

6 novembre 2020

Apéro virtuel II.5 – vendredi 6 novembre 2020

Classé dans : Actualité, Arts et beaux-arts, Lieux — Miklos @ 23:59

De la galerie Vivienne à Paris à la centrale thermique du Havre via la plage de Trouville.
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Après avoir levé ensemble (bon difficile à synchroniser parfaitement sur Zoom) le coude, Michel ouvre la séance par une brève pré­sen­tation de quelques galeries et passages couverts de Paris qui s’est terminée sur une vue de la plage de Trouville et, au loin, Le Havre (cf. photos ici, prises lors des différentes visites de Paris et de ses musées, monuments et autres lieux intéressants qu’il avait fait faire à des couchsurfeurs qu’il avait hébergés et nourris, le tout gracieu­sement).

Après, c’est le tour de Sylvie : ayant parcouru le très beau site dont François avait envoyé l’adresse et qu’il avait fait suivre, elle parle (et montre des photos) d’un des monuments qui y sont mentionnés, Saint-Germain-de-Charonne, l’une des plus anciennes églises de Paris, et de ses environs, rues et autres lieux intéressants (religieux ou non). Puis, pour faire le lien avec un thème d’un précédent apéro, l’enseignement, elle raconte son expérience entre autres à la FCPE (fédération des conseils de parents d’élèves). Jean-Philippe rappelle que cette église était devenue quelque peu mythique au cinéma, parce qu’on la voit entre autres dans Les Tontons flingueurs.

Françoise (C.) aurait voulu par exemple faire visiter les Navigli, quartier pittoresque en bordure de Milan (ville dans laquelle elle se trouve actuellement) où l’on trouve encore quelques restes des canaux artificiels construits au cours des siècles passés, mais ne sachant comment montrer les photos qu’elle en a fait, elle n’a pu préparer leur présentation pour l’apéro. Michel lui dit alors qu’il l’aidera pour ses prochaines présentations.

Enfin, Jean-Philippe présente un de ses livres, Paris déplacé. Du XVIIIe siècle à nos jours (architecture, fontaines, statues, décors) de Ruth et Gilles Fiori, qui relate plus de 200 « déplacements » du patri­moine parisien, dans Paris ou ailleurs en France, voire à l’étranger ; ainsi, l’édifice original de la Gare du Nord se trouve… à Lille.

On termine l’apéro sans pouvoir éviter d’évoquer la paire Trump-Biden.

4 septembre 2020

La valeur n’attend pas le nombre des années, mais quel est ce nombre exact ?

Classé dans : Musique, Médias — Miklos @ 11:43

Anatole Fistoulari

Lorsqu’on consulte dans la Wikipedia les biographies parallèles du grand chef d’orchestre Anatole Fistoulari (1907-1995), on remarque ceci :

  • (Français) Instruit par son père, Anatole dirige pour la première fois un orchestre à seulement huit ans, où il interprète une œuvre complexe de mémoire : la Sixième symphonie, Pathétique, de Tchaïkovski à l’opéra de Kiev.

  • (English) Anatole conducted for the first time, at the age of seven, Tchaikovsky’s 6th Symphony, the Pathetique, at a charity concert at the Opera House in Kiev.

  • (Español) Anatole dirigió por primera vez una orquesta con sólo siete años, cuando interpretó una obra tan compleja como la Sinfonía nº 6, Patética, de Chaikovski.

  • (Català) Als set anys dirigí de memòria la Simfonia núm. 6 (Txaikovski), a l’Òpera de Kíev

  • (Deustch) […] gab selbst sein Orchesterdebüt mit dem Alter von sieben Jahren mit Tschaikowskis Pathetique an.

On n’a pas besoin d’être polyglotte pour constater la différence. Les deux premières versions sont les seules à citer des sources pour cette information :

  • en français, le Dictionnaire des interprètes et de l’interprétation musicale depuis 1900 d’Alain Pâris, p. 281 ; on en a consulté une édition plus récente, Le Nouveau dictionnaire des inter­prètes, et l’on peut y lire : « à huit ans, il dirige la Symphonie pathétique de Tchaïkovski » ;

  • en anglais, deux articles publiés suite au décès de Fistoulari – l‘un du New York Times du 25 août 1995 qui écrit « Anatole Fistoulari, who made his debut as an orchestra conductor at age 7 […] in his native Kiev, Ukraine, conducting a performance of Tchaikovsky’s « Pathetique » Symphony. », un autre de l’Independent daté du 22 août 1995 qui débute par ces mots : « At the age of seven Anatole Fistoulari conducted Tchaikovsky’s Pathetique Symphony in his home city, Kiev ».

En effectuant une recherche complémentaire, on trouve un article de Beaux arts du 25 mars 1938 (p. 5), signé Claude Chamfray, intitulé « Quelques instants avec Fistoulari » et qui débute ainsi :

Les petits prodiges compositeurs ou instrumentistes ne sont pas rares. chaque Conservatoire en a compté sur ses listes d’élèves. Mais il est exceptionnel qu’un enfant ait la vocation de chef d’orchestre. Ce fut pourtant le cas d’Anatole Fistoulari qui. à l’âge de sept ans, prenait la baguette de chef pour conduire, à Kiev, sa ville natale, la Sixième Symphonie de Tchaïkowski. Ceci se passait en 1908.

— Ce désir s’imposa à moi. me confiait l’autre jour Fistoulari. Enfant, je préférais l’opéra aux jeux de mon âge. Un jour, j’affirmais à mon père ma volonté de diriger la Sixième Symphonie de Tchaikowski entendue par hasard, et qui m’avait laissé une impression violente.

« Bien entendu, mon père me conseilla de faire quelques années de piano ! Mais je ne pouvais attendre, et mon désir se réalisa.

— Quel souvenir avez-vous gardé de ce premier contact avec l’orchestre et le public ?

— Une satisfaction immense et purement musicale. Je n’avais pas le trac. Un peu de nervosité seulement, avant d’entrer dans la salle.

Mais est-ce une source tout à fait fiable ? Le premier paragraphe précise que ce fameux concert avait eu lieu en 1908. Or Fistoulari étant né en 1907 (au moins, toutes les sources, articles de presse y compris, s’accordent là-dessus), il aurait eu un an, lors de ses débuts… À cet âge-là, les humains normalement constitués commencent surtout leurs activités musicales dans le bel canto plutôt que dans la direction d’un orchestre (même si leurs cris et chuchotements sont destinés à faire marcher leurs parents à la baguette)…

Quant à quelques autres sources, principalement « papier » (livres, journaux, périodiques), qu’on a trouvées, voici ce qu’on y lit :

  • Encyclopédie Larousse en ligne (extrait de l’ouvrage Larousse Dictionnaire de la musique) : « Il [...] fit une carrière d’enfant prodige, débutant à l’âge de sept ans à l’Opéra de Kiev en dirigeant la 6e Symphonie de Tchaïkovski.

  • Le Oxford Dictionary of Music (2013) écrit à propos de Fistoulari (p. 295) : « Cond. Tchaikovsky’s 6th Sym. in Kiev at age of 7. » Succinct, mais clair.

  • Le International Who’s Who in Music and Musicians’ Directory (1994) : « Debut : First Symphony concert, Kiev 1914 » (donc avant ses huit ans).

  • Le Merit Students Encyclopedia (1973) ; « A child prodigy, Fistoulari conducted his first symphonic concert in Kiev at the age of eight. »

  • The Gramophone vol. 73, 1995 : « at the age of seven, gained a reputation as a child prodigy when he directed, from memory, a performance of Tchaikovsky’s Pathétiquefle nouv Symphony. »

  • Compositeurs et interprètes russes : du XVIIe à nos jours d’Ararat Dani­elian (2007), p. 131 : « …et voit s’ouvrir devant lui une carrière d’enfant prodige : à 8 ans, il dirige la Symphonie pathétique de Tchaï­kovski. »

  • Heard Melodies are Sweet: A History of the London Philharmonic Orchestra d’Edmund Pirouet (1998), p. 57 : « Born in Kiev in 1907 , he reputedly conducted Tchaikovsky ’s Pathétique Symphony at the tender age of seven ».

  • Le site du Conservatoire Tchaïkovski de Moscou écrit ceci : « Григорий Фистулари был директором филармонического училища в Петрограде, он направил сына на поприще дирижирования, и под его руководством Анатоль уже в семь лет дебютировал за дирижерским пультом. »

Pour clore sans pouvoir conclure (il faudrait sans doute consulter la presse russe de ces années-là), on remarquera que le style des pages Wikipedia est parfois sujet à caution (tout autant que les informations elles-mêmes) ; on citera pour exemple la page anglaise consacrée à Fistoulari, où il est écrit : « His repertoire widened to include items like his father-in-law’s Fourth Symphony in his busy concert schedule. » alors que l’identité de ce mystérieux beau-père ne se révèle que si l’on clique sur le lien fourni avec le titre de l’œuvre, ou, cinq paragraphes plus bas, où il est mentionné qu’il avait épousé Anna Mahler, fille de Gustav Mahler, en 1943…

10 août 2020

Pourquoi les Américains à Paris souffrent moins de la canicule que les Français

Classé dans : Actualité, Sciences, techniques, Société — Miklos @ 14:42

Hot Weather Sketches. Illustration du The Illustrated London News, 23 juillet 1881..

J’ai deux thermomètres qualifiés de vintage par leur vendeur (« néo-rétro » vend moins bien) : l’un accroché à l’ombre sur l’embrasure externe d’une de mes fenêtres, l’autre au centre de mon appartement.

Pour illustrer la grande diffé­rence de températures hier à 17h30 – 39,5°C sur rue, 28°C en intérieur (sans cli­ma­ti­sa­tion, je précise : je ferme volets et fenêtres), j’ai photo­gra­phié ces deux instru­ments, et ai mis côte à côte, à la même échelle (en alignant les deux gra­duations en Celsius), le résultat, que l’on peut voir ci-contre (cliquer pour agrandir).

C’est alors que j’ai remarqué que les graduations en Farenheit ne correspondaient pas l’une à l’autre, elles. Et si l’on fait un rapide calcul (C = (F-32) x 5 / 9), on constate que c’est le thermomètre de droite qui affiche une échelle plus basse de 10°F que les valeurs correctes.

En regardant de plus près l’ensemble de ce thermomètre (que l’on peut voir ci-contre à gauche, cliquer pour agran­dir), je m’aperçois que le mar­quage en Farenheit disjoncte au-dessus des 50°F : l’indi­cation suivante aurait dû être 70°C, puis 90°, etc. Soit dit en passant, il manque aussi le signe « moins » devant les mesures en-dessous du 0°F.

Et enfin, comble de la contre­façon contre lequel ce thermo­mètre avertit, si l’on compare cet objet à celui d’ori­gine (cf. photos ci-contre, cliquer pour agran­dir), on voit que sur ce dernier les tempé­ratures sont indi­quées en Celsius des deux côtés du tube central. Le rem­pla­cement du marquage de droite par l’échelle Farenheit est destiné, sans nul doute, aux touristes anglo­phones qui utilisent encore cette unité de mesure. On est très curieux de savoir dans quel pays ces contre­fa­çons ther­mo­mè­tres ont été fabriqués.

Ainsi, pour eux, il ne ferait, d’après ce thermomètre, que 92°F (ce qui correspond à 33°C, au lieu des 39,5°C = 102°F). Mais au vu des restrictions sur les vols internationaux du fait de la pandémie, ce type de touristes ne vient pas chez nous. Alors pourquoi ne pas revenir au vintage d’origine ?

3 août 2020

Un remède idéal contre le covid-19 : la poudre de perlimpinpin conspirationniste

Classé dans : Médias, Santé, Sciences, techniques, Société — Miklos @ 12:30

Caricature d’Éric Paratcha. Cliquer pour aggrandir.

Je n’ai aucune expertise scientifique médicale, mais je suis sidéré par ce qu’affirme une généticienne (qui n’est pas épidémiologue) dont je tairai le nom – inutile d’en rajouter à sa visibilité – sur une vidéo YouTube vue sur la page Facebook d’une amie (ces deux sites étant des vecteurs reconnus de la pandémie de fake news et de conspi­ra­tion­nisme, soit dit en passant). J’y reviendrai.

Mais je ne devrai pas être sidéré – cette vidéo est diffusé sur une chaîne YouTube d’extrême-droite, à propos de laquelle Marianne écrivait en 2016 : « ce média alternatif fondé par des anciens du Front national s’est imposé dans la “réacosphère” depuis sa création en 2014. Sous ses allures de chaîne neutre et professionnelle, [cette chaîne] fustige les “commentateurs officiels” et défend une ligne réso­lument identitaire (…) Elle apparaît désormais comme le pendant télé­visuel de la vieillissante Radio Courtoisie, antenne tradi­tion­nelle de l’extrême droite, dont elle a d’ailleurs récupéré plusieurs ani­mateurs. » Cette généticienne « fréquente » aussi au moins deux autres chaînes YouTube, l’une plus confidentielle, dont l’orientation conspirationniste semble assez claire, et l’autre anti « mariage pour tous », PMA, etc.

Pour en revenir à cette généticienne, sa page LinkedIn indique qu’elle est directeur de recherche à l’Inserm – or le site de ce dernier ne la mentionne pas et d’autres sites en parlent au passé. Elle l’a donc bien été, mais il semblerait que les dernières mentions de l’Inserm la concernant datent d’il y a plusieurs années, et je n’ai pas trouvé ce qu’elle a fait depuis, scien­ti­fi­quement parlant. Je rajouterai que ce n’est pas parce qu’elle y aurait fait un travail reconnu dans le passé (dans un autre domaine que celui de l’épidémiologie, si je comprends bien) qu’elle ne pourrait pas disjoncter, comme l’avaient fait d’autres scien­ti­fiques reconnus à l’instar de Linus Pauling (prix Nobel de chimie) à propos de la vitamine C ou de l’immunologue Jacques Benveniste à propos de la mémoire de l’eau.

Dès le début de l’entretien dans la vidéo en question, on voit bien que, sous-jacents à ses thèses, il y a une conspiration – bien qu’elle n’utilise pas le mot explicitement – et des arguments contradictoires en soi, que ce soit à propos de l’origine humaine (dans le fameux laboratoire P4 en Chine) récente du virus (alors qu’elle mentionne en passant qu’il circulait bien avant chez des animaux, et des recherches récentes le montrent bien présent chez la chauve-souris depuis longtemps), le fait que ce ne soit pas une pandémie mais un « épisode », que la courbe en cloche montre bien que les chiffres d’infection et de mortalité n’augmentent plus (ce qui est contraire à ce qui se passe dans divers pays et régions du monde et de la France, que ce soit en Australie, en Afrique, en Belgique, en Espagne…), et que, s’il y a une croissance du chiffre des décès, c’est dû aux comorbidités (seraient-ils donc morts maintenant même s’il n’y avait pas eu de coronavirus?), et que de toute façon, il y a plus de morts de la tuberculose que du covid-19 (sauf qu’elle ne dit pas en combien de temps ! pour la tuberculose, ce sont des chiffres annuels, pour le covid-19, au plus semi-annuels), que le Plaquenil (nom de marque de l’hydroxychloroquine) a montré de l’efficacité (alors que de plus en plus de tests ne le démontrent pas), que les masques ne protègent rien de rien et voire pire (les mailles laissent passer le virus, affirme-t-elle ; or si un virus tout seul passerait partout, il n’est jamais « tout seul » mais transporté par des supports bien physiques ; ce que les masques visent à éviter, ce sont les gouttelettes porteuses du virus prin­ci­pa­lement émises en toussant ou éternuant) et que le confinement n’a que des effets négatifs sur la santé physique, psychique (ce qui n’est pas totalement faux mais il a eu un effet clair et démontrable sur la baisse des cas graves/mortels – je ne doute pas qu’elle l’attribuerait à la « courbe naturelle » de cet « épisode » et non pas à quelque action humaine) et sociale (la commu­ni­cation entre tous), et j’en passe.

Alors, pourquoi « croire » à l’une ou l’autre thèse ? Je répondrai indi­rec­tement : pourquoi croire que la Terre est plate (ou ronde) ? Je ne suis pas vraiment en mesure de le vérifier moi-même (ou si indi­rec­tement que ce n’est pas une preuve). Se peut-il par exemple que toutes les photos de la Terre qui en montrent la rondeur (si je puis dire) soient en fait traficotées, comme l’auraient été celles des chambres à gaz nazies, selon les négationnistes de la Shoah, et donc où aurait-donc disparu une grande partie de ma famille ? Se peut-il que ce ne soit qu’une conspiration des scientifiques à la solde des laboratoires commerciaux qui visent ainsi à pousser la vente de leurs produits, médi­caments et masques ?

Eh bien, pour ma part, je ne « crois » pas un mot de ce que dit cette dame. Il y a des questions bien plus importantes (à mon sens) qui émergent au fil des découvertes scientifiques concernant ce virus, par exemple : on dit (une étude du King’s College de Londres) maintenant que l’immunité acquise par une personne qui aurait été exposée au virus ne durerait que quelques mois, quid de l’efficacité d’un quel­conque vaccin et/ou de l’immunité de groupe ? Et que signifie alors « immunité collective » si c’est le cas ? Réponse intéressante : « Les spécialistes font toutefois remarquer que l’immunité ne repose pas que sur les anticorps, mais aussi sur la réponse cellulaire. “Même si vous vous retrouvez sans anticorps circulants détectables, cela ne signifie pas néces­sairement que vous n’avez pas d’immunité protectrice parce que vous avez proba­blement des cellules mémoire immu­nitaires qui peuvent rapidement entrer en action pour démarrer une nouvelle réponse immunitaire si vous rencontrez à nouveau le virus. Il est donc possible que vous contractiez une infection plus bénigne” avance Mala Maini, (University College de Londres). »

Quant à un vaccin contre le coronavirus : il me semble (je répète, je n’ai aucune compétence dans les sciences de la médecine…) qu’il n’y a pas encore assez de savoir concernant la durée de l’immunité induite soit par la maladie elle-même soit par un éventuel vaccin (mais c’est vrai aussi – différemment – pour la grippe : le vaccin est efficace pendant un temps, et doit, lui aussi, évoluer pour correspondre autant que faire se peut aux mutations du virus). La course au vaccin a des motivations… variées : d’une part, contrer la pandémie et éviter ou réduire le nombre de malades et de morts, mais aussi, pour ceux qui le découvriraient, des rentrées commerciales non négligeables. Ce dernier facteur n’est pas une raison en soi de les suspecter de traficoter les vaccins, ni à l’inverse de faire de l’angélisme : c’est pourquoi il est plus que jamais nécessaire – voire vital – d’avoir des organismes de supervision indépendants (et, je rajouterai, de médias reconnus et indépendants), pour nous renseigner, nous fournir des éléments, qui nous permettraient de décider en meilleure connaissance de cause (le savoir absolu n’existe pas…), et pas selon des idéologies ou des peurs et des suspicions.

Pour finir : il est toujours plus facile de crier au mensonge (ou à la mani­pulation) – cela peut se faire même en quelques mots sur Twitter, comme le démontre le président américain – que de démontrer une thèse, processus bien plus complexe et long à exprimer. Il est donc compré­hensible pourquoi ces types de messages convainquent facilement : par facilité, et se transmettent tout aussi faci­lement – par un clic, même sans l’avoir lu. En ce sens, ils peuvent faire des dégâts réels : ceux qui y adhèrent ne se proté­geront pas et ne proté­geront pas les autres, contribuant ainsi à la (re)diffusion du virus. Et quel masque est efficace à leur encontre ? la vérification des sources.

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