
Jeff attire l’attention d’Akbar sur un phénomène inquiétant : depuis la mi-novembre, on remarque l’apparition de corpulents barbus un peu partout : coins de rues, marchés ouverts, grands magasins… Tout lieu public est bon pour eux. Et il y en a de plus en plus. « On » nous avait bien prévenus, s’exclame Akbar in peto.
La tête couverte d’une capuche ou d’un bonnet, ils portent en général une moustache et une barbe bien fournies qui dissimulent les traits de leurs visages. Tous plus enrobés que la moyenne, ils sont habillés d’une sorte de djellaba ou de burnous qui semble dissimuler on ne sait trop quoi d’encombrant qui ceint leur taille et un imposant sac à dos.
Ils s’approchent surtout des enfants qu’ils tentent de charmer pour qu’à leur tour ils incitent leurs parents à sauter le pas. Et les parents, auxquels ils distribuent souvent des feuilles volantes voire des brochures, se laissent convaincre si facilement… !
Les pères Noël sont des ordures, murmure Akbar cinéphilement dans sa barbe.

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Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

Confucius, Les livres classiques de l’empire de la Chine, recueillis par le Père Noël, précédés d’observations sur l’origine, la nature et les effets de la philosophie morale et politique dans cet empire. Paris, 1785.

John Millar, Observations sur les commencemens de la société, traduit de l’anglais d’après la seconde édition. Amsterdam, 1773.
![Louis Moréri, Le Grand dictionnaire historique, ou Le mélange curieux de l’histoire sacrée et profane, qui contient en abrégé l’histoire fabuleuse des Dieux & des Héros de l’Antiquité Païenne […]. Tome septième. Paris, 1759.](http://blog.le-miklos.eu/wp-content/PereNoelTexte.jpg)
Louis Moréri, Le Grand dictionnaire historique, ou Le mélange curieux de l’histoire sacrée et profane, qui contient en abrégé l’histoire fabuleuse des Dieux & des Héros de l’Antiquité Païenne […]. Tome septième. Paris, 1759.

Louise Tardieu d’Esclavelles, marquise d’Épinay,
Les conversations d’Émilie. Tome 2. Paris, 1781.

Un couple de touristes regardant avec curiosité Paris du haut des tours de Notre-Dame.
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«La présence de cet être extraordinaire faisait circuler dans toute la cathédrale je ne sais quel souffle de vie. Il semblait qu’il s’échappât de lui, du moins au dire des superstitions grossissantes de la foule, une émanation mystérieuse qui animait toutes les pierres de Notre-Dame et faisait palpiter les profondes entrailles de la vieille église. Il suffisait qu’on le sût là pour que l’on crût voir vivre et remuer les mille statues des galeries et des portails. Et de fait, la cathédrale semblait une créature docile et obéissante sous sa main; elle attendait sa volonté pour élever sa grosse voix; elle était possédée et remplie de Quasimodo comme d’un génie familier. On eût dit qu’il faisait respirer l’immense édifice. Il y était partout en effet, il se multipliait sur tous les points du monument. Tantôt on apercevait avec effroi au plus haut d’une des tours un nain bizarre qui grimpait, serpentait, rampait à quatre pattes, descendait en dehors sur l’abîme, sautelait de saillie en saillie, et allait fouiller dans le ventre de quelque gorgone sculptée : c’était Quasimodo dénichant des corbeaux. Tantôt on se heurtait dans un coin obscur de l’église à une sorte de chimère vivante, accroupie et renfrognée : c’était Quasimodo pensant. Tantôt on avisait sous un clocher une tête énorme et un paquet de membres désordonnés se balançant avec fureur au bout d’une corde : c’était Quasimodo sonnant les vêpres ou l’angélus. Souvent la nuit on voyait errer une forme hideuse sur la frêle balustrade découpée en dentelle qui couronne les tours et borde le pourtour de l’abside : c’était encore le bossu de Notre-Dame. Alors, disaient les voisines, toute l’église prenait quelque chose de fantastique, de surnaturel, d’horrible; des yeux et des bouches s’y ouvraient çà et là ; on entendait aboyer les chiens, les guivres, les tarasques de pierre qui veillent jour et nuit, le cou tendu et la gueule ouverte, autour de la monstrueuse cathédrale. Et si c’était une nuit de Noël, tandis que la grosse cloche, qui semblait râler, appelait les fidèles à la messe ardente de minuit, il y avait un tel air répandu sur la sombre façade qu’on eût dit que le grand portail dévorait la foule et que la rosace la regardait. Et tout cela venait de Quasimodo. L’Égypte l’eût pris pour le dieu de ce temple ; le moyen âge l’en croyait le démon : il en était l’âme. À tel point que, pour ceux qui savent que Quasimodo a existé, Notre-Dame est aujourd’hui déserte, inanimée, morte. On sent qu’il y a quelque chose de disparu. Ce corps immense» est vide; c’est un squelette ; l’esprit l’a quitté, on en voit la place, et voilà tout. C’est comme un crâne où il y a encore des trous pour les yeux, mais plus de regard.
Victor Hugo, Notre-Dame de Paris.