Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

This blog is © Miklos. Do not copy, download or mirror the site or portions thereof, or else your ISP will be blocked. 

12 novembre 2015

Google’s “I am not so lucky”

Classé dans : Arts et beaux-arts, Sciences, techniques, Sculpture — Miklos @ 12:25


En recherchant l’Hôtel de Biron. Cliquer pour agrandir.

Lorsque l’on demande à notre AMI™Aspirateur Mondial de l’Information. à tous de rechercher des informations sur l’Hôtel Biron – qui, comme tout le monde sait, héberge le musée Rodin à Paris –, celui-ci répond, en première place, qu’il s’agit d’un hôtel commercial dont le nom n’a d’ailleurs rien à voir avec la requête d’origine malgré les guillemets dont on avait veillé à entourer les deux mots pour éviter leur séparation.

On aurait pu se dire que c’était une réponse prévoyante voire prévenante, nous indiquant AMIcalement où nous héberger à proximité dudit musée pour pouvoir le visiter sans traverser Paris : que nenni, cet hôtel-là est dans un autre arrondissement. Et si l’on obtempère à l’injonction « I am lucky » qui préconise de cliquer sur la toute première réponse sans avoir à parcourir les autres, on l’a dans l’baba. Thanks, G**gle !

10 novembre 2015

Quelques nouvelles de Modigliani

Classé dans : Actualité, Arts et beaux-arts, Peinture, dessin, Sculpture — Miklos @ 11:43


Amedeo Modigliani : Nu couché pour tous. Cliquer pour agrandir.

‘Sex. His nudes are hot. I know people who don’t like art, who love his nudes. And there’s even eroticism in his clothed women that makes you want to undress them.’ — Alison de Lima Greene, Museum of Fine Arts Houston curator.

170,4 millions de dollars pour un Modigliani aux enchères, un record (Romandie.com, 10/11/2015)

“Modigliani” a cura di Lea Mattarella (Genova Today, 9/11/2015)

Pozzuoli/Stradone-killer, l’appello al sindaco “Fai qualcosa in via Modigliani” (Cronaca Flegrea, 9/11/2015)

Modigliani: “Quando conoscerò la tua anima dipingerò i tuoi occhi”. La mostra (Arezzo Notizie, 6/11/2015)

New York : les enchères d’automne démarrent sagement chez Sotheby’s, un Modigliani à 42,8 M$ (Le Journal des Arts, 5/11/2015)

The True but Secret Story behind Amadeo Modigliani’s Favorite Model Paulette Jourdain (artnet, 5/11/2015)

Udine: visite guidate ai musei, Malignani, Modigliani e l’arte tessile sotto la lente (Udine20.it, 4/11/2015)

What Makes Modigliani’s Nu Couché Worth $100 Millions? (Artsy, 3/11/2015)

BD Modigliani, Prince de la Bohême par Le Hénanff et Seksik (Unidivers, 30/10/2014)

Modigliani’s sculptures among new exhibits at Confed Centre gallery (Journal Pioneer, 28/10/2015)

Da Modigliani a de Chirico, Lucca celebra Les Italiens de Paris (Spectacoli e Cultura, 28/10/2015)

Homenaje a Amedeo Modigliani (El Imparcial, 20/10/2015)

Panariello torna al Pala Modigliani “Sotto l’albero” (La Nazione, 21/10/2015)

Allestita a corso Mazzini la Testa di cariatide di Modigliani (Insideart, 21/10/2015)

Le quatuor Modigliani s’aventure sur les pas de Dvorak et Bartok (RTL, 20/10/2015)

“Quel Modigliani all’asta in America? Una vergogna, sparirà” (La Nazione, 20/10/2015)

Concert review: Modigliani Quartet shine through despite last-minute dramas (The Daily Telegraph, 13/10/2015)

Carrù: tre serate all’insegna di Modigliani, a Mondovì, Torino e Cuneo (TargatoCn, 12/10/2015)

Jovanotti sbanca a Livorno, terza data al Modigliani Forum (La Repubblica, 11/10/2015)

Quatuor Modigliani : quatre garçons dans le vent (Le Figaro, 16/7/2015)

7 Intriging Facts About Amadeo Modigliani on His Birthday (artnet news, 12/7/2015)

Un Modigliani s’envole à 13,5 millions d’euros (Le Figaro, 5/6/2015)

Modernism lite? Modigliani at the Estorick Collection reviewed (The Spectator, 6/5/2015)

Modigliani : A primer (Christie’s, 22/4/2015)

Modigliani and the Russian beauty : the affair that changed him (15/4/2015, The Telegraph)

Modigliani, Picasso, de Vinci : les chefs-d’œuvre au cœur de l’affaire Yves Bouvier (Le Temps, 5/3/2015)

Amadeo Modigliani, Anna Akhmatova. Deux absolus qui passionnent la romancière Elisabeth Barillé. « Un amour à l’aube » (Francetvinfo, 25/1/2015)

La poétesse russe de Modigliani (Le JDD, 9/3/2014)

Modigliani, le trésor caché (Le Figaro, 21/9/2012)

31 octobre 2015

Let’s go native, ou, Le sens (bien) caché…

Classé dans : Danse, Musique — Miklos @ 0:56


Ani’qu Ne’chawu’nani’, chant Arapaho (source)
Cliquer pour agrandir.

C’est en regardant sur Mezzo l’étonnante et souvent poétique et magique (et parfois curieusement kitsch) chorégraphie Voyageurs immobiles de P. Gentry et M. Underwood que j’ai été surpris d’entendre une chanson apprise dans mon enfance, sans que j’en aie compris alors les paroles : le web n’existait pas comme moyen universel de recherche de sens et de vérité.

Mais maintenant… Quelques clics m’ont permis de trouver deux sources francophones très estimées sur l’Internet – Wikipedia et YouTube – indiquant qu’il s’agissait d’une chanson en iroquois (langue que je ne pratiquais pas alors ; ni, d’ailleurs, maintenant, mais quoi doit être d’une ambiguïté extrême, les dites sources consultées en fournissant des traductions qui ne semblent pas avoir de rapport entre elles (sauf peut-être à en faire des analyses métaphysiques profondes pour en extraire les sens cachés) :

« Iroquois »

Traduction Wikipedia

Traduction YouTube

Ani’qu ne’chawu’nani’ (´2)

Awa’wa biqana’kaye’na (´2)

Iyahu’h ni’bithi’ti (´2)

Quand le soir descend au village indien

Le sorcier apparaît dans la vallée

Et le voilà qui arrive !

Père, aie pitié de moi,
Car je meurs de soif,
Tout a disparu – je n’ai rien à manger.

La source commune à ces citations – et à toutes celles qu’on a pu trouver – semble être un rapport scientifique datant de 1897 (cf. image ci-dessus) dans laquelle cette chanson est décrite comme un des plus tristes chants des danses des esprits des Arapahos – tribu amé­rin­dienne qui n’a rien à voir avec les Iroquois – et dont la signi­fication correspond à celle fournie dans YouTube. Quant à la Wikipedia, même le lien vers l’enregistrement sonore de la dite chanson ne fonctionne pas. Et pourtant, ce n’est pas si sorcier que ça.

Pour en revenir à la chorégraphie, j’y ai retrouvé une autre chanson de mon enfance aux paroles quelques peu mystérieuses : « Koukaboura rit dans l’eucalyptus… ». Si je savais alors ce qu’était un eucalyptus – il y en avait plein là où j’avais grandi – je n’avais aucune idée qui (ou quoi) était ce fameux Koukaboura. En tout cas, ça faisait très tribal.

Et là aussi les clics m’ont révélé qu’il s’agissait d’une chanson australienne composée un beau dimanche de 1932 par une professeure de musique, Marion Sinclair (et qui n’a donc rien de parti­cu­liè­rement tribal). Le K. en question (Kookaburra dans l’original) est un oiseau australien, sorte de martin-chasseur (ça m’éclaire bien, ça), appelé Dacelo en français (tout aussi clair comme explication). Que ce soit en anglais (langue utilisée dans cette chorégraphie) ou en français, il y a bien un côté rigolard dans l’affaire, en tout cas bien plus que notre triste mélopée iroquoise arapaho : pas étonnant, cet oiseau aime bien se fendre la poire.

23 octobre 2015

Si vous ressentez une différence fondamentale…

Classé dans : Actualité, Religion, Société — Miklos @ 15:19

…à la vue de ces paires de photos, regardez plutôt en vous-même.


La barbe et le couvre-chef chez un chrétien orthodoxe
et chez un juif pratiquant.


La calotte chez un religieux catholique et chez un juif religieux.


Le voile chez une musulmane pratiquante et chez une religieuse catholique.


Visages masqués chez des musulmanes et chez des Japonaises.

22 octobre 2015

« L’identité juive génère des fantasmes »

Classé dans : Histoire, Religion, Shoah, Société, antisémitisme, racisme — Miklos @ 17:04


L’écrivain israélien A. B. Yehoshoua lors de son exposé en septembre 2015.
Cliquer pour agrandir.

C’est le titre d’une passionnante communication (en excellent français) de l’écrivain israélien A. B. Yehoshoua – grand par ses qualités non seulement littéraires mais aussi éthiques et morales –, tenue dans le cadre d’une conférence organisée par l’association lacanienne internationale en septembre 2015.

La source de la peur dont il parle ici ne serait-elle pas en fait dans ces prémices (d’il y a 2000 ans ! cf. ses citations des philosophes grecs) de la modernité contemporaine induite de nos jours entre autres par les moyens de transport de plus en plus rapides, et qui s’exprime, alors comme maintenant, par une identité unique et multiple, fragmentée et cohérente tout à la fois ? Sauf qu’alors, avant toutes les évolutions techniques qui n’ont de cesse de bouleverser le monde, il y avait la nécessité de développer l’imaginaire – et donc la créativité – pour y situer, pour y ancrer cette identité qui ne pouvait se loger facilement dans le monde d’alors du fait de la dispersion du peuple juif, ce qui la rendait d’autant moins saisissable. Or, comme le montre Yehoshoua, c’est aussi le cas de nos jours.

D’autre part, la transmission orale des textes talmudiques (« la loi orale ») qui définissent la partie religieuse de l’identité juive anticipait en quelque sorte de deux millénaires les moyens de communication dématérialisés et quasi oraux actuels ; elle avait de quoi faire d’autant plus peur à ceux qui y voyaient des règles secrètes d’un peuple diffus et quasi extra terrestre menaçant la société bien établie dans sa matérialité.

Soit dit en passant, cette peur (voire cette révulsion) de la modernité est aussi visible par exemple dans un tout autre domaine – celui de l’art contemporain (ou des arts contemporains – que ce soit l’écriture, la musique, la peinture, la sculpture…) – qui « explose » aussi l’identité structurée et claire de l’œuvre d’art, et donc la facilité à définir, à cerner, à comprendre rapidement, sans prendre la peine de « faire connaissance », ce qui prend forcément du temps.

Il y a donc bien de quoi faire peur à l’homme unidimensionnel d’alors comme à celui d’aujourd’hui : « le Juif » est irréductible, autant par son physique que par sa pensée, par son statut social ou politique, par ses langues et par ses cultures, à une définition simple, sans ambiguïté. Or lors de la rencontre de l’« autre », de l’inconnu, s’impose le besoin animal de savoir rapidement si c’est un ami ou ennemi, et donc si l’aspect est en trop différent (couleur, traits réels ou imaginés…) ou à l’inverse indiscernable (« ils sont partout »), c’est forcément un ennemi, que ses caractéristiques de caméléon social rendent d’autant plus dangereux.

Il s’agirait finalement de cet imaginaire commun qui forge l’identité des Juifs aux destins multiples et souvent incomparables qui serait à la source de la révulsion fantasmatique suscitée chez la majorité des individus et des sociétés ancrées dans des référentiels purement matériels.

The Blog of Miklos • Le blog de Miklos