Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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8 septembre 2025

Google voice-to-text skills

Classé dans : Langue, Peinture, dessin, Progrès, Sciences, techniques — Miklos @ 16:19

Click to enlarge. Source (manually corrected and improved): Whisk.

I dictated the following sentence to the English version of my Google Keyboard app.: “A success, sort of”, i.e., literally “A – success – comma – sort – of”.

The result? « Un sexe comment soigne ». I had not asked for a translation, just voice-to-text. Moreover, the result barely sounds like the original English input, and has a totally different meaning (“A sex organ how [to] cure”).

It is Google which should be soigné, don’t you think so? It looks so language-incompetent and sexually obsessed…

Incidentally, during my fights to get Google’s Whisk to produce the above illustration, it displayed 5 fingers on the left side of the smartphone and a thumb on the right side. When I told it to correct it and how to do it, it suppressed the thumb and 2 fingers on the left. I wonder how the phone didn’t slip out of this amputated hand…

28 août 2025

La dictée édictée (presque) parfaite, perdue et (presque) retrouvée

Classé dans : Humour, Langue, Peinture, dessin, Progrès, Sciences, techniques — Miklos @ 16:56

Cliquer pour agrandir. Source : Whisk

«Monsieur Lamère a épousé Mademoiselle Lepère. De ce mariage, est né un fils aux yeux pers. Monsieur est le père, Madame est la mère. Les deux font la paire. Le père, quoique père, est resté Lamère, mais la mère, avant d’être Lamère était Lepère. Le père est donc le père sans être Lepère, puisqu’il est Lamère et la mère est Lamère, bien que née Lepère.

Aucun des deux n’est maire. N’étant ni maire ni mère, le père ne commet donc pas d’impair en signant Lamère. Le fils aux yeux pers de Lepère deviendra maire. Il sera le maire Lamère, aux yeux pers, fils de Monsieur Lamère, son père, et de Mademoiselle Lepère, sa mère. La mère du maire meurt et Lamère, père du maire, la perd.

Aux obsèques, le père de la mère du maire, le grand-père Lepère, vient du bord de mer, et marche de pair avec le maire Lamère, son petit-fils. Les amis du maire, venus pour la mère, »cherchent les Lamère, ne trouvent que le maire et Lepère, père de la mère du maire, venu de la mer, et chacun s’y perd !

Les références les plus récentes de cette amusante dictée – presque parfaite, il y manque amer – datent de 2009, certaines précisant l’avoir trouvé dans « un vieil almanach », voire dans « un vieil almanach des années 1930 ».

Or il s’avère qu’il en existe nombre de citations bien plus anciennes dans la presse. La première qu’on ait trouvée (grâce à Retronews) dans le Journal de Seine-et-Marne du 24 septembre 1890, dit ceci :« Nous trouvons l’insanité suivante dans le journal Le Luxembourg, qui paraît à Arlon. »

On n’a pas trouvé trace de ce dernier journal dans les moteurs de recherche populaires (Gallica, Google Books, Internet Archive…). Arlon étant le chef-lieu de la province belge de Luxembourg, on a effectué une recherche dans le portail BelgicaPeriodicals de la KBR (Bibliothèque royale de Belgique), qui est censé « donner accès à 347 revues et parutions périodiques publiées sur quatre siècles, de 1622 à nos jours » : sans succès. On a donc écrit à la KBR, et on attend leur réponse.

En attendant, voici une variante, publiée le 11 janvier 1912 dans L’Épatant :

Cliquer pour agrandir.

Mise en scène de la Cène sur la Seine

Classé dans : Actualité, Humour, Langue, Peinture, dessin, Religion, Sciences, techniques — Miklos @ 12:46

Cliquer pour agrandir. Source: Whisk.

Sur la Seine un bateau-mouche glisse en silence,
Jésus et ses apôtres goûtent l’instant en cadence.
La Tour Eiffel derrière veille comme un vieux sage,
Tandis que l’eau miroite et danse sous leur visage.

Pierre renverse un pain, Thomas regarde l’eau,
Judas compte ses pièces, André fait un écho.
Sur une barque proche, caméras en maraude,
Le réel se mêle au sacré, et l’onde s’érode.

Le vin tremble au calice, la nappe se soulève,
Le vent joue dans les cheveux, et le ciel se relève.
Un instant suspendu, entre rire et mémoire,
Paris devient la scène d’un étrange miroir.

— ChatGPT

12 août 2025

« Il faut toujours se méfier des choses qu’on ne peut pas vérifier et qu’on est obligé de croire. »

Classé dans : Humour, Langue, Peinture, dessin, Progrès, Sciences, techniques, Société — Miklos @ 19:53

9 août 2025

Une grand merci !

Classé dans : Langue, Peinture, dessin, Sciences, techniques — Miklos @ 17:22

Cliquer pour agrandir. Source : ImageFX

«Merci. —La pathologie en ce mot affecte le genre, qui, féminin selon l’étymologie en don d’amoureuse merci, est masculin dans un grand merci. L’usage n’aime guère les casse-têtes grammaticaux, et il s’en tire d’ordinaire fort mal. Le casse-tête git ici dans le mot grand : cet adjectif est, selon la vieille langue, très correctement masculin et féminin, comme le latin grandis ; mais. suivant la moderne, il a les deux genres, grand, grande. L’usage, quand il a reçu la locution toute faite grand merci, a pris grand avec son genre apparent, et du tout il a fait un grand merci. La signification n’est pas non plus sans quelque pathologie. Le sens primitif, qui est faveur, récompense, grâce (du latin mercedem), s’est rétréci de manière à ne plus figurer que dans quelques locutions toutes faites : don d’amoureuse merci, Dieu merci. Puis le sens de miséricorde qui épargne se développe amplement, et atrophie l’acception primitive. La miséricorde n’est point dans le latin merces ; mais elle est, on peut le dire, une sorte de faveur;  et la langue n’a pas failli à la liaison des idées, même subtile, quand elle a ainsi détourné à son profit le vocable latin (1).

(1) L’expression» Dieu merci, qui est une locution que le français moderne a héritée de l’ancienne langue, ne signifie pas grâce à Dieu mais par la misericorde de Dieu.

É. Littré, Les Mots changent de sens, Paris, 1888.

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Comme on peut le voir dans cette retranscription intégrale de la définition du mot merci dans le Littré, c’était avant tout un substantif féminin… Il l’est encore dans certaines expressions communes, comme à la merci de.

Quant à l’adjectif grand, il dénotait aussi le féminin sans un e final, d’où le titre de ce billet (et quelques expressions qui conservent cette forme, telles grand-mère, grand-messe, grand-rue, et pas grand-chose). L’expression une grand merci était d’ailleurs encore en usage au XXe siècle, à l’instar de la conclusion de ce courrier d’une lectrice au journal La Femme de France, daté du 23 mai 1926 :

On trouvera ici un bel article concernant les formes genrées ou non de l’adjectif grand.

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