Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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13 juillet 2013

Couvrez ce pied que je ne saurais voir

Classé dans : Histoire, Langue — Miklos @ 18:05


Le Raisonneur n° 28, décembre 2009 (
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Le Grand dictionnaire de l’Académie françoise (ce titre le date, ditez-vous ? on rétorquera que chez les Immortels le temps ne fait rien à l’affaire), publié en 1696 à Amsterdam (« suivant la copie de Paris », précise l’édition en question), écrit à l’article Estaler :

Estaler, sign. fig. Estendre, desployer, monstrer avec ostentation. Ceste Damoiselle estale ses belles jupes, estale ses charmes.

Sans même attendre l’explic(it)ation promise en 2009 par Philippe, on peut en déduire que l’expression pied d’es­tale signifie dans ce contexte « croche-pied ostentatoire qu’une femme faisait à sa voisine et concur­rente afin qu’elle s’étalât », acte d’autant plus répré­hensible qu’une dame de bonne famille n’aurait jamais osé montrer sa cheville, à moins, évi­demment, de s’y prendre à la tombée de la nuit, au noir (mais une dame de bonne famille ne sortait jamais seule à la tombée de la nuit). Au-delà du contexte en question, on imagine que l’expression décrit ce si French cancan qu’on retrouve toujours avec plaisir dans La Vie parisienne au son du joyeux refrain « sa robe fait frou-frou frou-frou, ses petits pieds font toc-toc-toc ».

À ne pas confondre, donc, avec le piédestal, sur lequel on peut trouver indif­fé­remment des colonnes, des statues, des hommes politiques russes, de petits hommes politiques français, des sportifs et en général toute personne qu’on veut hausser au regard des autres pour quelque raison que ce soit. On écrivait autrefois pedestal, comme l’atteste par exemple ce court passage tiré de la description rhapsodique de « La magnifique, superbe, & triumphante entree du roy Henry second, faite en la noble & antique cité de Lyon » (in Mémoires de l’histoire de Lyon par Guillaume Paradin de Cuyseaulx, publiées en 1571) et où l’on voit d’ailleurs que des « Dames, damoiselles, Bourgeoises, & belles jeunes filles » représentant « toute la beauté du monde » estalaient leurs charmes aux yeux du roy :

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

Les soûlots soulaient gésir sous l’eau des orages

Classé dans : Langue, Littérature, Peinture, dessin — Miklos @ 0:05


Dessin du docteur Noélas. Archives de la Diana, Montbrison. (
source)

« Les reines de France soulaient gésir tout en blanc » – Les Honneurs de la cour, ouvrage composé vers la fin du 14e siècle.

La citation en exergue, quelque peu plus distinguée que le titre que l’on a concocté ici, provient de l’article gésine de la Philologie française ou dictionnaire étymologique critique, historique, anecdotique, littéraire de Noël et Carpentier publié à Paris en 1831 et que nous avions déjà cité par le passé. Les auteurs y indiquent que ce mot, désignant une femme en couches, provient de la même racine que gésir, d’où la présence de cette phrase dans la définition, qui signifie que les reines de France étaient habituellement vêtues de blanc lors de leur gésine – leur alitement pendant et après l’accouchement.

Cette citation a pour particularité de juxtaposer deux verbes, l’un obsolète (et défectif par le passé) et l’autre défectif.

Le premier, souloir – qui signifie avoir coutume, avoir l’habitude de – est l’un d’une poignée de verbes (si l’on ne compte leurs dérivés) se terminant en oir : apparoir (dont il ne reste de nos jour que il appert), avoir (et ravoir), chaloir, choir (pas si défectif que ça, vous souvient-il du « Tire la chevillette et la bobinette cherra » ? et déchoir, échoir), comparoir (dont il ne reste que comparant), devoir (et redevoir), douloir (mais condouloir, obs., est défectif), falloir, mouvoir (et démouvoir – obs., détourner quelqu’un de faire une chose –, émouvoir, promouvoir), pouvoir, recevoir (et ceux de la même formation : apercevoir, concevoir, décevoir, entr­apercevoir, entrevoir, percevoir), pleuvoir (et repleuvoir), ramen­tevoir (obs., se ressouvenir), savoir (et assavoir – qui n’est utilisé qu’à l’infinitif, faire assavoir –, resavoir), seoir (et asseoir, messeoir, rasseoir, surseoir), valoir (et équi­valoir, prévaloir, revaloir), voir (et entrevoir, pourvoir, prévoir, revoir), vouloir (et revouloir).

Avant sa disparition quasi-totale, souloir n’était utilisé, semble-t-il, qu’à l’imparfait de l’indicatif ; on pouvait donc dire indifféremment : Jehan soulait boire du calva au p’tit déj’ ou Jehan se soûlait dès l’aube.

Quant à gésir, il est encore plus défectif que falloir, par exemple, puisqu’il n’existe plus qu’au présent de l’indicatif (notamment dans le macabre ci gît), à l’imparfait de l’indicatif, au participe présent (gisant et au substantif identique). Pour son usage dans l’imparfait, on ne peut s’empêcher de citer un extrait d’un article de Jean-Jacques Ampère (1800-1864, fils du grand physicien – et mathématicien, chimiste, philosophe… – André-Marie Ampère), publié dans la Revue des deux mondes en 1840 et consacré à une critique de la traduction d’Eugène Burnouf du Bhâgavata Purâna, dont il cite un passage de l’introduction :

« Les sens disputaient entre eux en disant : C’est moi qui suis le premier, c’est moi qui suis le premier ! Ils se dirent : Allons ! sortons de ce corps ; celui qui en sortant fera tomber le corps, sera le premier. La parole sortit ; l’homme ne parlait plus, mais il mangeait et buvait, il vivait toujours. La vue sortit ; l’homme ne voyait plus, mais il mangeait, il buvait et vivait toujours ; l’ouïe sortit, l’homme n’entendait plus, mais il mangeait, il buvait et vivait toujours. Le manas sortit ; l’intelligence sommeillait dans l’homme, mais il mangeait, il buvait et dormait toujours. Le souffle de vie sortit ; à peine fut-il dehors, que le corps tomba, le corps fut dissous, il fut anéanti. Les sens disputaient encore en disant : C’est moi, c’est moi qui suis le premier ! Ils se dirent : Allons, rentrons dans le corps qui est à nous ; celui d’entre nous qui en y rentrant mettra debout le corps, sera le premier. La parole rentra, le corps gisait toujours ; la vue rentra, il gisait toujours ; l’ouïe rentra, il gisait toujours ; le manas rentra, il gisait toujours ; le souffle de vie rentra : à peine fut-il rentré, que le corps se releva. » C’est la fable de l’estomac et des membres, si célèbre dans l’histoire romaine ; mais il y a, comme le dit spirituellement M. Burnouf, « entre l’hymne du brahmane et l’apologue de Menenius Agrippa, la différence de l’Himalaya aux sept collines ; » j’ajoute, la différence du bon sens pratique du peuple de l’action au génie abstrait de la nation métaphysique par excellence. Du reste, dans ce morceau, la rédaction moderne des Pouranas est bien inférieure à l’antique version des Vedas : c’est une imitation tronquée et prosaïque ; il semble voir un beau cantique hébreu qui s’est transformé en un hymne grossier du moyen-âge.

En parlant de gésir, il me souvient d’avoir vu, enfant – c’est ma mère qui avait attiré mon attention –, un panneau de signalisation routière à l’entrée d’un chemin menant vers un cimetière de province : « Voie sans issue ». C’est donc une transition naturelle pour passer au verbe issir, que l’abbé Regnier Desmarais (François Séraphin de son prénom et secrétaire perpétuel de l’Académie française de 1670 à 1713) mentionne avec gésir dans son Traité de la grammaire française (Bruxelles, 1706). À propos du premier, il dit qu’« on pourrait même s’en servir aux personnes de l’impératif et du subjonctif, qui sont formées du pluriel de l’indicatif. » Quant à issir, voici ce qu’il écrit :

À l’égard d’issir, tout ce qui s’en est conservé dans l’usage présent c’est le participe issu, qui se dit en parlant de généalogie et de parenté ; comme Il se prétend issu des anciens comptes de…, Un homme issu de bas lieu, Cousin issu de germain. Et le gérondif, ou participe actif issant, qui n’a d’usage que dans le blasonL’héraldique. ; comme Il porte de sinople au lion issant de gueules ; ce qui se dit d’un lion qui ne paraît hors du champ de gueules qu’à demi corps, et qui est censé couvert par le reste du champ.

Bescherelle frères n’ont pas retenu cette dernière forme dans l’édition de 1843 de leur célèbre Dictionnaire usuel de tous les verbes français tant réguliers qu’irréguliers, entièrement conjugués. On la trouve pourtant chez Balzac quelques années auparavant puis, plus tard, chez Théophile Gautier, comme le signale le Trésor de la langue française. Quoi qu’il en soit, issir n’était pas toujours aussi défectif, comme le montre cet extrait d’un texte datant du début du XIVe siècle :

9 juillet 2013

La numérisation requiert du doigté, ou, la main non cachée de notre AMI à tous

Classé dans : Langue, Livre, Progrès, Sciences, techniques — Miklos @ 10:44

Il y avait de quoi être interloqué par les réponses d’Europeana à une recherche du terme « drummer » (tambour), et pour plus d’une raison…

D’abord, à la lecture de l’intitulé du premier document : « Nuptiis Dn. Georgii Drummeri Viri Integerrimi Spectatissimique Nec non Elisae Kelnerae, Virginis Dotib. Omnibus commendatissimae. L.M.Q. gratulatur Justus Grisius Philiater ».

Que vient faire ce mot dans un texte apparemment en latin ? Un bref retour sur des souvenirs remontant à l’étude laborieuse du Gaffiot a permis de comprendre qu’il s’agissait ici d’un texte concernant un certain Georg Drummer et une non moins certaine Elisa Kelner. À cette heure, impossible de trouver une autre trace du couple que celle-ci.

Mais cette main, à qui appartient-elle ? Ce document provient de la Bibliothèque d’État de Bavière, et on peut consulter sur son site dix pages, y incluses trois vues de cette main et de son pendant. On y remarquera l’alliance sur l’annulaire droit, ce qui confirmerait qu’il ne s’agit effectivement pas de la main d’une Virgina (Dotib. ou non), et on en conclut que les trois pages en question ne font pas partie du document primaire. Pour celles et ceux qui souhaiteraient aussi voir la bague sertissant l’annulaire gauche et admirer le motif qui en décore l’ongle, voici donc ces deux détails :

Mais, me demanderez-vous, pourquoi en déduire tout de suite qu’il s’agit de Google, d’autant plus qu’ici ce n’est pas sa main cachée ? Il est vrai que la particularité de cette numérisation nous en rappelle d’autres (ce qui, soit dit en passant, peut nous rassurer : on utilise encore des humains pour numériser), mais il n’est nullement indiqué dans le document en ligne qu’il provient de notre AMI à tous, ni même dans sa notice en ligne (qui, soit dit toujours en passant, contient un « Permalink », ou « permalien » en français – adresse supposée être durable, et qui ne mène nulle part quand on y clique).

Eh bien, il suffit de chercher le document dans Google Books : on l’y retrouve avec les mêmes mains et les mêmes taches, et, en sus, avec la mention « Numérisé par Google ». Feuilletez donc :

CQFD. Ou, pour les latinisants, QED.

7 juillet 2013

« L’Italie, anéantie et réduite en un perpétuel nonchaloir, n’avait pour son sujet autre chose que les délices et voluptés »

Classé dans : Langue, Littérature, Musique, Politique — Miklos @ 14:42


Camille Saint-Saëns : Valse nonchalante, op. 110.
Cliquer pour télécharger.

Mais c’est contre nature que nous nous mes­prenons et mettons nous mesmes à non­chaloir ; c’est une maladie parti­culière, et qui ne se veoid en aulcune autre creature, de se haïr et desdaigner. C’est de pareille vanité que nous desirons estre aultre chose que ce que nous sommes : le fruict d’un tel desir ne nous touche pas, d’autant qu’il se contredict et s’empesche en soi. – Montaigne, Les Essais, livre II, ch. 3.

Le style de ce constat concernant l’Italie, qui pourrait s’appliquer de nos jours non pas à tout un peuple mais pour le moins à certains de ses (ex) dirigeants, en révèle l’âge : on le trouve dans Les Recherches de la France d’Étienne Pasquier, ouvrage publié en 1569 à Paris. Ce qui nous intéresse dans cette citation n’en est pas tant l’aspect politique que linguistique, et en particulier le terme nonchaloir.

C’est aussi chez Sainte-Beuve que nous rencontrons ce terme imagé de nonchaloir cher à Baudelaire, à Mallarmé, à Samain et aux autres poètes symbolistes qui l’emploieront jusqu’à le vulgariser.

Un penser calme et fort mêlé de nonchaloir. (C. Sonnet)

Baudelaire :

Ô boucles, ô parfum chargé de nonchaloir.

Et tes flancs qu’assouplit un charmant nonchaloir.

Mallarmé :

Dans un grand nonchaloir chargé de souvenir.

Verse son caressé nonchaloir sans flambeau.

Samain :

Frères de nonchaloir, le fleuve aux eaux lamées.

Et vont roulant le torse en un lourd nonchaloir.

Marc Eigeldinger, Le dynamisme de l’image dans la poésie française. Neuchâtel, 1943.

Nonchaloir, nonchalant, chaland (dans le sens de « client habituel »), chalandise, achalander… proviennent tous du verbe chaloir (qui a aussi donné le verbe impersonnel rechaloir, « être un sujet d’inquiétude »).

Aujourd’hui encore plus défectif qu’alors, en sus impersonnel (à l’instar de falloir, pleuvoir, lansquiner, bruiner, brumer…) – il n’en reste guerre que « Peu me chaut » au présent de l’indicatif, ou, plus rare, « Ne vous en chaille » au subjonctif présent –, ce verbe se conjuguait autrefois à d’autres temps :

Il chault, il challoit, il a chalu, ou il chault, il chaura, qu’il chaille, il chauroit, il chalusse, chaloir.

(Robert Estienne, Traicté de la grammaire francoise (1557). Champion, 2003), voire à d’autres personnes :

Chaleir. —Jo chaille, tu chailles, il chaillet, nos chaillons, vos chaillièz, il chaillent. [présent du subjonctif]

(Eugène Étienne, La langue française depuis les origines jusqu’à la fin du XIe siècle. E. Bouillon (Paris), 1890)

On trouve par exemple ce verbe à la deuxième personne du pluriel de l’impératif dans cette délicieuse consolation qu’offre une femme à son époux :

Mon mari point ne vous chaillez,
Si grand voleur l’on vous appelle,
Moi-même crois que sans aîle,
Ne pourriez être des zélés.

Et l’auteur rajoute : « En quoi je puis juger et connaître qu’il était marié en pigeon, pour ce que la femelle valait beaucoup mieux que le mâle. » (Satyre Ménippée, 1593)

Un siècle plus tard, Jean-Antoine du Cerceau, tout à la fois auteur dramatique, poète et jésuite, écrit dans son Épître à Madame la Présidente Brunet de ChaillyMarguerite de Normanville, Madame de Chailly.
Élevée à Saint-Cyr, elle fut un temps la secrétaire de Mme de Maintenon,
elle fut mariée en 1700 au président de Chailly,
maître des requêtes et président de la chambre des comptes.
Source : P.-E. Leroy et M. Loyau (éds.), L’Estime et la tendresse, A. Michel, 1998.
, sous le nom d’une Dame de ses amies chez qui était l’Auteur :

Vos lettres font toujours plaisir,
Chère Chailly, je vous le jure,
Les mots jetés à l’aventure
Y semblent placés à loisir,
Et l’on dirait que la nature
Aurait pris soin de les choisir.
       L’embarras est bien d’y répondre,
Mais pour le faire comme il faut,
Il me faudrait tout refondre ;
Et je crains, malgré le grand chaud,
De ne faire que m’y morfondre.
Peut-être fort peu vous en chaut ;
Mais, ma Chailly, qu’il vous en chaille,
Ou qu’il ne vous en chaille pas,
Je vais tâcher vaille que vaille
De sortir de cet embarras.
[…]

On laissera Olivier Basselin conclure cette chronique linguistique avec ce non moins délicieux texte linguistico-œnologique, en espérant que ces vers (à défaut d’un bon verre) vous chaillent :

Le vin rend éloquent
 
Certes, hoc vinum est bonus
De mauvais latin ne vous chaille.
Si bien congruConvenable. n’était ce jus,
Le tout ne vaudrait rien qui vaille.
Écolier j’appris que bon vin
Aide bien au mauvais latin.
 
Cette sentence pratiquant,
De latin je n’en appris guère
Y pensant être assez savant,
Puisque bon vin aimais à boire.
Lorsque mauvais vin on a bu,
Latin n’est bon, fût-il congru.
 
Fi du latin ! Parlons françois ;
Je m’y reconnais davantage.
Je veux boire une bonne fois,
Car voici un maître breuvage.
Certes, si j’en buvais souvent,
Je deviendrais fort éloquent.
 
Durant que ce vin j’avalais,
Qui me chatouillait sous la langue,
Me semblait-il que je faisais
En court quelque belle harangue.
J’avais bien du contentement.
Las ! il s’est passé vitement.

François Noël et L. Carpentier, Dictionnaire étymologique, critique, historique, anecdotique et littéraire, contenant un choix d’archaïsmes, de néologismes, d’euphémismes, d’expressions figurées ou poétiques, de tours hardis, d’heureuses alliances de mots, de solutions grammaticales, etc. pour servir à l’histoire de la langue française. Paris, 1839.

27 juin 2013

Holy cow! Did you know that the real author of Roget’s Thesaurus was…

Classé dans : Langue, Sciences, techniques — Miklos @ 14:49

Upon searching for the earliest occur­rences of the interjection Holy cow! (not to be confused with the sacred Indian mammal), one might be amazed to discover, courtesy of Google Books, that it was already present in Devotions Upon Emergent Occasions, a 1623 work of prose by the great English poet John Donne (whose magnificent, elegiac, Go and catch a falling star we quoted in extenso a few years ago). Additional surprise, the parallel title of this collection of peculiar devotions is “Roget’s Thesaurus”, as exemplified below.

While Donne has also been known for his erotic poetry, it is quite surprising to see him use such foul (“vulg.”) language as Holy shit!

But poets will be poets, and Google metadata will be Google metadata…


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