Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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15 mai 2011

Moyens de transport

Classé dans : Photographie, Société — Miklos @ 2:20

Transports parisiens : le cheval, le deux-roues, le quatre-roues…

On peut arriver d’un endroit à un autre, ou, ce qui revient au même, on peut voyager à pied, à cheval, en voiture, en bateau ou en vaisseau. On avance le plus lestement sur les chemins de fer et au moyen des bateaux à vapeur. Vu le petit nombre de chemins de fer, la manière la plus commode et la plus économique de voyager sur terre ferme est sans contredit la diligence. La diligence est une voiture qui part, à des jours et à des heures fixes, d’un certain endroit, pour transporter, en train de poste, dans un autre endroit des voyageurs et leurs effets, de l’argent, des marchandises et même des lettres, quand il n’y a pas de malle-poste sur la route que parcourt la diligence. La malle-poste est une voiture destinée au transport des lettres. L’homme qui dirige la diligence, pendant qu’elle est en route, porte le nom de conducteur; celui qui dirige la malle-poste est appelé courrier. Les chevaux sont conduits par le postillon.

[Hermine Chavannes] L’ami des enfans vaudois. Lausanne, 1838.

Sur le modèle de aller en voiture on entend souvent dire aller en bicyclette.

Lancelot, dans le Figaro du 10 mars 1928, rapporte le mot de Dumas fils : « Je ne dirai jamais : monter en bicyclette. Monter en chemin de fer me suffit ». Ce tour fâcheux, fréquent dans la conversation, se rencontre même dans le style écrit : « Flâner en voiture, en bicyclette ou même à pied ». Maurois Paris-Soir 31 août 1936.

Georges et Robert Le Bidois, Syntaxe du français moderne. Paris, 1938.

J’ai déjà signalé la bévue commise par l’étourdi qui, le premier, a fait ce raisonnement : « On va en voiture, parce qu’on est dans la voiture, mais à bicyclette, parce qu’on est sur une bicyclette. » Il n’avait pas vu que la préposition en, comme le in latin, signifie sur aussi bien que dans, et avait oublié que la préposition à ne remplace jamais la préposition sur, sauf dans la locution à cheval — anciennement en cheval, refaite par contamination de à pied — , donc qu’il fondait sa règle sur une exception. Devra-t-on dire qu’on se met à selle parce qu’on n’entre pas dans la selle, ou que le navire est à mer, tant qu’il n’a pas coulé ? A. Rigaud (Vie et langage, octobre 1967, p. 595)

Encyclopédie du bon français dans l’usage contemporain. Paris 1972.

6 mai 2011

Le renard qui prêche

Classé dans : Lieux, Littérature, Photographie, Politique, Société — Miklos @ 2:41

Un vieux renard cassé, goutteux, apoplectique,
Mais instruit, éloquent, disert,
Et sachant très bien sa logique,
Se mit à prêcher au désert.

— Florian, Le Renard qui prêche.

La rue du renard, on l’avait déjà signalé en citant un texte du 16e s., portait alors un nom plus amusant, celui du renard qui prêche (on avait aussi déploré la tendance normalisatrice qui banalise la nomenclature des voies). D’où le tenait-elle ?

La rue du Renard est en ce moment aux mains des démolisseurs qui en élargissent l’entrée du côté de la rue de Rivoli.

La première maison qui va disparaître a son histoire ; c’était, au moyen-âge, la boutique d’un cordonnier qui avait arboré une superbe enseigne représentant un renard botté et éperonné, prêchant dans une haute chaire.

L’enseigne, comme cela se fit communément dans le vieux Paris, donna son nom à la rue qui s’appela longtemps : rue du Renard qui presche.

Ce renard prêcha-t-il dans le désert ? Toujours est- il que le nom de la rue, restée celle du Renard tout court, se modifia avec les années. L’enseigne disparut à son tour.

Un immeuble voisin, également menacé par la pioche municipale, abrita, au début de la Révolution, le Théâtre de la Concorde1 : ce nom dût lui porter malheur, car il n’eut qu’une existence éphémère. On y jouait des pièces du genre larmoyant…

Accordons-lui une larme.

Hector Hogier [pseud. d’Albert Dureau], Paris à la fourchette. Curiosités parisiennes, vol. 1. P. Sevin et Rey, Paris, 1903.

Cette rue s’appelait jusqu’au début du 16e s. Court Robert de Paris, (et, probablement à partir du 18e s., rue du Renard Saint-Merry). C’était l’une des rues où les prostituées avaient été enjointes en 1367, par une ordonnance de Hugues Aubriot, prévôt de Paris, de résider et de tenir leurs bordels : « Si les femmes publiques, d’écris ensuite cette ordonnance, se permettent d’habiter des rues ou quartiers autres que ceux ci-dessus désignés, elles seront emprisonnées au Châtelet puis bannies de Paris. Et les sergents, pour salaire, prendront sur leurs biens huit sous parisis » (source).

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à notre renard. À qui prêche ce renard, mais surtout, que symbolise donc cette image ? À la lecture du poème de Florian cité en exergue, on ne peut s’empêcher de penser à tel vieux politicien roublard qui « prêche contre les ours, les tigres, les lions, contre leurs appétits gloutons », et qui, à l’approche des élections présidentielles, se rappelle au bon souvenir des puissants pour s’attirer leurs faveurs (ou, comme l’écrit la presse, « pour optimiser ses négociations »). Qui sont les dindons de la farce, ceux que le renard de Florian veut se payer ? Les citoyens, bien évidemment.

Plusieurs siècles avant Florian, au moyen-âge, le renard symbolisait déjà le malin, le rusé et le fourbe, c’est son rôle dans le Roman de Renart. Pour les anti-cléricaux, il représente certains membres du clergé : « La figure caricaturale de l’animal travesti en moine doit être rattachée aux écrits satiriques inspirés du roman [de Renart] (…). Le message que délivre ces écrits n’a pas pour objet de dénoncer une vulgaire imposture : s’il s’agit bien d’une moquerie grotesque visant l’Église, ces assauts sont plus spécifiquement dirigés vers les ecclésiastiques et surtout vers les moines (…). La querelle opposant, à partir de 1253, les défenseurs de l’Université aux frères mendiants, allait transformer Renart, malgré lui, en une créature malfaisante, un instrument de la plume destiné à dénoncer les écarts des réguliers. (…) Il parait donc logique que la chaire à prêcher, accessoire de ce vice, d’ailleurs tant convoitée par les mendiants au moment de cette querelle, ait été illustrée si fréquemment dans l’iconographie, les gélines ajoutant à l’effet comique et soulignant surtout la crédulité des fidèles. »2 D’autres vices attribués aux moines d’alors sont mis en exergue dans des illustrations pour le moins ambiguës comprenant un renard, et notamment la sodomie, dont les templiers sont soupçonnés…3 De là à expliquer la présence de la rue du renard dans le quartier du Marais, il y a un pas qu’on ne franchira pas.

Pour l’Église, messire Renard est le trompeur qui sera finalement trompé, à l’instar de la sculpture du jubé de la chapelle Saint-Fiacre dans le Morbihan : « Dans la première scène, le renard habillé en moine et prenant l’air dévotieux, prêche du haut d’une cage les poules qui l’écoutent, le bec tendu, puis on le voit se glisser sous la cage et venir se jeter sur ses crédules auditeurs. Mais ici le faux docteur ne triomphera pas, les brebis ont reconnu le loup ravissant de l’écriture ; les poules s’élancent bravement sur le renard et le saisissent de toutes parts. Enfin dans la dernière scène, le renard couché sur le dos, expire éventré par les poules qui s’acharnent sur son cadavre ; c’est le triomphe de la foi sur l’hérésie. Les brebis ont plus fait que de se méfier du faux pasteur, elles l’ont démasqué et vaincu. »4 On appréciera la figure de style qui qualifie ces poules féroces – elles ont éventré un renard ! – de brebis.

En ces temps où la chasse, puis une intense urbanisation n’avaient pas fait s’éloigner le renard des villes (pas toutes : on en a vu dans les rues de Londres) et des hommes, il n’est pas étonnant de constater la place qu’il occupait dans les légendes et les fables. Le pouvoir de l’Église – et donc la virulence de sa critique souvent feutrée par nécessité – explique aussi la popularité du personnage du renard qui prêche, qu’on trouvait aussi ailleurs qu’à Paris : en 1538, on signale une telle enseigne à Tours, en 1598 une autres à Troyes ; « L’Ambassadeur du Pape en Suisse (…) est logé dans une maison où a autrefois pendu l’enseigne du renard qui prêche aux poules. », peut-on lire à la date de 1578 dans les registres du conseil d’État de la république de Genève. À Strasbourg, c’était une rue qui portait son nom, et à propos de laquelle on citera pour conclure une amusante histoire :

On voit à Strasbourg dans la rue du Renard prêchant, une enseigne curieuse. En l’an 1600, un certain Fuchs attirait les volailles de ses voisins en les alléchant au moyen de morceaux de pain, puis leur passait un nœud coulant autour du cou. Pris en flagrant délit, ce Fuchs fut condamné par les magistrats de Strasbourg (du moins telle est la légende) à placer au-dessus de la porte de sa maison une tablette représentant l’animal prêchant des canards avec des vers satiriques et l’inscription : « Ceci s’est passé en l’an 1600 lors d’une visite de maître Renard chez les canards. »

Champfleury, Histoire de la caricature au Moyen Âge et sous la Renaissance, deuxième édition très-augmentée. Paris [1871?].


1  Le Théâtre de la Concorde dont parle Hector Hogier était situé au 34 de la rue du renard, numéro qui n’existe plus, la rue se terminant au n° 28 (au coin de la rue Simon-le-Franc), là où commence la rue Beaubourg.

2  Sophie Duhem, « “Quant li goupil happe les jélines…” ou les représentations de Renart dans la sculpture sur bois bretonne du XVe au XVIIe siècle », in Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest, n° 105-1, 1998.

3 Jean Warth, Les marges à drôleries des manuscrits gothiques, ch. III : « Genèse icônographique des drôleries ». Matériaux pour l’histoire n° 7. Librairie Droz, Genève, 2008.

4 M. Houel, « Notice sur le jubé de Saint-Fiacre », in Bulletin monumental, 2e série, tome 3. Paris, 1847.

3 mai 2011

Nul n’est censé ignorer la loi

Classé dans : Photographie, Société — Miklos @ 18:38

“A woman masked, like a covered dish, gives a man curiosity and appetite.” (Une femme masquée est comme un plat couvert ; cela rend curieux, cela donne de l’appétit). — William Wycherley, The Country Wife (La Femme de campagne), 1675.

Article 1. Nul ne peut, dans l’espace public, porter une tenue destinée à dissimuler son visage.

Article 2. Pour l’application de l’article 1er, l’espace public est constitué des voies publiques ainsi que des lieux ouverts au public ou affectés à un service public.

Article 3. Sont dispensés de cette interdiction les touristes japonais, les personnes enrhumées, les veuves en grand deuil et les stars incognito.

Life in Hell : Akbar ne chôme pas

Classé dans : Actualité, Société — Miklos @ 0:43

Akbar est presque arrivé au pôle nord et rêve de se rapprocher du pôle sud. Entre temps, il explore les deux pôles emploi entre lesquels il oscille à une fréquence qui lui assure un plein emploi.

Le 31 mars, il s’inscrit sur le site de l’organisme. Quelques jours plus tard, il reçoit une convocation accompagnée d’une liste de documents à fournir et de deux formulaires différents à remplir avec les mêmes informations.

Le 7 avril, il se rend au rendez-vous dans le 10e arrondissement de Paris. Un premier conseiller prend le premier formulaire et les documents qu’Akbar a soigneusement récoltés. Il lui dit qu’il manque un justificatif de la Cnav – qu’on ne lui avait pas demandé – et qu’en conséquence, on lui renverra le dossier qu’il vient de déposer (et qui est encore placé sur la table devant lui) accompagné d’une lettre lui précisant quel justificatif il lui faut fournir en redéposant son dossier. Un second conseiller l’accueille, il ne lui prend pas le second formulaire, et exprime son soulagement en constatant qu’Akbar sait ce qu’il veut faire et comment le faire : devenir auto-entrepreneur (non, ce n’est pas un garagiste). Une fois sorti de ce curieux rendez-vous, il file au pôle emploi du 3e arrondissement (la fusion assedic-anpe étant plutôt une confusion, il doit effectuer certaines démarches dans l’un, certaines dans l’autre, chacun ses compétences et les vaches seront bien gardées). Rentré chez lui, il dépose sur le site de l’Urssaf sa demande de création d’auto-entreprise. Le lendemain, il veut déposer au greffe du tribunal de commerce sa déclaration d’affectation de biens mais se voit rétorquer qu’il lui faut un document tamponné à la main par l’Urssaf.

Une semaine après, il n’a toujours pas reçu la lettre promise par le pôle emploi du 10e, lettre qui devait lui préciser le justificatif requis et contenir le dossier qu’il avait déposé. Il se rend au pôle emploi du 3e (heureusement qu’il s’y prend bien avant l’heure de fermeture indiquée sur leur site, elle est fausse), qui lui fournit l’intitulé précis du justificatif et l’informe qu’il pourra l’obtenir à l’antenne de la Cnav à la mairie du 3e. Il s’y rend, ils le renvoient à la Cnav du 10e. Il s’y rend, ils le renvoient à la Cnav du 19e (en lui révélant qu’elle est située au 7e étage d’un bâtiment sans aucune indication à l’entrée). Là, il dépose sa demande, on lui répond qu’elle « sera étudiée » et qu’on lui enverra par la poste le justificatif en question. « Quand ? », demande-t-il poliment. « On ne peut vous indiquer la date », répond-on péremptoirement, « il y a des centaines de dossiers à étudier avant le vôtre ». Après quelques sourires et supplications, il reçoit le papier en moins de dix minutes qu’il court porter au pôle du 10e. « Non, on ne peut pas le prendre, attendez de recevoir notre courrier avec votre dossier ». « Mais cela fait déjà une semaine et je n’ai rien reçu, quand l’avez-vous envoyé ? ». « Aujourd’hui », répond le pôle. « Hâte-toi lentement », susurre Akbar in peto.

Encore une semaine s’écoule, durant laquelle toutes sortes de courriers lui parviennent à l’exception de celui qu’il attend. Il passe à l’Urssaf faire tamponner un document qu’il dépose ensuite au tribunal de commerce. Le lendemain, il se rend au pôle emploi du 3e, « je n’ai toujours pas reçu votre courrier me renvoyant mon dossier et me demandant le justificatif de la Cnav que j’ai déjà depuis une semaine », leur explique-t-il. « Je ne sais pas quoi vous dire, on ne sait pas consulter votre dossier en ligne ici, revenez demain, il y aura un délégué du 10e, eux ils savent y faire », s’entend-il répondre. Il obtempère et revient le lendemain. « On vous a bien envoyé votre dossier, si vous ne l’avez pas reçu c’est un problème de la poste ». « Que faire ? », demande Akbar. « Je ne sais pas quoi vous dire », lui répond le conseiller. Heureusement qu’Akbar avait tout photocopié, y compris le dossier qu’il avait déposé voilà trois semaines déjà. Il y joint le fameux justificatif de la Cnav, et envoie le tout en recommandé avec accusé de réception au pôle emploi du 10e. Ce jour-là, il reçoit une lettre du tribunal du commerce : le nom de son auto-entreprise, Life in Hell, n’est pas admissible, il faut que son nom, Akbar, y figure.

Le surlendemain, il se rend à l’Urssaf pour y effectuer le changement de dénomination, puis, muni de l’attestation, au tribunal de commerce. C’était avant la disparition en pleine mer de Bin Laden, il lui faut déposer sa sacoche, contenant son bel appareil photo, sur le tapis roulant de la machine à rayons X. Celle-ci se met en marche, mais à l’envers : au lieu de s’engouffrer dans le tunnel, le sac tombe par terre. Akbar interpelle le préposé, qui lui dit que c’est normal, elle se met toujours en marche arrière avant d’aller de l’avant. « Pourquoi ne l’indiquez-vous pas ? », demande Akbar énervé. « C’est comme ça, et puis ne me parlez pas sur ce ton », lui répond l’autorité.

Quelques jours plus tard, il reçoit l’accusé de réception de son courrier au pôle, tamponné en bonne et due forme à la date du 26, suivi d’une lettre de relance du même pôle, datée elle aussi du 26, disant que sa demande est irrecevable « pour l’un des trois motifs suivants », aucun n’étant coché, et tous concernant des documents qu’il leur avait remis en mains propres, puis envoyé une copie.

Le 2 mai, il se rend au pôle du 10e, après avoir redemandé à son employeur des originaux des premières attestations. La personne qui l’accueille l’écoute, puis disparaît. Elle ne revient pas. Un quart d’heure plus tard, Akbar arrive à interpeller un autre conseiller : il a l’air stressé, et murmure tout le temps, d’un air désespéré, « Quel chaos ! quel chaos ! rien ne va plus ! », tout en faisant bravement face aux chômeurs venus chacun avec son problème, et leur répondant aimablement, avec patience et compétence. Il consulte le dossier électronique d’Akbar, et lui annonce que tout est en ordre, que son dossier est complet. « Alors pourquoi ai-je reçu cette relance ? » demande notre héros interloqué. « Ce n’est pas un conseiller qui l’a émise, c’est l’ordinateur, il le fait automatiquement, il ne faut pas faire attention », lui répond-il. « Comment je saurais, moi ? », demande Akbar rhétoriquement en s’en allant.

Il ne sait toujours pas si le tribunal du commerce a accepté le dossier qu’il y a déposé. Heureusement qu’il a la santé et l’énergie : plus d’une vingtaine de démarches en autant de jours ouvrés, ça entretient la forme.

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

28 avril 2011

Deux mondes se croisent sans se voir, l’un s’en va, l’autre s’en vient.

Classé dans : Photographie, Société — Miklos @ 11:07

On représente le présent par la concaténation d’une parcelle de passé (ω) et d’une parcelle de futur (α) ; comme le temps est orienté de ce qui s’en vient à ce qui s’en va, le passé construit à partir du futur (sur α) ou qui emporte la partie future du présent, premier en langue, est dit « parfait » en ce qu’il connaît toutes les époques.

Revue des langues romanes, vol. 80, n° 1-2. Société pour l’étude des langues romanes, Montpellier, 1973.

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