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Nouvelles chansons yiddish et françaises, nouveaux textes

Nouvelles chansons yiddish et françaises, nouveaux textes

Albert et Alice Delacour (à gauche) ; Hégésippe Simon
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Cette célèbre lapalissade est due à Hégésippe Simon, dit aussi « Le Précurseur » (cf. Paul Birault, Hégésippe Simon, précurseur. Éditions de L’Éclair, 1914). Enfant, j’avais découvert l’existence de cet illustre personnage dans les w.c. de Monsieur et Madame Delacour : y trônait la petite statue d’un grand homme (puisque corpulent et barbu). Sur le socle, on pouvait lire :
À Hégésippe Simon
Le Précurseur
dénomination qui ne manquait de m’intriguer ; j’aurais été encore plus impressionné si j’avais su qu’on le disait même « prophète, ancêtre et champion de la démocratie ». Quant à son nom, je le confondais avec celui du poète Hégésippe Moreau, mort prématurément (il me semble que je comprenais « précurseur » comme indiquant le fait d’avoir disparu jeune après avoir laissé une œuvre importante, ce qui contribuait à la confusion).
Nés l’un comme l’autre dans les années 70 ou 80 du xixe siècle, les Delacour n’en étaient jamais tout à fait sortis. Monsieur Delacour – Daddy – avait une grande barbe blanche rectangulaire comme l’on pouvait en voir arborées par des présidents du conseil et autres personnages de la iiie république (je ne sais s’il aurait apprécié la comparaison, il me semble me souvenir qu’il était bonapartiste). Au dîner, il nouait une grande serviette blanche autour de son cou, et sirotait une tasse, grande et blanche elle aussi, de vin chaud. Ma mère m’avait dit qu’il avait connu Apollinaire. Madame Delacour – Mammy – épluchait les oranges avec un petit couteau en plastic, et aimait bien boire, de temps à autres, un peu de Marie-Brizard.
Monsieur-et-Madame-Delacour – ils semblaient parfois ne faire qu’un – avaient recueilli ma mère adolescente et avaient été en quelque sorte mes grands-parents. Je me délectais dans leur appartement, lieu paisible qui semblait plongé dans une pénombre et où le temps paraissait suspendu. Il contenait, pour l’enfant que j’étais, une infinité de trésors : manuscrits, livres (du xviie au début du xixe s.) et revues (les tous premiers Je sais tout avec les aventures d’Arsène Lupin !) dans lesquels je me plongeais avec délectation, objets désuets ou mystérieux tel cet appareil à visualiser des photos en 3D, vases aux décorations chinoises, meubles Boulle et directoire, un poêle Salamandre que l’on peut apercevoir dans la photo ci-dessus… Julien Gracq écrit d’ailleurs à son propos dans une lettre à ma mère :
J’ai conservé un souvenir très particulier de cet appartement silencieux qui restait un peu en dehors du monde, et où « Monsieur et Madame Delacour » me semblaient aller et venir à l’arrière-plan à l’état de fantômes (bienveillants) éveillés seulement par la parole. Je dois bien avoir écrit deux ou trois pages sur l’atmosphère singulière de cet appartement, où il était difficile de parler autrement qu’à voix basse.
Gracq avait connu les lieux une dizaine d’années avant moi, mais ils n’avaient pas dû changer depuis des décennies.
Comme je l’ai appris bien plus tard, Hégésippe Simon n’a pas existé : il est le produit d’un canular fort réussi du Paul Birault sus-cité ; prenant comme prétexte le centenaire de la naissance de cette personnalité imaginaire, il était arrivé à convaincre, nous dit La Renaissance en 1914 (un an après les faits), « cinquante parlementaires, dénués de méfiance et d’esprit critique » à lui faire ériger une « vraie statue en pied et en redingote […] dans les cinquante bourgs pourris où notre astucieux confrère de L’Éclair, M. Paul Birault, l’inventeur de cette mystification, avait pris la précaution de faire naître son homuncule afin d’intéresser plus sûrement à la célébration quelques mares stagnantes et leurs représentants. »
Quant à la phrase en question qui lui est attribuée, elle reprend peu ou prou une remarque de saint Augustin (De consens. Evang., III, 24) selon laquelle « quand le jour se lève, les ténèbres qui restent encore vont en s’abaissant d’autant plus que la lumière gagne davantage. » (Somme théologique de S. Thomas d’Aquin, trad. F. Lachat, 1859)
Comme quoi, La Palisse avait eu un digne précurseur.

Rue Michelet, près du jardin de l’observatoire (Paris)
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En comparant le cavalier et son bicycle à une locomotive, on peut dire que, dans le premier système, le foyer est la cage thoracique, la grille les poumon, et la chaudière tout le système circulatoire où se produit la chaleur animale.
Association française pour l’avancement des sciences, Compte rendu de la 2e session. Lyon, 1874.
Telle était en effet la largeur de la partie de la voie réservée aux voitures et que nous avions sous les yeux. Ici le trottoir de gauche n’existait plus, mais on en voyait encore la trace par l’alignement des pavés antiques. Il avait été détruit pour d’autres travaux attenant a la porte St-Vincent et remplacé par un béton de cinquante centimètres d’épaisseur, à côté duquel était un squelette fort bien conservé et reconnu pour être celui d’un très-jeune homme. Sa tête, de forme allongée, avait ses mâchoires garnies de toutes leurs dents d’une grande beauté.
E.-C. Martin-Daussigny, « Description de la voie romaine découverte à Lyon dans le quartier du jardin des plantes, en 1854, in Revue du Lyonnais, t. 12. Lyon, 1856.
Égouts publics. — Dans chaque rue, devant chaque trottoir, se trouve une conduite dite d’évacuation, située à une profondeur moyenne de trois à quatre mètres. […]
Toutes les bouches sont accompagnées d’un puisard en maçonnerie, fermé en haut par une grille horizontale à charnière et situé au fond du caniveau, contre la bordure du trottoir. […] – Les regards sont de simples cheminées avec échelons, fermées à la partie supérieure par un tampon de 0m51.
La ventilation des égouts se fait à l’air libre par les bouches d’égouts et par les regards. »
P. Pignant, Principes d’assainissement des Habitations des Villes et de la Banlieue, 2e éd. Paris, 1892.
L’édition critique par Pierre Servet du Mystère de la résurrection. Angers (1456) chez Droz (1993) comporte un passage qui ne manque pas de piquant, ayant été écrit plus de 500 ans avant le début de l’affaire Crédit Lyonnais – Addidas – Bernard Tapie, affaire qui, elle, commence l’année de la publication de cette édition critique…
Saudret
Dea ! Nous sommes bons compaignons
Pourtant que sommes mal vestus.
Nous avons laissé mil escuz,
Par Dieu qui me fist, a la banque
De Lion.Le Varlet de l’Ouste
Ha, c’est tout quanque
Je disoie presentement,
Car vous estes certainement
Gros marchans et gros usuriers.
Vous en avez bien des deniers
Et des escuz et des ducatz !
Ha, vous ne les emporterés pas
Quant vous partirés de ce monde.
Tapie, lui, semble l’avoir emporté, du moins pour le moment. Quant aux banquiers, on ne peut que renvoyer nos lecteurs à un autre billet historique.
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