Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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30 juin 2014

Sens interdits

Classé dans : Peinture, dessin, Photographie — Miklos @ 14:45


Sens interdits. Cliquer pour agrandir.

Le taggeur ne croyait pas si bien dire ; voici une vidéo que Toto a récemment filmée à Tel-Aviv :

Rond-point à Tel-Aviv, par Toto

On remarquera les sourires des protagonistes et l’impassibilité, voire l’indifférence, des passant(e)s, à se demander si ce genre de performance est monnaie courante dans cette ville réputée pour son ouverture.

18 juin 2014

Fâché avec les romains, il risque de fâcher les Espagnols

Classé dans : Actualité, Arts et beaux-arts, Histoire, Médias, Politique — Miklos @ 8:44

Lors de l’ouverture du journal télévisé de France 2 à 20 heures, hier, le journaliste David Pujadas annonce l’« avènement du prince Felipe Quatre en Espagne », tandis que l’écran affiche au même moment et en grand (d’Espagne) « Felipe VI ». Il le répètera plus tard, pour fina­lement se corriger (on lui a sans doute glissé subrepticement dans l’oreillette qu’il s’était planté).

Le « vrai » Felipe IV (fils de Marguerite d’Autriche et décédé en 1665) est surtout connu comme mécène des arts, promouvant la création littéraire, artistique et théâtrale – on n’en attend pas moins de son lointain successeur – mais piètre politique : rébellion de la Couronne d’Aragon, soulèvement du Principat de Catalogne, indé­pendance des Provinces-Unies…

Il semble que Pujadas soit fâché avec les chiffres romains, et qu’il risque ainsi de créer un incident diplomatique entre la France et la Couronne espagnole. Ce Barcelonais d’origine soutient-il donc ainsi indirectement les revendications d’indé­pendance catalanes ?

Quoi qu’il en soit, il est curieux que cette confusion entre « IV » et « VI » vienne dans la foulée de celle de La Tribune entre « 4 » et « 6 », quelques heures plus tôt. Non seulement on a de plus en plus de mal à compter sur les journalistes, mais voilà que les journalistes ont de plus en plus de mal à compter.

17 juin 2014

Internet ? No future, selon La Tribune

Classé dans : Actualité, Musique, Médias, Sciences, techniques — Miklos @ 17:20


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Un article de La Tribune nous parle doctement de « l’exlosion » [sic] du nombre d’objets connectés à l’Internet depuis l’ordinateur de votre banque via votre smart phone et jusqu’à votre frigo sans oublier le tatouage de votre chien et l’adresse de ce blog, ce qui a nécessité l’invention d’une nouvelle méthode (appelée IPv6« Internet Protocole version 6 », la 6e version de ce système d’identification, l’actuelle étant IP.) d’identification de l’adresse – unique – de chacun de ces objets sur le réseau.

Et voilà que cet article nous laisse entendre que ce standard, qui « peut fournir plus d’adresses IP qu’il n’y a d’étoiles dans l’univers – le volume d’adresses étant d’environ 3 trillions de trillions de trillions d’adresses » est déjà épuisé en Europe ; en d’autres termes, il n’y aurait plus d’adresses de disponibles, en conséquence de quoi on ne peut rajouter au réseau de nouveaux objets supposés y être connectés. Quant à l’Asie, la situation y serait réellement paradoxale : l’Internet y a très faiblement pénétré et IPv6 y a pourtant explosé. En plein vol !

Comme quoi, il y aurait plus d’objets connectés à l’Internet sur Terre que d’étoiles dans l’univers ? Poétique, finalement. On ne peut qu’entonner le célèbre Cantique des étoiles que tout scout du siècle dernier connaissait par cœur :

9 juin 2014

Un bon coup, pour le coup

Classé dans : Langue, Littérature — Miklos @ 19:53


(Source)

« Les négociants, les gens d’affaires disent qu’ils ont fait un bon coup, un beau coup, lorsqu’ils ont fait un marché, une négociation dont ils retirent beaucoup d’avantage ou de profit. Des voleurs disent qu’ils ont fait un bon coup, quand ils ont dévalisé des voyageurs, c’est-à-dire, un coup qui leur est profitable. » (Charles Nodier et Victor Vergé, Dictionnaire universel de la langue française, 6e éd., 1833.)

Contrairement à ce qu’en pensent certains, la locution du coup n’est ni un néologisme, ni un barbarisme. Le Trésor de la langue française en donne ainsi le sens et un exemple d’un auteur qui n’est ni des moindres ni né de la dernière pluie :

Du coup. À la suite de quoi :

… les hasards d’une conversation avec sa mère l’amenèrent à en faire l’aveu, et le lièrent ainsi à une fantaisie de gosse, qu’il eût si facilement abandonnée, qu’il était du coup dans l’obligation de poursuivre. Aragon, Les Beaux quartiers,1936, p. 239.

et permet de ne pas le confondre avec :

Du même coup. En conséquence de quoi. Synon. par voie de conséquence :

Lorsque toutes mes créatures vivront, que j’aurai donné tout mon fruit, qu’il ne restera plus que de me répéter, alors peut-être, s’il est temps encore, songerai-je sérieusement à désarmer le dieu impitoyable de M. Singlin et de la tante Sainte-Thècle, et éviterai-je du même coup d’écrire, à la fin de ma carrière, d’aussi mauvaises tragédies que celles du vieillard Corneille. Mauriac, La Vie de Jean Racine,1928, p. 64.

ni avec Du premier coup, D’un coup, Pour un (ou le) coup, etc. Un peu casse-cou, mais on s’y retrouve finalement.

Pour en revenir à Du coup, on en a trouvé aussi des usages un siècle avant Aragon, dans La Nuit du meurtre, drame en cinq actes d’Albert et de Labrousse, représenté pour la première fois à Paris sur [sic] le théâtre de l’Ambigu-Comique, le 3 août 1839. Mathurin (un jeune paysan) dit à Thérèse (paysanne, nièce de Jérôme, ce dernier intendant de Launay, un riche propriétaire – vous suivez ?) :

Quand j’aperçois ça, je vous fais un bond de joie… que du coup… je vous envoie cet animal de sergent… les quatre fers en l’air, au milieu de la salle.

Si vous vous demandez ce qui l’a fait bondir à ce point, eh bien c’est d’avoir tiré un bon numéro à une loterie destinée à sélectionner les jeunes conscrits pour un service de huit ans dans la milice, tandis qu’il envisageait d’épouser Thérèse sur le coup.

Sauf que le malheureux s’était trompé : il croyait avoir tiré le numéro 61, or c’était le 19, et la limite étant 20… Un mauvais coup, pour le coup !

1 juin 2014

Vues d’Irlande : Clonmacnoise

Classé dans : Histoire, Lieux, Photographie, Religion — Miklos @ 19:30


Ruines de Clonmacnoise (autres photos ici).
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«Un site du début de l’ère chrétienne fondé par St. Ciarán au milieu du VIe siècle sur la berge Est de la Shannon. Ce site contient les ruines d’une cathédrale, sept églises (Xe – XIIIe siècles), deux tours rondes, trois croix hautes et »la plus grande collection de pierres tombales du début de l’ère chrétienne de l’Europe occidentale. (source)

«Le roi Diarmid, ou Dermott[Diarmait Uí Cerbaill, premier chrétien à être couronné monarque suprême d’Irlande.], monarque suprême de l’Irlande, descendait, comme Columba[Saint Columba of Iona, 521-597.], du grand roi Niall, mais par un autre fils que celui dont Columba était l’arrière-petit-fils. Il vivait, comme tous les princes de son pays, dans une union intime avec l’Église, personnifiée en Irlande, plus encore qu’ailleurs, par l’ordre monastique.

Exilé et persécuté dans sa jeunesse, il s’était réfugié dans une île entourée par un de ces lacs que traverse le principal fleuve de l’Irlande, le Shannon, et il s’y était lié avec un saint moine, nommé Kiéran[Saint Ciarán de Clonmacnoise, ~514-~544.], qui n’était autre que ce fils de charpentier, camarade jaloux de Columba à l’école monastique de Clonard et depuis son émule généreux en science et en austérité. Sur la rive encore solitaire du fleuve, les deux amis avaient projeté la fondation d’un monastère que la nature marécageuse du terrain obligerait de bâtir sur pilotis. « Plantez, » avait dit le moine au prince exilé, « plantez avec moi le premier pieu en mettant votre main sous la mienne ; et d’ici à peu cette main sera sur tous les hommes d’Érin. »

En effet, Diarmid fut bientôt appelé au trône. Il usa aussitôt de son pouvoir pour doter richement le sanctuaire que devait lui rendre doublement cher le souvenir de son exil et de son ami. Sous le nom de Clonmacnoise, ce sanctuaire devint l’un des grands monastères et l’une des écoles les plus fréquentées de l’Irlande et même de l’Occident ; il fut si riche en possessions et surtout en communautés, filles ou vassales de son autorité hiérarchique, qu’un dicton populaire renfermait la moitié de l’Irlande dans l’enceinte de Clonmacnoise. Cette enceinte contenait réellement jusqu’à neuf églises avec deux tours rondes ; les rois et les seigneurs des deux rives du Shannon y eurent, pendant mille ans, leur sépulture sur une hauteur verdoyante qui domine les bords marécageux du fleuve. On en voit encore les ruines tristement pittoresques, et parmi elles une croix de pierre où sont grossièrement sculptés le prince et l’abbé tenant à eux deux le pieu allongé par la pointe, dont la légende a consacré le souvenir.

Situé à sept milles au-dessous d’Athlone, sur la rive orientale du Shannon, Clonmacnoise fut plus tard érigé en évêché, qu’il ne faut pas confondre avec celui de Cloyne, quoique la désignation latine, Clonensis ou Cluanensis, soit identique. — Cette grande abbaye doit sa principale illustration à son abbé Tighernach (1088), historien très-souvent cité et dont les annales ont été publiées au tome II des Rerum Hibernicarum scriptores, d’O’Connor. Elle renfermait dans sa vaste enceinte une communauté de ces moines laïques, connus sous le nom de Culdees, dont nous aurons à parler plus loin, qui avait été créé par un frère convers du monastère, nommé Conn des pauvres à cause de sa grande charité. Plus tard, au douzième siècle, elle fut attribuée aux chanoines réguliers de Saint-Augustin, qui la conservèrent jusqu’à la spoliation générale. O’Curry, op. cit, p. 60. — Le Gentleman’s Magazine, de février 1864, »publie un plan de l’état actuel de Clonmacnoise, avec une notice fort intéressante de M. Parker sur l’architecture de ces ruines.

Comte de Montalembert, Les moines d’occident depuis Saint Benoît jusqu’à Saint Bernard. Tome III : Conversion de l’Angleterre par les moines. 1866.

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