Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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27 août 2009

Alla breve. X.

Classé dans : Actualité, Alla breve, Musique — Miklos @ 22:37

[73] Concerts pour la paix. Mardi 1er septembre, le World Orchestra for Peace, fondé en 1995 par le chef d’orchestre Georg Solti et composé d’une sélection des meilleurs musiciens des plus grandes formations internationales, se produira à Cracovie pour marquer le 70e anniversaire du début de la deuxième guerre mondiale. Il sera dirigé par le russe Valery Gerguiev, et donnera en première mondiale Prelude to Peace, œuvre commandée pour l’occasion à Krzysztof Penderecki (dont une autre œuvre, Kadisz, sera créée le 29 août dans le cadre des commémorations du 65e anniversaire de la liquidation du ghetto de Lódz), et la Cinquième symphonie de Gustav Mahler. Ensuite, ils partiront à Stockholm pour y donner un concert dans le cadre d’un festival célébrant 200 ans de paix entre la Suède et la Finlande. (Source)

[74] Un duo inatttendu : Yo-Yo Ma et Plácido Domingo. On essaie fébrilement de se rappeler quelles sont les œuvres pour violoncelle et ténor – on en trouve quelques contemporaines, de Ross Edwards (Nos qui vivimus), de Dmitri Smirnov (The Path, to Lermontov’s poem) ou de William Sydeman (Three Songs after Emily Dickinson) par exemple… Il y a surtout l’admirable aria Geduld, Geduld de la Passion selon Saint Matthieu, de J.S. Bach, pour ténor et violoncelle solistes (et orchestre). Mais ce n’est pas de ce type de performance qu’il s’agit : Placido Domingo y dirige l’orchestre philharmonique de Los Angeles (dont nous venons de parler) dans le Concerto pour violoncelle de Dvorák avec Yo-Yo Ma, une bien belle œuvre, et ensuite la Cinquième symphonie de Čajkovskij, pardon, de Tchaïkovski. Critique.

[75] Dawn Upshaw et la Troisième de Górecki. Rares sont ceux qui n’ont pas entendu (parler de) ce tube, plus connu sous son nom de Symphonie des chants plaintifs, qui a explosé sur la scène internationale avec l’enregistrement qu’en a fait le chef d’orchestre David Zinman avec la soprano Dawn Upshaw en 1995. À l’occasion de leur collaboration actuelle au Festival d’Edimbourg, on peut lire un entretien très intéressant avec Upshaw, où elle parle surtout des Folk Songs de Luciano Berio (composés pour la regrettée Cathy Berberian) qu’elle interprète avec Zinman à Edimbourg, et d’Ayre d’Osvaldo Golijov (cycle basé, lui aussi, sur des chants populaires – juifs, en l’occurrence), qu’elle vient de donner à Glasgow – ces deux œuvres faisant partie d’un disque enregistré chez Nonesuch. (Source)

[76] Symphonie pour les Grateful Dead. La chef d’orchestre Marin Alsop a dirigé la Dead Symphony no. 6, An Orchestral Tribute to the Music of the Grateful Dead de Lee Johnson à lors d’un concert à la mémoire de Jerry Garcia, guitariste renommé des Grateful Dead décédé il y a quatorze ans. (Source)

[77] Quatuor pour cordes de mineur. Il ne s’agit pas de la tonalité de cette œuvre, mais du fait qu’elle a été écrite par Tim Woos, compositeur américain âgé de dix-sept ans (il faut dire que cela fait une dizaine d’années qu’il fait de la musique). Elle sera jouée en public par un ensemble de professionnels dans le cadre de l’atelier « jeunes compositeurs » (Woos en est le plus jeune) durant le festival de musique de chambre Lake Champlain. Entretien.

[78] Remasteriser ou non ? À l’occasion de la sortie d’un coffret de six disques compacts, comprenant la remasterisation des premiers albums du groupe post-punk britannique The Durutti Column, un article discute des questions éthiques que soulève ce procédé, que ce soit pour la musique pop ou la musique classique. Pour cette dernière il cite le travail d’Andrew Rose, ingénieur du son chez Pristine Classical, qui affirme non seulement réparer les manques du medium sur lequel la musique a été enregistrée, mais aussi celles du matériel utilisé lors des sessions d’enregistrement d’alors… Le résultat de ses concoctions, dans le cas par exemple d’un enregistrement datant de 1914 – comparez le « avant » et « après » – est bluffant. Mais est-ce « authentique » ? (Rassurez-vous, on n’ouvrira pas le débat sur le sens de ce terme qui n’en a d’ailleurs pas).

Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée

Classé dans : Actualité, Humour — Miklos @ 13:59

Mais que faire lorsqu’elle est fermée, que vous êtes à l’extérieur de chez vous, et que vos clés sont à l’intérieur ? Évitez de suivre les conseils de cette carte que vous venez de trouver dans la boîte à lettres, et qui vous recommande de « garder ces numéros utiles près de votre téléphone ». Surtout si votre téléphone est, lui aussi, à l’intérieur.

De quelques bibliothèques numériques

Classé dans : Actualité, Livre, Sciences, techniques — Miklos @ 12:58

Quelques grands projets visent à mettre en ligne le patrimoine culturel français, européen ou mondial. Un petit tableau tente de mettre en regard quelques-unes des caractéristiques de quatre d’entre eux (pour autant que l’on puisse comparer). Les chiffres, quand il y en a, sont ceux qui sont affichés ou annoncés sur leurs sites respectifs.

Ces quatre projets n’ont pas été choisis au hasard : ils concernent tous, directement ou non, le patrimoine écrit français et font l’objet de l’intérêt actuel (qui est en général passager…) des médias :

· Gallica, mis en œuvre par la Bibliothèque nationale de France, et qui comprend une partie croissante de ses fonds numérisés ;

· Culture.FR, portail des collections patrimoniales françaises, mis en place par le ministère de la culture et de la communication ; il permet de localiser des documents détenus par les bases qu’il indexe (et donc d’y accéder via ces bases directement), d’une part, et a vocation de fournir les informations qu’il a collectées à Europeana ;

· Europeana, portail de la culture en Europe, projet en cours soutenu par l’Union européenne ; à l’instar du portail français, il est destiné à permettre de localiser des documents détenus par les bases qu’il indexe ;

· Google Books, qui comprend des livres numérisés provenant de grands fonds internationaux (principalement : bibliothèques) ; ce n’est pas un portail : les documents numériques sont stockés dans leur système.

Ce ne sont pas les seuls projets de ce genre : la Bibliothèque numérique mondiale est un projet culturellement et techniquement ambitieux porté par la Bibliothèque du Congrès. Il qui ne semble pas viser, a contrario, une exhaustivité ou une volumétrie aussi importante que ces quatre projets. Il est intéressant de trouver parmi leurs donateurs Google et Microsoft…

On n’insistera jamais trop sur la différence fondamentale – même si elle n’est pas directement visible pour l’utilisateur – entre une bibliothèque numérique au sens strict du terme et un portail : la première détient les documents que son moteur référence : elle peut donc en assurer un référencement, une présentation et un contrôle d’accès uniformes, et, le cas échéant, en indexer aussi les contenus (textuels, mais pourquoi pas image, vidéo ou musique).

Un portail s’apparente à un moteur de recherche : il ne détient pas de documents, mais uniquement les informations concernant des documents – qui peuvent être très sommaires (titre et auteur, par exemple) ou détaillés, allant jusqu’à l’indexation du contenu de ces documents, ce qui nécessite de sa part de les récupérer temporairement pour en extraire ce type d’information (ou, ce qui est moins commun, que le détenteur la lui fournisse). Le contenu n’étant pas stocké « dans » le portail, le lecteur n’est pas assuré d’y avoir toujours accès, même s’il y a trouvé une mention (c’est le même cas pour un moteur de recherche, qui peut répondre à une requête en indiquant un site, mais que, lorsqu’on clique pour y accéder, on s’aperçoit que le site a disparu ou n’est pas accessible ou a changé).

Autre détail qui ne manque pas d’importance, dans le contexte actuel : le fait qu’une bibliothèque numérique (comme Gallica, Google ou la Bibliothèque numérique mondiale) soit accessible sur l’internet n’implique pas forcément que ses documents soient référencés (ou indexés) par tel ou tel moteur de recherche ; et, s’ils le sont, que leur contenu (le texte du livre, par exemple) y soit aussi indexé, en sus des informations les concernant (titre, auteur…). C’est ainsi que les contenus des livres de Google Books sont indexés dans le moteur de recherche de Google – mais pas ailleurs… Ceci a pour conséquence de « forcer » l’internaute qui recherche des ouvrages à aller interroger soit le moteur Google, soit Google Books.

26 août 2009

Alla breve. IX.

Classé dans : Actualité, Alla breve, Musique — Miklos @ 22:59

[66] Après Lenny, Gustavo. Leonard Bernstein avait électrifié les salles de concert et passionné ses auditeurs. Hier, il aurait eu 91 ans. S’il revenait, il constaterait que le public américain a vieilli avec lui et a du mal à se renouveler, les jeunes sollicités de partout ne semblant plus pouvoir se concentrer plus de 15 minutes sans zapper. Il semble enfin avoir trouvé un digne successeur, le jeune (il a 28 ans) chef Gustavo Dudamel. Vénézuelien (à l’instar de sa collègue María Guinand dont nous venons de parler), il a été (entre autres) l’élève de José Antonio Abreu qui vient de décrocher le prestigieux prix Polar Prize 2009 pour El Sistema, un réseau d’éducation musicale qui a donné les moyens à des centaines de milliers de vaincre la pauvreté. Dudamel est solaire, possède une passion joyeuse hors du commun qu’il communique irrésistiblement à ses musiciens dont il exige – et obtient – du sang (voyez – et écoutez – le reportage de l’émission 60 Minutes) puis au public, une énergie infinie qui irradie et illumine les œuvres qu’il dirige. Le mois prochain, il prend ses fonctions de directeur musical de l’un des plus grands ensembles américains, l’orchestre philharmonique de Los Angeles, où il succédera à Esa-Pekka Salonen. Ils espèrent une nouvelle révolution, celle qui fera se précipiter le public vers les salles de concert de musique classique. On est prêt à y croire… (Source)

[67] Ça va aussi décoiffer grave en Angleterre. Le chef d’orchestre et animateur d’émissions classiques à la BBC Charles Hazlewood est convaincu qu’il faut dépoussiérer les concerts de musique classique et libérer le public – il l’a encore récemment écrit – entre autres, en donnant des concerts en plein air, avec des ensembles de qualité. Il prépare un concert en plein air qu’il donnera en fin de semaine avec son orchestre, Excellent Device, qui jouera Les Planètes de Gustav Holst. Selon lui, elles peuvent être aussi explosives qu’un concert des Grateful Dead. Il s’alliera pour le démontrer des musiciens pop – Will Gregory du groupe Goldfrapp et le saxophoniste Jason Yarde, entre autres – qui improviseront simultanément. Le lendemain, ce sera le tour des Quatre Saisons de Vivaldi. (Source)

[68] Improvisation et musique classique ? On n’a pas tendance à associer l’une et l’autre, c’est plutôt du côté du jazz qu’il faudrait se tourner. Et pourtant, les cadences, apparues au début du 18e s., étaient destinées à permettre aux solistes instrumentistes ou chanteurs d’improviser avec l’autorisation explicite du compositeur. Mais la normalisation de l’enseignement musical et l’impératif de fidélité absolue à la partition écrite, puis à de célèbres cadences du passé, ont étouffé pour longtemps cet aspect de l’art de l’interprétation. Mais il se pourrait que cela change. Un article d’Alex Ross discute de ces évolutions, et notamment dans le domaine du bel canto, où le chef d’orchestre Will Crutchfield milite pour la libération de l’improvisation du poids du passé.

[69] Une soliste sourde. Dame Evelyn Glennie est une percussionniste de renom, soliste à plein temps, et en musique classique. Elle est aussi profondément sourde. Elle entend, dit-elle, avec tout son corps, et principalement avec ses pieds, nus lorsqu’elle joue. (Source)

[70] Nouvelle grille à France Musique. À partir de lundi prochain, la grille sera « plus simple, plus centrée sur la musique et riche de mille concerts durant l’année ». La nouvelle directrice adjointe y est peut-être pour quelque chose : Mitsou Carré vient de Radio Classique, connue pour sa programmation… moins classique, dans tous les sens du terme. (Source)

[71] Parlez-moaaa d’amour… On connaît la chanson de Jean Lenoir, qu’on l’ait entendue avec Lucienne Boyer ou avec Dalida. Mais avec Alain Duault ? Si si : c’est le nom de son émission estivale, plus consacrée à la musique du cœur qu’à la musique classique. Vendredi dernier, c’était celui (le cœur) de PPDA.

[72] Comment bien jouer de la musique irlandaise. Un article d’All Things Strings explique aux violonistes ayant une éducation classique le geste instrumental traditionnel nécessaire à l’interprétation authentique de la musique traditionnelle irlandaise, avec des vidéos à l’appui. (Source)

Words to avoid in your blog so as not be treated like s**t by this Pakistani company

Classé dans : Actualité, Sciences, techniques, Économie — Miklos @ 19:25

According to Griffin’s The Panjab Chiefs (1865), Sialkot is one of the most ancient towns in the Panjab. It is said to have been founded about 3400 B.C. I had never heard of it – have you? – until, that is, the spam I found today in my blog.

It appeared in the guise of a comment to my Brief history of the glove, and consisted of a promotional message for a group of companies specializing in all kinds of apparel, established in Sialkot (but with offices in NYC as well). It was posted from the Pakistan Telecommunication Company Limited network.

Spam is, in and of itself, an act of blatant disrespect. But what distinguishes this one is the assurance that “You are also guaranteed to enjoy the high value services and excrement care in every medium detail from us”. For a fleeting moment, I wondered if it was an indication they were into organic apparel, made from animal or human dejections, but I rejected this hypothesis.

A quick search on the internet reveals several instructive things. For one thing, there are over 4,200 spams to-date with this identical message. Or almost: the city is the same, the name of the company and its phone numbers may vary. Its web site is totally broken.

The sites which are spammed (and which have left this comment along – there may be many more which have not validated it or which have deleted it after the fact) are those which mention such items as regular or boxing gloves, coats and jackets. They usually belong to the garment industry or sport associations, but not only, as ours. One of the most amusing places we’ve found it is on the web site of the Centre for European Politics, attached to an item entitled The Gloves are off – Germany’s Grand Coalition. Will this German coalition decide to order leather garments from the Sialkotic coprophilous company?

Now you know which words you shouldn’t use in your blog unless you plan to enjoy their special kind of care. Darn, I just did it. I wonder if they will get me again.

Dear Reader, I hope that you will be keeping well (as they write).

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