Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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8 novembre 2013

Life in Hell : vignettes

Classé dans : Actualité, Cuisine, Danse, Littérature, Peinture, dessin, Économie — Miklos @ 14:31


La consommation de pommes selon Spirou, ou,
“Ma io non mangerò mai una frutta, che non sia sbucciata.” (Pinocchio)
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«Geppetto, du long discours embrouillé de sa marionnette n’avait retenu que le fait qu’elle mourait de faim et il tira de sa poche trois poires qu’il lui tendit :

–– Ces poires devaient être mon déjeuner mais je te les donne volontiers. Mange-les et fais-en le meilleur profit.

–– Si vous voulez que je les mange, faites-moi donc le plaisir de les éplucher.

–– Les éplucher ? – s’étonna Geppetto – Je ne savais pas, mon garçon, que tu étais si délicat. Tu fais la fine bouche. C’est mal ! Dès le plus jeune âge, en ce bas monde, il faut s’habituer à manger de tout. On ne sait jamais ce qui peut arriver, car tout est possible.

–– Vous parlez d’or – répliqua Pinocchio, – mais moi je ne mangerai jamais un fruit qui n’est pas épluché. Je ne peux pas souffrir les peaux.

Alors le brave Geppetto, sortant un petit couteau et s’armant de patience, pela les trois poires en prenant soin de laisser les épluchures sur un coin de la table. »

Spirou, à l’instar de Pinocchio, ne mange pas de fruits s’ils ne sont pas épluchés. Mais Akbar n’est pas le gentil Geppetto.


Le ptérodactlyle hurlant chantant dans le métro.
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Lors de ses pérégrinations dans la capitale, le ptérodactyle chantant croise un regard éteint qu’il pense être celui d’Akbar. Mais le regard d’Akbar n’est jamais éteint même quand il dort. Ce dernier est donc disposé à fournir l’adresse d’un excellent opticien.


Spirou et la Calligraphe alsacienne apprennent à danser le rock.

6 novembre 2013

Life in Hell: “Language is a virus from outer space” (William Burroughs)

Classé dans : Actualité, Langue, Musique, Peinture, dessin — Miklos @ 22:44


De droite à gauche : la Calligraphe alsacienne, Spirou, le Guitariste ailurophile, Akbar.
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À quelque chose malheur est bon : Spirou est enrhubé, ce qui est un avantage certain pour parler anglais avec l’accent américain. Les résultats n’ont pas manqué d’être au rendez-vous.

Par contre, le guitariste ailurophile trouve qu’il fanfounneOn précise qu’il n’y a pas de faute de frappe dans ce mot. un peu trop, et lui jette un « Mouche-te don, t’as la russe ! » (Claude Hagège s’empresse de préciser que cela n’a rien à voir avec aucune des Pussy Riots).

La calligraphe alsacienne lui demande vivement : « Hesch e Kischt ? » mais s’inquiète tout de même gentiment pour savoir s’il a une bonne Krànkekàss au cas où il aurait à voir son Hüssdokter, et s’il le faut, « E Rosskür küriert ràdikàl ! »

Spirou, que son état actuel empêche d’ingérer tout dérivé de lait sauf s’il contient du chocolat, murmure plaintivement “I hope I’ll be able to eat some cheese soon”, son comté ayant bientôt terminé sa transmutation.

« Bon d’même ! », dit alors le guitariste ailurophile qui trouve qu’il pignote un peu trop, même s’il a réellement l’air accagné, Spirou babinote de la goule mais reste muet, autant éviter de s’argueugner. Pour calmer le jeu, la calligraphe alsacienne déclare fermement « M’r müess d’ Litt nemme wie se sinn ! »

Revenant à leurs moutons, ils se demandent comment ils vont faire pour améliorer leurs scores dans la langue de Shakespeare. Après quelques instants de palabre, ils décident d’un commun accord de la parler entre eux un jour par semaine, les autres étant consacrés respectivement au patois vendéen, à l’alsacien et au français. Il reste toutefois un jour ouvré, ils le tireront chaque fois au sort.

« Nix isch unmejlich! », se dit Akbar in peto et, ne voulant pas leur compliquer encore plus la vie en leur rajoutant une autre langue qui serait de l’hébreu pour eux, conclut « À nous retater la boulette dô geoneil ! »

2 novembre 2013

Tout et son contraire

Classé dans : Actualité, Histoire, Société — Miklos @ 19:34

Le titre et le premier paragraphe de ce récent article de TF1 ne manquent de faire penser au refrain de la célèbre chanson à boire, Chevaliers de la table ronde, ou, moins musicalement, à une récente performance de Google Translate.

Sur le fond, comment ne pas com­prendre le poids parfois insur­montable de certains noms de famille. Ce n’est d’ailleurs pas la seule raison de vouloir en changer comme le montre Nicole Lapierre dans son très inté­ressante étude consacrée à cette démarche (on en avait déjà parlé), et cette démarche n’est d’ailleurs pas toujours le fait d’un choix personnel – j’en sais quelque chose.

Mais ce poids concerne parfois aussi des prénoms et pas uniquement pour des raisons fami­liales. Ainsi, Aaron K., ce professeur (main­tenant retraité) que j’avais connu à l’uni­versité : né en Allemagne peu avant la guerre, il avait pu s’en échapper vers l’Angleterre à temps – il était juif – dans le cadre de l’opé­ration Kindertransport. Ce que j’ai appris bien plus tard, c’est que son prénom d’origine était Adolf…

Quitte à se remémorer une personnalité qui a porté ce prénom, autant évoquer Adolphe Crémieux (né, lui, Isaac Moïse…), à qui l’on doit, entre autres, l’abolition de la peine de mort pour fait politique et de l’esclavage dans les colonies (mesure « ajournée » par Arago), alors qu’il était ministre de la justice du gouvernement provisoire en 1848 ; la fondation en 1860 de l’Alliance universelle israélite, qui, outre son activité pédagogique, a aussi défendu les chrétiens du Liban massacrés par les Druzes quelques années après sa fondation ; et, dans le gouvernement de 1870, de fameux décrets, non pas uniquement celui qui accordait la citoyenneté française aux Juifs d’Algérie jusque là soumis au statut de dhimmi, mais aussi la naturalisation des « indigènes musulmans et des étrangers résidant en Algérie », ou encore la fin de l’administration militaire d’Algérie.

31 octobre 2013

Life In Hell : Super U se lance dans le fast food

Classé dans : Actualité, Cuisine, Économie — Miklos @ 0:44


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Spirou est non seulement un pastaphile convaincu, mais aussi un caséophile averti (l’un et l’autre se combinant à perfection à l’aide d’une des trois petites rapes – toutes identiques – que possède Akbar pour ce faire). C’est pourquoi il veille à se fournir en grandes quantités de fromages de tous ordres qu’il consomme avec délectation.

Mais quelle n’est pas la surprise d’Akbar de constater qu’une belle tranche de 350 gr. de comté aop lc 32% usav. 18/21ms (rien que le nom lui donne l’eau à la bouche), encore hermétiquement emballée et conservée à 4° (bon, à 5°) comme le recommande l’étiquette, exhibe des tâches de moisissure. Je me demande si c’est une caractéristique d’une production spéciale du Fort des Rousses destinée à la gamme « Saveurs U », murmure-t-il in peto.

Il en parle à Spirou. Ils exa­minent l’étiquette, et constatent qu’il y est indiqué qu’il fallait consommer ce fro­mage le jour-même de son embal­lage. Spirou affirme, indigné, qu’il n’aurait jamais été capable d’ingérer ces 350 gr. si rapi­dement, même s’il lui arrive de fréquenter de temps à autres des fast foods : il n’a pas encore atteint ce niveau de consom­mation express, mais je ne désespère pas d’y arriver, ajoute-t-il avec son enthou­siasme habituel.

Akbar lui demande alors ce qu’il faut faire de ce fromage. Après un moment de réflexion, Spirou propose de le garder et de voir si après quelques mois d’affinage supplémentaire, il se transformera en roquefort (Akbar, lui, aurait préféré du bleu de Gex, mais ce n’est pas ses oignons son fromage). Comme ça, il n’y aura pas de gaspillage et on saura si c’était du vrai ou de la gomme.

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

28 octobre 2013

Le Parisien innove

Classé dans : Actualité, Langue, Musique, Médias, Peinture, dessin, Société — Miklos @ 20:55


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Au cœur de notre culture, le français est une langue ancienne qui a régulièrement besoin d’être époussetée et rendue plus accessibles aux masses laborieuses qui peinent avec sa syntaxe et sa sémantique. C’est à quoi Le Parisien s’est évertué – dans un article concernant la vie culturelle, « Booba papa ? La rumeur qui enflamme Twitter » – en prenant des libertés avec l’orthographe et le sens souvent trop précis des mots de notre belle langue, dans le plus pur style rap (à propos, vous avez remarqué ce que donnent les trois premières lettres du nom de ce journal en verlan ?).

Ainsi, on peut y lire : « Depuis dimanche, Twitter est inondé de photos de Booba entouré d’une jeune femme. Cette jolie brune pose également avec un ventre arrondi. » Si ce ventre est celui de la jolie brune – ce que le journal ne précise par discrétion –, on peut se demander quelle est sa taille (en largeur) pour lui permettre, dotée d’un tel embonpoint, d’entourer ainsi son Booba qui pourtant n’a pas l’air filiforme. Mais là aussi le journal reste discret.

Mystère pour mystère, il rajoute que « Personne ne sait d’où viennent ses clichés, ni leur véracité est avérée. » Clin d’œil à la lectrice avertie (c’est la rubrique La Parisienne, après tout) qui saura lire entre les lignes : puisque ce sont ses clichés, ils doivent venir de sa poche, c’est avéré ça !

Plus loin, notre Parisien nous informe : « Au départ, une série de photos a affolé les fans, sans que l’on cinnaisse leur provenance, ni leur véracité. […] Booba, loin des textes hardcorde de certains de ses morceaux, coule des jours heureux avec une jolie brunette aux formes voluptueuses. […] on le voit souriant […] au côté d’une très jolie jeune femme. » On en déduirait que la brune voluptueuse n’a, comme une bande dessinée de Möbius, qu’un seul côté. Quoi qu’il en soit, on espère que son compagnon ne l’attachera pas avec une corde plutôt hard avant qu’ainsi naisse (remarquez-en la nouvelle orthographe) le fruit de leurs amours.

Tous nos vœux au jeune couple et à leurs fans.

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