Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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4 juillet 2012

Quand on parle de propriété intellectuelle…

Classé dans : Actualité, Langue, Médias, Politique, Société — Miklos @ 18:54

… on ne le fait pas forcément intellectuellement, surtout quand il s’agit de la presse qui est pressée, pressée…

Le Monde, comme tout le monde, veut être le premier à parler du rejet, par le parlement européen, du traité destiné à combattre la contrefaçon. Le journaliste – l’article est signé – a dû le pondre à toute berzingue et ne s’est pas relu (voire lu). On y relève des coquilles, telles

 « 478 voix contre, 39 voix pour et 165&nnbsp;abstentions » ; pour les non-informaticiens qui se demanderaient ce que ce dernier mot veut dire, on précisera que   (avec l’esperluette et le point-virgule) est un signe typographique destiné à créer une espace insécable (de façon à ce qu’aucun renvoi à la ligne ne sépare intempestivement le 165 du abstentions) et donc autant indivisidible qu’invisible, mais il ne prend qu’un seul ;

 «très impliqué dans la mobilisation conter ACTA » au lieu de « contre » ; il est vrai que « contre la contrefaçon » fait lourd, mais de là à écrire ainsi…

Mais au-delà de ces points de détails et d’autres lourdeurs de style, la cerise sur le gâteau revient à la phrase « la carte des Internets n’a pas de bordures ». Que ce soit le journaliste ou la personne qu’il cite qui a proféré cette affirmation, on se demande s’il ne s’agit pas simplement d’une charabiaesque traduction de l’anglais borders, qui signifie ici frontières… Ah, ces faux amis (je ne parle pas des journalistes, non)…

Mais où va Le Monde ? On n’en sait rien, mais en tout cas il y va vite.

Plus tard : le journaliste a corrigé son article (quel avantage, finalement, la publication électronique, on peut tout réécrire, et plus facilement que dans 1984) en prenant acte de ces remarques.

23 juin 2012

Manifestement…

Manifesta : importante biennale itinérante euro­péenne d’art contemporain créée à Rotterdam (Pays-Bas) en 1996. Manifesta 9 se tient actuellement à Genk (Belgique).

On serait curieux de savoir si son nom ne se serait pas, consciemment ou non, inspiré de documenta, « musée des cent jours », célèbre exposition quinquennale d’art moderne et contemporain créée en 1955 à Kassel (Allemagne) d’une durée de cent jours. dOCUMENTA (13) s’est ouverte il y a deux semaines.

Manifest : galerie américaine d’arts visuels qui s’est ouverte en 2004 dans un quartier de Cincinnati dans le but de le revitaliser. Son appel à œuvres pour sa quatrième exposition du nu dans l’art est actuellement en cours.

Manifest : Manifest : BA + BFA et Manifest : MFA sont des expositions organisées depuis (au moins) 2008 par le département de photographie du Columbia College de Chicago (US) pour y montrer les réalisations de ses élèves.

Manifestum : chœur d’hommes fondé en 2010 en Finlande ; il vient de sortir son premier CD.

Manifest : festival de musique qui se tient depuis au moins 2010 près de Brisbane (Australie) ; la prochaine édition, Manifest-2012, annonce une brochette d’artistes intéressants.

Oregon Manifest : organisé en 2011, il s’agissait d’un concours de design et de construction de bicyclettes.

ManiFeste : après Agora, l’Ircam inaugure cette année ManiFeste-2012, festival académie durant tout le mois de juin.

16 juin 2012

Life In Hell : double assassinat dans la rue Morgue

Classé dans : Actualité — Miklos @ 14:20

Toutes les circonstances de ce double assas­sinat étaient horribles  et sans entrer ici dans les justifications prises de la politique et du malheur des temps, la sûreté du genre humain semblait demander un frein à de pareilles violences. — Voltaire, « De Sixte-Quint », in Essai sur les mœurs et l’esprit des nations, 1756.

Tirant derrière lui son sac de voyage à roulettes, Akbar se dirige vers son immeuble. Il aperçoit de loin la porte cochère, récemment repeinte d’une couleur rouge sang, largement ouverte, un pompier posté sur le seuil, tandis qu’un camion aussi rouge que la porte est garée à quelques pas.

Inquiet – Paris brûle-t-il ? – il demande en entrant au sapeur si rutilement sapé ce qui se passe.

- Pas d’inquiétude, rien de grave, répond le pompier.

Ce n’est que quelques instants plus tard qu’Akbar réalise que c’était une réponse pince-sans-rire : tandis qu’il se tient devant les boîtes à lettres dans le hall d’entrée, entre Marie-Chantal toute guillerette. Il lui lance un regard étonné, auquel elle rétorque vivement et d’un ton pointu et revendicatif :

- Tout de même, Monsieur Akbar ! vous n’avez rien remarqué ? (genre, vous n’allez pas me le faire accroire). Ça fait plusieurs jours qu’une odeur fort désagréable a envahi la cage d’escalier, je pensais que c’était dû aux travaux de remise de l’ascenseur aux normes, mais c’est devenu si déplaisant qu’on a appelé la police.

- Comme vous le voyez, Madame Marie-Chantal, je reviens de ce pas d’un voyage à l’étranger. Akbar ne rajoute pas que de toute façon il n’aurait rien senti, ayant perdu l’odorat dans un précédent voyage.

- Oh excusez-moi, je suis assez perturbée – so what else is new ? se dit Akbar in peto –, il y a un cadavre dans le petit studio du premier, celui de la… heu… prostituée.

Akbar avait aperçu deux ou trois fois la grande femme élancée aux cheveux plus noirs et plus longs que nature, vêtue d’habits plus moulants tu meurs (zut, ça m’a échappé !) qui répondait à peine à ses salutations polies et que la rumeur de l’immeuble – chaque immeuble a ses rumeurs – disait être en fait un homme du métier.

Sur ces entrefaites, la police investit l’immeuble, et le palier du premier est bondé d’hommes et de femmes en uniforme bleu que seul le casque brillant distingue. Akbar se fraye un passage pour rentrer chez lui.

Plus tard, il entend des bruits sourds de plus en plus sonores : c’est l’ouverture à la hache de la porte du local en question. Les coups retentissent comme un glas, longtemps. Les portes dans l’immeuble sont en chêne et fort épaisses.

Le silence revient, mais pas pour longtemps : la voix de la concierge retentit dans la cage d’escalier. L’immeuble n’a pas de concierge, mais ce titre lui a été accordé en vertu de son sens de l’observation aigu – rien ne lui échappe –, de sa tendance à dire haut et fort ce qu’elle pense – elle n’en pense pas moins, n’a pas sa langue dans sa poche et s’exprime avec cette gouaille de l’entre-deux-guerres quasiment disparue – à tel point que tout le monde, autant dans l’immeuble que ceux du voisinage, est immédiatement au fait. Elle fait entendre qu’on a trouvé deux corps dans ce local, ce devaient être ceux de la… du… personnage en question et d’une amie, collègues de métier, qui y habitaient toutes deux.

Depuis, des scellés ont été apposés sur la porte défoncée.

C’est Jeff, avide lecteur de la rubrique des chiens écrasés parisiens, qui signale à Akbar un article qui jette une curieuse lumière sur les prota­gonistes de ce tragique fait divers et sur leur triste fin.

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

15 juin 2012

Émile Durckheim et l’actualité

Classé dans : Actualité, Politique — Miklos @ 23:40

«Le vote est non seulement un droit pour tout citoyen, mais un devoir. On doit remplir toutes les fonctions qui incombent aux membres de la société ; on doit s’occuper des intérêts communs : or c’est par le vote que s’expriment ces intérêts. Le plus souvent on s’abstient de voter pour échapper à des rancunes particulières, ou parce qu’on trouve cela plus commode : l’intérêt général ne doit pas être sacrifié à l’intérêt particulier. » — Émile Durkheim, Cours de philosophie fait au lycée de Sens, 1884. Bibliothèque de la Sorbonne, manuscrit 2351. Notes de cours prises par André Lalande.

8 juin 2012

Life in Hell : GDF et Sofrès pas si dolce vita que ça

Classé dans : Actualité, Publicité, Économie — Miklos @ 21:13

Le téléphone sonne.

 Bonjour, ici la Sofrès, je voudrais parler à Monsieur Akbar.

 C’est lui-même, comment avez-vous eu mon numéro, qui est sur liste rouge ?

 Il nous a été communiqué par l’EDF – DolceVita, qui souhaite faire une enquête, j’ai quelques questions à vous poser.

 Je ne souhaite pas…

Avant qu’Akbar ne puisse dire ce qu’il ne souhaite pas, l’interlocuteur de la Sofrès lui raccroche au nez sans un mot d’excuse.

Goujats. L’une pour avoir communiqué mon numéro sans mon autorisation (nul doute que la Sofrès l’a rajouté à ses bases de données), l’autre pour son comportement.

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

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