Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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23 août 2011

Life in Hell: la RATP nous mène en bateau

Classé dans : Actualité, Sciences, techniques — Miklos @ 23:04

Akbar et la RATP, ou un problème de santé publique.

Ceux qui m’aiment prendront le train. — Patrice Chéreau.

Il ne s’agit pas du transport fluvial, mais des itinéraires que la Régie recommande électroniquement à ses usagers paumés dans la grande ville et qui souhaitent s’y déplacer rapidement et efficacement. Akbar veut se rendre d’un point – indiqué par un petit drapeau vert en haut à gauche – à un autre – signalé par un petit drapeau rouge en bas à droite.

Le problème consistant à déterminer un trajet optimal s’apparente à celui connu sous le nom de problème du voyageur de commerce (Akbar est ravi de ne pas en être, ce qui lui évite le sort tragique de Willy Loman qu’a relaté Arthur Miller), problème qui n’est pas facilement solvable en un temps raisonnable.

C’est peut-être la raison pour laquelle la Régie ne prend le temps de réfléchir et propose à Akbar le parcourt vert-bleu, qui consiste à aller prendre l’autobus n° 20 à 500 m. de son point de départ et à en descendre à une station se trouvant à quelque 300 m. de sa destination finale.

Mais Akbar, comme tout être doué de raison ou simplement paresseux, lui préfère, sans pour autant avoir fait des études approfondies en recherche opérationnelle, l’itinéraire rouge-orange avec le 29 qu’il peut rejoindre en une minute ou deux (moins de 100 m. à traverser), dans lequel il aurait à peine le temps de se prélasser, puisque son parcours est plus court que son comparse le 20 ; en plus, il arrive plus près de l’objectif visé.

Est-ce le fruit d’une alliance secrète entre la RATP et la Sécurité sociale, destinée à encourager l’activité physique chez les Parisiens trop sédentarisés, se demande Akbar ? Il se souvient des recommandations de Jean-Jacques Rousseau à M. du Peyrou affecté de la goutte, où il lui vante les vertus de l’exercice pédestre : « Contentons-nous de tâcher, comme vous faites, d’adoucir la rigueur de leurs attaques par toutes les précautions que la raison peut suggérer. Celle du grand exercice me paraît excellente ; la goutte doit son origine à la vie sédentaire ; il faut du moins empêcher sa cause de la nourrir. (…) Dans la marche à pied, toutes les articulations agissent, et le mouvement du sang accéléré excite une transpiration salutaire. Il n’est pas possible que, tandis qu’on marche, aucune sécrétion d’humeurs se fasse hors de son lieu ; marchez donc, voyagez, herborisez ; allez à Cressier à pied, revenez de même, dût quelque taureau vous faire en passant les honneurs du bois. »

Inquiet, Akbar décide donc finalement de faire ce parcours à pied, d’autant plus que le temps d’attente indiqué pour le 29 est plus long que celui du trajet pédestre. Quant à la transpiration salutaire, elle est encouragée par la canicule, et en plus il n’y a aucun taureau en vue. Et il revient de même. Il espère ainsi être dorénavant dégoutté.

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

2 août 2011

Mais qui porte vraiment la culotte, à Paris ?

Classé dans : Actualité, Histoire, Société — Miklos @ 21:25

Cette femme porte le haut de chausses, porte des chausses, porte la culotte, Elle est plus maîtresse dans sa maison que son mari. — Dictionnaire de l’Académie française, 1835.

Les Parisiennes qui portent la culotte doivent en demander l’autorisation de la police avec raisons médicales à l’appui selon une loi du 26 brumaire de l’an IX (17 novembre 1799) encore en vigueur, nous apprend l’agence Reuters. D’autres pays à la pointe du progrès ont aussi des lois quelque peu curieuses ; ainsi, à Jasper (Alabama), il est interdit à un homme de battre sa femme avec un bâton dont le diamètre est supérieur à celui de son pouce ; à Nogales (Arizona), on ne peut porter des bretelles ; en Californie il faut posséder un permis de chasse pour être autorisé à poser un piège à souris, tandis à Hartford (Connecticut) on n’a pas le droit de dresser un chien, ni – aucun rapport – d’embrasser sa femme un dimanche, alors qu’à Eureka (la si bien nommée, au Nevada), les hommes qui portent moustache ne peuvent embrasser de femmes – ni la leur ni d’autres, non seulement les dimanches mais tous les autres jours de la semaine. Le Massachusetts, à la pointe de la morale (bien qu’il ait interdit la fête de Noël dès 1659), ne permet pas aux couples (même mariés) de dormir nus dans des chambres louées (bed-and-breakfast, par exemple) et exige un certificat médical pour ceux qui voudraient prendre un bain. On pourra se délecter à la lecture d’une liste assez exhaustive de ces ordonnances amé­ri­caines toujours en vigueur.

Mais revenons aux femmes empantalonnées. Cette loi parisienne et inique mettait fin à un trop bref âge d’or, de quelques années à peine, où les femmes s’étaient délectées à porter des falzars. Dans son ouvrage La Française du Siècle. Modes Mœurs Usages (1886), Octave Uzanne décrit, dans son premier chapitre (« Nymphes et Merveilleuses »), l’effet libératoire qu’a eu sur la société la sortie de la Terreur au lendemain du 9 Thermidor. « Logiquement, on peut dire que la frontière du XVIIIe siècle est franchie et qu’une ère nouvelle commence avec toutes les transformations de mœurs, de langage, de costumes qui marquent l’évolution normale de la France vers un nouveau Régime. (…) Aussi n’est-il point étonnant de voir en tous lieux renaître le plaisir, les jeux, l’allégresse après une si longue contrainte ; la confusion est partout ; on sent qu’on vit dans l’interrègne de la morale ; on s’étourdit, on s’oublie, on se grise, on s’abandonne, on se donne avec facilité et sans prendre garde aux moyens. La femme, principalement, a conscience qu’elle vient de reconquérir ses droits les plus charmants. » Et il cite Lous-Sébastien Mercier1 qui parle de façon assez coquine de l’accoutrement extravagant de certaines Merveilleuses (et, en passant, nous informe de la façon originale qu’avait le comte d’Artois de se culotter et de se déculotter) :

« Quel bruit se fait entendre ? Quelle est cette femme que les applaudissements précèdent ? Approchons, voyons. La foule se presse autour d’elle. Est-elle nue ? Je doute. Approchons de plus près ; ceci mérite mes crayons : je vois son léger pantalon, comparable à la fameuse culotte de peau de Mgr le comte d’Artois, que quatre grands laquais soulevaient en l’air pour le faire tomber dans le vêtement, de manière qu’il ne formât aucun pli, lequel, ainsi emboîté tout le jour, il fallait déculotter le soir en le soulevant de la même manière et encore avec plus d’efforts ; le pantalon féminin, dis-je, très serré, quoique de soie, surpasse peut-être encore la fameuse culotte par sa collure parfaite ; il est garni d’espèces de bracelets. Le justaucorps est échancré savamment et sous une gaze artistement peinte palpitent les réservoirs de la maternité. Une chemise de linon clair laisse apercevoir et les jambes et les cuisses, qui sont embrassés par des cercles en or et diamantés. Une cohue de jeunes gens l’environne avec le langage d’une joie dissolue. Encore une hardiesse de Merveilleuse, et l’on pourrait contempler parmi nous les antiques danses des filles de Laconie : il reste si peu à faire tomber que je ne sais si la pudeur véritable ne gagnerait pas à l’enlèvement de ce voile transparent. Le pantalon couleur de chair, strictement appliqué sur la peau, irrite l’imagination et ne laisse voir qu’en beau les formes et les appas les plus clandestins ;… et voilà les beaux jours qui succèdent à ceux de Robespierre ! »

Pantalon, dit-il ? Collant couleur chair carrément coquin ! Culotées, ces charmantes créatures. Pas étonnant que les prémices du « nouveau Régime » qu’évoque Uzanne, le Premier Empire, se soient accompagnées d’un retour à l’ordre moral dont cette interdiction est l’une des manifestations (mais qui, comme on peut le voir dans l’illustration ci-dessous, ne semble pas avoir eu un effet immédiat).

La sénatrice Maryvonne Blondin – qui siège à Paris (en pantalon ?) mais représente le Finistère – a déposé une proposition de loi demandant l’abrogation de ce texte. Jusqu’ici, la préfecture de police avait résisté à ces efforts qui remontent à 1887. Mais est-ce vraiment nécessaire ? Certains observateurs notent un retour actuel vers la pudeur : « De nos jours, nous constatons que les corps se rhabillent un peu plus. Notamment chez les plus jeunes, avec le délaissement du slip de bain pour les shorts. » constate le sociologue Jean-Didier Urbain, et ce n’est pas que pour se protéger du soleil (la différence entre slip et short est négligeable, sur ce point). De là à ce que les femmes acceptent de revenir, d’elles-mêmes, à la jupe, à la robe, voire au niqab… pardon, une autre loi en vigueur l’interdit.


1 Auteur – très prolifique – entre autres du Tableau de Paris avant la Révolution française et du Nouveau Paris (en 1798), ainsi que d’une utopie, L’an deux mille quatre cent quarante, rêve s’il en fût jamais, que nous avions déjà évoquée.

Mais que fait donc la police aux frontières ?

Classé dans : Actualité, Société — Miklos @ 2:15

Sur les routes, c’était grand chassé-croisé estival de l’année [le week-end dernier]. Et dans le ciel ? A l’aéroport de Beauvais-Tillé, 37 000 passagers ont transité. Mais pas de panique, on avait anticipé. — Le Parisien, 1/8/2011.

On ne peut dire la même chose de l’aéroport Charles-de-Gaulle. Dimanche dernier à 17h30, dans la salle de la police aux frontières du gigantesque, caverneux et labyrinthique terminal 2E (dont on avait récemment évoqué les joies), plusieurs centaines de voyageurs font la queue devant trois guichets de la police aux frontières, dont un réservé aux passagers européens (environ 150 à 200 individus dans cette file). Notre temps d’attente pour ce guichet-là ? Environ une demi-heure. Et pour enfoncer le clou, une publicité pour PARAFES, le Passage Automatisé Rapide Aux Frontières Extérieures Schengen (ou BIOVOGOGO), nargue les passagers fatigués.

Si c’est pour décourager les immigrants, il y a erreur sur la cible : ça encouragerait plutôt les Français et autres Européens à rester hors de la doulce France, au vu de la difficulté à y rentrer. À repousser les uns et les autres, ce sont dorénavant nos villes qui vont se vider après que les campagnes l’ont déjà fait. À défaut d’un accroissement important de la natalité chez ceux qui ne voyagent pas, on ne pourra plus compter que sur l’immigration illégale pour repeupler notre pays.

23 juillet 2011

Cheap flights, cheap flights…

Classé dans : Actualité, Société — Miklos @ 10:56

« Comme c’est curieux, mon Dieu, comme c’est bizarre ! et quelle coïn­cidence ! » se serait exclamée Madame Martin – tandis que Monsieur Martin lui aurait sans doute rétorqué « Comme c’est bizarre, curieux, étrange ! » – si l’un ou l’autre avaient lu ce blog et pris, ultérieurement, le vol Air France de Paris à Dublin, hier.

Ils auraient choisi un bagage dont les dimensions auraient permis de le prendre à bord, car ils n’aiment pas attendre, parfois pendant de longues heures (et quelques fois plusieurs jours), son éventuelle récupération sur un tapis roulant désespérément vide.

Ils auraient ensuite attendu dans le gigantesque, caverneux et labyrinthique terminal 2E de l’aéroport Charles-de-Gaulle qu’un car vienne les transporter, non pas jusqu’à Dublin (quelle horreur ç’aurait été, attendez un instant et vous serez d’accord) mais jusqu’à l’appareil qui devait être si petit que les passerelles n’auraient pu s’abaisser jusqu’à lui.

Quand finalement celui-ci serait arrivé dix minutes après l’heure d’embarquement indiquée imperturbablement comme « à l’heure », il afficherait comme destination « Newark ». Au moment de s’y engouffrer, ils se seraient vu étiqueter leur minuscule bagage à main afin qu’il leur soit confisqué pour aller en soute.

Entrés dans le car, leurs tympans auraient été percés par une alarme stridente qui y retentirait en permanence. Doigts dans les oreilles, ils l’auraient signalé avec désespoir au conducteur. Celui-ci, bien isolé phoniquement dans sa cabine, aurait répondu « Je ne sais pas ce que c’est, que voulez-vous que j’y fasse ? ». Ils se seraient alors demandé avec angoisse, et si c’était une alarme réelle ?

Les portes se seraient fermées, le car aurait effectué son long parcours dans l’aéroport jusqu’au coucou en question. Comme ç’aurait été bizarre, curieux, étrange ! Ce n’est pas un Airbus 380 d’Air France, mais un Avro RJ85 (modèle 1982) de CityJet, une compagnie irlandaise. Monsieur et Madame Martin auraient senti un début d’angoisse les saisir au souvenir de la relation de Fascinating Aida d’un vol à bas coût à destination de l’Irlande.

Le bus se serait arrêté au pied (plutôt aux roues) de l’avion, aurait éteint son moteur puis attendu que l’on lui donnât le signal qu’il pouvait laisser débarquer nos Martins et leurs infortunés compagnons de voyage enfermés dans cette boîte de conserve toutes portes closes, aux vitres fixes et sans climatisation, la chaleur croissante remplaçant le son de la sirène qui les avait accompagnés jusque là, tandis que du personnel montait et descendait de l’avion (tels les anges dans le songe de Jacob) les bras chargés de sacs remplis de détritus. Un voyageur plus énervé que les autres aurait tambouriné sur la vitre insonorisée séparant le conducteur des prisonniers pour lui intimer de mettre en marche l’aération. Un bruit encourageant en provenance du plafond se serait fait entendre, mais sans autre effet perceptible, ni courant d’air, ni baisse de température.

Plus tard – ils auraient perdu la notion du temps – ils seraient enfin sortis de ce conteneur pour passagers clandestins, se seraient vu délestés de leur bagage à main, et seraient entrés dans l’avion. Monsieur Martin se serait retrouvé assis auprès d’un passager qui débordait en largeur, le pauvre, sur les deux sièges voisins tout en parlant d’une voix tonitruante à son compagnon de voyage.

Heureusement, le bruit des moteurs de l’avion qui se préparerait enfin à partir à l’heure avec un long retard, aurait recouvert celui des voix. Le personnel aurait démontré l’usage des ceintures de sécurité, des masques à oxygène et des poupées gilets de sauvetages gonflables que les Martins ne pouvaient voir, les dossiers des sièges étant trop hauts, tandis qu’ils entendaient une petite voix derrière eux demander avec crainte, « Maman, si on tombe dans l’eau, on fait quoi ? parce que moi, je n’ai pas envie… ».

Une fois en l’air, une annonce aurait été faite, comme quoi suite à un problème de chaudière les passagers seraient privés de thé et de café, dramatique information pour notre couple, Madame Martin, très british, préférant l’infusion de Ceylan tandis que Monsieur Martin apprécie un petit noir corsé.

La stewardesse – c’est ainsi que notre couple les appelle encore – leur aurait donc servi un jus de pomme et aurait fait tomber le récipient, heureusement vide, dans le giron de Monsieur Martin, et se serait excusée à demi mot, d’une voix plus revendicatrice qu’attristée, comme si ç’avait été sa faute à lui de s’être trouvé là.

Ce qu’il aurait commencé à bien vouloir croire.

21 juillet 2011

Une question d’identité(s)

Classé dans : Actualité, Histoire, Politique, Racisme, Société — Miklos @ 10:32

Le moi, devant autrui, est infiniment responsable. — Emmanuel Levinas, Éthique et infini.

On pouvait lire cette information hier :

Dix élus de banlieue d’origine maghrébine viennent de rentrer des États-Unis convaincus qu’il faut relancer le débat sur ce mode de recensement [ethnique] des populations encore proscrit en France. (…) Aux États-Unis, le recensement détaille déjà de 116 à 130 catégories, les Latinos ayant été récemment divisés en deux. En Grande-Bretagne, les communautés répertoriées sont passées en vingt ans de 14 à 29, avec désormais trois sortes de Blancs (Britanniques, Irlandais, autres Blancs), les Gallois réclamant leur propre catégorie. Chacun, au nom de son particularisme, s’estime en droit de revendiquer un comptage à part, pour mieux faire avancer sa cause. (Le Figaro, 20/7/2011).

Lorsque l’on consulte la liste des races (sic) selon la nomenclature américaine, il y a de quoi être sidéré : appartenance à une seule race (six choix), à deux, trois, quatre, cinq, voire six… On se demande à combien de générations il faut remonter, et selon quoi on se détermine soi-même : si une de ses bisaïeules afro-américaines a été violée par un blanc dont l’un des parents venait de Hawaï, se définit-on comme triracial de type “White ; Black or African American ; Native Hawaiian and Other Pacific Islander” ? Et encore, cela dépend si on a plus ou moins de 18 ans.

Ceci rappelle évidemment une autre classification, moins bien détaillée il est vrai mais très « précise », celle des lois de Nuremberg de sinistre mémoire et de tragique conséquence, et dont l’article 5 déterminait ainsi l’appartenance à la « race juive » (absente de la classification américaine actuelle) :

• toute personne ayant trois grands-parents juifs ;

• toute personne ayant deux grands-parents juifs et faisant partie de la communauté juive au 15 septembre 1935, ou ayant rejoint cette communauté après cette date ;

• toute personne mariée à un juif ou une juive au 15 septembre 1935, ou toute personne se mariant avec un juif ou une juive après cette date ;

• toute personne née le/après le 15 septembre 1935 d’un mariage ou d’une relation hors mariage avec un juif ou une juive.

Dans le cas en question, ces élus, poursuit l’article cité ci-dessus, « ont pourtant le sentiment qu’une meilleure évaluation du poids respectif des communautés permettrait de corriger ce qu’ils considèrent comme des “discriminations” ». Que des bonnes intentions. Mais, on le sait, l’enfer en est pavé. Et d’autre part, il est évident qu’ils voient midi à leur porte : les discriminations ne se font pas uniquement selon « l’origine » perçue ou réelle d’une personne, au faciès ou au nom, mais sur tellement d’autres critères (perçus ou réels eux aussi) : âge, genre, orientation sexuelle, classe sociale, apparence physique, handicaps…

Faudra-t-il ainsi se faire ficher sous toutes ses coutures ? Certains le font déjà chez Google ou Facebook, mais ce n’est pas une raison pour l’étendre à tous. Et une fois qu’on aura déterminé tous ces paramètres au goût du jour, cela changera-t-il le fond des choses, celui de ce comportement « humain », trop humain, qui fait rejeter instinctivement, par une sorte de peur viscérale et animale, celui qu’on perçoit comme autre ? On en a vu récemment des débordements qu’on aurait crus absents chez certaines personnes d’apparence civilisée, mais non : cette civilisation n’est sans doute qu’un vernis de surface. Le travail de fond, permanent, reste toujours à faire, Sisyphe.

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