Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

This blog is © Miklos. Do not copy, download or mirror the site or portions thereof, or else your ISP will be blocked. 

2 décembre 2012

The nakid truth

Classé dans : Actualité, Littérature, Médias — Miklos @ 12:57

L’actuel duc de Cambridge – j’ai nommé le prince William, fils aîné de l’héritier de la couronne britannique – doit se demander quelle nouvelle tuile tombera sur son auguste tête.

Après les récentes frasques de son jeune frère (on ne peut s’empêcher de penser au titre du roman The Trouble With Harry de Jack Trevor Story, publié en 1949) qui aurait exhibé ses bijoux de famille en petit comité (ce qui a immédiatement fait le tour de la planète), voici qu’un inconnu chevauche la statue équestre du précédent titulaire du titre, vêtu du même célèbre costume sans pour autant être ni duc ni a fortiori grand duc, même s’il se trouve plus haut placé que le duc en question. Ce dernier, d’ailleurs, ne suit pas du regard ce que lui indique le jeune homme : il semble plutôt contempler les bijoux en question.

Rien d’étonnant, les mœurs britanniques sont différentes des nôtres (et de celles des Russes) :

«Il y avait des corps nus, en tant que biologiste je peux dire que le sexe tel qu’il est montré au public londonien ne correspond pas à la réalité. […] Nous nous trouvions dans la cuisine qui donne sur un jardin. Je n’ai pas compris pourquoi les Anglais se promènent nus et s’embrassent. Ils sont très sérieux. Au lever du jour, d’autres Anglais nus sont venus par le jardin. »

Rafaël Pividal, Pays sages. Roman. 1977.)

Pour tenter de faire le Point sur un imProglio

Classé dans : Actualité, Médias — Miklos @ 10:11


Cliquer pour agrandir

La page d’accueil du Point indique ce matin que le second article le plus populaire parmi ses nouvelles est celui intitulé « Henri Proglio assigné en justice par son fils » (qui, selon ce qu’on peut en voir, s’appellerait, lui aussi, Henri, comme il était d’usage d’ailleurs chez les rois de France). Une presse dite sérieuse n’a d’ailleurs pas manqué de relayer cette information, comme on peut le voir ci-dessus.

Or, si vous voulez consulter l’article sur le site du Point, il s’avère que « La page que vous recherchez n’existe pas », tandis que sur celui de L’Expansion s’affiche un message (qui n’est pas passé sous l’œil vigilant de ses correcteurs – ou peut-être il n’y a plus que des correcteurs automatiques, qui, eux, ne savent pas toujours faire la différence entre a et à) qui indique que la page aurait été déplacée et qui propose des outils pour retrouver l’information, mais sans succès.

Serait-ce son contenu qui était déplacé ? Les amateurs de théories conspirationnistes ne manqueront de s’exclamer, « Mais que nous cache-t-on ? ». Ceux qui consulteront la Wikipedia n’y trouveront aucune mention dudit fils.

Face à ces failles du savoir, on ne peut que conclure provisoirement que la vérité est ailleurs et qu’à défaut d’avoir fait le point il ne nous reste que des points de suspension, ou, pour faire plus savant, en considérant ces traces comme des symptômes, invoquer Lacan : « Le symptôme représente le retour de la vérité dans les failles du savoir. »

24 octobre 2012

Contre les OGM et pour les OGM

Classé dans : Actualité, Médias, Politique, Progrès, Religion, Société — Miklos @ 15:19

La rubrique Rebonds de Libé continue à être alimentée de contri­bu­tions de plus en plus farfelues concernant le mariage homo, ou plutôt, l’opposition à ce mariage. Elles ont ceci en commun qu’elles font preuve d’une flagrante mauvaise foi, à commencer par son défenseur et parangon, l’Église, pour laquelle ce mariage met en danger celui des hétéros sans qu’on comprenne comment se ferait la contagion. Quant à Benoît Duteurtre, il s’agissait pour lui de défendre les libertés des homos en les protégeant d’une de leurs minorités (c’est fou comme les minorités peuvent nuire aux majorités et pas l’inverse) et en leur empêchant de se fondre ainsi dans la société même lorsqu’ils ne rêvent que de ça.

Aujourd’hui, voilà que 121 députés de droite qui signent une « tribune » dans laquelle ils écrivent (c’est nous qui soulignons) :

En fait, ce qui pousse les couples homosexuels, ou tout au moins une minorité, à revendiquer un « droit au mariage », c’est qu’en y accédant, ils obtiendraient de facto des droits en matière d’« homoparentalité ».

Et quelques lignes plus bas :

Mais nous ne pouvons légiférer à partir de l’expérience même réussie de cas particuliers.

Or ce sont souvent des cas particuliers qui ont fait évoluer les lois de la société, en passant du particulier au général, justement. Pour rester sur le terrain expérimental invoqué par ces députés, prenons par exemple l’autorisation de mise sur le marché de tel ou tel produit alimentaire ou médical après que quelques rats de laboratoire lui aient survécu sans aucun effet secondaire. Ici, c’est encore mieux : l’expérience qu’ils invoquent s’est faite in vivo et ils le disent eux-mêmes qu’elle est réussie. Si au moins leur argument avait démontré que, comme les OGM, la majorité de ces cas particuliers avait été nocive pour les humains en question… Mais que nenni. Enfin, on rajoutera que leurs prédécesseurs ont eu le courage de légiférer même sans expé­ri­men­tations particulières préliminaires, en accordant par exemple le droit de vote aux femmes

Alors, pourquoi ne pas faire d’une pierre deux coups : interdiction des organismes génétiquement modifiés et autorisation de l’orga­ni­sation des gays mariages ? Ce dont on est sûr, c’est que ce n’est pas cette mino­rité-là – ces 121 députés dépités – qui votera l’une ou l’autre de ces lois.

12 octobre 2012

Lequel des deux est plus réussible ?

Classé dans : Actualité, Langue, Médias — Miklos @ 11:08


Cliquer pour agrandir.

Raté ! Il ne semble pas, il est certain, que Les Échos n’ont pas connais­sance du subjonctif, qu’ils auraient dû utiliser avec il semble que pour indiquer le doute. Il est certain qu’ils ignorent le fait qu’on pouvait aussi utiliser ici l’indicatif, mais alors en écrivant a réussi (ou ont réussi, l’un ou l’autre se dit ou se disent).

Si, par contre, ils voulaient indiquer la capacité inhérente de l’un ou l’autre candidat à réussir, ils auraient pu écrire Il semble peu probable que l’un ou l’autre soit réussible, du moins d’après le Dictionnaire étymologique (on vous en fait grâce du titre complet, vous le trouverez en légende) de Noël et Carpentier (1831) :


François Noël et Louis Carpentier : Philologie française, ou, Dictionnaire étymologique, critique, historique, anecdotique, littéraire, contenant un choix d’archaïsmes, de néologismes, d’euphémismes, d’expressions figurées ou poétiques, de tours hardis, d’heureuses alliances de mots, de solutions grammaticales, etc. pour servir à l’histoire de la langue française. Paris, 1831.

On peut se demander pourquoi ce terme, bien plus efficace et compré­hen­sissable, pardon, compréhensible, que celui de réussissable (qu’on trouve chez Flaubert et ailleurs, mais pas dans beaucoup de dictionnaires et qui fait surtout penser à suçable, qu’on trouve en 1845 dans le Dictionnaire des mots nouveaux de Radonvilliers), n’ait pas réussi, justement, à s’imposer en français. L’efficacité de notre langue n’est pas une carac­téristique de son génie, à l’opposé de l’anglais. Réussible n’était d’ailleurs pas si rare que cela, en voici quelques autres usages (le premier extrait, de la plume du roi Henri IV, est particu­lièrement intéressant pour ses aspects politiques, le second pour son auteur, et le troisième pour la profusion des compliments utilisés pour rejeter une requête…) :

«Pour moy, je desire, comme Sa Saincteté, que le dict royaulme d’Angleterre tombe entre les mains d’un prince catholique ; je n’ignore aussy les raisons qui me doivent faire desirer que ceste couronne demeure separée de celle d’Escosse, ny celles qui me doivent donner jalousie des alliances qu’a le roy d’Escosse en mon Royaulme ; mais c’est injustice de s’opposer à la justice, et imprudence de s’engager en une entreprise peu reussible, comme celle que l’on propose à Sa Saincteté. Je dis qu’il sera plus équitable, facile et utile à la religion catholique, de penser à réduire le dict roy d’Escosse au giron de l’Eglise, qu’à s’opposer à son establissement par les moyens qui ont esté ouverts à Sa Saincteté. Je n’en parle pas sans fondement. » — Henri IV, lettre missive au cardinal d’Ossat, 24 décembre 1601.

«M. de Manicamp, se voulant mettre en estat de meriter par quelque chose de considerable la grace de son retour dans le royaume que je tasche de luy procurer de Sa M, se doit rendre à Dinant et de là à Sedan pour vous faire quelque proposition. Je vous prie de l’escouter favorablement et de bien examiner la chose, afin que, si vous trouvez l’affaire reussible, vous luy donniez toutes les assistances qui pourront dependre de vous pour en faciliter l’execution. » — Cardinal Marazin, lettre au marquis de Fabert, 20 novembre 1654.

«Pour ce qui vous regarde, Monsieur, je ne voy rien qui vous puisse faire apprehender de la diminution dans les graces anciennes du Roy et je tiendray la main, selon la petite estendüe de mon pouvoir, qu’elles se maintiennent en l’estat où elles ont d’abord esté mises. Mais, pour les faire accroistre, quoyque vous le meritassiés extrêmement par tant de rares qualités qui vous séparent si fort du commun des hommes, cela passe mes forces et je ne le pourrois tenter sans péril en un temps qu’il s’en est fait des retranchemens entiers de nos propres François à leur grande mortification, sans qu’aucun s’en ose plaindre parce que la libéralité du Roy en ce genre a esté toute libre et sans obligation à la continuer. Le bon Mr Waghenseil, qui avoit mesme servi la France utilement n’en a jouy que deux seules fois et ne laisse pas de s’en loüer. Je vous déclare cecy avec ma candeur ordinaire afin de ne vous laisser pas prendre d’autre route en traittant avec nos Mrs que celle que j’y prens pour ma conservation propre, et que quand vous aurés quelque dessein auprès d’eux vous sachiés y employer les moyens les plus conformes à leur goust et qui soient les plus réussibles. » — Jean Chapelain (de l’Académie française), lettre à M. Hermannus Conringius, professeur en médecine, etc., à Helmstadt, 3 décembre 1670.

8 octobre 2012

The longest lived musician to-date?

Classé dans : Musique, Médias — Miklos @ 12:12

Very long-lived individuals who stay active way past their 100th birthday are exceptionally rare, from Methuselah to Elliot Carter. Yet the latest issue of Fontes Artis Musicae, the journal of the Inter­na­tional Association of Music Libraries, Archives and Docu­men­tation Centers, brings to our attention a collection of essays dedicated to the Wesley family of musicians, of which one called “The Younger” had a remarkable life span of 177 years. Music activity is known to preserve the brain, and conducting the body as well. As the French say (with a twist): “Tout doit sur terre mourir un jour, mais les musiciens vivront toujours.”

The Blog of Miklos • Le blog de Miklos