Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

This blog is © Miklos. Do not copy, download or mirror the site or portions thereof, or else your ISP will be blocked. 

12 janvier 2013

On nous cache quelque chose tout !

Classé dans : Actualité, Cinéma, vidéo, Médias, Santé, Société, Économie — Miklos @ 12:40


La face cachet du cinéma (
source)
Cliquer pour agrandir


La face cashée des banques (
source)
Cliquer pour agrandir.


La face cachet de l’industrie pharmaceutique (
source)
Cliquer pour agrandir.


La face cachée de la Lune
(Georges Méliès, Le Voyage dans la Lune, 1902)
Cliquer pour agrandir.

6 janvier 2013

Le pays des grandes gueules, ou, le couple de l’année

Classé dans : Actualité, Langue, Médias, Politique — Miklos @ 17:59

Il y a une république où l’on trouve des grandes gueules : la Mordavie. Et pour cause : son nom vient du russe морда, qui signifie « gueule ». L’Express national s’est empressé – son titre l’y incitant – à y remarquer la présence de deux espèces de ces grandes gueules.

La première, celle qui déplaît au pouvoir – non pas celui de la république en question mais de son vrai patron – s’y retrouve pour avoir ouvertement milité pour l’égalité des droits pour tous (même les femmes et les homos, ce que ledit pouvoir trouve tout à fait immoral). Elle y est enfermée pour deux ans (après, on trouve toujours comment en remettre une couche pour éviter qu’elle n’en sorte et ne rouvre sa grande gueule qui aura encore plus d’histoires édifiantes à raconter) dans des conditions que la seconde espèce – autre grande gueule, mais qui semble particulièrement plaire au même pouvoir et pour cause – qualifie de hautement démocratique.

Le seul problème avec cette nouvelle, c’est que la Mordavie n’existe pas (bien qu’elle ait un hymne depuis fort longtemps). Le journaliste de L’Express, dont on ne doute de l’érudition, a dû, oh lapsus calami, se laisser influencer par sa lecture de La tête des autres de Marcel Aymé, pièce grinçante dont on recommande vivement la lecture et qui se tient en Poldavie. Ou peut-être, amateur de la Moldau de Smetana, avait-il pensé au pays que traverse ce fleuve, la Moldavie, autre petite république (dont le nom s’écrit en roumain Moldova… de quoi en perdre son latin, je l’avoue).

Ne tergiversons plus : la république en question s’appelle en fait la Mordovie, et tient son nom de celui du peuple qui habite la région, les Mordves.

Une question, tout de même : pourquoi le sujet de l’article n’a-t-il pas pu recevoir de maison en Russie et a été contraint de s’exiler ainsi dans ses marches, à l’instar de Victor Hugo à Guernesey ? On espère qu’il pourra de temps en temps – quand il y fait trop froid – se réfugier dans sa maison en Belgique, pays très accueillant de par ailleurs, sans pour autant avoir à renoncer à la maison que la Mordavie, pardon, la Mordovie, lui a offerte assortie, on vient de l’apprendre, du poste de ministre de la culture, apparemment compatible avec sa nouvelle nationalité (russe, pas mordve, vous me suivez toujours ?).

Quel culot, de nous avoir ainsi subtilisé un des parangons de notre culture, que rêve d’ailleurs de rejoindre notre B.B. nationale pour y occuper (on le murmure) le poste de ministre des droits des animaux.

Qui se ressemble s’assemble…

L’Express persiste malgré lui

Alerté sans doute par la clameur internationale et les protestations de l’ambassade Mordve, le magazine a corrigé dans le titre et dans le corps de l’article l’orthographe de la nouvelle patrie des deux personnages en question.

Mais pas dans la légende de la photo (qu’on a supprimée par charité pour nos lecteurs ou par respect des droits à l’image, on les en laisse seuls juges), comme on peut le voir plus bas.

Vers une sortie de crise ?

Voilà maintenant que Le Point nous apprend qu’« Un théâtre de Tioumen, grande ville de Sibérie occidentale située à 2.150 km de Moscou, a proposé mercredi à l’acteur français Gérard Depardieu [...] de rejoindre sa troupe pour 400 euros par mois ».

Si notre le Gérard national l’accepte, il n’aura plus aucun problème avec le fisc français, et pourra d’ailleurs se prévaloir du RMI.

On laissera, pour une fois, le dernier mot à…

Philippe Sollers, dont les idées et les combats, sur ce point du moins, ne sont pas si élognés des nôtres. Et quant aux neuf muses du Parnasse dont il parle, elles feront sans doute bien vite oublier à l’Apollon en question celle d’un hôtel américain, aussi luxueux ait-il été.

2 décembre 2012

The nakid truth

Classé dans : Actualité, Littérature, Médias — Miklos @ 12:57

L’actuel duc de Cambridge – j’ai nommé le prince William, fils aîné de l’héritier de la couronne britannique – doit se demander quelle nouvelle tuile tombera sur son auguste tête.

Après les récentes frasques de son jeune frère (on ne peut s’empêcher de penser au titre du roman The Trouble With Harry de Jack Trevor Story, publié en 1949) qui aurait exhibé ses bijoux de famille en petit comité (ce qui a immédiatement fait le tour de la planète), voici qu’un inconnu chevauche la statue équestre du précédent titulaire du titre, vêtu du même célèbre costume sans pour autant être ni duc ni a fortiori grand duc, même s’il se trouve plus haut placé que le duc en question. Ce dernier, d’ailleurs, ne suit pas du regard ce que lui indique le jeune homme : il semble plutôt contempler les bijoux en question.

Rien d’étonnant, les mœurs britanniques sont différentes des nôtres (et de celles des Russes) :

«Il y avait des corps nus, en tant que biologiste je peux dire que le sexe tel qu’il est montré au public londonien ne correspond pas à la réalité. […] Nous nous trouvions dans la cuisine qui donne sur un jardin. Je n’ai pas compris pourquoi les Anglais se promènent nus et s’embrassent. Ils sont très sérieux. Au lever du jour, d’autres Anglais nus sont venus par le jardin. »

Rafaël Pividal, Pays sages. Roman. 1977.)

Pour tenter de faire le Point sur un imProglio

Classé dans : Actualité, Médias — Miklos @ 10:11


Cliquer pour agrandir

La page d’accueil du Point indique ce matin que le second article le plus populaire parmi ses nouvelles est celui intitulé « Henri Proglio assigné en justice par son fils » (qui, selon ce qu’on peut en voir, s’appellerait, lui aussi, Henri, comme il était d’usage d’ailleurs chez les rois de France). Une presse dite sérieuse n’a d’ailleurs pas manqué de relayer cette information, comme on peut le voir ci-dessus.

Or, si vous voulez consulter l’article sur le site du Point, il s’avère que « La page que vous recherchez n’existe pas », tandis que sur celui de L’Expansion s’affiche un message (qui n’est pas passé sous l’œil vigilant de ses correcteurs – ou peut-être il n’y a plus que des correcteurs automatiques, qui, eux, ne savent pas toujours faire la différence entre a et à) qui indique que la page aurait été déplacée et qui propose des outils pour retrouver l’information, mais sans succès.

Serait-ce son contenu qui était déplacé ? Les amateurs de théories conspirationnistes ne manqueront de s’exclamer, « Mais que nous cache-t-on ? ». Ceux qui consulteront la Wikipedia n’y trouveront aucune mention dudit fils.

Face à ces failles du savoir, on ne peut que conclure provisoirement que la vérité est ailleurs et qu’à défaut d’avoir fait le point il ne nous reste que des points de suspension, ou, pour faire plus savant, en considérant ces traces comme des symptômes, invoquer Lacan : « Le symptôme représente le retour de la vérité dans les failles du savoir. »

24 octobre 2012

Contre les OGM et pour les OGM

Classé dans : Actualité, Médias, Politique, Progrès, Religion, Société — Miklos @ 15:19

La rubrique Rebonds de Libé continue à être alimentée de contri­bu­tions de plus en plus farfelues concernant le mariage homo, ou plutôt, l’opposition à ce mariage. Elles ont ceci en commun qu’elles font preuve d’une flagrante mauvaise foi, à commencer par son défenseur et parangon, l’Église, pour laquelle ce mariage met en danger celui des hétéros sans qu’on comprenne comment se ferait la contagion. Quant à Benoît Duteurtre, il s’agissait pour lui de défendre les libertés des homos en les protégeant d’une de leurs minorités (c’est fou comme les minorités peuvent nuire aux majorités et pas l’inverse) et en leur empêchant de se fondre ainsi dans la société même lorsqu’ils ne rêvent que de ça.

Aujourd’hui, voilà que 121 députés de droite qui signent une « tribune » dans laquelle ils écrivent (c’est nous qui soulignons) :

En fait, ce qui pousse les couples homosexuels, ou tout au moins une minorité, à revendiquer un « droit au mariage », c’est qu’en y accédant, ils obtiendraient de facto des droits en matière d’« homoparentalité ».

Et quelques lignes plus bas :

Mais nous ne pouvons légiférer à partir de l’expérience même réussie de cas particuliers.

Or ce sont souvent des cas particuliers qui ont fait évoluer les lois de la société, en passant du particulier au général, justement. Pour rester sur le terrain expérimental invoqué par ces députés, prenons par exemple l’autorisation de mise sur le marché de tel ou tel produit alimentaire ou médical après que quelques rats de laboratoire lui aient survécu sans aucun effet secondaire. Ici, c’est encore mieux : l’expérience qu’ils invoquent s’est faite in vivo et ils le disent eux-mêmes qu’elle est réussie. Si au moins leur argument avait démontré que, comme les OGM, la majorité de ces cas particuliers avait été nocive pour les humains en question… Mais que nenni. Enfin, on rajoutera que leurs prédécesseurs ont eu le courage de légiférer même sans expé­ri­men­tations particulières préliminaires, en accordant par exemple le droit de vote aux femmes

Alors, pourquoi ne pas faire d’une pierre deux coups : interdiction des organismes génétiquement modifiés et autorisation de l’orga­ni­sation des gays mariages ? Ce dont on est sûr, c’est que ce n’est pas cette mino­rité-là – ces 121 députés dépités – qui votera l’une ou l’autre de ces lois.

The Blog of Miklos • Le blog de Miklos