Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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3 mai 2014

En un clic, la réponse ! Oui, mais laquelle ?

Classé dans : Actualité, Musique, Médias, Sciences, techniques — Miklos @ 0:49

Radio Classique rediffuse en ce moment l’émission Passion classique dont l’invitée est la soprano française Annick Massis. On avoue : on ne la connaissait pas. Et lorsqu’on ne connaît pas, que fait-on ? On interroge l’oracle du numérique, surtout lorsqu’on s’aperçoit que les choix musicaux de l’artiste correspondent aux siens propres – Joan Sutherland, Arthur Rubinstein… Et la toute première réponse qu’il donne, comme on le voit ci-dessus, ne manque d’interloquer : elle est née deux ans avant sa date de naissance.

On clique sur le lien menant vers l’encyclopédie numérique universelle que cite l’oracle. Il y est bien écrit :

ce que confirme la version polonaise de la dite encyclopédie. On décide alors de consulter sa version anglaise, et voici ce qu’elle affirme :

ce qui correspond d’ailleurs à sa version espagnole. Sans entrer dans des considérations géopolitiques sur les alliances entre ces puissances du temps de Louis XIV, on peut comprendre que l’oracle en ait perdu son latin. Et d’ailleurs, ma mère m’avait dit qu’il n’était pas poli de demander l’âge des dames.

Quant à Radio Classique, ils auraient mieux fait de ne pas passer l’extrait où elle chantait : on a déchanté.

1 avril 2014

L’art de rédiger une biographie

Classé dans : Actualité, Langue, Littérature, Sciences, techniques — Miklos @ 0:23


La biographie de Chandler Massey en français.

“Every great man nowadays has his disciples, and it is usually Judas who writes the biography.” — Oscar Wilde, The Critic as Artist.

À la lecture de cette notice encyclopédique, on comprend que ce jeune acteur a une fratrie hermaphrodite et chrétienne ; que, bien qu’il allait à l’école, il faisait du théâtre ; et qu’il a assisté (à des spectacles ? à des matches ?) à l’UCLA tout en étant le supérieur hiérarchique de l’équipe de frisbee. On remarquera le nom assez inhabituel du premier de ses deux colocataires. Quant à son propre surnom, il en a en fait deux : à gauche, « Boum Boum », à droite « chan chan » (qui fait plus cubain).

Si vous voulez connaître l’auteur principal de ce texte, cliquez ici.

Quant à l’auteur secondaire, celui qui a indiqué que notre héros a joué dans Angels in Starducks, on lui signalera qu’il ne s’agit pas de Starducks ni a fortiori de Starbucks, mais de Stardust.

Et donc, si, selon l’écrivain espagnol Benjamin Jarnés, « Le roman est l’art de créer un homme, la biographie l’art de le ressusciter. », ici il s’agit plutôt d’un massacre. Et ce n’était même pas la biographie d’un grand homme…

26 février 2014

Life in Hell : Akbar achète le Groenland !

Classé dans : Lieux, Littérature, Nature, Sciences, techniques, Économie — Miklos @ 20:17


Cliquer pour agrandir.

Akbar adore le Groenland – sauf les mouches, moucherons, mous­tiques et autres insectes volants qui n’hésitent pas à envahir la bouche au moindre bâillement ou, à défaut, les oreilles et l’espace entre les verres des lunettes et les yeux –, pays dont il n’a visité qu’un (tout) petit bout en compagnie de Jeff, de Dr Dne et de son mari le Professeur Lin, mais assez pour en être fasciné. Et pour le reste du pays, il se délecte à la lecture des racontars de Jørn Riel.

Et voilà qu’il découvre dans l’ECUVESEncyclopédie de la Connaissance Universelle Vraie Et Solide que ce pays est à vendre (ainsi d’ailleurs que le Cameroun, Ifni, le Togoland ou un bout de l’Inde, propriétés qui, elles, devraient intéresser Jeff).

Ni une ni deux, il se précipite dans sa banque pour en retirer toutes ses économies. À son conseiller clientèle étonné qui lui en demande la raison, il explique ce qu’il compte en faire, ce que son interlocuteur approuve : ce ne sera pas un inves­tis­sement à fonds perdus, rajoutant bancai­rement : « Sa vaste calotte [celle du pays ou celle de son cardinal ?, sussure Akbar] regorge de matières premières stratégiques pour l’avenir de la croissance mondiale : or bleu avec de l’eau en abondance, or noir avec le pétrole, or vert grâce aux terres rares, or tout court et uranium. » Akbar sourit poliment tout en se disant in peto que ce qu’il préfère, c’est la neige et les icebergs (mais pas comme FionaSi vous ne savez pas de qui il s’agit, c’est que vous n’avez pas cliqué sur l’un des deux liens hypertextes ci-dessus.).

Akbar enveloppe soigneusement ses sous – en fait, des lingots, c’est plus facile à emballer – dans du papier journal bien froissé puis dans du papier bulle, et les sépare ensuite par des frites en poly­styrène pour éviter que le timbre si particulier de leur entre­choquement ne mette la puce à l’oreille d’un postier indélicat. Il dépose le tout dans un carton idoine qu’il expédie par courrier recommandé avec accusé de réception à… Il n’est pas sûr du destinataire, alors à toutes fins utiles il adresse le paquet à Monsieur le Secrétaire général des Nations Unies en le priant de bien vouloir le faire parvenir, si nécessaire, au souverain actuel du Danemark.

Une fois le titre de propriété reçu, il compte se faire construire un grand igloo – il y aura une chambre d’amis, avis aux amateurs – pour passer ses étés dans la partie du Groenland la plus peuplée d’ours blancs, de phoques, de baleines franches (au moins c’est clair, murmure-t-il) et de rorquals, de bernaches cravant, de guillemots de Brünnich, d’eiders à duvet (ça peut toujours servir, se dit Akbar in peto) et de mergules nains.

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

23 février 2014

Life in Hell : pourquoi (et comment) Akbar quitte Bouygues Télécom

Classé dans : Actualité, Sciences, techniques, Société — Miklos @ 20:05

Un divorce ne venant jamais seul, Akbar vient de résilier son abonnement téléphonique chez Bouygues. Voilà pourquoi.

Hier. Le téléphone sonne. Akbar répond, bien que le numéro de l’appelant soit masqué :

– Allo ?

– Bonjour, dit une voix masculinement féminine. Ici Bouygues Télécom. Vous êtes bien Akbarikou, demande-t-elle familièrement et sans même utiliser une formule de politesse ?

– Oui, je suis Monsieur Akbar.

– Vous avez actuellement une formule sans engagement chez nous, pourquoi, hein ? demande-t-elle à plusieurs reprises et avec un ton appuyé.

– Parce que, répond Akbar poliment tout en se demandant si on était en Ukraine, lors de votre dernière campagne téléphonique, il y a moins de deux mois, c’est ce que vous m’aviez proposé, me démontrant que ce serait plus avantageux, et je l’ai prise. Entre nous, Madame Bouygues, ça s’est avéré être plus cher.

– Nous avons une nouvelle formule à vous proposer, à 19€90 hors taxe, rajoute-t-elle rapidement dans un murmure inaudible, et avec beaucoup plus d’internet.

– Mais ça me reviendra quasiment à ce que je paie aujourd’hui ! d’ailleurs, je n’ai pas besoin de plus d’internet, mais j’ai besoin de…

À cet instant, Madame Bouygues lui claque le téléphone au nez sans un mot. Non, ce n’est pas un « incident technique », elle n’a pas rappelé de la journée.

Ni une ni deux, Akbar envoie à Monsieur Bouygues une lettre où il lui décrit l’insupportable outrage qu’il vient de subir. Il en envoie une copie à 60 millions de consommateurs.

Aujourd’hui. Après qu’Akbar ait aidé Jeff à comparer divers services de connexion internet et de téléphonie, il se décide à sauter le pas : il résilie son abonnement à Bouygues et en prend un chez Sosh : moins cher (TTC, lui), répondant bien mieux aux besoins de notre Don Quichotte Akbar, et en plus leur site est clair et simple.

Ceci fait, il réalise que, sans avoir pris des mesures drastiques, la carte SIM que la dite Sosh lui enverra ne pourra fonctionner dans son portable : comme tous les portables achetés avec un abonnement chez un telco, il est verrouillé de façon à n’accepter aucune carte SIM ne provenant de Bouygues…

Après s’être plongé dans une fébrile recherche sur l’internet, il trouve finalement comment demander un code de déverrouillage (ou de désimlockage, en techno­français) à Bouygues. Pas facile, les adresses que l’entreprise fournit pour ce faire sont inexistantes, mais rien ne résiste à Akbar. Enfin, presque rien.

Il saisit le code libérateur, mais voilà que son téléphone lui rétorque : « Impossible d’annuler la restriction ».

Après s’être replongé dans une fébrile recherche sur l’internet, il trouve que cela est dû à trois vaines tentatives de déverrouillage qu’il avait faites auparavant, lorsqu’il avait reçu une carte SIM gratuite de chez Free : les codes que Bouygues lui avait envoyés alors étaient faux, et au bout de trois essais, le téléphone en refuse d’autres.

À cette époque, Akbar avait reçu un autre téléphone gratuitement, ce qui lui avait permis d’utiliser cette nouvelle carte. Mais là, il tient à continuer à utiliser son bon vieux Nokia, dont l’interface est parti­cu­liè­rement ergonomique. Que faire, se demande-t-il in peto ?

Après s’être replongé une fois de plus dans une fébrile recherche sur l’internet, il trouve un logiciel miracle gratuit qui réinitialise le compteur de déver­rouil­lages en quelques instants, ce qui permet enfin à Akbar de se libérer des chaînes qui l’enlaçaient.

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

14 février 2014

Wikipedia outragé brisé

Classé dans : Actualité, Musique, Sciences, techniques, Économie — Miklos @ 1:38


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Cela fait bien plus d’une heure que la Wikipedia dysfonctionne de façon intermittente, tout en annonce devant être « bientôt réparée » et demandant de « réessayer dans quelques minutes ».

Ah, ces géants aux pieds d’argile qui titubent… le mail de Yahoo il y a quelques jours, plusieurs services de Google en janvier, le mail de Yahoo (bis repetita) le mois précédent, Google (derechef) puis Amazon (deux fois) soudain l’été dernier…

Who’s next? comme le chantait Tom Lehrer, en tout cas à cette allure ça ne devrait pas tarder. Et puisqu’on est dans une veine de citations, on conclura par « small is beautiful » d’après le titre du célèbre ouvrage d’E. Schumacher.

Et la réponse à Who’s next? est…

Ça n’a effectivement pas tardé. Quelques jours après la publication de ce billet, on apprend : « Panne mondiale de WhatsApp, trois jours après son rachat par Facebook ». Ça promet.

La promesse est tenue : un peu plus de deux semaines plus tard, c’est au tour de Twitter de tomber en panne.

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