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« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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31 juillet 2014

Bien avant le téléphone…

Classé dans : Progrès, Sciences, techniques, Société — Miklos @ 17:43


Le téléphone en 1877.

L’instrument qui, sous ses avatars successifs, deviendra le greffon le plus commun de l’homme moderne, a été inventé dans la seconde moitié du XIXe siècle. Il participe du désir de l’homme de pouvoir parler et entendre à distance au-delà des limites de son ouie et de la portée de sa voix ; il en va de même pour la vue (loupe, lunettes, télescope, radio-­télescope, microscope, puis microscope électronique et scanner…) ou pour d’autres capacités physiques (cheval, voiture, train, bateau, montgolfière, avion, fusée…). Ces réalisations ont mis à mal les rêves de télépathie et de télékinésie de l’homme, et il ne lui reste plus qu’à souhaiter voyager dans le temps. Et puis…

En ce qui concerne la voix, il aura fallu attendre la seconde moitié du 19e siècle pour lui permettre de faire le tour de la Terre, voire d’atteindre la Lune. Auparavant, il y avait bien les porte-voix à la portée limitée (cf. ci-contre, cliquer pour agrandir). Vers la fin du 18e siècle, Claude Chappe invente le télégraphe (optique) qui, s’il ne transmet pas la voix, transmet du moins sa (complexe) transcription.

D’autres dispositifs purement acous­tiques, ont été imaginés vers la même époque. Le texte qui suit en décrit un, le télégraphe acoustique, imaginé par Thomas Dick ; le dernier paragraphe est parti­cu­liè­rement intéressant, puisqu’il décrit ce qui était en 1825 une utopie et qui est devenu notre quotidien, résultat autrement plus curieux que ne l’imaginait l’auteur de cet article d’antan. On trouvera le texte (en anglais) dans lequel Thomas Dick décrit son invention, et qui est, lui, remarquable pour son introduction consacrée aux tentatives de l’homme de se dépasser dans d’autres domaines.

«Télégraphes acoustiques. — Une compagnie se dispose à couvrir l’Angleterre de lignes télégraphiques qui toutes viendront rayonner autour de Londres, qui en occupera le point central. Le gouvernement pourra se servir de ces télégraphes ; mais ils ne seront pas dans sa possession exclusive, et c’est principalement dans les intérêts du commerce qu’ils doivent être établis.

La compagnie n’est pas encore fixée sur le choix du système télégraphique qu’elle emploiera; elle a engagé tous ceux qui auraient à cet égard des vues particulières, à les lui communiquer, en promettant de grands avantages à l’auteur du projet qui serait définitivement adopté. M. Thomas DickHomme d’église et scientifique écossais, 1774-1857., qui a composé sur les sciences naturelles des écrits estimés, a conseillé l’établissement de télégraphes acous­tiques. Il suppose qu’ils seraient préférables à ceux qui sont maintenant en usage en France et en Égypte.

Quelques expériences faites récemment ont convaincu M. Thomas Dick que l’on pouvait étendre la voix humaine à une distance de 8 et de 10 lieues. Les expériences de M. BiotJean-Baptiste Biot (1774-1862). En utilisant des tubes d’acier de 950 mètres de longueur, il a effectué de nombreuses mesures de la vitesse de propagation du son dans les gaz et les solides., sur la transmission du son à travers les corps solides et par l’air dans de longs tubes, ont établi qu’elle s’opère à travers la fonte, dix fois plus vite que dans l’air. M. Biot a reconnu qu’à une distance de 476 toises, on s’entendait parfaitement à voix basse. Un ecclésiastique, nommé don GautierMoine cistercien, qualifié par Dick comme inventeur du télégraphe ; il avait présenté son invention en 1781, donc 9 ans avant que Claude Chappe n’invente son télégraphe, à Condorcet, Milly, Franklin et autres hommes de science., avait déjà conçu, à la fin du siècle dernier, la possibilité de transmettre des sons articulés à une grande distance. Il proposa de construire des tonnelles horizontales qui s’évaseraient à leurs extrémités, et au moyen desquelles, à une distance d’un demi-mille anglais (800 mètres), les battements d’une montre pourraient être entendus beaucoup mieux qu’en l’approchant de l’oreille. Il calculait qu’une succession de tonnelles semblables transmettrait un message à 900 mille (360 lieues) dans moins d’une heure.

L’application de cette théorie aurait les résultats les plus utiles et les plus curieux ; par exemple, une personne placée à l’extrémité d’une grande ville pourrait, à une heure désignée, communiquer un message, ou converser avec une autre personne placée à l’extrémité opposée;» des amis qui habiteraient des villes éloignées corres­pon­draient par des paroles, et reconnaîtraient sans peine leur identité, au son de leur voix.

Revue encyclopédique, ou, Analyses et annonces raisonnées des productions les plus remarquables dans la littérature, les sciences et les arts. T. 28, décembre 1825.

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L’amour est-il mort, et autres questionnements et considérations métaphysiques

Classé dans : Littérature, Peinture, dessin, Photographie, Politique, Religion, Société — Miklos @ 1:26


L’amour [n’]est [pas] mort.

« L’amour est mort en France :
C’est un
Défunt
Mort de trop d’aisance.
. . . . . . . . . . . . . . . . . .
Et tous ces nigauds
Qui font des madrigaux
Supposent à nos dames
Des cœurs,
Des mœurs,
Des vertus, des âmes !
Et remplissent de flammes
Nos amants presque éteints,
Ces pantins
Libertins ! »

(Extrait d’une chanson de Charles Collé (1709-1783), citée par Eugène Scribe dans son discours de réception à l’académie française, prononcé dans la séance du 28 janvier 1836.)


La vie n’est pas une passerelle.

La vida es una pasarela est une série de photos du photographe colombien Jaime Ávila. If life is a catwalk, run like a dog est le sous-titre de Nowhere Near Here, vidéo d’animation de l’artiste de street art Pahnl (2010).


Nous avons tous grandi dans le corps d’une femme.
Cliquez pour agrandir.

«Il y avait une fois un homme très méchant, un meurtrier, dont l’esprit, quand il mourut, entra dans le corps d’un bœuf. Ce bœuf eut un maître dur qui le nourrissait mal, et le traitait à grands coups d’aiguillon. L’esprit de ce bœuf se rappelait qu’il avait été un homme, et quand le bœuf mourut, il entra dans le corps d’un cheval. Ce cheval appartint à un grand seigneur qui le nourrissait bien, mais une nuit les ennemis de ce seigneur vinrent l’attaquer, et il monta sur son cheval et le poussa à travers des rochers et des lieux escarpés. Le cheval mit le pied entre deux rochers, et ne put l’en extraire qu’avec grande difficulté, et son fer y demeura pris. Son maître le monta encore le reste de la nuit (et l’esprit du cheval se rappelait qu’il avait été dans un homme). Ce cheval mort, son esprit entra dans le corps d’une femme enceint, et s’incorpora dans l’enfant que cette femme portait dans le ventre. Cet enfant grandit et vint à l’entendement du Bien, puis il fut fait bon chrétien. Et comme il passait un jour avec son compagnon à l’endroit où le cheval avait été déferré, cet homme dont l’esprit avait été dans le cheval dit à son compagnon : « Quand j’étais un cheval, je perdis une nuit un fer entre ces deux rochers, et j’allais ensuite pendant toute la nuit déferré. » Ils se mirent tous deux à chercher ce fer, et ils le trouvèrent entre les deux rochers et le conservèrent.

L’hérétique disait donc que l’âme de l’homme entre dans le corps de la bête et l’esprit de la bête dans le corps de l’homme.» Ce qu’entendant, Guillemette dit : « Las moi ! Quelle peine a subie cet esprit avant de pouvoir arriver dans une belle tunique ! »

(Extrait de la confession et déposition d’Arnaud Sicre d’Ax du chef d’hérésie, in Le Registre d’inquisition de Jacques Fournier, 1318-1325.)


We’re Like Cocaine & Candy – It’s time to dance – Je vous aime mais femmes.
Cliquer pour agrandir.

Mais hommes aussi !


Monsieur Cube.

«Les Chinoises passent leur jeunesse dans une torture continuelle pour se donner» des pieds de chèvre. […] Dans certains pays, les mères cassent le nez de leurs enfants. Dans d’autres elles façonnent leur tête en cube.

(Journal des dames, 5 août 1798.)


Dans quel monde… ?

«Ô ciel ! je me meurs. Dans quel monde vivons-nous ? que d’ennemis le bonheur rencontre en son chemin sans pouvoir les éviter ! Quelquefois il fait trop froid, quelque fois trop chaud pour être heureux ; »  on n’est jamais content une semaine de suite. Je deviendrai tout à fait un philosophe grommelant sans cesse et trouvant à redire à tout.

([F. Brooke,] « Histoire de Julie Mandeville. 1761 », trad. de l’anglais, in Bibliothèque universelle des romans, juillet 1785, 1er vol.)


Liberté, égalité…

La devise des Anciens et celle des Modernes.


La vie est [éphémère].

D’où l’utilité du recyclage.

Voir le diaporama.

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28 juillet 2014

Ha ! ha !

Classé dans : Langue, Lieux, Littérature, Peinture, dessin — Miklos @ 2:59

Les Québécois, et surtout les Louisiens d’entre eux, ne souriront même pas à la lecture de ce titre (pour autant qu’il y ait un Québécois qui le lise) : il leur évoquera sans nul doute Saint-Louis du Ha ! Ha !, petite municipalité de quelque 1 300 habitants – les Louisiens en question – du Témiscouata (vous êtes bien avancés, hein ? allez, cliquez ici), non loin de deux petites villes, Trois-Pistoles et de Rivière-du-Loup, toutes deux situés sur la rive sud du Saint-Laurent. À une vingtaine de kms de Trois-Pistoles se trouve aussi une des baies du Ha ! Ha ! (parce qu’il y en a plusieurs).

Si je suis passé il y a bien des années par ces trois bourgades, ce n’était qu’à cause de leurs noms, et surtout pour ce Ha ! Ha ! là. C’est une raison comme une autre, et c’est ce qui m’avait aussi fait passer à la même époque par Odessa, pas celle d’Ukraine (où ma mère est née et que j’aurais aimé voir, mais les circonstances…) mais celle de l’État de New York. Soit dit en passant, il y a plus d’une douzaine d’Odessa aux US, dont deux dans le seul État du Dakota du Nord, et une quinzaine de Paris (je ne compte pas dans le lot les New Paris), et si vous cherchez des localités aux noms réellement originaux, il y a bien Truth or Consequences dans l’État du Nouveau-Mexique.

Ce que je viens d’apprendre c’est qu’il existait à Paris une rue du Ha-Ha (l’actuelle impasse Guéménée). Voici ce qu’en dit Henri Sauval, dans son fameux Histoire et recherche des antiquités de la ville de Paris :

«La rue du Ha-ha est un cul-de sac-qui n’est guère moins beau que la rue de la Cerisaie, mais qui a encore trompé bien plus de monde qu’elle : car il est long, large, rempli de portes cochères, et comme il est placé dans la rue St Antoine à côté de la Place Royale, une infinité de personnes y ont été attrapées, pensant y aller par là; et parce qu’en ces sortes de surprises, et lorsqu’on trouve tout le contraire de ce qu’on s’est imaginé, aussitôt on s’écrie, ha ha.

On tient que c’est ce qui est cause que le peuple lui a donné ce nom. II est certain qu’elle faisait autrefois partie de l’Hôtel des Tournelles ; on y montre encore la salle où mourut Henri II du coup de lance qu’il reçu en joutant contre Montgommery à la rue St Antoine :» et dans ce logis-là même où se voit cette salle, est mort il y a quelques années Claude Mydorge, l’un des premiers mathématiciens de notre temps.

Le haha désigne aussi, en français comme en anglais, une « ouverture exé­cutée dans un mur de clôture, avec un fossé au dehors, pour prolonger une pers­pective ou dégager une vue » (TLFi) ; c’est sans doute la raison pour laquelle on trouve, ou trouvait, une allée du haha dans des parcs, à l’instar de celui du château de Sceaux (selon le Dictionnaire historique de la ville de Paris de Hurtaut et Magny, 1779) ou une allée des hâ-hâ (ou Ha ! Ha !) dans les jardins du château de Versailles, voire une rue qui porte ce nom à Londres (cf. photo à droite, cliquer pour agrandir).

Pour finir, on citera le Poème à crier et à danser de Pierre Albert-Birot (1876-1967) :

(source : Robert Sabatier, Histoire de la poésie du XXe siècle. Révolutions et conquêtes.)

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26 juillet 2014

Hajj, le pèlerinage à la Mecque.


Entrée de l’exposition Hajj, le pèlerinage à La Mecque à l’Institut du monde arabe.
Autres photos ici.

«Mecque (La) , ville de l’Arabie heureuse, célèbre pour avoir été le berceau du mahométisme. Mahomet n’est pas le premier qui l’ait illustrée. On prétend que c’est dans ce lieu qu’est placé le tombeau d’Abraham. Si l’on en croit Nicolas de Damus, le fameux chêne de Mambré, sous lequel ce patriarche conversa avec trois anges, était ce qui attirait à la Mecque ce concours de peuples voisins, païens, juifs et chrétiens. Les succès de l’islamisme n’ont fait que lui donner un nouveau lustre. Elle voit arriver tous les ans des caravanes nombreuses de pèlerins, dont une des plus belles est celle du Caire, et qui viennent dans ce sanctuaire de leur religion rendre leurs hommages à Mahomet. Ce concours cessera d’étonner, si l’on réfléchit que la loi de Mahomet fait un devoir rigoureux de ce pèlerinage ; et cette opinion est si fortement inculquée dès l’enfance, que les femmes même l’entreprennent avec leurs maris, et même seules. Toutes ces caravanes, se trouvant rassemblées, se rendent un certain jour, sur la montagne d’Arafat, à six lieues de la Mecque, où ils croient qu’Abraham offrit à Dieu le sacrifice de son fils lsaac. La fête qu’ils célèbrent dans cet auguste lieu se nomme Korban-bairam, ou le second Bairam ; mais les Arabes l’appellent Je al Korban, et Je al Adha, c’est-à-dire, la fête du sacrifice : parce que, dans ce jour, on immole une multitude prodigieuse d’animaux de toute espèce.

C’est dans ce lieu que les pèlerins: se rasent la tête et le visage, et prennent le bain. Après avoir fait leurs prières, ils s’en retournent à la Mecque. Ils visitent la maison d’Abraham, qu’on appelle la Kaaba et les autres lieux consacrés par la religion des mahométans. On place dans la grande mosquée le pavillon nouvellement apporté du Caire, et on en retire le vieux, qu’on remet entre les mains de l’émir-hadgi.

La ville de la Mecque n’étant pas assez grande pour contenir une multitude si prodigieuse d’étrangers avec leurs équipages, les caravanes sont obligées de camper aux environs de la ville, et séjournent sous des tentes pendant l’espace de neuf à dix jours. Il se tient là une foire des plus considérables du monde, et le commerce qui s’y fait est prodigieux. On admire surtout le silence et la tranquillité qui règnent dans ce concours étonnant de marchands et de pèlerins.

Ceux qui avaient, avant Mahomet, la présidence du temple de la Mecque, étaient d’autant plus considérés, qu’ils possédaient, comme aujourd’hui, le gouvernement de la ville. Aussi Mahomet eut la politique, dans une trêve qu’il avait conclue avec les Mecquois ses ennemis, d’ordonner à ses adhérents le pèlerinage de la Mecque. En conservant cette coutume religieuse qui faisait subsister le peuple de cette ville, dont le terroir est des plus ingrats, il parvint à leur imposer sans peine le joug de sa domination.

La Mecque est la métropole des mahométans, à cause de son temple ou kiabé, maison sacrée, qu’ils disent avoir été bâti dans cette ville par Abraham ; et ils en sont si persuadés, qu’ils feraient empaler quiconque oserait dire qu’il n’y avait point de ville de la Mecque du temps d’Abraham. Ce kiabé, que tant de voyageurs ont décrit, est au milieu de la mosquée, appelée haram par les Turcs ; le puits de Zemzem, si respecté des Arabes, est aussi dans l’enceinte du haram.

La ville, le temple, la mosquée et le puits, sont sous la domination d’un shériph, ou, comme nous l’écrivons, chérif, prince souverain comme celui de Médine, et tous deux descendants de la famille de Mahomet ;» le grand seigneur, tout puissant qu’il est, ne peut les déposer qu’en mettant à leur place un prince de leur sang.

Fr. Noël, Dictionnaire de la fable, ou mythologie grecque, latine, égyptienne, celtique, persane, syriaque, indienne, chinoise, mahométane, slavone, scandinave, africaine, américaine, iconologique, rabbinique, cabalistique, etc. Quatrième édition. Paris, 1823.

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Voir aussi les articles (liste générée automatiquement) :

Pourquoi mon mail marche-t-il ici et pas là ?

Classé dans : Progrès, Sciences, techniques — Miklos @ 4:31

L’omniprésence des gadgets de communication qui donne le sentiment d’être connecté 24 heures sur 24 (ce qui implique de ne plus dormir) s’accompagne pourtant souvent de frustrations de tous ordres. Nous allons aborder celle-ci : comment se fait-il, par exemple, que je puisse envoyer du mail de chez moi où je suis connecté en Wifi mais pas d’ailleurs (en 3G, 4G ou même en Wifi) tandis que je peux en lire aussi bien à mon domicile qu’ailleurs ?

L’utilisation du courrier électronique consiste en plusieurs activités qui s’arti­culent, comme on peut le voir ci-contre (cliquer pour agrandir), entre l’équi­pement que l’on a sous la main (ordi­nateur, tablette, smart­phone…) et celui d’un hébergeur de boîte à lettres et donc de services de courrier électroniquePar exemple : Free, Hotmail, Google, 1&1…, par l’entremise d’une connexion internetEn Wifi ou Ethernet vers une liaison filaire ADSL sur une box, et/ou par accès sans fil ou cellulaire via un smartphone, en Edge, 3G, 4G… en passant par un fournisseur d’accèsBouygues, Free, Orange, SFR…, qui peut être le même opérateur que l’hébergeur de courrier ou non. :

1. la rédaction d’un courrier à l’écran puis sa transmission au destinataire ou à un relais qui poursuivra sa transmission ;

2. la réception d’un courrier puis sa lecture à l’écran ;

3. la gestion des courriers (dans ce qu’on a coutume d’appeler une boîte à lettres).

Qu’est-ce qu’un courrier électronique ?

C’est un fichier (peu importe ce qu’il contient : texte, images, musique…Eux-mêmes pouvant être des fichiers distincts : ils sont alors combinés en un seul fichier, sorte de paquet servant à l’expédition.) assorti au strict minimum d’une adresse de destinataire (par exemple : Mary.Dupuis@geocities.com). On peut donc le comparer à une lettre papier, qui consiste de la lettre elle-même et de l’enveloppe portant le nom et l’adresse du destinataire.

On appelle d’ailleurs par analogie « enveloppe » l’ensemble des infor­mations accompagnant le corps du mail, autant celle nécessaire à sa trans­mission (l’adresse du destinataire) que celles facul­tatives (l’objet du courrier, le nom du desti­nataire, le nom et l’adresse de l’expé­diteur, etc.) ; en outre, l’application émettant le courrier et les relais le trans­mettant y rajou­teront d’autres infor­mations (notamment la date et l’horaire précis d’envoi et de passage de relais en relais, les iden­tifiants internet de ces relais, etc.). Le destinataire n’en verra en général qu’une infime partie dans l’entête du message, celle qui lui est utile (qui a envoyé le message et quand, son objet), comme on peut le voir ci-contre (cliquer pour agrandir).

Soit dit en passant, rien n’oblige – autre que l’éthique… – que ces informations soient véridiques, à deux titres : que le nom et l’adresse indiqués comme ceux de l’expéditeur existent bien, et qu’ils soient ceux de l’expéditeur réel : ce n’est que l’adresse du destinataire qui compte pour la transmission du courrier. On peut écrire ce que l’on veut sur une enveloppe papier, et on peut aussi le faire pour un courrier électronique, ce que spammeurs et scammeurs exploitent pour tenter de dissimuler leurs traces (en fournissant nom et adresse inexistantes), voire tromper le destinataire sur l’origine du courrier (en fournissant par exemple le nom et l’adresse de votre banque, de l’EDF ou de tout autre service commercial en ligne que vous avez utilisé). Ils peuvent aussi falsifier le reste des informations (datation, traces de passage…) présentes dans l’enveloppe d’un message.

Qu’est-ce qu’une boîte à lettres électronique ?

Il s’agit d’un espaceFichier, dossier ou dossier de dossiers. où sont déposés à leur arrivée les courriers envoyés à une adresse électronique particulière qui lui est attachée (Jean.Dupond@free.fr ou Mary.Dupuis@geocities.com par exemple), espace assorti au moins d’un service capable de réceptionner des courriers à tout moment et de les ranger dans les boîtes adéquates. Une seule et même boîte peut d’ailleurs posséder plusieurs adresses électroniques distinctesAppelées des alias : les mails envoyés à celles-ci parviendront toutes à la même boîte.

Par analogie, on peut comparer ces boîtes à celles se trouvant dans le hall d’un immeuble et le service de distribution à celui de la Poste. Dans l’un et l’autre cas, pour lire le courrier, il faut le relever (on verra tout de suite comment cela se fait).

Dans la plupart des cas, les boîtes à lettres électroniques sont gérées par un prestataire de service de mail (gratuit ou payant), qui peut fournir ou non d’autres services, notamment l’accès à l’internet. Ainsi, Free, Orange, SFR, 1&1…, fournisseurs d’accès à l’internet, proposent aussi leur service de mail (qu’on est libre d’utiliser ou nonPlus ou moins. Certains opérateurs internet forcent la main pour que leurs usagers utilisent aussi leurs services de mail.), tandis que Microsoft ou Google proposent un service de mail (Hotmail ou Outlook, pour le premier, Gmail pour le second) sans pour autant être des fournisseurs d’accès à l’internet ; lorsqu’on possède une boîte à lettres chez ces derniers, il faut détenir indépendamment un accès à l’internet.

Quoi qu’il en soit, l’accès à cette boîte et à ses services assortis (au minimum : envoi et réception des courriers, mais aussi, selon le fournisseur, des services enrichis, tels que la gestion de carnets d’adresses, l’organisation des archives de courrier, filtrage automatique ou non de spams, etc.) par son ou ses « propriétaires » nécessite la possession d’identifiants ne permettant, en principe, cet accès qu’aux personnes autorisées.

Comment s’effectuent la relève et la lecture de son courrier ?

On peut consulter sa boîte à lettres globalement de deux façons.

À distance : on se connecte, via le WebÀ l’aide d’un navigateur tel que Chrome Internet Explorer, Firefox, Opera, Safari… à un service de gestion de sa (ou ses) boîte(s) à lettres fourni en place par l’hébergeur de la boîte (Hotmail, Gmail, Webmail, Zimbra…).

On saisit à la main ses identifiants (nom de compte, mot de passe). S’affichent alors à l’écran les contenus qui s’y trouvent (courrier entrant, éventuels dossiers de rangement de courriers précédemment réceptionnés, dossier de spams…) et des boutons permettant de gérer la boîte et d’accéder aux services proposés, et en l’occurrence à la gestion du courrier entrant.

On peut alors afficher à l’écran – via une page Web – le contenu de nouveaux courriers, les ranger dans des dossiers faisant partie de la boîte à lettres (chez le prestataire), les effacer, etc. On peut aussi y répondre, on abordera la rédaction de courriers.

Quoi qu’il en soit, sauf à recopier ou sauvegarder sur son propre ordinateur les courriers arrivés dans la boîte à lettres, ils se trouvent tous chez le prestataire. Ceci peut en assurer une meilleure pérennité mais peut l’ouvrir aussi à des menaces d’attaques de masse de pirates. Il n’y a pas de perfection en ce bas monde.

En résumé : dans ce cas d’usage, il suffit, pour accéder à sa boîte à lettres par le Web, d’avoir une connexion qui permet de « naviguer » sur l’Internet (câblée, Wifi, 3G, 4G…).

Localement : on utilise une application locale à son appareilLes navigateurs mentionnés ci-dessus sont aussi des applications locales, mais ils permettent de gérer les contenus de la boîte à lettres directement chez le fournisseur en accédant au « compte mail ». –à l’instar d’Outlook (Microsoft), Mail (Apple), Thunderbird (logiciel libre)… –, souvent accessible en cliquant sur une icône d’enveloppe qui ne porte pas forcément le nom de l’application ou du logiciel sous-jacent.

Cette application se charge de se connecter directement à la boîte à lettres distante pour en récupérer les nouveaux contenus et les afficher localement, voire aussi les y stocker. Par « directement », on entend que cette application se connecte à un service particulier du fournisseur de mail, destiné à permettre la récupération de courrier par une application (plutôt que par un être humain).

Il existe deux types de services (appelés protocoles) pour ce faire, POPPost Office Protocol. et IMAPInternet Message Access Protocol., le second permettant en sus à des applications de gérer la boîte distante (on y reviendra).

L’un comme l’autre nécessitent que l’application qui y fait appel fournisse au service distant un nom de compte et un mot de passe : ce sont ceux du détenteur de la boîte à lettres. Selon le cas, il peut être aussi nécessaire de fournir des informations supplémentaires (par exemple, une méthode de chiffrage du contenu transféré qui peut autrement être intercepté et lu par des petits curieux).

En résumé : dans le cas de l’utilisation d’une application de courrier local, ce dernier doit être correctement configuré – au minimum, identifiants du compte, adresse internet du service distant (par exemple : pop3.live.com, imap.googlemail.com…) et choix explicite de la méthode, POP ou IMAP (paramètres éventuellement assortis d’autres informations) – pour pouvoir se connecter à la boîte à lettres distante. Une fois cette configuration validée, à chaque accès la récupération pourra se faire, pour autant que

Bref comparatif des deux méthodes : une application de mail local permet de gérer de façon centralisée un ensemble de boîtes à lettres, autant pour la réception que pour l’émission, tandis que l’accès par le Web est distinct pour chaque boîte à lettres. Si l’on en possède plusieurs, il est plus avantageux d’avoir un système centralisé.

La méthode locale permet aussi de récupérer rapidement de nombreux mails puis de les lire ultérieurement sans avoir à être connecté à l’internet, puisqu’ils ont été copiés localement par l’application. Toutefois, si l’on décide d’en effacer certains ou de les stocker dans des sous-dossiers de la boîte distance, il faut être connecté pour ce faire.

C’est la mise en place de cette méthode qui peut s’avérer plus ardue (l’installation éventuelle de l’application et ses mises à jour, s’il n’est pas disponible en standard sur l’appareil ; le paramétrage des boîtes distantes…).

Comment s’effectuent la rédaction et l’envoi du courrier électronique ?

Pour simplifier, on ne parlera ici que des courriers textuels (mais le principe est le même pour d’autres contenus) que l’on rédige à l’aide de son clavier, sur l’équipement que l’on a sous la main (ordinateur, tablette, smartphone…). Comment produit-on le fichier constituant le corps du courrier ? Là aussi, il y a globalement deux façons de procéder.

À distance : on se connecte, via le WebÀ l’aide d’un navigateur tel que Chrome Internet Explorer, Firefox, Opera, Safari… directement à sa boîte à lettres (ou à une de ses boîtes), au même service qui permet de lire les courriers. On utilisera pour la rédaction d’un nouveau courrier les boutons qui permettent de le faire.

Le corps du courrier se constitue donc, au fil de sa saisie au clavier, chez le fournisseur. Avant d’être envoyé par la personne qui le rédige ainsi à distance, il y sera probablement stocké dans un dossier Brouillons, puis, une fois terminé, dans un autre dossier, Courriers envoyés (ces noms peuvent varier selon le fournisseur, mais le principe est le même). Le service distant se chargera alors de le transmettre à son destinataire.

En résumé : dans ce cas d’usage, il suffit, pour accéder à sa boîte à lettres par le Web, d’avoir une connexion qui permet de « naviguer » sur l’Internet (câblée, Wifi, 3G, 4G…).

Localement : on utilisera dans ce cas en général la même application qui a servi à lire localement les courriers : elle offre aussi la possibilité d’en rédiger et de les transmettre au service distant, afin qu’il les expédie aux destinataires.

Une fois le courrier prêt à partir (en général : lorsqu’on clique sur un bouton Envoyer), cette application se charge de se connecter directement au service de courrier distant pour le lui transmettre. Par « directement », on entend que cette application se connecte à un service particulier destiné à permettre l’expédition de courrier par une application (plutôt que par un être humain).

Il existe un type de services pour ce faire, appelé SMTPSimple Mail Transfer Protocol.. Là aussi, l’application doit être configurée de façon à connaître l’adresse internet de ce service – qui est distincte, et c’est essentiel – de l’adresse du service de réception des mails –, d’identifiants de compte pour ce faire, et éventuellement d’informations de chiffrage.

C’est dans la disponibilité et l’accessibilité de ce service que se posent en général les problèmes, dus aux abus croissants que font les spammeurs et scammeurs de tout poil : pour tenter de dissimuler leur traces et d’expédier à peu de frais des milliers de mails, ils repèrent des services SMTP peu ou pas sécurisés (ou dans lesquels ils ont pu obtenir des identifiants de comptes) et s’en servent comme relais.

De ce fait, les fournisseurs restreignent de plus en plus les accès à ce service. Certains opérateurs, qui fournissent un accès internet et des boîtes à lettres, ne permettent de se connecter à leur service d’expédition de courrier que lorsque l’appareil de l’expéditeur est connecté à leur réseau, que ce soit par Wifi ou par les normes de téléphonie mobile (Edge, 3G, 4G…, s’ils fournissent ce type de connectivité). C’est le cas par exemple pour Free, mais ça ne l’est pas pour 1&1.

Il existe un palliatif à ce type de handicap dû au fait signalé plus haut : le service d’envoi de mails (SMTP) étant distinct du service de lecture (POP, IMAP), on peut configurer son appli­cation pour envoyer ses mails par l’entremise d’un autre fournisseur de services mail (par exemple, Hotmail, Gmail, 1&1…) que celui qui héberge la boîte à lettres en question et qui, lui, n’a pas mis en place cette restriction. Il faut pour cela en général détenir une boîte à lettres chez ce fournisseur alternatif dont on ne se servirait que pour transmettre le courrier (cf. image ci-contre, cliquer pour agrandir).

è Par exemple : un utilisateur détient une boîte à lettres chez Free, à l’adresse Jean.Dupont@free.fr, avec comme nom sur l’enveloppe « Jean Dupont ».

Pour en lire le contenu, il doit configurer son application pour accéder à cette boîte à lettres chez Free, via l’une des deux méthodes POP ou IMAP.

Pour envoyer des courriers, il peut utiliser le service d’expédition de courrier (SMTP) associé à cette boîte. Mais pour éviter d’être bloqué au cas où son appareil ne serait pas connecté au réseau Free, il peut (i) ouvrir une boîte à lettres chez un fournisseur alternatif qui ne bloque pas l’envoi de courriers hors son réseau, par exemple Marc.Durand@hotmail.fr (s’il choisit ce service) avec comme nom sur l’enveloppe « Marc Durand », puis (ii) configurer son application pour qu’elle envoie le courrier identifié comme provenant de la première boîte (chez Free) par l’entremise du service d’expédition de la seconde boîte (chez Hotmail).

Mais attention : Hotmail transmettra ce courrier à son destinataire après avoir remplacé l’adresse et le nom originaux de l’expéditeur (Jean.Dupont@free.fr, Jean Dupont) par ceux de la boîte utilisée pour l’expédition (Marc.Durand@hotmail.fr, Marc Durand), ce qui n’est pas forcément souhaitable pour plusieurs raisons, et notamment pour que le destinataire ne se trouve pas répondre à la seconde adresse tandis qu’on souhaitait qu’il réponde à la première… Si l’on utilise une passerelle Gmail (avec compte Jacques.Martin@gmail.com, et nom Jacques Martin), lui, laissera inchangé le nom, mais remplacera l’adresse : ainsi, l’expéditeur apparaîtra au destinataire comme étant Jean Dupont à l’adresse Jacques.Martin@gmail.com…

Ce n’est pas le cas de tous les fournisseurs : 1&1, par exemple, permet d’accéder au service d’expédition de courriers de n’importe quel endroit sur l’internet (en d’autres termes sans être connecté sur son réseau) et ne remplace ni l’adresse ni le nom de l’émetteur par ceux de la boîte passerelle utilisée. ç

En résumé : si le fournisseur de connexion internet (à domicile) et le fournisseur d’accès téléphonique (en Edge, 3G ou 4G) sont les mêmes, les équipements pourront se connecter aux boîtes à lettres qui y sont hébergées sans problème.

Si ce n’est pas le cas, ou s’il existe des boîtes hébergées ailleurs, il faudra configurer l’application de mail de façon à ce qu’elle envoie les courriers via un relais – potentiellement différent de l’hébergeur – qui accepte des mails quelle qu’en soit la provenance (voir ci-dessous « Services alternatifs d’envoi de mail »), ou alors utiliser l’interface Web pour envoyer le mail.

Bref comparatif des deux méthodes : en ce qui concerne la rédaction de mail, le comparatif des méthodes locale et distante utilisées pour la lecture s’applique aussi ici.

Mais comme on vient de le voir, c’est pour l’expédition que la différence peut être importante : certaines boîtes à lettres ne permettent pas à des applications locales d’envoyer du mail par leur entremise si l’on n’est pas connecté au réseau fourni par l’hébergeur de la boîte…

Il existe deux alternatives dans ce cas : (i) utiliser une boîte alternative pour continuer à envoyer le mail par l’application locale sans risquer d’être bloqué ; (ii) utiliser le mail à distance (Web) pour envoyer du mail lorsque l’application de mail locale ne peut le faire.

En résumé

L’accès au courrier hébergé chez un fournisseur peut se faire soit par le Web, ce qui fonctionnera toujours, indé­pen­damment de la nature de la connexion à l’Internet (ADSL ou cellulaire), soit par une application locale, qui devra utiliser POP ou IMAP (cf. la section suivante) pour réceptionner les courriers sur l’équipement de l’utilisateur, et SMTP pour en envoyer (cf. l’image ci-contre, cliquer pour agrandir).

Cette dernière opération peut ne pas être possible si l’utilisateur l’effectue à partir d’un réseau d’un opérateur différent de l’hébergeur de sa boîte à lettres.

POP ou IMAP ?

Comme mentionné plus haut, ce sont deux méthodes alternatives destinées à relever du mail d’une boîte à lettre distante et à les lire dans une application locale à l’appareil.

Voici les principales différences :

– POP recopie automatiquement les mails se trouvant dans la boîte distante vers l’appareil local ; il peut ou non, ce faisant, effacer les mails de la boîte distante. S’il les efface, ils ne pourront être vus, ultérieurement, par un autre appareil connecté à cette boîte à lettres, et inversement… Ainsi, la lecture sur des appareils distincts de courriers arrivés dans la même boîte pourrait paraître incohérente : on risque de ne pas retrouver sur le second appareil un courrier lu précédemment sur le premier. En sus, POP ne permet pas de gérer à distance la boîte à lettres (y créer des dossiers, y déplacer ou effacer des courriers sélectivement, etc.).

– IMAP ne recopie pas les courriers de la boîte à lettres distante : il en donne une « image conforme » via l’application locale. Ainsi, quel que soit l’appareil par lequel on consulte sa boîte, on verra exactement la même chose. Un courrier lu sur un appareil sera toujours présent ultérieurement qu’on le consulte sur le même appareil ou sur un autre (sauf si on l’a explicitement effacé). En outre, IMAP permet de gérer la boîte distante (y créer des sous-dossiers, déplacer des courriers d’un dossier à un autre, etc.).

On est alors en droit de se demander pourquoi ne pas toujours choisir IMAP comme mode de relève de ses courriers ? La réponse est simple : tout dépend de la, ou des, méthode(s) proposée(s) par l’hébergeur. Par exemple, Hotmail ne propose que POP…

En guise de conclusion temporaire

Les technologies ayant pour caractéristique d’être en mouvance permanente, tout ce qu’on en dit à un instant donné est susceptible de ne plus être aussi vrai quelques temps plus tard.

Non seulement les techniques sous-jacentes se complexifient, mais l’offre devenant de plus en plus abondante, l’utilisateur se retrouve devant une panoplie de choix multiples qui ont, chacune dans leur domaine, des avantages et des désavantages techniques et économiques, mais qui, une fois combinées, peuvent s’avérer causer des problèmes inattendus, de nature technique surtout, mais qui font perdre parfois beaucoup de temps, et comme le temps c’est de l’argent, les solutions choisies peuvent finalement s’avérer ne pas être aussi économiques que ça…

Ainsi, pour la téléphonie, il peut être plus avantageux de choisir un opérateur A, tandis que pour l’internet à la maison un opérateur B. Et voilà que se pose potentiellement le problème d’expédition de courriers…

Le monde en noir et blanc était plus simple…

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