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« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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7 mai 2019

Au cinéma

Classé dans : Cinéma, vidéo — Miklos @ 22:30

Synonymes, de Nadav Lapid. Cliquer pour agrandir.

❤️❤️❤️ : à ne pas manquer ! ❤️❤️ : à voir. Le reste : …

[07/05/2019] Martín Deus : Mon meilleur ami (Mi mejor amigo). 2018. ❤️

[26/04/2019] Amos Gitai : Un tramway à Jérusalem (רכבת כלה). 2018. 👎

[12/04/2019] Nadav Lapid : Synonymes (מלים נרדפות), 2019. ❤️❤️ / ❤️❤️❤️

[09/04/2019] Yolande Zauberman : M. 2019. ❤️❤️❤️

[19/03/2019] Julien Petit : Les Invisibles. 2019. ❤️❤️❤️

[28/02/2019] Blake Edwards : Diamands sur canapé (Breakfast at Tiffany’s). 1961. ❤️❤️❤️

[14/02/2019] John Huston : La nuit de l’iguane (The Night of the Iguana). 1964. ❤️❤️❤️

[08/01/2019] Mira Nair : Salaam Bombay. 1988. ❤️❤️

[13/11/2018] Nadine Labaki : Capharnaüm. 2018. ❤️❤️

[12/11/2018] Florent Vassault : Lindy Lou jurée n° 2. 2018. ❤️❤️❤️

[27/10/2018] Julien Duvivier : La Belle Équipe. 1936. ❤️❤️❤️

[12/10/2018] Emilio Belmonte : Impulso. 2018. ❤️❤️❤️

[11/10/2018] Phillipp Jedicke : Shut Up And Play The Piano. 2018. ❤️❤️

[22/09/2018] Nicolas Philibert : Retour en Normandie. 2007. ❤️❤️

[18/09/2018] Nicolas Philibert : La Ville Louvre. 1990. ❤️❤️❤️

[31/08/2018] Ridley Scott : Thelma et Louise (Thelma & Louise). 1991. ❤️❤️❤️

[28/08/2018] Camille Vidal Naquet : Sauvage. 2018. ❤️❤️

[18/08/2018] Alfred Hitchcock : Fenêtre sur cour (Rear Window). 1954. ❤️❤️

[08/08/2018] Nuri Bilge Ceylan : Le Poirier sauvage (Ahlat Agaci). 2018. ❤️❤️

[28/07/2018] Yan Gonzalez : Un Couteau dans le cœur. 2018.

[19/07/2018] Blake Edwards : La Party (The Party). 1968. ❤️❤️

[18/07/2018] Walter Salles : Central do Brasil. 1998. ❤️❤️

[06/07/2018] Benedikt Erlingsson : Woman at war. 2018. ❤️❤️

[02/07/2018] Samuel Collardey : Une année polaire. 2018. ❤️❤️

[29/06/2018] Geoffrey Reggio : Koyaanisqatsi. 1982. ❤️❤️

[15/06/2018] Alexandra Dean : Hedy Lamarr: From Extase to Wifi (Bombshell: The Hedy Lamarr Story). 2017. ❤️❤️

[29/05/2018] Iolande Cadrin-Rossignol : Hubert Reeves – la Terre vue du cœur. 2018. ❤️❤️

[26/05/2018] Chris Marker : Mémoires pour Simone. 1986. ❤️❤️

[26/05/2018] Chris Marker : Le Deuxième procès d’Arthur London – On vous parle de Prague. 1971. ❤️❤️

[23/05/2018] Stéphane Brizé : En guerre. 2018. ❤️❤️

[21/05/2018] Terry Gilliam : L’Homme qui tua Don Quichotte (The Man Who Killed Don Quixote). 2018. ❤️❤️

[17/05/2018] Christophe Honoré : Plaire, aimer et courir vite. 2018. ❤️

[11/05/2018] Christian Sonderegger : Coby. 2017. ❤️❤️

[10/04/2018] Dominique Marchais : Nul homme n’est une île. 2017. ❤️❤️

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4 mai 2019

Coïncidence, ou, Un bon usage des Usages du Monde

Classé dans : Histoire, Livre — Miklos @ 20:45


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De curieuses, parfois réellement étranges, coïncidences émaillent mon quotidien ; elles surviennent sans prévenir, illuminent, telles des comètes, de leur longue traîne née parfois dans un lointain passé ma vie, puis disparaissent en laissant la trace d’un certain merveilleux. En voici une.

Biblio-FR était le nom d’un forum de discussions (diffusé par courrier électronique) créé en septembre 1993 par Hervé Le Crosnier à l’intention de « bibliothécaires et documentalistes francophones, et toute personne intéressée par la diffusion électronique de l’infor­mation documentaire ». Devenue vite populaire, les échanges s’y sont multipliés, sans pour autant crouler sous les pourriels du fait du filtrage effectué manuellement, message par message, par son créateur (c’est ce succès croissant qui a finalement causé sa fermeture définitive en 2009, comme on en a parlé à cette occasion). Elle m’a rendu de grands services professionnels, mais celui qui fait l’objet de ce récit est d’une toute autre qualité.

En juin 1998, 137 messages s’y étaient échangés, chacun d’eux pouvant regrouper un certain nombre d’annonces distinctes. Voici comment s’est présentée à moi la liste des trois premiers jours de ce mois-là :

En en parcourant rapidement les intitulés pour n’ouvrir que ceux qui seraient susceptibles de m’intéresser, voici que l’un d’eux – surligné ici en jaune – me saute aux yeux : je détenais depuis mon enfance un exemplaire des Usages du Monde – Règles du savoir vivre que la dite baronne avait rédigés en 1899 dans la Villa Aimée (sic), ouvrage que je feuillette de temps à autre en me délectant de ces usages d’un monde qui n’est plus le nôtre sauf dans certains milieux surannés ; je ne dois d’ailleurs pas être le seul à y trouver plaisir, Jean-Luc Lagarce lui a consacré une pièce éponyme.

Soit dit en passant, l’auteure de ce grand classique d’une littérature de genre (qu’une autre baronne honore aussi de sa plume) et qui a eu un succès incontestable (cf. le tirage indiqué en bas à gauche de la page de titre) n’était pas plus baronne que la baronne de Gondremarck dans La Vie parisienne d’Offenbach (d’ailleurs interprétée par Madeleine Renaud dans la formidable version historique qu’en a donné la compagnie Renaud-Barrault et que j’ai eu la grande chance de voir).

J’ouvre le message en question, et voici ce que j’y lis :

C’était avant la naissance du Je-sais-tout numérique francophone (apparu sur la toile d’araignée en 2001), au temps où l’on demandait des renseignements autour de soi, à ses amis, connaissances et collègues et où l’on consultait les dictionnaires qui ornaient les étagères des bibliothèques. Vrai, rares sont ceux qui en parlent, et encore plus rares ceux qui mentionnent l’année de son décès (1911) : le Bibliographic Guide to Psychology (US, 1980), le Boletín de la Biblioteca Nacional (Pérou, 1980) voire une microfiche de la Bibliothèque du Congrès (US, 1979), pas plus faciles à localiser et à consulter que ce bref entrefilet du périodique Le Gil Blas du dimanche 20 août 1911 (disponible à la BnF), qui annonçait :

Mais ce qui me saisit de stupéfaction, c’est la signature : le nom de famille et l’adresse, à quelques numéros près mais dans le même boulevard (ici partiellement obscurcies pour préserver la vie privée des personnes en question) me rappellent ceux que j’avais vus bien des années plus tôt dans un carnet d’adresses qui avait appartenu à ma mère (décédée en 1997) en le feuilletant par curiosité : c’étaient ceux d’Anne M., une amie avec laquelle elle avait fait des études peu avant la guerre, sans doute en 1937, quelque 60 ans plus tôt. Je ne sais si elles s’étaient revues depuis – la guerre ayant forcé ma mère à se cacher, puis, quelques années plus tard, son départ en Israël avec mon père –, mais elles avaient gardé un lien épistolaire épisodique dont il me reste les lettres d’Anne (c’était bien entendu avant l’avènement du courrier électronique, dont les traces seront, à certains égards, bien moins tangibles).

Je m’empresse d’envoyer le courriel suivant à l’auteur de ce message :

et la réponse, toute aussi surprenante, ne se fait pas attendre :

« Troublant » n’est pas peu dire. Mais il aura fallu, pour que cette coïncidence prenne corps, qu’Elsa Z. ait utilisé pour envoyer cette annonce le compte postal électronique de sa mère, Gildas, qui portait non pas son propre nom de femme mariée, mais son nom de jeune fille, et donc le nom d’Anne tel qu’il apparaissait dans ce vieux carnet d’adresses… Sans cette cascade tout à fait improbable de conditions, le rapprochement n’aurait pu se faire dans mon esprit.

De son côté, si Anne M. s’est souvenue de ma mère lorsqu’Elsa lui a annoncé son déménagement rue des Gravilliers, à deux pas de chez moi, c’est pour la raison suivante :

Peu de temps après, j’ai pu rendre visite à Anne M., toujours vaillante à plus de 80 ans. Elle se souvenait très bien de ma mère malgré le temps passé. Bien que nous ne nous étions jamais rencontrés, une étrange familiarité – toute respectueuse de mon côté – s’est immédiatement établie, par personne absente interposée, si je puis dire. À cette occasion, j’ai aussi fait la connaissance de Gildas et Elsa, et montré aux trois femmes la lettre dans laquelle Anne annonçait à ma mère la naissance de Gildas.

J’ai revu Anne une ou deux fois avant sa disparition quelques années plus tard.

Les traces numériques de cette histoire – le message initial sur la liste de diffusion, les premiers échanges de courriel entre Elsa et moi – ont été bien plus ardues à retrouver que les archives papier – en l’occurrence, le carnet contenant la mention manuscrite de l’adresse de sa grand-mère Anne (et même son nom de jeune fille).

Pour les premières, il m’aura fallu de nombreuses heures passées à tenter de fouiller dans des anciennes sauvegardes, la plupart illisibles du fait de l’obsolescence du logiciel de sauvegarde et du format du disque pour finalement trouver les premiers échanges avec Elsa, ce qui m’a permis de les dater, ce qui s’est avéré essentiel pour retrouver l’annonce initiale : les archives de la liste Biblio-FR sont encore accessibles en ligne, mais la fonction de recherche n’est plus opérationnelle, il n’était plus possible que de parcourir le tout, heureusement classé par date.

Quant au carnet d’adresses, il se trouvait à sa place, dans un tiroir à proximité : en moins de deux minutes, j’ai retrouvé l’information, sans aucun outil informatique…

En décembre 2018, donc bien des années plus tard, je suis invité à dîner par Thomas N., ami dont j’avais fait connaissance il y a bien une trentaine d’années, lors d’un de ses passages à Paris. Dans le fil de la conversation, je lui parle de cette coïncidence. en mentionnant le nom de famille, M., qui avait attiré mon attention. Et voilà que Thomas s’exclame qu’il connaît une Julie M., qui est une de ses plus proches amies…

Après quelques rapides vérifications, il s’avère que Julie est la cousine germaine d’Elsa. Je l’avais rencontrée, ainsi que son père, chez Anne.

À se demander quel sera le prochain rebondissement.

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31 mars 2019

Back to the future, ou, Il est vraiment temps de vendre les aéroports de Paris

Classé dans : Actualité, Littérature, Progrès, Sciences, techniques — Miklos @ 22:55

Aéroplane, Le Petit Journal 1912.

Un ami devant prendre demain un vol Pékin – Paris, je me connecte au site des aéroports de Paris pour être alerté sur ce vol, service bien utile qui informe d’éventuels retards.

Quand ça marche.

Là, d’évidence, rien ne marche.

Je commence par chercher le vol par son numéro.

Le site répond : « Aucun vol ne correspond à votre recherche. Veuillez modifier vos critères. »

Alors je cherche par sa provenance – Beijing.

Le site répond : « Aucun vol ne correspond à votre recherche. Veuillez modifier vos critères. »

J’essaie « Pékin ».

Le site répond : « Aucun vol ne correspond à votre recherche. Veuillez modifier vos critères. »

Finalement je cherche par le nom de la compagnie.

Le vol – avec le numéro et la provenance (« Pekin » sans l’accent ; avec l’accent – qui est l’orthographe correcte – le site ne connaît pas) que j’avais indiqués – s’affiche.

Je clique alors sur « Être alerté sur ce vol ».

Le site répond : « Impossible de créer un assistant sur un vol passé. ».

C’est une blague du 1er avril par anticipation (nous sommes encore pour quelques heures le 31 mars) ?

Je vais (façon de parler) sur la page « Contacts » pour signaler ce curieux fonctionnement.

La page « Contacts » affiche :

Vous pouvez nous contacter en utilisant le formulaire ci-dessous. Paris Aéroport s’engage à vous répondre dans les meilleurs délais. Si vous êtes membre du programme de fidélité connectez-vous sur votre tableau de bord pour accéder à votre formulaire dédié.

Le formulaire est en cours de maintenance et sera de nouveau disponible dans les prochains jours. 

Par une curieuse association d’idées, ces événements me rappellent « Une vraiment trop drôle » d’Édouard Osmont (1874-1922), qui n’a rien à voir avec les aéroports, mais qui décrit un enchaînement… un enchaînement inéluctable (même si dans mon cas la conclusion fut différente que dans le sien).

La voici (et c’est bien la première fois qu’elle apparaît en ligne) :

UNE VRAIMENT TROP DRÔLE

Comme il devait se battre en duel le lendemain matin, et qu’il tenait spécialement à tuer son adversaire, M. Tapinois s’exerçait au pistolet dans la salle à manger.

Comment fit-il son compte ? Il est assez difficile de le savoir. Toujours est-il qu’au lieu d’aller faire vibrer la plaque de fonte, une balle s’en fut tuer net la bonne à tout faire, occupée pourtant assez loin, dans la cuisine, au fond d’un couloir, sur la cour.

Très embêté, M. Tapinois commença par verser quelques larmes sur le malheureux sort de la bonne à tout faire. Il avait une véritable affection pour cette fille, qui lui était, en réalité, très précieuse.

Puis, il s’effraya des conséquences possibles de son action.

La présence d’une bonne à tout faire chez un célibataire encore vert peut donner lieu à pas mal de commentaires. Des cancans plutôt malévoles étaient à craindre dans le quartier. On ne manquerait pas, sans doute, de glisser peu à peu de fâcheuses insinuations tendant à faire croire à un crime passionnel. Et le geste tout involontaire de M. Tapinois pouvait être travesti en meurtre prémédité.

M. Tapinois eut froid dans le dos.

Le plus simple lui parut de chercher à dissimuler le cadavre et de faire croire à un enlèvement.

Dans le placard ad hoc, il alla chercher une forte malle, dévissa soigneusement la plaque de cuivre qui portait son nom gravé en majuscules, prit dans ses bras le cadavre de la bonne à tout faire, l’installa aussi confortablement que possible dans la malle, rabattit le couvercle, boucla étroitement les courroies et ferma les deux serrures à double tour, pour plus de sûreté.

Je ne sais si vous avez remarqué, mais rien ne donne plus soif que de tuer une bonne à tout faire, même sans le faire exprès.

Ayant soif, M. Tapinois descendit donc dans la rue et alla s’attabler devant des bocks à la proche brasserie.

Là il réfléchit.

Il commença par se demander dans quels pays lointains il allait bien pouvoir porter sa malle pour la soulager de son contenu.

Puis il pensa non sans amertume qu’il n’aurait personne pour lui apporter son chocolat le lendemain matin.

Il se dit encore que s’il était blessé dans son duel, le médecin, la garde, les gens qui ne manqueraient pas de l’entourer pourraient fort bien découvrir le cadavre de la bonne à tout faire et que, certainement, il en résulterait pour sa tranquillité de fâcheux désagréments.

La perspective d’avoir à cirer lui-même ses souliers le lendemain lui valut de même quelques soucis.

C’est plutôt plongé dans un certain marasme qu’il regagna pensivement ses pénates.

Avant de se coucher, il voulut revoir sa victime.

Il déboucla donc les courroies, ouvrit la malle et, prenant sa lampe pour mieux voir, se pencha sut l’ouverture.

Damnation !

Le cadavre de la bonne à tout faire avait disparu.

M. Tapinois étouffa un cri de terreur et laissa échapper la lampe qui se brisa en mille morceaux.

Il dut rallumer une autre lampe.

Puis, pensant que quelque cambrioleur pouvait s’être introduit chez lui pendant sa courte absence, il fit le tour de l’appartement.

Il ne trouva rien.

En passant devant une glace, il se vit.

Il avait vieilli de dix ans.

N’y comprenant plus rien et éprouvant le besoin de se reposer un peu en prévision de son duel, il résolut de se coucher.

Il entra dans sa chambre et s’approcha du lit pour le préparer.

Horreur !

Le cadavre de 1a bonne à tout faire était dedans.

M. Tapinois laissa échapper un cri de terreur et étouffa ta lampe qui se brisa en mille morceaux.

N’ayant jamais eu que deux lampes, il dut se munir d’un bougeoir.

Il revint près du lit. Le cadavre de la bonne à tout faire avait disparu.

M. Tapinois se regarda dans la glace.

Il avait encore vieilli de dix ans.

Puis il se déshabilla.

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais beaucoup de gens ont l’habitude, avant de se coucher, de prendre quelques petites précautions.

M. Tapinois voulut sacrifier à cette habitude.

Il ouvrit la table de nuit et en sortit un récipient de faïence grossière.

Horreur!

Le cadavre de la bonne à tout faire était au fond.

M. Tapinois étouffa un cri de terreur et laissa échapper le récipient qui se brisa en mille morceaux.

Déjà le cadavre de la bonne à tout faire avait disparu.

M. Tapinois se regarda dans la glace.

Il avait encore vieilli de dix ans.

Minuit sonna.

M. Tapinois frissonna.

Puis il lui souvint qu’il avait oublié de monter sa montre.

Il alla la quérir dans son gousset.

C’était une vieille montre à clef, héritage de son grand-père.

M. Tapinois ouvrit le. boîtier.

Horreur !

Le cadavre de la bonne à tout faire était dedans.

M. Tapinois étouffa un cri de terreur et laissa échapper la montre qui se brisa en mille morceaux.

Déjà le cadavre de la bonne à tout faire avait disparu.

M. Tapinois se regarda dans la glace.

Il avait encore vieilli de dix ans.

Ne pouvant plus dormir, il se promena de long en large dans l’appartement.

Mais ses pensées étaient lugubres.

Il ne s’amusait pas follement.

Il s’ennuyait même beaucoup.

Tellement qu’il bâilla.

En bâillant il ouvrit la bouche.

Horreur !

Le cadavre de la bonne à tout faire· était dedans.

M. Tapinois étouffa un cri de terreur et laissa échapper sa bouche qui se brisa en mille morceaux.

Déjà le cadavre de la bonne à tout faire avait disparu.

M. Tapinois se regarda dans la glace.

Il avait encore vieilli de dix ans.

Se voyant si vieux, si vieux, il résolut de faire son testament.

Il s’assit à sa table, prit une plume et écrivit :

« Devant me battre en duel demain et redoutant une issue fatale, je crois devoir faire mon testament. Avant de mourir …

Ici, il ouvrit une parenthèse. ·

Horreur !

Le cadavre de la bonne à tout faire était dedans.

Cette histoire pourrait sans doute durer encore très longtemps, chers lecteurs. Mais, comme je vous ai assez vus, je préfère m’en tenir là et terminer ma soirée avec des femmes de mauvaise vie.

Édouard Osmont (1874-1922)

Si M. Tapinois cherchait à se débarrasser du cadavre de la bonne à tout faire, moi ce serait plutôt de celui de ce service des aéroports de Paris…

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28 mars 2019

Pas si simple, le passé simple, ou, Parfait usage de l’imparfait (du subjonctif)

Classé dans : Langue, Littérature — Miklos @ 22:25

Le délicieux poème qu’on va lire ci-dessous (et que l’on peut écouter dans une jolie interprétation de ce drôle de Dranem) circule dans les journaux et les magazines depuis la fin du XIXe siècle. Attribué en général à Alphonse Allais, un contributeur de l’Intermédiaire des chercheurs et curieux du 10/2/1898 indique l’avoir entendu chanter par Paul Bonjour en 1849, quelques années avant la naissance d’Alphonse Allais, et donne son titre comme Les Confessions d’un gram­mai­rien. Ailleurs, on trouve plutôt Déclaration d’amour d’un gram­mai­rien à Mlle M. M…

    Oui, dès l’instant que je vous vis
Beauté farouche vous me plûtes.
    De l’amour qu’en vos yeux je pris
Sur le champ vous vous aperçutes !
    Mais de quel air froid vous reçutes
Tous les soins que je vous rendis !
    Combien de soupirs je perdis !
De quelle cruauté vous fûtes !
    Et quel profond dédain vous eûtes
Pour les vœux que je vous offris !
    En vain je priai, je gémis,
Dans votre dureté vous sûtes
    Mépriser tout ce que je fis,
Même un jour je vous écrivis
    Un billet tendre que vous lûtes,
Et je ne sais comment vous pûtes
    Voir de sang froid ce que j’y mis.
Ah ! fallait-il que je vous visse
    Fallait-il que vous me plussiez
Qu’ingénument je vous le disse,
    Qu’avec orgueil vous vous tussiez !
Fallait-il que je vous suivisse
    Pour que vous me condamnassiez,
Et qu’à vos genoux je me misse
    Pour que de mes pleurs vous rissiez !
Et qu’à vos pieds je soupirasse
    Pour que vous me repoussassiez !
Fallait-il que je vous aimasse,
    Que vous me désespérassiez,
Et qu’en vain je m’opiniâtrasse,
    Qu’à vos pieds je me prosternasse
Et que je vous idolâtrasse
    Pour que vous m’assassinassiez !


Une recette pour faire la cour, 21.12.1805.
Cliquer pour agrandir.

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3 mars 2019

Quelques compositrices d’hier et d’aujourd’hui

Classé dans : Musique — Miklos @ 20:46

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De gauche à droite, puis de haut en bas :

  1. Florence Baschet (née en 1955) – Dame Ethel Smyth (1858-1944) – Emma Sophie Amalie Hartmann (1807-1851) – Hildegard von Bingen (1098-1179) – Josina Anna Petronella van Boetzelaer (1733-1797) – Olga Neuwirth (née en 1968) – Lucrezia Orsina Vizzana (1590-1662) – Sofia Gubaildulina (née en 1931) – Pascale Criton (née en 1954) – Tekla Bądarzewska-Baranowska (1834-1861).

  2. Chaya Czernowin (née en 1957) – Catherina Assandra (c.1590-1618) – Leonora Duarte (1610-1678) – Thea Musgrave (née en 1928) – Françoise Barrière (née en 1944) – Nadezhda Rimskaya-Korsakova (1848-1919) – Francesca Caccini (1587-1640) – Cassienne (810-865) – Suzanne Giraud (née en 1958).

  3. Pauline Oliveros (1932-2016) – Anne Louise Boyvin d’Hardancourt Brillon de Jouy (1744-1824) – Henriette Adélaïde Villard de Beaumesnil (1748-1813) – Elena Firsova (née en 1950) – Betsy Jolas (née en 1926) – Amy Beach (1867-1944) – Anna Amalie von Preußen (1723-1787) – Isabelle Aboulker (née en 1938) – Dora Pejacevic.

  4. Fanny Mendelssohn (1805-1847) – Louise Farrenc (1804-1875) – Clara Schumann (1819-1896) – Wilhelmine von Preußen (1709-1758) – Élisabeth Jacquet de La Guerre (1665-1729) – Édith Canat de Chizy (née en 1950) – Unsuk Chin (née en 1961) – Kaija Saariaho (née en 1952) – Mary Ann Wrighten Pownall (1751-1796) – Graciane Finzi (née en 1945) – Nina Makarova (1908-1976).

  5. Bettina von Arnim (ou Bettina Brentano) (1785-1859) – Michèle Reverdy (née en 1943) – Clara Iannotta (née en 1983) – Cécile Chaminade (1857-1944) – Pauline Viardot (1821-1910) – Missy Mazzoli (née en 1980) – Elena Gnessina (1874-1967) – Lyudmila Lyadova (née en 1925) – Tsippi Fleischer (née en 1946) – Georgia Spiropoulos (née en 1965).

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