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« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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13 octobre 2018

Au cinéma

Classé dans : Cinéma, vidéo — Miklos @ 1:35

Paul Sandby: The Laterna Magica. Ca. 1760. Cliquer pour agrandir.

5 et 6 étoiles : à ne pas manquer ! 3-4 étoiles : à voir. 0-2 étoiles : …

[10/04/2018] Dominique Marchais : Nul homme n’est une île. 2017. *****

[11/05/2018] Christian Sonderegger : Coby. 2017. *****

[17/05/2018] Christophe Honoré : Plaire, aimer et courir vite. 2018. ***

[21/05/2018] Terry Gilliam : L’Homme qui tua Don Quichotte (The Man Who Killed Don Quixote). 2018. ****

[23/05/2018] Stéphane Brizé : En guerre. 2018. *****

[26/05/2018] Chris Marker : Le Deuxième procès d’Arthur London – On vous parle de Prague. 1971. *****

[26/05/2018] Chris Marker : Mémoires pour Simone. 1986. *****

[29/05/2018] Iolande Cadrin-Rossignol : Hubert Reeves – la Terre vue du cœur. 2018. *****

[15/06/2018] Alexandra Dean : Hedy Lamarr: From Extase to Wifi (Bombshell: The Hedy Lamarr Story). 2017. *****

[29/06/2018] Geoffrey Reggio : Koyaanisqatsi. 1982. *****

[02/07/2018] Samuel Collardey : Une année polaire. 2018. ****

[06/07/2018] Benedikt Erlingsson : Woman at war. 2018. *****

[18/07/2018] Walter Salles : Central do Brasil. 1998. *****

[19/07/2018] Blake Edwards : La Party (The Party). 1968. *****

[28/07/2018] Yan Gonzalez : Un Couteau dans le cœur. 2018.

[08/08/2018] Nuri Bilge Ceylan : Le Poirier sauvage (Ahlat Ağacı). 2018. *****

[18/08/2018] Alfred Hitchcock : Fenêtre sur cour (Rear Window). 1954. *****

[28/08/2018] Camille Vidal Naquet : Sauvage. 2018. *****

[31/08/2018] Ridley Scott : Thelma et Louise (Thelma & Louise). 1991. ******

[18/09/2018] Nicolas Philibert : La Ville Louvre. 1990. ******

[22/09/2018] Nicolas Philibert : Retour en Normandie. 2007. *****

[11/10/2018] Phillipp Jedicke : Shut Up And Play The Piano. 2018. *****

[12/10/2018] Belmonte, Emilio : Impulso. 2018. ******

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12 octobre 2018

Une machine à lire innovante, simple et efficace en espace et en énergie

Classé dans : Arts et beaux-arts, Histoire, Livre, Peinture, dessin, Progrès — Miklos @ 22:44

Le Diverse et Artificiose Machine del Capitano Agostino Ramelli dal Ponte della Tresia. Ingeniero des Christianissimo Re di Francia et di pollonia. Nellequali si contengono uarij et industriosi Mouimenti, degni digrandissima Speculatione, per cauarne beneficio infinito in ogni sorte d’operatione ; Composte in lingua Italiana et Francese. A parigi in case del’autore, cõ priuilegio del Re. 1588. (source) Cliquer pour agrandir.

« Ceste cy est une belle & artificieuse machine, laquelle est fort vtile & commode à toute personne qui se delecte à l’estude, principalement à ceux qui sont mal dispos & subiects aux gouttes ; car auec ceste sorte de machine vn homme peut voir & lire une grãde quãtité de liures, sans se mouuoir d’vn lieu : outre, elle porte auec soy vne belle commodité, qui est de tenir & occuper peu de place, au lieu où on la met, comme tout homme d’entendement peut bien comprendre par son dessein. Ceste rouë est faicte auec l’artifice que on voit, à sçauoir, elle est construicte de telle maniere, qu’en mettãt les liures sur les tablettes, combien qu’on tourne la dicte rouë tout autour, iamais lesdits liures ne tomberont, ni se remueront du lieu où ils sont posés, ains demeurereont tousiours en vn mesme estat, & se representeront deuant le lecteur en la mesme maniere qu’ils ont esté mis sur les tablettes. Ceste rouë se peut faire grande & petite, selon la volonté de celuy qui la faict faire, obseruant toutesfois les proportions de chascune partie des artifices de ladicte rouë, comme il pourra fort bien faire, considerant diligemment toutes les parties de ceste petite rouë, & les autres artificies qui se voyent en icelle machine : lesquelles parties sont faictes par mesures & proportions. Et pour donner plus grande intelligence & cognoissance à vn chascun qui desirera faire mettre en œuure ladicte machine, i’ay mis icy à part & descouuert tous les artifices qui sont requis en telle machine, afin qu’vn chascun les puisse mieux comprendre, & s’en seruir à son besoin. »

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6 octobre 2018

Life in Hell : Et la SNCF ? Oui, elle aussi !

Classé dans : Actualité, Progrès, Sciences, techniques, Société — Miklos @ 15:15

Le 22 octobre 1895 à la gare de Paris-Montparnasse.
Cliquer pour agrandir.

Akbar aurait dû s’en douter, ce n’est pas la première fois que la SNCF s’en prend à lui

Giulietta et Romeo, ses chers amis italiens, lui font une proposition irrésistible : visiter l’exposition Mantegna and Bellini à la National Gallery à Londres. Akbar adore Bellini, non pas tant pour ses atmospheric, natural landscapes que vante le musée (pas étonnant, se dit-il, vu le goût des Anglais pour les paysages), mais pour les yeux et les regards des personnages qu’ils dépeints : si lumineux et profonds en même temps, il y est attiré, il s’y sent aspiré, il en perdrait la mémoire. Comment alors ne pas accepter, même s’il se demande s’il lui faudra un visa pour franchir la frontière européenne qui séparera les deux continents.

Le trio finit par s’entendre sur une date, et décide de se rencontrer ce matin-là à l’arrivée de leurs Eurostars respectifs. Akbar se rend sur le site idoine à commander le billet aller-retour. Il s’y connecte à son compte, trouve des horaires et des prix satisfaisants – il devra tout de même se lever à 5h du matin pour le prendre à l’aller – et s’apprête à payer.

Mais voilà que le site l’informe que sa tranche d’âge affichée ne correspond pas à sa date de naissance elle aussi affichée… ce qui est le cas :

Là où ça coince… Cliquer pour agrandir.

Akbar se félicite tout de même qu’ils l’aient rajeuni de 10 ans mais trouve tout à fait incompréhensible cette dissonance arithmétique : c’est le site qui calcule cette tranche en fonction de la date de naissance, pourtant correctement renseignée. En sus, le site lui demande de corriger cette tranche pour continuer sa commande, mais il n’y a aucun moyen pour ce faire.

En désespoir de cause, il appelle le support téléphonique, et oh ! miracle, une personne lui répond rapidement, aimablement et efficacement : elle lui conseille de repartir à zéro avec sa commande sans se connecter à son compte et d’indiquer là où on le lui demande sa tranche d’âge (sans se rajeunir, soupire Akbar). Et oh ! second miracle, tout se termine bien. Pour une fois, resoupire Akbar.

Ci vediamo, Giovanni et Andrea !

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

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Life in Hell : Et la RATP ? Je vous hais aussi, pardi.

Classé dans : Actualité, Peinture, dessin, Société — Miklos @ 1:03

Foin du bus. Cliquer pour agrandir.

Akbar doit se rendre à l’autre bout de Paris, au fin fond du XVIe arrondissement. Le moyen de transport le plus efficace, question distance, est le bus 72. Akbar préfère d’ailleurs le bus au métro : cela lui permet de voir le paysage, et il a constaté que, sauf de très rares exceptions, les conducteurs (ou machinistes-receveurs, comme ils sont officiellement appelés) sont prudents et attentionnés envers les passagers et la circulation autour d’eux. Et il a un faible pour le 72 : c’est la ligne qu’il prenait pour aller à l’école (je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, fredonne-t-il mélancoliquement). Allons-y, se dit-il.

Aller

Il se rend donc au début de la ligne, à Hôtel de Ville. Le bus s’y trouve, portes ouvertes. Akbar y entre et s’installe après avoir consulté l’affichage de l’heure du départ : dans 2m10s, précisément. Par la fenêtre, il voit le conducteur bavarder sur le trottoir avec un collègue, tout en fumant une cigarette.

L’heure de départ arrive : un message l’annonce d’une voix suave. Le conducteur continue imperturbablement à cloper. Quelques minutes plus tard, il écrase le mégot, grimpe dans la voiture et s’installe au volant. Mais ce n’est pas encore le départ : son inter­lo­cuteur l’a suivi et ils échangent encore quelques mots. Le bus se met finalement en marche.

La circulation, rue de Rivoli, étant assez chargée, le conducteur klaxonne à tout bout de champ en utilisant la tonitruante corne de bus (qui délivre 105 décibels, comme Akbar vient de l’apprendre), alors qu’il pourrait – comme la plupart de ses collègues le font – donner un léger coup de gong. Pire : une voiture étrangère hésitant quelque peu place de Rivoli, le conducteur s’écrier Putaaaaaaaaaaain ! tout en donnant de la corne. Akbar se dit que ce n’est que lui et les autres voyageurs qui peuvent entendre cette exclamation, et si le malheureux conducteur de la voiture incriminée l’avait ouïe, il ne l’aurait sans doute pas comprise.

Un couple âgé et étranger monte. L’homme tend un billet au conducteur. Celui-ci lui lance impatiemment : « Vous voulez un ticket ? Deux tickets ? Trois tickets ? ». L’homme s’excuse et répond au mieux qu’il peut en français qu’il en veut deux, ce qui était évident pour Akbar sans qu’il n’ait suivi de formation de conducteur d’autobus ; il se dit que c’est peut-être du fait que le dit conducteur en veut aux étrangers… Mais non : il ne répond quasiment jamais ou alors par un grommellement indistinct aux passagers qui le saluent en entrant dans le bus.

Plus tard, place de l’Alma, le bus s’arrête à un feu rouge peu après la station qu’il venait de quitter. Une dame « d’un certain âge » comme on dit s’approche de la porte et demande au conducteur, d’un geste de la main, de bien vouloir la laisser entrer. Ce qu’il fait… puis il commence alors à l’engueuler violemment la tancer vertement de l’avoir ainsi sollicité : tout le monde fait ça, ça retarde le bus (et sa clope, alors, ça ne le retarde pas ? se demande Akbar in peto) ! À se demander pourquoi il l’a laissé monter, s’étonne Akbar silen­cieusement. La dame s’excuse, ce qui n’empêche pas le conducteur de continuer à déverser ses récriminations.

C’est sans doute pour rattraper ce retard que le conducteur décide de griller un feu rouge avenue de Versailles, feu devenu rouge avant que le bus ne s’engage – à une vitesse bien inférieure que celle de la lumière, constate Akbar – sur le passage clouté qu’il protégeait.

Arrivé à destination sans autre incident majeur, Akbar s’échappe de l’autobus.

Retour

Le 72 qu’Akbar prend pour revenir est assez bondé. Le trajet semble se passer normalement. Mais soudain, arrivé place de la Concorde, alors que le bus aurait dû s’engager quai des Tuileries, voilà qu’il tourne à gauche et s’engage dans la place, direction Madeleine dirait-on. Tout le monde est étonné, d’autant plus qu’aucune annonce n’est faite. Akbar aperçoit le conducteur tenant le volant d’une main et un téléphone de l’autre.

La place étant noire de véhicules, la progression du 72 est lente. Il arrive finalement à la hauteur de la rue de Rivoli, et tourne à gauche – ouf ! Il ne va pas à Madeleine, c’est déjà ça, murmure Akbar à l’oreille d’une passagère outrée par le changement de parcours et ce voyage vers l’inconnu –, passe devant l’hôtel de Crillon, puis tourne à nouveau à gauche, comme s’il repartait vers sa direction d’origine… Mais il s’arrête le long du jardin où se trouve l’Espace Cardin et ouvre ses portes. Toujours aucune information. Akbar se dit que le conducteur ne doit pas être muet, puisqu’il utilise un téléphone, il lui dit donc en sortant – comme d’autres le feront après lui – qu’une annonce aurait été la bienvenue. Mais ces paroles tombent dans l’oreille d’un sourd (enfin, pas quand il utilise son téléphone, il est peut-être équipé d’un audiophone, se dit Akbar).

Il se rend à la plus proche bouche de métro. C’est celle qui se trouve devant l’hôtel de Crillon. En y descendant, il se demande pourquoi le bus ne s’est pas arrêté là, d’évidence c’était le seul moyen de transport qui permettrait à tous les passagers de continuer leur trajet dans la bonne direction… Sans doute ce conducteur-ci ne se préoccupait pas le moindre du monde de ses passagers, occupé qu’il était par son interlocuteur (ou -trice ?) téléphonique, suppute Akbar.

Bref, se dit Akbar, raté, RATP…

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

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5 octobre 2018

Life in Hell : SNCF et la Poste, je vous hais aussi

Classé dans : Actualité, Sciences, techniques, Société, Économie — Miklos @ 9:31

Les messages indus de la SNCF et de la Poste. Cliquer pour agrandir.

La SNCF

Hier matin, Akbar reçoit un SMS de la SNCF lui annonçant que le train vers NANTES (majuscules de la SNCF) a 30 minutes de retard. Il est interloqué : pas du retard – c’est trop commun chez eux mais du fait qu’il n’avait pas prévu de s’y rendre, d’autant plus qu’il pleut sur Nantes (sans majuscules) et qu’il n’a vraiment pas envie d’avoir le cœur chagrin à cause de son ciel blafard, il préfère celui de Paris.

Craignant que son compte SNCF n’ait été piraté, il s’y connecte afin de voir si quelqu’un en aurait abusé afin de se rendre 25 rue de la grange-aux-loups. Que nenni. Il décide donc d’ignorer le message.

Mais voilà qu’une trentaine de minutes plus tard, un nouvel SMS très attentionné l’informe que le retard n’est plus que de 20 minutes. Sentant la moutarde (pas celle de Dijon qu’il aime bien) lui monter au nez, Akbar envoie un message bien senti à la SNCF via son site, se disant in peto qu’il serait étonné si une quelconque réponse lui parviendrait en moins d’un mois, délais qu’a subi sa précédente réclamation.

Jamais deux sans trois (et ce n’est pas une réclame pour la célèbre Peugeot – Akbar se disant en passant que ce serait amusant d’aller à Nantes via cette belle voiture!), un nouvel SMS arrive 1h45 plus tard l’informant que le retard dudit petit tortillard têtu, comme l’appelait Maurice Fombeure, est remonté à 30 minutes. Akbar se demande maintenant quelle tuile tombera sur The Little Engine That Could.

Françoise Le Bouar : « Des histoires de locomotives », in Strenæ 2, 2011.
Cliquer pour agrandir.

La Poste

Toujours hier, Akbar reçoit un mail de la Poste lui annonçant que, n’ayant pu lui remettre un colis une semaine plus tôt, le 28 septembre, elle se représentera le lendemain.

Interloqué, il se demande pourquoi ce message ne lui arrive que maintenant et d’ailleurs il ne voit pas laquelle de ses récentes commandes en ligne elle concerne.

N’étant pas disponible pour une livraison ce matin, Akbar clique sur les liens qu’indique le message : en vain, ils atterrissent sur des pages qui l’informent qu’il est trop tard pour changer le créneau de livraison. Il en est encore plus interloqué, il a cliqué moins de 20 minutes après la réception dudit message.

Finalement, il se rappelle qu’il a été livré le 29 septembre d’un colis et en conclut que ce message de la Poste n’a que 7 jours de retard : il aurait dû le recevoir le 28, après la première tentative de livraison… Tout de même, se dit Akbar, Internet est plus rapide qu’à ses débuts, où un mail pouvait prendre plusieurs jours pour arriver à destination. Ou peut-être la Poste utilise-t-elle encore le cheval ?

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

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