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« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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18 avril 2021

Récapitulons…

Classé dans : Religion — Miklos @ 23:59


« Qui sait ce que désigne un ? », Haggadah de Copenhague, 1739.
Cliquer pour agrandir.

La Haggadah de Pâque est un recueil fort ancien de prières, questions-réponses, hymnes, louanges et récits formant le rituel autour du dîner festif de la première nuit de la Pâque juive célébrant la Sortie d’Égypte. Il en existe de magnifiques éditions manuscrites, illustrées de riches enluminures (et pour certaines disponibles en facsimilés). Vers la toute fin de ce recueil se trouve une chanson à récapitulation datant au moins de 1406.

Par coïncidence, on a trouvé une chanson très semblable (mais différent évidemment selon les spécificités des deux religions) dans « Légendes, Chansons de Filasse et de Filerie, Noëls, Ballades », in Le Livre des mères. Les Enfantines du « bon pays de France », recueillies par Ph. Kuhff, 1878 (source). Elle est probablement la version française d’une chanson allemande traduite quasi littéralement, Guter Freund, ich frage dich (on peut en voir ici quatre mélodies, toutes publiées au XIXe siècle).

Les voici en regard l’une de l’autre :

Haggadah de Pâque (trad.)

Le Livre des mères

Qui sait ce que désigne un ?
Moi je sais ce que désigne un :
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

 
 
Il n’y a qu’un seul Dieu.
Il n’y a qu’un seul Dieu.

Qui sait ce que désigne deux ?
Moi je sais ce que désigne deux :
Deux – les Tables de la Loi,
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

Dis-moi pourquoi deux,
Dis-moi pourquoi deux ?
— Il y a deux Testaments.
Il n’y a qu’un seul Dieu,
Il n’y a qu’un seul Dieu.

Qui sait ce que désigne trois ?
Moi je sais ce que désigne trois :
Trois – les patriarches1,
Deux – les Tables de la Loi,
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

Dis-moi pourquoi trois,
Dis-moi pourquoi trois ?
— Il y a trois grands patriarches,
Il y a deux Testaments,
Il n’y a qu’un seul Dieu,
Il n’y a qu’un seul Dieu.

Qui sait ce que désigne quatre ?
Moi je sais ce que désigne quatre :
Quatre – les matriarches2,
Trois – les patriarches,
Deux – les Tables de la Loi,
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

Dis-moi pourquoi quatre,
Dis-moi pourquoi quatre ?
— Il y a quatre évangélistes,
Il y a trois grands patriarches,
Il y a deux Testaments,
Il n’y a qu’un seul Dieu,
Il n y a qu’un seul Dieu.

Qui sait ce que désigne cinq ?
Moi je sais ce que désigne cinq :
Cinq – les livres du Pentateuque,
Quatre – les matriarches,
Trois – les patriarches,
Deux – les Tables de la Loi,
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

Dis-moi pourquoi cinq,
Dis-moi pourquoi cinq ?
— Il y a cinq livres de Moïse,
Il y a quatre évangélistes,
Il y a trois grands patriarches,
Il y a deux Testaments,
Il n’y a qu’un seul Dieu,
Il n’y a qu’un seul Dieu.

Qui sait ce que désigne six ?
Moi je sais ce que désigne six :
Six – les chapitres de la Mishna3,
Cinq – les livres du Pentateuque,
Quatre – les matriarches,
Trois – les patriarches,
Deux – les Tables de la Loi,
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

Dis-moi pourquoi six,
Dis-moi pourquoi six ?
Six urn’s de vin remplies à Cana, en Galilée,
Il y a cinq livres de Moïse,
Il y a quatre évangélistes,
Il y a trois grands patriarches,
Il y a deux Testaments,
Il n’y a qu’un seul Dieu,
Il n’y a qu’un seul Dieu.

Qui sait ce que désigne sept ?
Moi je sais ce que désigne sept :
Sept – les jours de la semaine,
Six – les chapitres de la Mishna,
Cinq – les livres du Pentateuque,
Quatre – les matriarches,
Trois – les patriarches,
Deux – les Tables de la Loi,
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

Dis-moi pourquoi sept,
Dis-moi pourquoi sept ?
— Il y a sept sacrements,
Six urn’s de vin remplies à Cana, en Galilée,
Il y a cinq livres de Moïse,
Il y a quatre évangélistes,
Il y a trois grands patriarches,
Il y a deux Testaments,
Il n’y a qu’un seul Dieu,
Il n’y a qu’un seul Dieu.

Qui sait ce que désigne huit ?
Moi je sais ce que désigne huit :
Huit – les jours précédant la circoncision,
Sept – les jours de la semaine,
Six – les chapitres de la Mishna,
Cinq – les livres du Pentateuque,
Quatre – les matriarches,
Trois – les patriarches,
Deux – les Tables de la Loi,
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

Dis-moi pourquoi huit,
Dis-moi pourquoi huit ?
— Il y a huit béatitudes,
Il y a sept sacrements,
Six urn’s de vin remplies à Cana, en Galilée,
Il y a cinq livres de Moïse,
Il y a quatre évangélistes,
Il y a trois grands patriarches,
Il y a deux Testaments,
Il n’y a qu’un seul Dieu,
Il n’y a qu’un seul Dieu.

Qui sait ce que désigne neuf ?
Moi je sais ce que désigne neuf :
Neuf – les mois de la grossesse,
Huit – les jours précédant la circoncision,
Sept – les jours de la semaine,
Six – les chapitres de la Mishna,
Cinq – les livres du Pentateuque,
Quatre – les matriarches,
Trois – les patriarches,
Deux – les Tables de la Loi,
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

Dis-moi pourquoi neuf,
Dis-moi pourquoi neuf ?
— Il y a neuf chœurs des anges,
Il y a huit béatitudes,
Il y a sept sacrements,
Six urn’s de vin remplies à Cana, en Galilée,
Il y a cinq livres de Moïse,
Il y a quatre évangélistes,
Il y a trois grands patriarches,
Il y a deux Testaments,
Il n’y a qu’un seul Dieu,
Il n’y a qu’un seul Dieu.

Qui sait ce que désigne dix ?
Moi je sais ce que désigne dix :
Dix – les Commandements,
Neuf – les mois de la grossesse,
Huit – les jours précédant la circoncision,
Sept – les jours de la semaine,
Six – les chapitres de la Mishna,
Cinq – les livres du Pentateuque,
Quatre – les matriarches,
Trois – les patriarches,
Deux – les Tables de la Loi,
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

Dis-moi pourquoi dix,
Dis-moi pourquoi dix ?
— Il y a dix commandements,
Il y a neuf chœurs des anges,
Il y a huit béatitudes,
Il y a sept sacrements,
Six urn’s de vin remplies à Cana, en Galilée,
Il y a cinq livres de Moïse,
Il y a quatre évangélistes,
Il y a trois grands patriarches,
Il y a deux Testaments,
Il n’y a qu’un seul Dieu,
Il n’y a qu’un seul Dieu.

Qui sait ce que désigne onze ?
Moi je sais ce que désigne onze :
Onze – les étoiles,
Dix – les Commandements,
Neuf – les mois de la grossesse,
Huit – les jours précédant la circoncision,
Sept – les jours de la semaine,
Six – les chapitres de la Mishna,
Cinq – les livres du Pentateuque,
Quatre – les matriarches,
Trois – les patriarches,
Deux – les Tables de la Loi,
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

Dis-moi pourquoi onze,
Dis-moi pourquoi onze ?
— Il y a onze cent mill’ vierges,
Il y a dix commandements,
Il y a neuf chœurs des anges,
Il y a huit béatitudes,
Il y a sept sacrements,
Six urn’s de vin remplies à Cana, en Galilée,
Il y a cinq livres de Moïse,
Il y a quatre évangélistes,
Il y a trois patriarches,
Il y a deux Testaments,
Il n’y a qu’un seul Dieu,
Il n’y a qu’un seul Dieu.

Qui sait ce que désigne douze ?
Moi je sais ce que désigne douze :
Douze – les tribus,
Onze – les étoiles,
Dix – les Commandements,
Neuf – les mois de la grossesse,
Huit – les jours précédant la circoncision,
Sept – les jours de la semaine,
Six – les chapitres de la Mishna,
Cinq – les livres du Pentateuque,
Quatre – les matriarches,
Trois – les patriarches,
Deux – les Tables de la Loi,
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

Dis-moi pourquoi douze,
Dis-moi pourquoi douze ?
— Il y a douze apôtres,
Il y a onze cent mill’ vierges,
Il y a dix commandements,
Il y a neuf chœurs des anges,
Il y a huit béatitudes,
Il y a sept sacrements,
Six urn’s de vin remplies à Cana, en Galilée,
Il y a cinq livres de Moïse,
Il y a quatre évangélistes,
Il y a trois patriarches,
Il y a deux Testaments,
Il n’y a qu’un seul Dieu,
Il n’y a qu’un seul Dieu.

Qui sait ce que désigne treize ?
Moi je sais ce que désigne treize :
Treize – les attributs divins,
Douze – les tribus,
Onze – les étoiles,
Dix – les Commandements,
Neuf – les mois de la grossesse,
Huit – les jours précédant la circoncision,
Sept – les jours de la semaine,
Six – les chapitres de la Mishna,
Cinq – les livres du Pentateuque,
Quatre – les matriarches,
Trois – les patriarches,
Deux – les Tables de la Loi,
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

1Abraham, Isaac et Jacob.

2Sarah (épouse d’Abraham), Rebecca (épouse d’Isaac), Rachel et Léa (épouses de Jacob).

3Premier des recueils de la loi juive dite orale.

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16 avril 2021

Histoire d’une chanson

Classé dans : Musique — Miklos @ 10:12

Cliquez pour agrandir (source).

1919

Naissance de Pete Seeger (New York, USA)

1939

Naissance de Claude François (Ismaïlia, Égypte)

1945

Naissance de Rita Pavone (Turin, Italie)

1949

Composition de If I Had a Hammer par Pete Seeger (30 ans) et Lee Hayes

1949

Première performance à un dîner des leaders du parti communiste des États-Unis

1950

Premier enregistrement de If I Had a Hammer par The Weavers

1963

Performance de Si j’avais un marteau par Claude François (24 ans)

1964

Performance de Datemi un martello par Rita Pavone (19 ans)

1978

Décès de Claude François (39 ans, Paris)

2013

Performance de If I Had a Hammer par Pete Seeger (94 ans)

2014

Décès de Pete Seeger (94 ans, New York, USA)

Nombreuses autres interprétations et transformations, dont…

1967

Le Menhir d’Or, livre audio publié par Goscinny et Uderzo, qui pastiche Sheila avec Phonografix (Le Folklore armoricain) et Claude François en la personne de Tournedix (Si j’avais un dolmen), à 11m20s dans l’enregistrement.

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26 janvier 2021

מסיתרי העולם החרדי

Classé dans : Littérature, Société — Miklos @ 0:21

 
מימין – הספר. משמאל – קיטלודו בספריה הלאומית. לחץ על התמונה להגדלתה.

אני כעת קורא את הספר שתיקת החרדים מעת שייע בריזל, בהוצאת משכל/ידיעות אחרונות משנת 1999. החלק הראשון (אני כעת מתקרב לסיום הספר) הרשים אותי מאד בתוכנו המרגש ולא פעם מזעזע, על אף סגנון לפעמים ”כבד“ – כגון חזרות על דברים שנכתבו לא הרחק קןדם.

אבל מאמצע הספר שמתי לב לשימוש באוצר מלים די מפתיע מפי (או מעט) יוצא החברה החרדית, כמו ”הבחורה הייתה אסרטיבית“. בערך מאותו איזור בספר, הסיפור נקרא יותר כרומן מאשר כסיפור תיעודי.

מתוך סקרנות, התחלתי לחפש מידע על יצירה זו, באתר הספריה הלאומית (ובמקורות אחרים, אבל זו האמינה בעיני) מופיע בקיטלוג אותה הוצאה ”שתיקת החרדים / שייע בריזל ; כתבה יפעת אביצדק-קלפה“.

לפי מקור זה – ואחרים – היא מחברת הספר ולא ”שייע בריזל“, אבל שמה אינו מופיע בשום מקום בספר שבידי. בו מצוינים שלשה שמות אחרים:

1. ”עריכה לשונית: איילת בר טל“.

2. ”תודה לשרון שמואלי שהייתה הראשונה שעזרה לי להוציא את זכרונותי ואת רגשותי מהמוח אל הפועל. תודה לסופרת אורלי וינר-קראוס, שנטעה בי אומץ להוציא את הספר“.

האם כל הספר אינו אלא רומן של אותה מחברת, ומדוע שמה אינו מופיע בספר?

פתרון התעלומה

מספר ימים מאוחר יותר, קבלתי תשובה ממקור מוסמך ביותר: שייע ברילז (שם בדוי) סיפר את חייו לאותה מחברת, שרשמה וערכה אותם. המהדורה הראשונה (זו שבידי) לא נשאה את שמה מחשש תביעות, אבל הופיע במהדורות מאוחרות יותר. מידע זה מאפשר להעריך את התוכן לערכו ולהתעלם משאלות הסגנון. נשאר רק לקוות ששייע בריל מצא, עם הזמן, שלוות נפש ואולי גם קשר חם יותר עם משפחתו.

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15 janvier 2021

#TousAntiCovid grand corps malade

Classé dans : Actualité, Santé, Sciences, techniques — Miklos @ 11:20

Dès l’annonce de sa disponibilité, j’avais installé et activé cette application sur mon smartphone (Android, récent, à jour). Et voici les symptomes évolutifs que j’ai pu constater dans son comportement.

Catalepsies périodiques

Au fil du temps, j’ai constaté qu’elle se désactivait régulièrement, sans que je n’aie fait quoi que ce soit qui aurait pu expliquer ce comportement (éteindre le smartphone ou arrêter des applications, par exemple).

Raisonnements lacunaires et contradictoires

Puis, lundi dernier, en la réactivant, voici que :
  – elle m’annonce en rouge que j’ai été cas contact « ces derniers jours » ;
  – elle me recommande de me faire tester immédiatement et de m’isoler pour 7 jours « depuis le dernier contact » avec la personne en question  or comme elle ne fournit ni la date, ni l’heure, ni le lieu, impossible de savoir comment caler cet isolement et surtout quand y mettre fin ;
  – et enfin, à l’issue du bref questionnaire qu’elle propose, elle me recom­mande de me faire tester à la fin de l’isolement… Donc deux fois ?

Du coup, après avoir discuté avec mon médecin traitant, je m’isole pour 7 jours depuis la réception de cette alarme ; je me suis fait tester à une date que je suppose être de 4 jours après l’éventuel contact (dans un laboratoire où j’avais attendu une prise de sang pour une autre raison ? dans une queue à la pharmacie du coin?), et me ferai retester à l’issue de cet isolement.

J’ai envoyé un mail sur ces problèmes à l’adresse indiquée pour l’appli, ai reçu un accusé de réception, puis plus rien.

Morts subites

Et voilà que hier soir, voulant vérifier si elle était activée, je constate qu’elle plante immédiatement au lancement, avec java.lang.NullPointerException: Attempt to invoke virtual method ‘boolean com.lunabeestudio.stopcovid.model.KeyFigure.isFeatured()’ on a null object referenceune erreur système (je précise : aucune mise à jour ou installation récente sur mon smart­phone). J’ai essayé à nombreuses reprises, sans succès.

J’ai envoyé les informations sur l’erreur à l’adresse mail indiquée pour l’appli, ai reçu un accusé de réception, puis plus rien.

Mort-vivante

Ce matin, l’appli démarre. La pro­cé­dure d’activation initiale est différente – est-ce une nouvelle version ? – et voilà qu’elle affiche en même temps (cf. image ci-contre, cliquer pour agrandir) qu’elle est DÉSACTIVÉE, tout en four­nis­sant un lien pour la désac­tiver ainsi que des infor­mations qui semblent indi­quer qu’elle est activée (« Pas d’expo­sition détectée », etc.)…

J’ai envoyé les informations sur ce compor­tement à l’adresse indiquée pour l’appli, ai reçu un accusé de réception, puis plus rien.

Diagnostic

De là à se poser des questions sur la santé de cet outil pourtant vital (est-ce lui qui devrait se faire vacciner en premier ?)… Phéno­mène typi­quement français : en théorie, c’est génial (mais la France n’a pas inventé la roue, d’autres pays avaient mis en place une telle appli­cation plus tôt), mais en pratique, ça laisse à désirer.

Mort et transfiguration

Par acquis de conscience, j’ai redémarré mon smart­phone (ce que la procé­dure d’instal­lation de l’appli ne demandait pourtant pas) et oh ! miracle, l’appli indique qu’elle est activée… Je la mets en observation pour voir si elle a vraiment guéri.

Rechute

Et voilà que, une heure plus tard, l’appli indique qu’elle est désac­tivée et ne donne aucun moyen pour se réactiver : le bouton pour ce faire (« ActiverTousAntiCovid ») est aussi désactivé… Il s’avère que c’est dû au fait que l’appli ne peut plus accéder au BlueTooth, et pourtant elle le pouvait il y a une heure. Je lui ai signifié qu’elle pouvait, qu’elle essaie, elle verra bien. Eh bien elle m’a écouté cette fois, et j’ai pu la réactiver. Jusqu’à quand, je vous le demande ?

Et la réponse est…

Quelques jours plus tard, une réponse à mes mails arrive enfin :

Merci pour votre suggestion et d’être un acteur de la lutte contre l’épidémie.votre suggestion sera remontée au service développeur car l’application est en cours de développement.Nous avons identifié le problème ,c’est un soucis technique qui sera résolu prochainement.Nous vous rassurons que l’application est bien activée à ce moment là ,sachez que nous mettons tous en œuvre pour résoudre cette confusion.
L’application continuera d’être enrichie régulièrement de nouvelles informations et de nouveaux services.
Prenez soin de vous et de vos proches.
L’équipe TousAntiCovid.

Il est tout de même étonnant – voire décevant – d’apprendre que l’appli­cation est encore « en cours de développement » tellement de temps après le début de cette pandémie qui, elle, n’a de cesse d’être (malheu­reu­sement) en cours de déve­lop­pement…

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29 novembre 2020

Apéro virtuel II.28 – dimanche 29 novembre 2020

Sylvie, Jean-Philippe et Léo, ce dernier soutenu en arrière-plan par Superman, rejoignent The Emperor dont la présence fait écho justement à cet infâme prétendu sur­homme de papier, et, indi­rec­tement, à la dispa­rition hier de l’acteur anglais David Prowse qui avait incarné Dark Vador (sans la voix) dans Star Wars. Cette person­nalité partie et Michel arrivé, Léo change son arrière-plan en le remplaçant par une image de bande dessinée repré­sentant une femme armée tenant en joue un homme (cf. ci-contre). Il s’agit de Ms. June Justis, « la seule femme membre du FBI des US », parue dans le magazine G-Woman en décembre 1937 (alors que Wonder Woman, adulée par Sylvie et ses filles, n’a fait son apparition qu’en 1941) – et ce n’est que plus tard que les héros masculins ont évincé quasiment toutes leurs contreparties féminines de ce type de littérature.

Françoise (P.) arrivant, Léo et Sylvie mentionnent respectivement Little Orphan Annie, parue en 1924 (en anglais uniquement) et Fifi Brindacier (nom complet : Fifilolotte Victuaille Cataplasme Tampon Fille d’Efraïm Brindacier) en 1945 (en suédois puis en français et nombre de langues). Tous deux s’accordent pour avoir adoré Tartine Mariol, créée en 1955 – pastiche de Martine Carol… –, vieille grand-mère avec un menton en galoche, avec des poils, des gros godillots, mais balaise comme tout, qui avait du punch et mettait k.o. tous les méchants, que Sylvie avait dû lire en cachette. Lorsqu’elle a passé son bac avec succès, à la question de ses parents quel cadeau lui ferait plaisir, elle a répondu qu’elle aimerait avoir le tout premier volume d’Astérix (Astérix le Gauiois) de Goscinny. Jean-Philippe dit alors qu’il était assez mal dessiné par rapport aux versions suivantes, Sylvie rajoutant que c’est le cas pour beaucoup de bandes dessinées, par exemple celle de Mickey. Léo cite alors l’analyse de Stephen J. Gould concernant l’évolution du personnage de Mickey et de sa repré­sen­tation, turbulent, voire légèr­ement sadique à ses débuts, puis, au fur et à me sure de son succès populaire, il s’amadoue dans son compor­tement, ce qui se reflète aussi dans sa repré­sen­tation, devenant graduel­lement de plus en plus juvénile, puis enfantine malgré son âge inchangé (processus appelé néoténie), dans le but d’exploiter l’affection humaine profonde pour les jeunes. Et ainsi, le rapport tête – corps de Mickey, initialement celui d’un adulte, évolue vers celui d’un adolescent. Michel, quant à lui, n’a jamais aimé Mickey.

Après un bref échange entre Françoise (P.) et Jean-Philippe à propos du « caractère bien trempé » de Françoise Giroud (évoquée en mentionnant le décès de Jean-Louis Schreiber hier) et de ses présumés actes (qu’elle a nié) à l’encontre des parents de JJSS qui s’était séparé d’elle, pour se marier à une (autre) jeune femme, Michel lit trois citations d’un même auteur, la première de circonstance vu le contexte :

– Vaurien, tu viens de prendre la taille à ma femme !
– Moi, Monsieur ? Fouillez-moi !

Alphonse Allais ? Non.

– Sais-tu pourquoi les sauvages vont tout nus ?
– Parce que Christophe Colomb les a découverts.

Tristan Bernard ? Non. Le dernier indice, plus long, est une fable en alexandrins, Bon conseil aux amants :

Un brave ogre des bois, natif de Moscovie,
Était fort amoureux d’une fée, et l’envie
Qu’il avait d’épouser cette dame s’accrut
Au point de rendre fou ce pauvre cœur tout brut.
L’ogre, un beau jour d’hiver, peigne sa peau velue,
Se présente au palais de la fée, et salue,
Et s’annonce à l’huissier comme prince Ogrousky.
La fée avait un fils, on ne sait pas de qui.
Elle était ce jour-là sortie, et quant au mioche,
Bel enfant blond nourri de crème et de brioche,
Don fait par quelque Ulysse à cette Calypso,
Il était sous la porte et jouait au cerceau.
On laissa l’ogre et lui tout seuls dans l’antichambre.
Comment passer le temps quand il neige en décembre.
Et quand on n’a personne avec qui dire un mot ?
L’ogre se mit alors à croquer le marmot.
C’est très simple. Pourtant c’est aller un peu vite,
Même lorsqu’on est ogre et qu’on est moscovite,
Que de gober ainsi les mioches du prochain.
Le bâillement d’un ogre est frère de la faim.
Quand la dame rentra, plus d’enfant. On s’informe.
La fée avise l’ogre avec sa bouche énorme.
— As-tu vu, cria-t-elle, un bel enfant que j’ai ?
Le bon ogre naïf lui dit : « Je l’ai mangé. »
 
Or, c’était maladroit. Vous qui cherchez à plaire,
Ne mangez pas l’enfant dont vous aimez la mère.

Pour bien comprendre le – double – sens de cette fable, il est bon de garder en mémoire le premier sens de marmotFigure grotesque décorant un élément architectural et, en partic., un heurtoir de porte. et celui de croquer le marmotAttendre longtemps en se morfondant.. L’ogre, un peu simplet, est passé du figuré au littéral.

Jean de la Fontaine ? Que nenni. Dickens ? Oh no! Jules Renard ? Eh non. Il s’agit de Victor Hugo, dont l’humour souvent féroce paraît dans ses écrits (on pense surtout aux Châtiments), à l’instar de ce petit quatrain à l’encontre de Louis Veuillot, journaliste, partisan passionné du catholicisme ultramondain :

O Veuillot, face immonde encore plus que sinistre,
Laid à faire avorter une femme, vraiment !
Quand on te qualifie et qu’on t’appelle cuistre,
                istre est un ornement.

Ces quatre citations sont tirées d’un livre que Michel n’a de cesse de parcourir depuis qu’il l’a acheté dans les années 1960 : Humour 1900, éd. J’ai lu.

C’est au tour de Françoise (P.) de poser quelques devinettes : avez-vous entendu parler de Victor Lustig ? Jean-Philippe répond du tac au tac : « Un escroc international ». Françoise dit alors avoir cherché qui étaient les plus grands escrocs au niveau mondial ; Lustic a vendu la Tour Eiffel (en 1920)…

Et Anna Anderson ? Imposteuse s’étant faite passer, au début des années 1920, pour la princesse Anastasia, qui donc n’aurait pas été tuée avec son père, le tsar Nicolas II, et leur famille, en 1918. Si cette imposture est démontée à partir de 1927 – il s’agit en fait d’une ouvrière polonaise mentalement malade –, elle ne sera définitivement prouvée par des tests ADN en 1998 (ce qui n’a pas mis fin aux thèses soutenant l’affirmation d’Anderson). Michel et Sylvie mentionnent qu’il y a eu d’autres prétendues Anastasia…

Et Charles Ponzi ? Certains des présents ont entendu parler de la pyramide de Ponzi, d’autres non. Il s’agit d’un montage financier frauduleux inventé par cet Italien arrivé fauché aux US au début du XXe siècle, régulièrement utilisée jusqu’à nos jours et récemment rendue célèbre par l’affaire Madoff. Léo dit alors que David Lescot en a fait une pièce de théâtre (avec chœur). Jean-Philippe signale qu’une arnaque de ce type a eu lieu très récemment (durant la pandémie actuelle) par l’entremise des réseaux « sociaux ».

Léo mentionne une arnaque très simple : une annonce parue dans un journal disait « Vous n’avez plus que 3 jours pour envoyer 1$ à Mr. Un Tel » (et l’adresse était fournie), sans autre précision ; le lendemain, « Vous n’avez plus que 2 jours… », etc. Et ce Mr. Un Tel avait tout de même récolté 1000 ou 2000$/ Ce type de procédé est dorénavant interdit.

Et quid de van Meegeren ? On avait effectivement entendu parler de ce grand arnaqueur dans le monde de la peinture (il « créait » des Veermer).

Quant à Frank Abagnale Jr., jeune escroc, faussaire et imposteur, il se reconvertit finalement en conseil et détection de fraudes. Sa vie – romancée, sans doute – a été l’objet en 2003 du film Arrête-moi si tu peux de Spielberg avec DiCaprio et Tom Hanks.

La conversation aborde alors le sujet des arnaques par courriel, et Michel met en garde contre des mails qui semblent venir d’amis ou d’organismes connus, et qui demandent (ou proposent) soit d’ouvrir une pièce jointe – celle-ci peut contenir un virus informatique –, soit de cliquer sur un lien menant vers un site Web – qui peut télécharger subrepticement des virus dans l’ordinateur –, soit enfin de répondre par mail au dit ami ou organisme, mais en fait l’adresse de réponse n’est pas celle de la personne à laquelle on pense mais en diffère si peu qu’on ne remarque pas cette différence…

Léo signale une plateforme Web utile pour lutter contre la désinformation dans des domaines aussi divers que les médias et la technologie (dont l’inter­net), la politique, l’envi­ron­nement, la santé (d’autant plus impor­tant ces temps-ci)… il s’agit de hoaxbuster.com.

Pour redétendre l’atmosphère, Michel lit une brève histoire tirée de Humour 1900, Old England de Mac-Nab (1856-1889), poète et chansonnier français. L’extrait ci-dessous est copié de l’édition des Poèmes mobiles * Monologues de l’auteur, publiée en 1886.

Jean-Philippe rebondit sur la mention qu’avait faite Michel, lors d’un récent apéro, de la Cantilène de Sainte Eulalie, datant de la fin du IXe siècle comme étant le premier document écrit en langue française. Ayant un vague souvenir de ses études d’antan et ayant effectué des recherches de son côté, il a trouvé ceci : peuvent prétendre être les premiers en français cinq textes écrits entre 842 – les Serments de Strasbourg1 – et 1050 – La Vie de Saint Alexis, tous sauf le premier étant des textes religieux, écrits pas uniquement en latin mais aussi en vernaculaire, afin que le vulgus pecum comprenne quand on leur en fait la lecture. Durant ces deux siècles, on a retrouvé dans les documents d’époque 11 000 mots en français d’alors (ou protofrançais), qui n’a vraiment été étudié que récemment dans sa structure : Jean-Philippe mentionne l’ouvrage Histoire de la phrase française : des Serments de Strasbourg aux écritures numériques de Gilles Siouddi qui vient de sortir chez Actes Sud, et en lit un extrait. Michel remarque que la diction et la prononciation de l’époque devaient être très différentes de ce qui est pratiqué aujourd’hui (il suffit de voir comment notre parlé diffère de celui d’avant-guerre…), ce que confirme Sylvie, ayant une bonne expérience du chant Renaissance.

________________

1. La version originale des Serments est perdue. Le texte que l’on en possède (par exemple à la BnF) est extrait du livre de Nithard, rédigé en latin, Histoire des fils de Louis le Pieux. Nithard est le petit-fils de Charlemagne.

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