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« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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2 août 2015

The Louvre for the hurried tourist | Le musée du Louvre pour le touriste pressé

Classé dans : Arts et beaux-arts, Peinture, dessin, Photographie, Sculpture — Miklos @ 9:43


Le Louvre en un clin d’œil : La Victoire de la Joconde.
Cliquer pour agrandir. Autres photos ici.

“First-timers usually head to the three most famous works: Mona Lisa, Winged Victory of Samothrace, and Venus de Milo. Finding your way is easy; signs mark the route, and the flow of other tourists carries you along.” (Haas Mroue, Frommer’s Paris from $95 a day. 2006.).

« Le Louvre le constate : les visiteurs se précipitent sur trois œuvres : La Vénus de Milo, la Victoire de Samothrace et Mona Lisa de Léonard. Le Louvre se plaint et se demande même s’il ne va pas les regrouper en un seul et même endroit, histoire de canaliser les foules. » (Martine Keller, Itinéraires de nulle part. Voyages de vie, d’éveil. 2007)

« Mesdames, messieurs, nous savons tous que si nous devions choisir, choisir irrémédiablement, entre la vie d’un enfant inconnu et la survie d’un chef-d’œuvre illustre : la Joconde, la Victoire de Samothrace ou les fresques de Piero della Francesca, nous choisirion tous la vie de l’enfant inconnu. Mais cette question tragique est un piège de l’esprit. Jamais l’humanité n’a été contrainte de choisir et elle ressent invinciblement qu’elle doit sauver l’enfant et les chefs-d’œuvre. » (André Malraux, lors d’un débat à l’Assemblée nationale le 14 décembre 1961).

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21 juillet 2015

Le calcul digital

Classé dans : Littérature, Sciences, techniques — Miklos @ 16:49


La tabelle de comput digital de Luca Pacioli, tirée de Summa de arithmetica. (source)

— Pour le un, tu plies le petit doigt,

— De plus l’annulaire, pour le deux,

— Et de plus encore le doigt du milieu pour le nombre trois, et c’est tout.

— Pour le quatre, tu lèves le petit doigt,

— Et, en outre, pour le cinq, l’annulaire.

— Pour le six, tu plies l’annulaire tout au bas vers l’extrémité de la paume de la main, et tu élèves les autres.

— Pour le sept, tu couches le petit doigt sous le pouce à l’extrémité de la paume repliée, et tu relèves l’annulaire.

— Pour le huit et le neuf, c’est en pliant conjointement avec le petit doigt, le premier, puis le second doigt a côté.

— Pour le dix, c’est avec le nœud du pouce ; écoute bien : tu rases sa tête avec l’index ; fais cela.

— Place l’ongle de ton pouce à la base intérieure du doigt du milieu, c’est le vingt. Fais-le.

— Si tu réunis la tête de l’index avec la tête du pouce, tu fais trente.

— Si tu mets le pouce a cheval sur l’index, et si tu l’y maintiens, tu figures le quarante.

— Si tu opères pour cinquante, mets ton pouce sous l’index, prends y garde.

— Mets le pouce sur l’index, écoute bien, comme lorsque tu tiens la flèche, et c’est soixante.

— Pour ton nombre soixante-dix, mets la troisième phalange de ton index sur ton pouce, au dessous du nœud.

— Pour parfaire le quatre-vingts, pose le pouce par dessous l’index, ongle sur ongle.

— Pour le nombre quatre-vingt-dix plie l’index, resserre le plus possible l’espace entre le pouce et lui, et mets ton pouce au dessus comme un serpent.

— Tu désires maintenant indiquer les centaines, eh bien ! pour cela tu figures avec ta main droite les unités que ta gauche a fait connaître ; garde-le dans ta mémoire ; de même les dixaines de ta gauche, exprimées avec ta droite seront les unités de mille.

— Pour dix-mille joins ton pouce avec l’index, dans ta main gauche, ô noble frère, donne leur la forme d’un anneau, et incline leur tête en bas.

Aristide Marre, Manière de compter des anciens avec les doigts des mains, d’après un petit poème inédit arabe de Chems-Eddin El Mossouli et le Tratado de Mathematicas de Juan Perez de Moya imprimé à Alcala de Henares, en 1573. Rome, Octobre 1868.

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Le grand lion et son petit chien

Classé dans : Littérature, Nature — Miklos @ 13:52


Heinrich Leutemann, „Von den großen Katzen. Menagerie-Bilder. Nr. 5”,
in Die Gartenlaube n° 18, 1863. Cliquer pour agrandir.

«Sous le règne de Guillaume III, roi d’Angleterre, tous les étrangers qui allaient à Londres se rendaient à la tour pour voir le grand lion et son petit chien ; l’affluence du peuple était si grande, que le garde se procura en peu de tems une petite fortune. Cet animal était si prodigieux, qu’on l’appelait le roi des lions. Tandis qu’il se promenait dans les étroites limites de ses États ; il était suivi par un joli petit épagneul noir qui gambadait autour de lui et souvent même le mordillait, tandis que le noble animal, avec un air de complaisance, baissait sa tête formidable, et se prêtait au badinage du roquet. Voici son histoire telle qu’elle a été racontée par le gardien :

Il était d’usage que ceux qui se présentaient pour voir les lions de la tour, lorsqu’ils ne voulaient ou ne pouvaient donner six sous, apportassent ou un chien, ou un chat comme une offrande à l’animal, au lieu d’argent. Un particulier ayant un jour apporté ce petit chien qu’il avait trouvé dans la rue, le jeta dans la cage du lion ; on vit cette petite bête, a demi morte de frayeur, renversée sur le dos, la langue hors de la gueule et les pattes en l’air, en un mot dans une attitude suppliante et semblant demander merci à un si redoutable maître. À ce spectacle le lion, loin de le dévorer ainsi qu’il avait fait des autres, se contenta d’abord de le regarder d’un œil grave, puis s’approchant doucement de lui, de le sentir, de le tourner tantôt d’une patte, tantôt de l’autre, et comme voulant caresser une espèce de joujou qui avait su lui plaire. Le gardien, aussi surpris que les spectateurs, alla chercher le dîner du lion ; alors on vit avec un surcroît d’étonnement ce redoutable animal se retirer dans le fond de sa cage les yeux fixés sur le petit chien, et l’invitant pour ainsi dire, à faire l’essai du met qu’on lui servait. L’épagneul enfin un peu remis de sa frayeur, et sentant son appétit réveillé par l’odeur de la bonne chère, s’approcha d’abord en rampant, et, quoique tremblant encore, se hasarda de manger un peu. Le lion alors s’approcha doucement, mangea avec le petit chien, et le repas finit entr’eux de la manière la plus amicale.

À dater de cet instant, le petit chien devenu cher à son souverain, s’apprivoisa tellement avec lui, que sa familiarité fut poussée au point de risquer de l’impatienter par ses aboiements, et quelquefois même par des morsures ; mais le magnanime lion, loin de jamais en paraître irrité se prêtait avec grâce à toutes les folies de son ami et semblait même l’en aimer davantage. Environ un an après, l’épagneul étant mort d’un poison qu’un autre gardien jaloux de la prospérité de son confrère, lui avait, dit on, administré, le lion d’abord parut croire que son favori dormait un peu trop longtemps, ensuite il le flaira à différentes reprises ; puis le retourna de tous cotés, et enfin, traversant sa cage d’un air inquiet et d’un pas précipité, il revint au petit animal le fixa d’un œil aussi tendre que douloureux, éleva sa superbe crinière et fit entendre un hurlement prolongé qui, pendant quelques minutes, affecta les cœurs de tous les assistant. On tenta sans succès d’ôter de dessous lui la carcasse du petit chien ; on lui offrit vainement les mets qu’il aimait le mieux : on lui jeta plusieurs autres petits chiens ; mais il les mit en pièces, ne voulut essayer d’aucun, et ses rugissements, ainsi que ses efforts pour briser les barres de sa cage, devinrent si terribles que ses forces s’étant insensiblement» épuisées, on le trouva mort le cinquième jour au matin, sur le cadavre de son petit ami. Ils furent enterrés ensemble et vivement regrettés.

Francis Benjamin Gardera, Le lecteur français de la jeunesse, ou Choix d’historiettes morales, anecdotes, fables en prose et en vers, &c, &c., Northampton (Mass), 1826.

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3 mai 2015

Life in Hell : Siel !, ou, La vie devant soi

Classé dans : Actualité, Peinture, dessin, Photographie — Miklos @ 18:09


L’envers du Siel.

Akbar sort prendre l’autobus près de chez lui pour se rendre chez Jeff. Il bruine, le ciel est couvert.

Arrivé à la station, il jette un œil au tableau d’affichage poé­ti­quement nommé SielSystème d’information en ligne. ; celui-ci l’informe que le prochain bus arrivera dans 5 minutes. Il en profite pour contempler une à une les affiches collées ici et là sur les façades avoisinantes. Non pas qu’elles aient un quelconque intérêt, mais cela l’occupe.

Trois minutes plus tard, il consulte de nouveau le temps d’attente : 8 minutes.

« Ciel ! s’écrie-t-il in peto, le temps s’est inversé ! ». Il en est tout ravi bien que la durée se soit rallongée, puisque cela le rajeunit d’autant.

Le temps continue à passer ainsi en va-et-vient entre passé et futur. À l’arrivée du bus, une nounou compatissante qui se trouvait dans les parages prend le petit Akbar dans ses bras et le dépose dans le véhicule.

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

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29 avril 2015

Au jardin public

Classé dans : Lieux, Littérature, Photographie — Miklos @ 13:59


Au Palais Royal. Cliquer pour agrandir.

«Après la visite chez le docteur, nous allions déjeuner au jardin public, sous les grands thuyas, assis sur des chaises en fer, devant les bassins où nageaient d’énormes carpes grises, quel­que­fois rouges, où barbotaient les cols-verts et sur lesquels se promenaient les cygnes blancs majestueux. Des volées de moineaux venaient picorer les miettes que nous leur jetions. C’était un repos oh combien salutaire, la nature apaisant toujours les angoisses du coeur. Je mangeais peu, appréhendant le retour, mes quelques couleurs me revenaient au joues.

Hélas, nous déguerpissions comme des voleurs à l’arrivée d’une vieille sorcière désagréable qui venait collecter quelques piécettes en échange de l’utilisation des chaises.» Elle délivrait un ticket à l’aide d’une lourde machine accrochée à sa ceinture comme en portent les contrôleurs de la SNCF.

Jean Dupouy, Né en 37. Publibook, 2012.

«C’était une petite vieille, vêtue de noir, comme une nonne sécularisée : l’air d’une chaisière d’église ou de jardin public, bien que ces deux types soient assez distincts pour être aisément reconnaissables à des regards avertis. Elle tenait à la fois des deux. Plus sportive et mieux conservée par la vie au grand air qu’une chaisière d’église, mais avec ce je ne sais quoi» de retenue et de discrétion qui rappelait cependant la présence du confessionnal et de la sacristie.

Édith Thomas, « La Chaisière des Champs-Élysées », Europe, 1er mars 1946.

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