Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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24 février 2017

Kilélélé, ou, Qui est-ce que préfèrent les gays dans le Gard ?

Classé dans : Langue — Miklos @ 13:13


Tragique chasse au sanglier. Couverture du Petit Journal du 23 décembre 1906.
Cliquer pour agrandir.

Le premier mot du titre est un indice pour trouver la réponse à la devinette.

Si vous n’avez pas trouvé, il s’agit du sujet en question dans ce qui suit, les homonymes (Nîmes étant la préfecture du Gard). Et si vous n’avez pas encore saisi ce que l’indice signifie, eh bien, c’est en langage SMS « Qu’il hait les laies ! », où apparaît le son à trois reprises dans trois orthographes différentes.

Soit dit en passant, la laie n’est pas que la femelle du sanglier, c’est aussi un « chemin de terre percé dans une forêt », et un « marteau de tailleur de pierre tendre, dit aussi marteau bretté, dont un tranchant au moins est denté », selon le Trésor de la langue française. Comme quoi, le haïsseur en question a le choix de l’objet de ses détestations, tout en prenant en compte que, dans le cas de la femelle du sanglier, c’est plus dangereux, comme le montre la couverture du Petit Journal du 23 décembre 1906 que l’on peut admirer ci-dessus.

Quittons les sangliers et revenons à nos moutons. Le son admet (au moins ; signalez-nous toute omission) les homonymes suivants :

L’ai, L’aie, L’aies, L’ait, L’aient (du verbe avoir)

Lai (deux sens distincts)

Laid(s)

Laie (vid. sup.)

Lait(s)

(s)

L’es, L’est (du verbe être)

Les (pluriel de l’article défini le)

Lès, Lez, Les

Une petite vingtaine. Et maintenant vous saurez répondre rapidement à la devinette suivante : Que s’exclame une fermière à Hawaï lorsqu’elle voit son garçon de ferme revenir de la traite le seau vide ? (réponseUkulélé ? (Où qu’est le lait ?))

Plus simple encore, le son é nous fournit les variantes suivantes :

- ai, aie, aies, ait, aient (du verbe avoir).

- eh, hé (interjection ; selon La Plume à poil, la première sert à attirer l’attention ou à  renforcer le mot qu’il précède, voire indique un sous-entendu, la seconde à appeler ou interpeller quelqu’un, voire l’adhésion ou l’approbation)

es, est (du verbe être)

et (la conjonction)

haie(s)

- hais, hait

Un peu plus d’une douzaine. Voyons maintenant les homonymes des autres sons de voyelles, commençons par le :

a (du verbe avoir)

à (préposition)

ah, ha (interjections, dont La Plume à poil – vid. sup. – nous illustre les subtiles différences)

Pas si riche que ça. Passons à o :

au(x) (préposition)

aulx (pluriel de ail)

eau(x)

haut(s)

Ô (non seulement un mot invariable servant à interpeller ou invoquer emphatiquement ce qui suit, mais aussi le nom d’un château – le Château d’Ô, dans l’Orne – dont on recommande la visite)

Oh, ho (interjections ; cf. La Plume à poil)

Os (le pluriel du même mot, os ; confusionnant, non ?)

Une bonne dizaine, dont certains quelque peu surprenants (d’où la recommandation farfelue d’un nutritionniste, « Les aulx, c’est bon pour les os » – farfelue, parce que les vertus de l’aïl sont ailleurs, si l’on peut dire).

On vous laissera faire l’exercice pour les sons i et u.

Une fois ceci fait, pourquoi ne pas s’en servir pour composer des devinettes, énigmes et virelangues que l’on n’oserait de qualifier d’oulipiennes ? En voici un exemple classique : « Si six scies scient six cigares, six cent six scies scient six cent six cigares.

On ne résiste au plaisir de citer deux textes en anglais british, qui a ses propres particularités linguistiques permettant de riches variantes :

- Ici, les homonymies utilisées sont wood – would et saw (il a vu) – saw (le substantif scie, le verbe il a scié) : Esaw Wood sawed wood. Esaw Wood would saw wood. Oh, the wood that Wood would saw! One day Esaw Wood saw a saw saw wood as no other wood-saw Wood ever saw would saw wood. Of all the wood-saws Wood ever saw saw wood, Wood never saw a wood-saw that would saw like the wood-saw Wood saw would. Now Esaw saws with that saw he saw saw wood.

- Là, c’est l’homonymie sur les sens de can – boîte de conserves / le verbe « mettre en boîte » / l’auxiliaire « pouvoir » : How many cans can a canner can if a canner can can cans ? A canner can can as many cans as a canner can if a canner can can cans (aucun rapport avec le French cancan, autre invention British).

On finira en buvant un coup de Chartreuse à votre santé en nous dirigeant vers le verre vert (précision : sans porter des chaussures de vair), et en vous rappelant que l’on avait, par le passé, cité un joli poème du XVIIIe (siècle, pas arrondissement) illustrant l’homonymie compte – conte – comte (et que l’auteur aurait pu enrichir avec celles de tan - tant – taon – temps –t’en – tend).

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6 janvier 2017

Une pépite conjoncturelle

Classé dans : Langue, Médias, Sciences, techniques — Miklos @ 20:48


Extrait de l’article « Les LED sont-elles dangereuses pour les yeux ? » (Futura Santé, 6/1/2017). Cliquer pour agrandir.

L’article finalement assez inquiétant – il s’agit de la potentielle dangerosité pour les yeux des ampoules LED ayant remplacé les ampoules à incandescence – de Futura Santé est fort bien écrit. En sus, certains termes techniques, difficilement compréhensibles des non initiés (tels que « lumière » ou « œil ») peuvent être facilement élucidés : il suffit de cliquer sur le mot (souligné dans le texte) pour que s’ouvre une petite affichette définissant et illustrant ce terme.

Or (c’est le cas de le dire), voici que l’article confond la conjonction et le substantif « or », comme le montre l’illustration ci-dessus. On vous laisse voir par vous-même si l’explication de « LED » y serait donnée par la définition de « laide », ou celle de « lumière » par les biographies des célèbres frères.

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4 janvier 2017

À 105 ans, Robert Marchand frôle la vitesse de la lumière à la virgule près

Classé dans : Médias — Miklos @ 19:44

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3 janvier 2017

Les raccourcis du Figaro

Classé dans : Langue, Médias — Miklos @ 1:35


Voyage inaugural du Titanic, avril 1912 (source). Cliquer pour agrandir.

Dans un article au titre fulminant fulgurant – « Titanic : nouvelle thèse enflammée sur son naufrage » –, le Gorafi Figaro nous dépoile dévoile qu’un incentive incendie survenu quelques jours plus tôt aurait têté été à l’origine de la catastome catastrophe.

L’article continue par un raccourci saisissant :

En d’autres thermes termes, c’est la collusion entre le président de la compagnie et l’équipage et non la collision entre le paquebot et l’iceberg qui en est responsif responsable.

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11 décembre 2016

Qu’ont André Comte-Sponville et Guy Bedos en commun ?

Classé dans : Littérature, Médias, Philosophie — Miklos @ 17:47


« Il m’arrive de m’abriter derrière l’humour pour supporter des choses qui pourraient me faire mal. Vous savez, je suis très fidèle à une phrase du philosophe Kirkegaard qui avait écrit “L’humour est la politesse du désespoir”. » (Guy Bedos)

Dans un article de Philomag du 2/10/2013, l’un écrivait : « L’humour, disait Boris Vian, est la politesse du désespoir. » L’autre attribuait aujourd’hui même, sur France 2 lors du « 13h15 Le Dimanche, Les humoristes politiques », cette citation à Søren Kirkegaard, d’un air doctement profond (cf. copie d’écran ci-dessus).

Soit dit en passant, on peut comprendre leurs choix respectifs : pour le premier, on l’imagine mal sur la 2e marche du podium des philosophes, et pour le second, rien de plus valorisant que de citer le philosophe de la vérité de l’existence individuelle et de la subjectivité. La classe, quoi. Surtout dit avec un tel sérieux.

Et justement, même en français (à vrai dire je ne comprends pas le danois, moi ; Bedos peut-être oui), ça me semblait un peu, comment dire, idée reçue ? « Cherchez et vous trouverez », a dit Jacques Lacan (qui cherchait dans les profondeurs), pardon, non, Irène Joliot-Curie (première sous-secrétaire d’État chargée de la recherche), zut, non plus, ah, c’est celui, là, qu’avait qu’un cheveu sur sa tête.

J’ai donc cherché et ai trouvé cet article de Jérôme Garcin, qui dit de Dominique Noguez, « excellent écrivain, qui tient à la fois de l’égyptologue et du détective privé » et auteur de La Véritable origine des plus beaux aphorismes (Payot) :

Il rend, par exemple, à Chris Marker, cette magistrale définition de l’humour : « la politesse du désespoir », que d’aucuns attribuaient à Hugo, Wilde, Duhamel, Vian, Valéry, voire Churchill. L’enquête d’authen­ticité menée par l’inspecteur Noguez fait six pages, elles sont dignes d’un mini-polar.

Et maintenant, attribuée à Kirkegaard aussi, grâce à Bedos. Mais comme le disait si justement celui-qu’a-qu’un-ch’veu, « Il faut rendre à César ce qui est à César », ce que nous illustrerons ainsi :


César : Compression Renault

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