Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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31 janvier 2014

Gaudriole

Classé dans : Langue, Littérature, Musique — Miklos @ 11:19


Le pantalon de Casimir, gaudriole populaire.
Paroles de Baumaine et Blondelet, musique de Ed. Deransart (détail). 1879. Source : Gallica.

Le mot de gaudriole (propos ou acte licencieux) serait apparu dans la première moitié du XVIIIe siècle par dérivation de gaudir (se réjouir, cf. la célèbre chanson Gaudeamus igitur) – qui a des connotations plus coquines dans les substantifs gaudisserie (caractère licencieux, paillard) et gaudisseur (jouisseur) –, et de la terminaison -iole que l’on trouve dans cabriole, qui dénote les « bonds légers et folâtres » qui peuvent se pratiquer lors de certaines gaudrioles.

Ainsi, les Mémoires pour servir à l’histoire des spectacles de la foire de Claude Parfait, publiées en 1743, mentionnent un « opéra comique d’un acte » intitulé Les Trois prologues, « dont le premier était effectivement le Prologue, la Gaudriole, ou le repas allégorique était le second, et l’Amphigourie, le dernier, le 30 juin 1739 ». On n’a pas trouvé trace (en ligne) de ce curieux repas.

Par contre, le mot apparaît dans deux textes – Ouvrage de Pénélope, ou Machiavel en médecine, de Julien Offray de la Mettrie et publié vers 1748, et La Faculté vengée, comédie en trois actes, attribuée au même La Mettrie et publiée en 1747. Cet auteur est un personnage parti­cu­liè­rement intéressant : philosophe maté­rialiste, le terme « âme » désigne pour lui seulement l’organe qui nous permet de penser, c’est-à-dire le cerveau. Il la conçoit donc comme étendue et matérielle. La Mettrie propose aussi une théorie morale fondée sur le maté­rialisme. À la morale sociale, il oppose une morale naturelle, la seule véritable, dans laquelle le bonheur est identifié à un ensemble de sensations agréables (ce qui, soit dit en passant, est à la base de l’utili­tarisme de Jeremy Bentham« Par principe d’utilité, il faut entendre le principe qui approuve ou désapprouve quelque action que ce soit en fonction de sa tendance à augmenter ou diminuer le bonheur de la partie dont l’intérêt est en jeu. » (Bentham, 1789, cité par John Kenneth Galbraith in L’Art d’ignorer les pauvres.)). Les rechercher est conforme à la nature et à la raison. L’influence de La Mettrie a été considérable pour tout le courant matérialiste en philosophie, pour les idéologues, et notamment Pierre Jean Georges Cabanis (1757-1808), dont les mémoires sur les Rapports du physique et du moral (1802) tentent d’approfondir la voie de La Mettrie. Les questions ouvertes par La Mettrie demeurent celles de la neurophysiologie contemporaine. (Source : Microsoft Encarta 99).

Le conte libertin que l’on trouvera ici, publié à la même période, s’intitulé tout simplement Gaudriole : c’est non seulement le nom d’une de ses protagonistes mais c’est surtout le propos du récit. Cette facétieuse nouvelle de la recherche – initiatique pour les uns, obsessionnelle pour les autres – de « cet » obscur objet du désir à tout âge met en scène les affres de l’âme et la jouissance des corps, les conflits entre raison et passion, le frustrant distinguo entre vouloir et pouvoir. Gaudriole, oui, mais pas grivoise, tout y est suggéré, et l’auteur semble parfois faire avec un malin plaisir du second degré avec cette littérature de genre. Ainsi, en y réfléchissant quelque peu, vous comprendrez rapidement l’étymologie du nom du fameux fruit chinois que convoitent les deux rivales.

Le récit oppose deux couples : l’un en voie de formation, si l’on peux dire, Arthénie, princesse jeune et (très) innocente et Zamor (on remarquera l’étendue de l’alphabet…), prince fidèle et généreux, à un couple de vieillards lubriques et roués, le mauvais génie Moragrandy qui convoite la princesse tout en étant impuissant, et Gaudriole son épouse, une laide fée qui règne sur une île à l’autre bout du monde, sur laquelle son mari va disperser les membres de son rival, dont l’un d’eux… mais comme le précise le titre du deuxième chapitre, vous en saurez plus quand vous l’aurez lu.

Quant à l’auteur de cette gaudriole, on ne le connaît pas : l’ouvrage a été publié anonymement à La Haye, une source l’attribuant à Claude Godard d’Aucourt (1716-1795) et une autre à François Antoine Chevrier (1721-1762).

9 janvier 2014

Coïncidence, ou, Les mathématiques mènent à la musique ou à l’actuariat, c’est selon.

Classé dans : Histoire, Musique, Sciences, techniques — Miklos @ 8:30


À gauche : le tromboniste de Gerald Hoffnung.
À droite : le tromboniste de l’Ensemble intercontemporain

De curieuses, parfois réellement étranges, coïncidences émaillent mon quotidien ; elles surviennent sans prévenir, illuminent, telles des comètes, de leur longue traîne née parfois dans un lointain passé ma vie, puis disparaissent en laissant la trace d’un certain merveilleux. En voici une.

C’est par hasard que je suis arrivé à l’Ircam, bien que je rêvais d’y entrer depuis plusieurs années.

Au début des années 1980, je faisais un troisième cycle en informatique – spécialité qui m’avait été imposée bien malgré moi après des études de mathématiques théoriques effectuées en Israël, mais que j’avais fini par aimer – à l’université Cornell aux Etats-Unis. Mon directeur de thèse, Tim (Ray) Teitelbaum, décide de prendre une année sabbatique à l’Inria à Rocquencourt, et il y emmène, en 1982, ses trois doctorants.

Au cours de notre séjour, le frère de Tim, Richard, compositeur de son métier, vient passer quelques jours à Paris et nous parle de l’Ircam : je m’y précipite, et la visite que j’y fais me convainc que c’est le lieu idéal pour mettre mes compétences informatiques au service de ma passion, la musique. Même si la musique contem­poraine n’était pas vraiment mon truc, c’était de la musique.

À partir de ce moment, j’essaierai vainement pendant plus de deux ans – tout d’abord jusqu’à la fin de notre séjour à Paris, puis de retour à Cornell pour poursuivre mon doctorat – de trouver comment y entrer : souvent aucune réponse à mes courriers, et quand j’en reçois c’est pour me dire qu’il n’y a pas de poste de disponible.

Et miracle ! en novembre 1984, Ken, autre étudiant de la fac avec lequel j’avais sympathisé, qui savait que j’étais Français et que j’aimais la musique, me raconte qu’il vient de voir passer sur l’Internet une petite annonceL’Internet, le courrier électronique et les forums publics existaient déjà depuis plusieurs années., celle d’un poste de développeur dans un centre de recherche en informatique musicale à Paris. Ken n’avait jamais entendu parler de l’Ircam, ne savait pas que je rêvais d’y entrer, et ce n’était que par curiosité qu’il m’en avait fait part. La voici :


Cliquer pour voir le détail de l’annonce, champagne y compris.

Elle avait été mise en ligne une dizaine de jours plus tôt. À cette époque, les courriers électroniques pouvaient prendre plusieurs jours pour arriver à destination. Craignant que le poste ne soit donc déjà en passe d’être pourvu – j’étais sûr de n’être pas le seul à le convoiter –, j’arrive à joindre téléphoniquement l’auteur de l’annonce, Adrian Freed. Tout se fait alors très rapidement, et, de fil en aiguille, je suis recruté et arrive à l’Ircam le 2 juin 1985.

Au bout de quelques mois dans l’équipe 4X – nom du synthétiseur que l’Ircam développait à l’époque –, voilà qu’on me propose le poste de responsable informatique de l’institut que j’accepte finalement après plusieurs semaines d’hésitations.

C’est un poste névralgique : qui n’a pas de problèmes infor­matiques, que ce soit de fichiers malencontreusement perdus, d’espace disque insuffisant (à l’époque, un disque d’une centaine de mégaoctets coûtait une somme astronomique…), de performances de calcul ou de réseau trop lentes… ? Tôt ou tard, tout le monde passait dans mon bureau.

Un beau jour se présente quelqu’un que je n’avais encore jamais vu. Il m’adresse la parole, et il me parait évident de lui répondre en hébreu : c’était effectivement sa langue maternelle si reconnaissable à son accent. À peine quelques minutes nous suffisent alors pour découvrir que, quelque quinze ans plus tôt, nous étions chacun en quatrième année de premier cycle de mathématiques, lui à l’université de Tel Aviv et moi au Technion de Haïfa. Puis nous trouvons que cette année-là – 1970-71 –, nous suivions un cours d’homologie algébrique (ne me demandez pas ce que c’est, je n’en connais plus que le nom) donné par une seule et même personne, Abraham Zaks, qui faisait l’aller-retour entre les deux facs. À la fin de cette année, quelques-uns de ses élèves rédigent chacun un chapitre d’un ouvrage des notes de ce cours, publié peu de temps après. Un des chapitres est de la main de Benny, un autre du mien.

Le parcours de Benny – mathématiques et philosophie d’une part, musique de l’autre, et le voici tromboniste de l’Ensemble inter­con­temporain – aura été très différent du mien, mais nous voici réunis à l’Ircam ; quant à notre professeur commun, sa page web indique qu’il s’est orienté vers l’actuariat.

Benny et moi avons sympathisés au fil des années – comment en serait-il autrement avec cet homme à la fois si modeste, attentif et souriant, et dont les connaissances et les compétences sont dignes d’admiration ?

Quelques temps après notre rencontre, Benny m’invite à une soirée chez lui, au cours de laquelle une amie israélienne, Noa Blass, viendra parler d’un livre remarquable. Et lorsqu’elle commence à présenter cet ouvrage, je suis saisi : il s’agit de celui de mon ami de très longue date Guy, cet être exceptionnel. Noa et Guy, tous deux récemment disparus, se connaissaient bien…

Plus tard, Benny rencontrera Guy.

4 janvier 2014

Une grande chanteuse hors du temps à plus d’un égard

Classé dans : Langue, Musique, Sciences, techniques — Miklos @ 23:22

L’« occupant allemand » ne devait pas savoir que Marjane avait interprété en 1938 une chanson yiddish à succès composée par Sholom Secunda (élève d’Ernest Bloch), Bei mir bistu schein dont avait fait deux enregistrements, un en anglais et l’autre en français : pendant l’Occupation, Marjane a pu se produire avec succès en France (surtout avec Seule ce soir), et c’est plutôt à la Libération qu’elle a été inquiétée (et acquittée).

C’est ce dernier qui ouvre le très beau coffret de deux CDs, Yiddish – New York – Paris – Varsovie 1910-1940, qui comprend des « tubes » de ce répertoire chantées dans leur langue d’origine ou en anglais voire en français par certains des plus grands musiciens de l’époque, à l’instar des célèbres clarinettiste Benny Goodman et violoniste Joseph Szigeti, de l’énergique Aaron Lebedeff (dont on avait parlé il y a peu), de Molly Picon (qui chante tout de même incom­pa­ra­blement mieux que Judith Magre, malgré le respect qu’on doit à cette dernière) ou de la dernière des Red Hot Mamas, j’ai nommé Sophie Tucker (non apparentée au grand ténor Richard Tucker, né Rubin Ticker…), des superbes chantres Gershon Sirota ou Yossele Rosenblatt (dans deux liturgies en hébreu, qui n’ont donc en fait rien de yiddish si ce n’est qu’elles sont interprétés dans la tradition musicale ashkenaze) et d’autres musiciens dont l’œuvre mérite d’être préservée et diffusée. On y trouve aussi L’Énigme éternelle, une des Chansons hébraïques de Maurice Ravel, mélodies yiddish tradi­tionnelles qu’il a orchestrées d’une façon tout à fait remar­quable (celle-ci s’appelle en yiddish Mayerke mein zin, litté­ra­lement « Petit Mayer, mon fils », Mayer était d’ailleurs le prénom de mon père dont c’était aujourd’hui l’anniversaire).

Dans le reportage que l’on peut voir ci-dessus, Marjane (née Thérèse Gendebien…) défie le temps : elle a alors cent ans, elle paraît en avoir au moins 20 de moins et possède l’énergie d’une femme dans la force de l’âge. Ce qui explique sans doute pourquoi la Wikipedia a aussi défié le passage du temps dans la page qu’elle lui consacre, comme on peut le voir dans cet extrait :


Cliquer pour agrandir.

Et pour finir en musique, voici l’enregistrement de la version française de cette fameuse chanson interprétée par Marjane :

18 décembre 2013

L’homme sans gravité, ou, L’enfant qui ne voulait pas grandir

Classé dans : Actualité, Danse, Littérature, Musique, Théâtre — Miklos @ 3:14


Peter Pan faisant face à Capitaine Crochet
(ill. de F. D. Bedford pour l’édition de 1912 de Peter and Wendy).

“I’m youth, I’m joy,” Peter answered at a venture, “I’m a little bird that has broken out of the egg.” — J. M. Barrie, Peter and Wendy, New York, 1912.

C’est à la MC93 de Bobigny que j’ai découvert Bob Wilson : tout d’abord avec Alcestis en 1986, que j’avais perçu comme une sorte d’opéra silencieux et immobile composé de tableaux quasiment figés dont l’imagerie hiératique et saisissante allait droit au subconscient ; puis, en 1992, avec le fascinant Einstein On The Beach de Philip Glass – dont j’avais entendu un bref extrait sur Radio Classique en 1983 (aux tous débuts de la station), mais qui avait suffi pour me ravir et me faire acheter le coffret de 33T pour écouter l’œuvre dans son intégralité bien avant de la voir ainsi mise en scène.

En 1993, ce sera Orlando à l’Odéon avec Isabelle Huppert – et là je dois avouer que j’avais lutté sans réel succès contre l’ennui et la somnolence. Et puis je m’en étais graduellement désintéressé. Il y a bien eu The Old Woman le mois dernier au Théâtre de la Ville, mais le texte, incompréhensible et répétitif, pesait trop sur l’ensemble qui ne manquait pourtant pas de beauté et d’humour.

J’en étais resté avec le sentiment que Bob Wilson était un metteur en scène de l’immobile hyper­es­thétique – tant dans l’imagerie (frappante) que dans la musique l’accompagnant (souvent minimaliste) –, des couleurs primaires et des lignes simples (décors, parcours des acteurs sur scène…).

Le Peter Pan qu’il nous a été donné de voir au Théâtre de la Ville – dans le cadre du très riche Portrait Robert Wilson du Festival d’automne à Paris – casse ces schémas : léger, vif, drôle et parfois burlesque, magique et enchanteur, c’est une féerie tourbillonnante, un spectacle total représenté par une vingtaine d’acteurs-chanteurs-danseurs épatants, qui sert à merveille la dramaturgie à rebon­dis­sements et la musique lyrico-pop-gospel enlevée de CocoRosie – les sœurs Sierra et Bianca Casady – qui n’a rien de minimaliste, et qui est exécutée à perfection par le Berliner Ensemble.

J’ai été surpris de penser d’abord à la commedia dell’arte puis – d’évidence ! – à Omar Porras, que ce soit dans le tragique (La Visite de la vieille dame de Dürrenmatt) ou le fantastico-burlesque (L’Histoire du soldat de Stravinsky et Ramuz) : décors, costumes et masques, attitudes corporelles des acteurs, exubérance du mouvement sur scène… Si l’on retrouve la palette des couleurs primaires chère à Wilson dans l’éclairage (superbe), tout s’est enrichi sans commune mesure avec ce qu’il m’avait été donné de voir.

Mais l’immobilisme, qui ne caractérise plus la mise en scène, n’est pas absent, il est au cœur même de l’œuvre : c’est celui de Peter Pan lui-même, figé qu’il est dans l’enfance dont il ne veut pas sortir bien qu’il soit devenu, physiquement, un jeune adulte : c’est le type – voire l’archétype – du Puer Æternus dont Marie-Louise von Franz parle dans son ouvrage éponyme et dans une conférence disponible en français en ligne, adolescent aérien (le Petit prince de Saint-Exupéry et Icare en sont encore deux exemples qu’analyse von Franz dans son livre) et enchanteur, vivant dans un éternel présent hors des contraintes physiques et des attaches affectives, incapable d’aimer tout autre que sa mère forcément idéalisée. Ici, elle est perdue pour Peter Pan – il déteste donc toutes les mères –, qui ne peut se résoudre à suivre Wendy qu’il « aime » et à reprendre pied avec elle dans la vraie vie, celle de l’adulte et puis celle du couple. Plutôt mourir : ne chante-t-il pas d’ailleurs, avec les autres enfants du Pays des garçons perdus, « To die will be an awfully big adventure » (phrase qui se trouve dans le roman de James Matthew Barrie) ? Bob Wilson met d’ailleurs en scène au début et à la fin de la pièce un enfant, un vrai, dont la courte mais excellente performance scénique et vocale marque bien cet univers idéal parce que simple et sans engagement de l’éternelle enfance qui semble n’avoir de cesse de fasciner, d’une certaine façon, Bob Wilson lui-même…

16 décembre 2013

L’Exode et la Fuite en Égypte


Carte de la Terre Sainte, tiré de l’ouvrage Itinerarium per Palæstinam de Leo Flaminius (pseud. de Leonard Rauwolf), publié en 1681 à Rotenburg. Source :
British Library. Pour voir l’image en haute résolution, cliquer ici. Détails ci-dessous.

La British Library vient d’annoncer la mise en ligne de plus d’un million d’images libres de droits en très haute résolution. Elles sont extraites de quelque 65 000 ouvrages datant des XVIIe au XIXe siècles de son fonds qu’elle fait numériser par Microsoft depuis 2008 (et qui, eux, ne sont pas disponibles en ligne). L’entreprise a extrait (auto­ma­ti­quement, on s’en doute) ces images des documents numérisés et en a fait le don à la British Library, ce qui a permis la mise en ligne de cette manne (aucune allusion à l’image que l’on montre ici).

Il est évident qu’une telle masse ne peut être décrite indi­vi­duel­lement : il est indiqué, pour chaque image, son origine (la date, l’auteur, le titre de l’ouvrage, la page), mais il n’y a actuellement aucune description textuelle de son contenu, ce qui rend quasiment impos­sible la recherche dans ce magnifique fonds.

La British Library, évidemment consciente de ce problème, annonce dont le prochain lancement d’un projet de crowdsourcing, qui permettra aux internautes de rajouter des descriptions là où ils le souhaitent. Ces informations – forcément partielles – seront à leur tour récoltées automatiquement par un logiciel d’analyse d’images qui s’en servira pour son « apprentissage » initial afin d’indexer tout le reste de ce fonds. Elle compte ainsi non seulement en faciliter l’accès, mais aussi contribuer, par cette entreprise, à la recherche scientifique concernant les images imprimées et les cartes, en général.

Et le Seigneur dit à Moïse : « Pourquoi cries-tu vers moi ? Dis aux enfants d’Israël qu’ils délogent. Et toi, lève ton bâton, étends ta main sur la mer et la fends, tellement que les enfants d’Israël aillent parmi la mer à sec. » — Exode XIV:15-16.

Voici trois détails qu’on a annotés de cette carte, qui décrivent d’une part l’Exode – la sortie des Israélites d’Égypte sous la direction de Moïse, leur errance dans le désert pendant quarante ans et enfin leur arrivée au Mont Nébo aux confins de la terre promise et lieu de décès de Moïse (on distingue fort bien la traversée de la Mer Rouge au bord de laquelle se tient Moïse tenant son bâton de marche levé pour maintenir le passage à sec, les petites tentes numérotées de un à quarante et qui dénotent leurs étapes, leur zigzags autour du Mont Sinaï…) – et d’autre part la Fuite en Égypte (on voit jusqu’au halo de l’Enfant Jésus dans les bras de sa mère assise sur un des deux ânes, Joseph sur l’autre).

 


Sortie d’Égypte (en rouge) et Fuite en Égypte (en bleu).
Détail annoté tiré de l’ouvrage Itinerarium per Palæstinam de Leo Flaminius (pseud. de Leonard Rauwolf), publié en 1681 à Rotenburg. Source :
British Library.
Cliquer sur l’image pour la voir en grand.

 


Errance dans le désert.
Détail annoté tiré de l’ouvrage Itinerarium per Palæstinam de Leo Flaminius (pseud. de Leonard Rauwolf), publié en 1681 à Rotenburg. Source :
British Library.
Cliquer sur l’image pour la voir en grand.

 


Entrée en Terre Sainte.
Détail annoté tiré de l’ouvrage Itinerarium per Palæstinam de Leo Flaminius (pseud. de Leonard Rauwolf), publié en 1681 à Rotenburg. Source :
British Library.
Cliquer sur l’image pour la voir en grand.

Alors : parcourez, admirez, utilisez, faites savoir… et citez vos sources.

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