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« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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20 novembre 2010

Alla breve. XXXII.

Classé dans : Actualité, Alla breve, Musique — Miklos @ 3:19

[223] Vous avez tout juste une semaine pour… écouter gratuitement la retransmission, par la BBC, de l’enregistrement du concert Electronica donné le 6 octobre au Queen Elizabeth Hall de Londres. Ce concert était consacré aux instruments électroniques avec orchestre ; sur scène, il y avait deux thérémines (dont un joué par Lydia Kavina, petite-nièce de leur inventeur Lev Termen), deux ondes Martenot, six synthés et d’autres gadgets, en sus du BBC Concert Orchestra dirigé par Charles Hazlewood. Les œuvres présentées par Javis Cocker comprenaient : •••» la musique du film The Day The Earth Stood Still (Le jour où la terre s’arrêta) de Bernard Herrmann, qui a composé aussi la musique d’autres films célèbres (Psycho de Hitchcock, Citizen Kane, Taxi Driver) et d’émissions de radio (notamment pour Orson Welles) ; •••» la Suite Delphique (pour Iphigénie en Tauride) d’André Jolivet, pour ondes Martenot et quelques instruments acoustiques ; •••» Smear pour deux ondes Martenot et orchestre, la première œuvre classique et joliment acide de Jonny Greenwood (de Radiohead) ; •••» Journeys Into The Sky pour six synthétiseurs et orchestre, une création de Will Gregory (du groupe – attention avant de cliquer – Goldfrapp), partie expérimentale de son prochain opéra (qui sera diffusé en mars la BBC) consacré au vol stratosphérique d’Auguste Piccard en 1931 ; •••»  Luening*/Ussachevsky* – A Poem in Cycles and Bells & Other Music For Tape Recorder, composée en 1957 par Otto Luening et Vladimir Ussachevsky et adaptée pour bande magnétique et orchestre ; •••» Spellbound Concerto pour thérémine et orchestre de Miklós Rózsa pour le film éponyme de Hitchcock (en français : La maison du docteur Edwardes) ; •••» une orchestration de The Model pour thérémine et orchestre de (attention avant de cliquer…) Kraftwerk par la compositrice Ann Dudley, membre fondatrice du groupe Art of Noise et lauréate d’un Oscar pour la musique de Full Monty. Prévoyez de délicieux frissons dans le dos. (Source)

[224] Pollini et Chopin. Le 7 décembre, le (très grand) pianiste Maurizio Pollini donnera un récital d’œuvres de Chopin à la salle Pleyel. Au programme, Prélude op.45, Vingt-quatre Préludes op. 28, Deux Nocturnes op. 27, Scherzo n° 1 op. 20 et huit des Douze Etudes op. 25. À l’occasion de son soixantième anniversaire, en 2002, Deutsche Grammophon avait sorti un coffret de douze CD plus un bonus couvrant la carrière de Pollini et la variété des genres qu’il a maîtrisés : classique, romantique et contemporaine. (Source)

[225] Deux nouvelles sonates de Vivaldi. Deux sonates inconnues de Vivaldi, ainsi que des œuvres de Haendel, Corelli et Purcell, ont été découvertes dans une collection de manuscrits que possédait un homme d’affaires et acquise par le Foundling Museum de Londres en 2008. Selon des musicologues, il semblerait que ces sonates aient été composées pour des musiciens amateurs. L’une d’elle, en do majeur, sera créée à Liverpool demain dimanche. Le musée en question faisait partie jusqu’en 1998 de la fondation pour enfants Coram, elle-même héritière du Foundling Hospital, institution caritative destinée à recueillir les enfants abandonnés (« foundling » signifie enfant trouvé). Cet hôpital avait été créé en 1739 par un mécène, Thomas Coram, avec, entre autres, l’aide du compositeur Georg Frideric Handel, grâce à des concerts de ses œuvres. Le musée actuel est constitué de deux fonds, l’un concernant l’histoire de l’hôpital, et l’autre consacré à la vie et à l’œuvre de Handel ; c’est la plus grande collection privée concernant Handel. Elle comprend des manuscrits, des livres, des médailles et des œuvres d’art du XVIIIe au XXe siècles. (Source)

[226] Deux pianistes primés aux Pays Bas. Ralph van Raat est le lauréat du Prijs Klassik établi par NTR (service de radiodiffusion et télévision publique spécialisé dans l’information, l’éducation et la culture), qui lui a été décerné pour son plaidoyer sur le thème « composer de la musique aux Pays Bas ». Grand défenseur de la musique contemporaine (plusieurs disques, dont un très récent, chez Naxos), il avait décroché en 2005 le prix Elisabeth Everts, récompensant un musicien prometteur en début de carrière. Ce prix vient d’être décerné à Hannes Minaar (26 ans), lui-même déjà lauréat de plusieurs concours, dont celui de la Reine Elisabeth de Belgique. (Source)

[227] Un jeune chef québécois qui monte, qui monte… Jean-Michaël Lavoie a 28 ans : il a déjà à son actif le poste de chef-assistant de l’Ensemble inter­con­tem­porain ainsi qu’une résidence au Los Angeles Philharmonic en tant que Dudamel Conducting Fellow (Dudamel, faut-il le rappeler, est le très jeune chef de cet orchestre – à peine plus âgé que Lavoie) et va codiriger la création de Quartett, opéra de Luca Francesconi à la Scala de Milan en avril prochain. (Source)

[228] Proust et la soprano sacrifiée. Dans un article intéressant du magazine en ligne Slate.fr, le critique musical Jean-Marc Proust analyse le rôle archétypal de la femme dans l’opéra classique : glorifiée puis sacrifiée, de préférence de façon spectaculaire. « L’opéra aime le gore », écrit-il, exemples (toujours sexués et souvent sexuels) à l’appui. De L’Opéra ou la défaite des femmes écrit en 1979 par la philosophe Catherine Clément au Les femmes et l’opéra d’Hélène Seydoux en 2004, le dépoussiérage de l’opéra s’est accompagné d’une certaine féminisation et d’une libération de la féminité dans la mise en scène et dans l’interprétation du répertoire.

[229] Joyeux anniversaire ! L’Orchestre philharmonique de Liège fête ses cinquante ans en sortant un coffret de 50 CD à 50 €, rassemblant tous les enregistrements parus dans le commerce, dont la plupart ne sont plus disponibles. Œuvres de compositeurs belges, évidemment (à l’instar de César Frank ou de Henri Vieuxtemps), raretés (Léo Ferré en chef d’orchestre), solistes reconnus (Thierry Eschaich, Anne Gastinel…). Fondé en 1960 par Fernand Quinet, directeur du Conservatoire de Liège, l’orchestre aura été dirigé par Manuel Rosenthal (succédant à Quinet), Paul Strauss puis Pierre Bartholomée, et depuis 2001 par Louis Langrée, Pascal Rophé et François-Xavier Roth. (Source)

19 novembre 2010

Alla breve. XXXI.

Classé dans : Actualité, Alla breve, Musique — Miklos @ 2:01

[217] Amour, musique, folie. C’est ainsi qu’un journal people pourrait résumer, de façon plutôt réductrice, la vie de Robert Schumann, né en 1810 (et décédé depuis, pour ceux qui le demanderaient). À l’occasion de son bicentenaire, le nouveau centre culturel londonien, Kings Place (« musique, arts, restaurant »), avait organisé une série de concerts et de conférences. Dans une vidéo réalisée à la suite de l’événement deux acteurs et trois musiciens discutent de la musique de Schumann, de ses relations passionnelles avec sa femme Clara et avec Brahms, et de sa descente dans la folie. On y entend des extraits de deux Fantasiestücke et du Quatuor pour piano. Dans une autre vidéo, la pianiste Lucy Parham, qui avait organisé cet événement, parle de son attachement pour la musique de Schumann dans laquelle elle s’est spécialisée et y interprète Das Abends et l’Intermezzo en mi bémol majeur.

[218] Mahler devenu végétarien et bio grâce à Wagner ? Dans une lettre à un ami datée de 1880, Mahler l’informe qu’il est devenu végétarien depuis un moins, et que ce régime a un effet moral énorme. Il lui recommande de manger du pain complet fait à partir de blé poussant sur du compost et moulu à la pierre. Avait-il lu Wagner ? Cette année-là, ce dernier aurait publié un essai sur la nocivité de la viande, à la suite de sa lecture d’« un pamphlet sur l’alimentation végétarienne du français J. A. Gleizis » (source). Il s’agit en fait de Jean-Antoine Gleïzès (1773-1843), auteur (entre autres) de Thalysie, ou Système physique et intellectuel de la nature, publié en 1821, et, en 1841, de Thalysie, ou la nouvelle existence, qui visait à établir les bases scientifiques du « végétalisme ». Wagner possédait dans sa bibliothèque une traduction allemande, Thalysia oder Das Heil der Menschheit, publiée à Berlin en 1872. Persuadé de son propre génie, aurait-il été convaincu de l’argument-choc de Gleïzès, qui écrivait : « Je ferai voir que des hommes, se nourrissant d’animaux, ont pu avoir, à l’aide de quelques circonstances, des portions de raison et de génie ; mais qu’ils n’ont point eu et n’ont pu avoir la raison et le génie absolu ; ou, en d’autres termes, que les peuples carnivores, quelles que soient leur application et leur persévérance dans les lettres, dans les sciences et dans les arts, ne produisent et ne peuvent produire que des ouvrages incomplets, qu’il leur manque toujours la dernière pensée. » Les écrits de Wagner, dans ce domaine comme dans d’autres, auraient aussi influencé Hitler, mais ni lui ni Wagner n’ont été réellement végétariens, et quant à Mahler, il a rapidement cessé de l’être. Ce qu’on sait, c’est qu’il adorait les Marillenknoedel (quenelles aux abricots) que faisait sa sœur. (Source)

[229] Vers la fin du boycott officieux de Wagner en Israël ? Wagner n’était pas le seul antisémite, mais il l’était avec une virulence extrême, ce qui lui avait valu l’admiration particulière d’Hitler qui s’y référait dans bien des domaines, et l’importance donnée à ses œuvres dans l’univers nazi. De ce fait, sans que sa musique soit interdite en Israël, elle n’y avait presque jamais été jouée : on a un vague souvenir selon lequel un orchestre y avait subrepticement mis à son programme une des œuvres de Wagner, et quand il commença à la jouer, une partie du public, indignée, s’est levée, a quitté la salle et a pris leurs Volkswagen pour rentrer chez eux. Apocryphe ou non, cette histoire marque bien la difficulté de gérer des souvenirs si traumatisants. Quoi qu’il en soit, un avocat israélien vient de fonder – à Jérusalem, qui plus est – la Société wagnérienne israélienne, qui vise à « promouvoir la production d’œuvres de Wagner, notamment à l’Opéra de Tel-Aviv, afin de mettre fin au boycottage d’un des plus important compositeurs du 19e siècle. » Simultanément, on vient d’apprendre que l’Orchestre de chambre d’Israël a été invité à jouer à Bayreuth en 2011, non pas dans le cadre du festival (comme l’annonçaient certains journaux), mais à la même période. D’autre part, Katherina Wagner, l’arrière-petite-fille du compositeur et directrice du festival de Bayreuth, a accepté il a quelques mois de permettre l’accès de chercheurs aux archives de sa famille, qui contiendraient 278 lettres de Hitler. (Source)

[220] Py (que pendre ?) à l’Opéra de Paris. L’opéra Mathis der Maler (Matthias [Grünewald] le peintre) de Paul Hindemith entre à l’Opéra dans la mise en scène d’Olivier Py. Selon le (très) critique du Monde, Py y fait figurer « nazis, maîtres-chiens et bergers allemands, chars d’artillerie… [une] tarte à la crème dramaturgique » probablement inspirée par les circonstances de la composition de cet opéra et sa thématique : « Hindemith le compose en pleine période nazie – qu’il évoque avec un minimum de fard, par le filtre commode d’événements du temps passé : révolte/soumission du peuple et des puissants, querelles et idéaux religieux, autodafés, place de l’art et rôle de l’artiste dans la société… ». Mais le lecteur du roman Paradis de tristesse de Py ne peut oublier cette noirceur terrifiante, cette atmosphère étouffante de l’univers délirant qu’il y décrit, celui de la délectation absolue pour la domination-soumission violente et pour le sado-masochisme sanglant vécus dans une exaltation religieuse, et d’établir un rapprochement avec le choix de cette mise-en-scène, du moins telle que la décrit Renaud Machart. Tout en reconnaissant à Py une « extraordinaire inventivité », il n’a pas vraiment aimé non plus l’œuvre (« épais[se] et interminable… pontifiante ») ni la distribution (« ténors assez ingrats de voix… chanteuse à la voix défaite…) ; il n’y aura que le chef, Christoph Eschenbach, qui trouvera grâce à ses yeux (ou plutôt ses oreilles) : « après un premier tableau un rien instable et imprécis (on n’en attendait pas moins de Machart), l’ancien directeur musical de l’Orchestre de Paris s’est révélé un interprète idéal de Mathis ». (Source)

[221] Et après les Beatles et les Monkees... Pour ceux qui les auraient oubliés, les Monkees étaient un group de rock américain qui avait atteint la célébrité dans les années 1966-1968 (avec un revival en 1986). Quant aux Beatles, on ne vous fera pas l’insulte de vous rappeler qui ils étaient. Leur digne successeur est Susan Boyle, dont le second album, The Gift (vous devez tous avoir son premier, I Dreamed a Dream – aucun rapport avec Martin Luther King), qui vient à peine de sortir, a atteint la première place des ventes d’albums simultanément aux USA et au Royaume Uni, phénomène assez rare : selon Sony, il n’y aurait eu que les Beatles et les Monkees à avoir réussi ce tour de force. Neil McCormick se serait-il trompé ? Peut-être pas : il se peut que ce qu’il ait détecté n’ait pas été un épiphénomène, mais le début d’une tendance, le public, jeune ou non, continuant à se détourner des « icônes siliconées et botoxées », à la recherche d’une musique plus… lénifiante et de non-stars : Boyle en est l’incarnation même, elle n’a pas non plus l’étoffe des Beatles. En d’autres mots, elle serait la star des non-stars, en quelque sorte. (Source)

[222] Des millions de musiciens… …ça ne fait pas encore forcément un bon orchestre. Lors de l’émission de télévision chinoise Incroyable talent, c’est le pianiste Liu Wei, âgé de 23 ans, qui a remporté le concours. Petit détail : il a perdu ses mains à l’âge de 10 ans dans un accident et joue avec ses pieds. La Chine possède un nombre phénoménal de jeunes– estimée à 60 millions – qui étudient la musique avec acharnement, et surtout le piano et le violon, du fait du surinvestissement de leurs parents dans leur unique enfant (conséquence de la politique démographique chinoise). Travaillant de nombreuses heures en isolation, ils n’interagissent pas avec d’autres musiciens. En conséquence, le pays n’est pas capable de produire des orchestres de jeunes équilibrés et de qualité malgré cette pléthore, contrairement à ce que réalise par exemple le Venezuela avec sa politique volontariste et son célèbre réseau El Sistema dont nous avions déjà parlé à l’occasion de la nomination de Gustavo Dudamel à la tête de l’Orchestre philharmonique de Los Angeles. (Source)

15 novembre 2010

Henryk Mikołaj Górecki (6/12/1933-12/11/2010)

Classé dans : Actualité, Musique — Miklos @ 9:04

Si ce compositeur polonais, qui vient de décéder dans sa ville natale, est connu surtout pour ses œuvres minimalistes d’inspiration spirituelle et notamment sa Troisième symphonie dite Des chants plaintifs (on en avait parlé à l’occasion du Festival d’Edimbourg), son œuvre est bien plus complexe que ça, comme l’explique un article du Guardian.

14 novembre 2010

Alla breve. XXX.

Classé dans : Actualité, Alla breve, Musique — Miklos @ 22:42

[210] Et le lauréat du concours international Long-Thibaud est… la violoniste française Solenne Païdassi (26 ans), qui remporte le premier grand prix ainsi que le prix du public et le prix de l’orchestre philharmonique de Radio France. Le deuxième grand prix a été attribué au violoniste japonais Tatsuki Narita (18 ans), qui remporte aussi le prix de la Sacem pour la meilleure interprétation d’un œuvre contemporaine (de Klaus Huber). Ce concours, créé en 1943, a pour vocation de susciter de jeunes vocations et de couronner des artistes en devenir : parmi ses lauréats : Samson François (piano, premier prix 1943), Aldo Ciccolini (piano, premier prix 1949), Paul Badura-Skoda (piano, troisième prix 1949), Christian Ferras (violon, deuxième prix 1949), Philippe Entremont (piano, 5e prix 1951), Ivry Gitlis (violon, 5e prix 1951), Bruno-Leonardo Gelber (piano, 3e prix 1961)… (Source)

[211] Assistez à un concert du L.A. Phil. sans y être. Le célèbre orchestre a décidé de se mettre au virtuel, comme d’autres avant lui : il retransmettra en direct ses concerts, que l’on pourra écouter dans certaines salles de cinéma et de théâtre « comme si on y était ». En clair, entre le musicien et le spectateur, il y aura dorénavant le réseau. Comme à la radio, mais avec l’image. Ah oui, donc comme à la télé. (Source)

[212] Autour d’Alban Berg. Les pianistes Ieva Jokubaviciute et Vladimir Valjarevic et la mezzo-soprano Marjorie Elinor Dix viennent de sortir un disque comprenant la Sonate pour piano et les Quatre chants de Berg, suivies d’œuvres pour la plupart inédites, d’autres compositeurs inspirés par Berg d’une façon ou d’une autre : Scelsi, Ali-Zadeh, Finney, Gilboa et Apostel (lui-même élève et ami de Berg). (Source)

[213] Autour d’autres compositeurs modernes. Un coffret de quatre SACD, consacré au festival de musique moderne 2009 à Salzbourg, vient de sortir. Œuvres de grands classiques contemporains, à l’instar de György Kurtág, Steve Reich, György Ligeti ou John Cage, et de générations suivantes, tel Beat Furer. (Source)

[214] Plus américain qu’américain, Aaron Copland. Né il y a tout juste 110 ans (et décédé 90 ans plus tard), ce compositeur d’origine juive lituanienne a incarné une musique typiquement américaine (à l’instar de ce qu’a fait Offenbach pour la musique française) dans des œuvres orchestrales, des ballets, de la musique de scène et de film (qui lui a valu un Oscar). Difficile de ne pas aimer ses œuvres – Billy the Kid, El Salón Mexico et tant d’autres. On peut le voir et l’entendre diriger le grand Benny Goodman dans son Concerto pour clarinette. (Source)

[215] Lénine, Staline et la musique. La Russie des années 1900 était un des principaux foyers d’avant-gardisme musical (et pas uniquement musical, d’ailleurs), comme l’avait démontré la programmation musicale de la grande exposition Paris-Moscou du Centre Pompidou en 1979 : expressionnisme, exotisme, futurisme, constructivisme, polyrythmie, bruitisme… la découverte du sérialisme avant Schoenberg, l’invention de nouveaux systèmes d’organisation sonores. Et puis, tout ceci est balayé par la dictature du prolétariat qui impose son académisme réaliste-socialiste. Même aujourd’hui, le grand musée de la musique Glinka de Moscou ne consacre qu’une partie congrue de sa vaste exposition à cette période. La Cité de la musique propose une exposition consacrée à cette période. (Source)

[216] De la belle musique de rues : Bach, Haendel, Vivaldi… Jean-Bernard Michau vient de gagner le titre de lauréat du 17e concours des chanteurs de rue qui s’est tenu à Quintin (« petite cité de caractère de Bretagne ») Son parcours est particulièrement atypique, ainsi que la musique qu’il joue sur orgue mécanique : des partitions pour clavecin transcrites pour cet instrument… (Source)

Alla breve. XXIX.

Classé dans : Actualité, Alla breve, Musique — Miklos @ 0:00

[202] Et le lauréat du XVIe concours Chopin à Varsovie est… Юлиана Авдеева, en d’autres mots la russe Ioulianna Avdeeva, 25 ans. Près de la moitié des autres récompensés et finalistes étaient, eux aussi, russes. (Source)

[203] Musiciens ? attention à un virus ! Le compositeur et pianiste Roger Davidson a été l’objet d’une arnaque particulièrement coûteuse (estimée à 6-20 millions de $) et longue (6 ans). Ayant apporté son ordinateur, qui contenait ses compositions et qu’il craignait infecté par un virus, à une officine de réparation, il s’est vu dire par le couple de propriétaires qu’en fait l’ordinateur était contrôlé par un groupe de criminels au Honduras, et que lui et sa famille étaient aussi la cible d’un autre groupe, de prêtres polonais cherchant à renverser le gouvernement américain. Davidson, crédule et riche (ce qui ne justifie évidemment pas l’extorsion), leur a payé des sommes pharamineuses pour se protéger. C’est une autre plainte à l’égard de ce couple qui a mis la police sur leur piste. (Source)

[204] Musiciens ? attention à vos instruments ! Un musicien allemand, ayant oublié sur la banquette d’un train régional son violon italien fabriqué en 1748 et d’une valeur estimée à un million d’euros, a eu des vapeurs à tel point qu’il a dû être hospitalisé. Tout est bien qui finit bien : il a retrouvé son instrument (si ça n’avait pas été le cas, il aurait pu se tourner vers Magic Fiddle, une application permettant de « produire du son pareil à ceux des violons » sur iPhone) et son cœur a tenu le coup. L’article ne cite pas son nom (cela donnerait des idées à des personnes indélicates, comme celles qui ont extorqué ce pauvre Davidson, enfin pas si pauvre que ça, justement), ni le facteur du violon. Mais un quatuor munichois revenant d’une tournée en Asie, hmmmm ? Il ne doit pas y en avoir beaucoup. (Source)

[205] Départ de Catherine Massip. Pendant 23 ans à la tête du département de la musique de la Bibliothèque nationale de France, cette grande dame de la musique et de la musicologie, grande non seulement par ses titres, son savoir, ses publications et ses activités, mais par sa modestie souriante et son attention à tous quelle que soit sa position professionnelle ou sociale, vient de partir à la retraite. Elle est remplacée à ce poste par Elizabeth Giuliani, actuellement adjointe du directeur du département de l’audiovisuel de la BnF.

[206] « Danser à l’ombre de la potence » : le remarquable destin d’une femme extraordinaire. La pianiste tchèque Alice Herz-Sommer a 106 ans. Déportée, ainsi que son fils de 6 ans et son mari, au camp-ghetto de Theresienstadt, elle passe encore trois heures au piano, chaque jour. La musique (et ses amis) est tout, pour elle. Et elle n’a aucune once de haine à l’égard de qui que ce soit. Un film documentaire sur sa vie sortira en 2011. (Source)

[207] L’orchestre de Détroit à l’étroit. L’un des dix plus importants orchestres des Etats-Unis, le DSO a un tel déficit que sa direction veut baisser les salaires actuels d’un tiers et de 42% pour les nouveaux arrivants, éliminer les contrats à durée indéterminée, réduire la taille de l’orchestre et exiger de ses membres d’enseigner et de se produire en plus des concerts de saison. Le personnel fait grève depuis plus d’un mois et des concerts ont été annulés. La seule issue que les deux parties espèrent : un donateur, à l’instar de celui qui a sauvé l’orchestre de Cincinnati l’année dernière en lui accordant un cadeau de 85 millions de dollars. Il va sans dire que de plus petits orchestres américains, régionaux, sont dans une plus mauvaise passe encore, à l’instar du Westchester Philharmonic ou de l’orchestre de Louisville. (Source)

[208] Shirley Verrett. La grande mezzo-soprano (et parfois soprano) dramatique américaine est décédée à l’âge de 79 ans. « Voix, intelligence, musicalité, beauté, présence scénique », elle avait tout pour elle, selon Peter G. Davis, mais pourtant n’est jamais devenue une superstar à l’instar de Leontyne Price. (Source)

[209] Henryk Mikolaj Górecki. Connu pour ses œuvres minimalistes d’inspiration spirituelle et notamment sa Troisième symphonie dite Des chants plaintifs (on en avait parlé à l’occasion du Festival d’Edimbourg), le compositeur polonais vient de décéder dans sa ville natale à l’âge de 76 ans. (Source)

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