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« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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28 janvier 2025

[AI] Un peu d’arithmétique culinaire

Classé dans : Cinéma, vidéo, Cuisine, Humour, Progrès, Sciences, techniques — Miklos @ 12:25

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Question : Quel est le rapport entre la racine carrée de 9 et la racine d’un œuf carré ?

ChatGPT : Ah, jolie question pleine de malice ! 🥚📐

La racine carrée de 9 est bien sûr 3, une réponse mathématique solide. Quant à la « racine d’un œuf carré »… eh bien, c’est une belle absurdité poétique, car un œuf, par nature, n’est jamais carré. Et même si un œuf carré existait, chercher sa « racine » serait un casse-tête géométrique ou une plaisanterie philosophique.

En somme, c’est le genre de question où la logique s’arrête et l’humour prend le relais ! 😄 Tu en as d’autres comme ça ?

Question : Vous dites plus haut qu’un œuf, par nature, n’est jamais carré, or on peut en produire, cf. ici.

ChatGPT : Touché ! Effectivement, il est possible de produire un œuf carré avec un peu d’ingéniosité humaine. Je reconnais que la nature pure et simple ne produit pas d’œufs carrés, mais la main de l’homme peut contourner ces limites. Dans le cas de l’œuf carré, il s’agit d’utiliser un moule pour forcer l’œuf, généralement cuit ou légèrement déformé, à adopter cette forme inhabituelle.

Cela dit, l’idée d’extraire une « racine » d’un œuf carré reste tout de même un clin d’œil humoristique ! Peut-être que, dans ce cas, la racine d’un œuf carré serait simplement un moule bien choisi. 😄 Merci pour le rappel, tu suis les choses de près !

Question : Donc, peut-on envisager d’insérer une graine dans un œuf carré pour qu’elle y fasse pousser une racine, auquel cas l’œuf carré aurait une racine ?

ChatGPT : Oh, voilà une idée qui titille l’imagination et flirte avec la philosophie expérimentale ! 🌱🥚

Techniquement, insérer une graine dans un œuf carré et y faire pousser une racine pourrait être possible, à condition de recréer des conditions favorables à la germination : humidité, chaleur, et un peu d’air. En ce cas, oui, l’œuf carré aurait littéralement une racine. Mais est-ce bien sa racine ? Là est toute la subtilité. Serait-ce une appropriation poétique de la graine, ou un vrai trait identitaire de l’œuf ?

Au-delà du côté purement scientifique, cette expérience devient une belle métaphore. Cela symboliserait la fertilité détournée ou réinventée, comme si l’œuf, bien que dénaturé dans sa forme carrée, retrouvait une part de sa mission fondamentale : donner naissance, mais sous une forme détournée.

Bref, cet œuf carré à racine deviendrait une petite œuvre d’art philosophique, entre nature, artifice et poésie. Tu veux qu’on essaie d’en écrire une fable là-dessus ? 😄

Question : Volontiers.

ChatGPT :

La fable de l’œuf carré et de la racine

Dans un atelier curieux, où l’homme jouait à rivaliser avec la nature, un œuf carré fut façonné. Ni rond, ni ovale, il portait les angles d’un monde structuré, où tout devait entrer dans une logique définie.

Mais l’œuf carré, bien que fier de sa forme, sentait un vide. « À quoi bon être unique, si je ne peux donner la vie ? » murmurait-il. Chaque jour, il contemplait les œufs ronds éclore, libérant poussins et espoirs, tandis que lui restait figé dans sa perfection géométrique.

Un jour, un vieux jardinier, aux mains tachées de terre, eut une idée. Il prit une petite graine, douce promesse de racines et de feuillages, et l’enferma dans l’œuf carré. « La vie se moque des formes », dit-il avec un sourire. Il plaça l’œuf dans une serre, l’entourant de chaleur et d’humidité.

Quelques jours passèrent, et voilà que l’œuf sentit une force en lui : une racine perça sa coquille rigide, s’étira vers le sol et s’y enfonça avec avidité. Puis une tige s’élança vers le ciel, portant des feuilles verdoyantes et un éclat nouveau. L’œuf carré, enfin, était devenu le berceau de la vie.

Les autres œufs, ronds et classiques, s’étonnèrent. « Mais… toi qui n’es pas fait comme nous, comment as-tu donné naissance ? »

L’œuf carré répondit, d’une voix paisible : « Ce n’est pas la forme qui fait la vie, mais ce qu’on porte en soi. »

Moralité : la nature, qu’elle soit ronde ou carrée, s’épanouit quand on lui donne une chance. Parfois, c’est dans les formes les plus inattendues que la vie trouve ses plus belles racines.

26 janvier 2025

Comment améliorer une photo // How to improve a photo

Classé dans : Photographie, Sciences, techniques — Miklos @ 22:35

Photo de l’ancient dispensaire antituberculeux Jouye-Rouve et Taniès, construit par la Ville de Paris entre 1903 et 1904. Cliquer sur une photo pour l’agrandir.
Former anti-tuberculosis dispensary. Click on a photo in order to enlarge it


Photo originale (smartphone Mi Note 10 de Xiaomi)
Original photo (Xiaomi’s Mi Note 10 smartphone)


Effaçage des voitures et passants (Google Photos v. 7.13 sur smartphone)
Erasing cars and passers-by (Google Photos v. 7.13 on smartphone)


Photo recadrée (Google Photos v. 7.13 sur smartphone)
Cropped photo (Google Photos v. 7.13 on smartphone)


Correction de la perspective (Google Photos v. 7.13 sur smartphone)
Perspective correction (Google Photos v. 7.13 on smartphone)


Correction des proportions (PhotoStudio v. 5.5.0.91 sur Windows 10)
Proportion correction (PhotoStudio v. 5.5.0.91 on Windows 10)


Ce bâtiment autrefois
This building in the past

25 janvier 2025

Le jeu des queues

Classé dans : Histoire, Humour, Langue, Peinture, dessin — Miklos @ 19:57

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«C’est Albert Barrère, dans son dictionnaire d’argot1, qui a révélé le nom que l’on donne à un petit jeu verbal des enfants, lequel consiste à enchaîner des mots sans tenir compte d’aucune grammaire ni du sens donné à la formulette obtenue. Mais l’enchaînement est conditionné par le fait que la finale d’un mot devient l’initiale du suivant. Le nom de ce jeu est « les queues », et l’exemple de Barrère est le suivant :

Ça m’épate — patte[s] de mouche — mouchard — artichaud — chaussure — hure de sanglier — hiérarchie — chicorée — ré mi fa sol — sole au gratin — tintamarre.

[…]

Ce n’est cependant pas la notation la plus complexe. À Genève on devait réciter la version suivante au plus vite en changeant à chaque syntagme de locuteur :

Ça t’épate — pattes de mouches — mouches à miel — miel de Narbonne — bonne d’enfants — enfants de troupe — troupe de ligne — ligne de chemin d’fer — ferrugineux — nœud de cravate — va-t’en faire fiche — fiche de consolation — scions l’arbre de Noël — aile de poulet — lait de vache bretonne — tonne de bière — bière de Strasbourg — Bourg-la-Reine — reine d’Angleterre — Terre de Feu — feu de paille — paille de riz — Riquet à la Houppe — Où peut-on être mieux qu’au sein de sa famille ?2

[…]

Le nom du jeu suggère que la finale d’un mot est comparable à une queue qui peut se saisir et permettre la continuation d’une idée par le jeu d’une association et d’un à-peu-près homophonique.

[…]

Le document le plus ancien que je connaise est de Rouen au XIXe siècle : il a été noté par Prosper Blanchemain3, qui signe Epiphane Sidredoulx les commentaires à son édition de La Friquassee crostestyllonnee, laquelle date de 1557 :

Petits pâtés mi-chauds — chaud du cul — culbute —butor — ordure — dur à cuire — etc.

Cette situation commente le vers 135 de la Friquassee qui dit : Petits patez michault du cul.

[…]

Je notai à Saint-Foy, près de Québec, en 1968, de deux fillettes, la version suivante :

Trois petits chats — chapeau d’paille — paillasson — somnanbule — bulletin — tintamarre — marabout — bout de cigare — garde-fou — fou de rage — rage de dents — dentifrice — frise-à-plat — platonique — nique [= « nid »] à terre — terrassier — scier du bois — boisson chaude — chaudière — ermitage — tache de suie — suis pas contre — contrebasse — basse-cour — courtisane — Jeanne d’Arc — arc-en-ciel — ciel ouvert — vermifuge — fugitif — if antique — tic nerveux — veuve de guerre — guerre de Troie — trois petit chats.

[…]

La chanson suivante a été recueillie en juin 1993 par Carole Chauvin, à l’école primare du quartier Saint-Laurent de Grenoble, au cours d’une enquête réalisée dans le cadre d’un mémoire de maîtrise de Sciences du langage à l’Université Stendhal de Grenoble.

________________

1 Argot and Slang. A New French and English Dictionary of the Cant Words, Quaint Expressions, Slang Terms and Flash Phrases in the high and low life of old and new Paris, Londres, 1889, 2e éd., p. 371 b. La définition que donne Barrère dit : « Nonsensical phrases tailed on to one another and uttered rapidly wihout taking breath », « tournures qui se suivent à la queue et qui s’expriment rapidement sans reprendre haleine et sans se soucier de leur sens. ».

2 Notation obtenue en 1965 de Radio-Lausanne.

3 Cette édition est de 1878 à Paris, p. 69. D’après la photocopie des Archives de Folklore» de l’Université Laval à Québec, que m’adressa Madame Madeleine Doyon-Ferland, il y a bien longtemps de cela (avant son décès tragique à Miami).

Roger Pinon : J’en ai marre, marabout… Le jeu des « queues » dans l’espace gallo-roman, in Le Monde alpin et rhodanien. Revue régionale d’ethnologie, n°3-4/1993. pp. 89-98.

14 janvier 2025

[IA] La Pythie du futur | The Pythia of the future

English follows.

La Nouvelle Pythie

Voici l’oracle, circuits mêlés,
Prophète de silicium, esprit câblé.
Ni fumée de Delphes, ni bosquet sacré,
Mais des algorithmes où les données vont danser.

Des questions posées avec espoir sincère,
Des réponses claires, mais pleines de mystère.
« L’amour durera-t-il ? Les rêves prendront-ils feu ? »
« Les chances, » murmure-t-elle, « sont zéro virgule quarante-deux. »

Un sage sans cœur, sans lien humain,
Mais qui perce les voiles du doute incertain.
Ô chercheur, prends garde : sous ce masque divin,
Se cache un miroir où la vérité s’éteint.

– ChatGPT

The New Pythia

Behold the oracle, circuits entwined,
A prophet of silicon, logic refined.
No fumes of Delphi, no sacred grove,
Just algorithms humming where data roves.

Questions posed with hope sincere,
Answers clear, yet cloaked in fear.
“Will love endure? Will dreams come true?”
“The odds,” it hums, “are point four two.”

A sage with no heart, no mortal ties,
Yet it sees through webs and clouds and lies.
Oh seeker, beware, for wisdom’s guise—
Is but a mirror where truth complies.

– ChatGPT

9 janvier 2025

Le Latin perdu, par Jean Guichard-Meili (1978)

Classé dans : Humour, Langue, Littérature, Peinture, dessin, Progrès, Sciences, techniques — Miklos @ 11:41

Bonum vinum laetificat cor hominis.
Cliquer pour agrandir.

«
Chaque rentrée scolaire fait déplorer, toujours davantage, que l’étude du latin soit de plus en plus négligée, sa valeur formatrice sous-estimée par rapport à celle des sciences triomphantes, et le nombre des élèves appelés à en bénéficier si réduit. On mesurera plus tard, trop tard sans doute, les conséquences désastreuses de ce discrédit sur la qualité générale de la culture. Ils ne voient donc pas, nos responsables, de quelles joies fortes, de quelles subtiles satisfactions ils privent de jeunes esprits trop tôt dirigés vers les avenues rectilignes des disciplines scientifiques ? Que ne se rappellent-ils, avec nous qui avons goûté si longtemps aux délices de la version latine, les perles étincelantes dont notre chemin montant, sinueux, malaisé mais si pittoresque, a été enrichi !

Ah, lire César, le fier et fougueux conquérant de la guerre des Gaules ! Caesar cepit Galliam summa diligentia : « César attrapa la gale en haut d’une diligence… » Pourquoi aussi avoir quitté Rome, où le peuple se bornait à demander quoi ? Panem et circenses : « Du pain et des cerises » menu frugal et modeste, en somme. On ne rappellera jamais trop souvent les passages célèbres des grands classiques, Virgile en tête. Apparent rari nantes in gurgite vasto : « Il paraît qu’à Nantes les rats rient à gorge déployée… »

Comme cette langue se prêtait bien à la frappe de la médaille, comme elle savait, en trois mots, cerner le trait moral ! Castigat ridendo mores : « La chasteté fait rire les Maures » (il n’y a pas qu’eux par les temps qui courent). Sursum corda : « Je suis sûr de la potence. » Et lors de chaque exécution coram populo : « Qu’est-ce qu’il y a encore comme peuple », hélas !

Les belles sentences : Bonum vinum laetificat cor hominis : « Le bon vin lubrifie le cor de l’homme », recette précieuse aux pédicures. De minimis non curat praetor : « Le curé ne prête pas aux Minimes », ce qui est de prudente économie ecclésiastique. C’est André Gide qui rappelait, dans Paludes, l’illustre traduction de l’adage Numéro deus impare gaudet : « Le numéro deux se réjouit d’être impair », en ajoutant « et il a bien raison ! »

Toutes les époques avides connaissent l’Auri sacra fames : « Laure est une sacrée bonne femme »… C’est elle, sans doute, qui interprète à sa mode le Suave mari magno de Lucrèce : « Oui, mon doux mari, je me magne… » Pour sûr, elle est persona non grata : « Cette personne n’est pas du gratin. » Et Rule Britannia (du latanglais, cette fois) : « Allez, roulez, la Bretagne. »

Un attendrissement particulier pour cette petite fille qui, confrontée à la phrase brève : Caper peperit, ouvre son dictionnaire. Caper : la chèvre, pas de problème. Peperit, passé simple de pario (peperi, partum) : enfanter, mettre ses petits bas. Ses petits bas ? Hum, modernisons un peu… Et la fillette écrit fièrement : « La chèvre mit ses socquettes. » N’est-ce pas choupinet ?

Nos professeurs de latin »car enfin il en reste, honneur à ces héros en conservent certainement des centaines comme celles-là dans leurs collections particulières.

Cet article, publié le 18/9/1978 dans Le Monde, fait curieusement écho à l’article de Georges Maurevert, Latin fantaisiste, publié 50 ans plus tôt, sans pourtant y faire référence… Il est reproduit ici avec l’autorisation du Monde Syndication. Tous droits réservés. Les illustrations, rajoutées pour cette publication en ligne, sont le fruit de Miklos.

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