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« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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15 juillet 2014

Paris, Île de France en Chine

Classé dans : Actualité, Langue, Médias — Miklos @ 10:58


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Notre Tour Eiffel nationale, on le sait, n’a de cesse de faire des émules – ou plutôt des copistes – qui en font des répliques de toute taille, depuis celles de quelques centimètres de haut que l’on peut difficilement résister à acheter aux nuées de vendeurs à la sauvette qui pullulent entre les pieds de l’original jusqu’aux plus grandes, le pompon revenant à celle de Las Vegas (50 % de la taille de la vieille dame).

Mais on ne peut passer sous silence une de celles que les Chinois ont construites en Chine, bien qu’elle ne fasse que 108 m. de haut, puisqu’ils l’ont érigée dans un quartier de maisons haussmanniennes. La source de cette information (intéressantes photos à l’appui) qui date de 2012 indique que ce « projet urbain » s’intitule Tiandu Cheng dans la province du Zhejiang.

On sera ravi d’apprendre que les Chinois ont probablement changé depuis et le nom de la ville et celui de la province en « Paris, Île de France », en parcourant le fil des informations quotidiennes de Google de ce matin, qui situe « Paris, Île de France » aussi en Chine.

Les Chinois font fort : s’il y a plus d’une vingtaine de villes nommées Paris aux États-Unis (dont deux rien qu’au Wisconsin) – sans parler des variantes New Paris (trois), South Paris, West Paris et j’en passe –, on n’a pas encore trouvé d’Île de France en Amérique.

Il y a fort à parier que cela ne saurait tarder.

9 juin 2014

Un bon coup, pour le coup

Classé dans : Langue, Littérature — Miklos @ 19:53


(Source)

« Les négociants, les gens d’affaires disent qu’ils ont fait un bon coup, un beau coup, lorsqu’ils ont fait un marché, une négociation dont ils retirent beaucoup d’avantage ou de profit. Des voleurs disent qu’ils ont fait un bon coup, quand ils ont dévalisé des voyageurs, c’est-à-dire, un coup qui leur est profitable. » (Charles Nodier et Victor Vergé, Dictionnaire universel de la langue française, 6e éd., 1833.)

Contrairement à ce qu’en pensent certains, la locution du coup n’est ni un néologisme, ni un barbarisme. Le Trésor de la langue française en donne ainsi le sens et un exemple d’un auteur qui n’est ni des moindres ni né de la dernière pluie :

Du coup. À la suite de quoi :

… les hasards d’une conversation avec sa mère l’amenèrent à en faire l’aveu, et le lièrent ainsi à une fantaisie de gosse, qu’il eût si facilement abandonnée, qu’il était du coup dans l’obligation de poursuivre. Aragon, Les Beaux quartiers,1936, p. 239.

et permet de ne pas le confondre avec :

Du même coup. En conséquence de quoi. Synon. par voie de conséquence :

Lorsque toutes mes créatures vivront, que j’aurai donné tout mon fruit, qu’il ne restera plus que de me répéter, alors peut-être, s’il est temps encore, songerai-je sérieusement à désarmer le dieu impitoyable de M. Singlin et de la tante Sainte-Thècle, et éviterai-je du même coup d’écrire, à la fin de ma carrière, d’aussi mauvaises tragédies que celles du vieillard Corneille. Mauriac, La Vie de Jean Racine,1928, p. 64.

ni avec Du premier coup, D’un coup, Pour un (ou le) coup, etc. Un peu casse-cou, mais on s’y retrouve finalement.

Pour en revenir à Du coup, on en a trouvé aussi des usages un siècle avant Aragon, dans La Nuit du meurtre, drame en cinq actes d’Albert et de Labrousse, représenté pour la première fois à Paris sur [sic] le théâtre de l’Ambigu-Comique, le 3 août 1839. Mathurin (un jeune paysan) dit à Thérèse (paysanne, nièce de Jérôme, ce dernier intendant de Launay, un riche propriétaire – vous suivez ?) :

Quand j’aperçois ça, je vous fais un bond de joie… que du coup… je vous envoie cet animal de sergent… les quatre fers en l’air, au milieu de la salle.

Si vous vous demandez ce qui l’a fait bondir à ce point, eh bien c’est d’avoir tiré un bon numéro à une loterie destinée à sélectionner les jeunes conscrits pour un service de huit ans dans la milice, tandis qu’il envisageait d’épouser Thérèse sur le coup.

Sauf que le malheureux s’était trompé : il croyait avoir tiré le numéro 61, or c’était le 19, et la limite étant 20… Un mauvais coup, pour le coup !

1 juin 2014

Vues d’Irlande : Clonmacnoise

Classé dans : Histoire, Lieux, Photographie, Religion — Miklos @ 19:30


Ruines de Clonmacnoise (autres photos ici).
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«Un site du début de l’ère chrétienne fondé par St. Ciarán au milieu du VIe siècle sur la berge Est de la Shannon. Ce site contient les ruines d’une cathédrale, sept églises (Xe – XIIIe siècles), deux tours rondes, trois croix hautes et »la plus grande collection de pierres tombales du début de l’ère chrétienne de l’Europe occidentale. (source)

«Le roi Diarmid, ou Dermott[Diarmait Uí Cerbaill, premier chrétien à être couronné monarque suprême d’Irlande.], monarque suprême de l’Irlande, descendait, comme Columba[Saint Columba of Iona, 521-597.], du grand roi Niall, mais par un autre fils que celui dont Columba était l’arrière-petit-fils. Il vivait, comme tous les princes de son pays, dans une union intime avec l’Église, personnifiée en Irlande, plus encore qu’ailleurs, par l’ordre monastique.

Exilé et persécuté dans sa jeunesse, il s’était réfugié dans une île entourée par un de ces lacs que traverse le principal fleuve de l’Irlande, le Shannon, et il s’y était lié avec un saint moine, nommé Kiéran[Saint Ciarán de Clonmacnoise, ~514-~544.], qui n’était autre que ce fils de charpentier, camarade jaloux de Columba à l’école monastique de Clonard et depuis son émule généreux en science et en austérité. Sur la rive encore solitaire du fleuve, les deux amis avaient projeté la fondation d’un monastère que la nature marécageuse du terrain obligerait de bâtir sur pilotis. « Plantez, » avait dit le moine au prince exilé, « plantez avec moi le premier pieu en mettant votre main sous la mienne ; et d’ici à peu cette main sera sur tous les hommes d’Érin. »

En effet, Diarmid fut bientôt appelé au trône. Il usa aussitôt de son pouvoir pour doter richement le sanctuaire que devait lui rendre doublement cher le souvenir de son exil et de son ami. Sous le nom de Clonmacnoise, ce sanctuaire devint l’un des grands monastères et l’une des écoles les plus fréquentées de l’Irlande et même de l’Occident ; il fut si riche en possessions et surtout en communautés, filles ou vassales de son autorité hiérarchique, qu’un dicton populaire renfermait la moitié de l’Irlande dans l’enceinte de Clonmacnoise. Cette enceinte contenait réellement jusqu’à neuf églises avec deux tours rondes ; les rois et les seigneurs des deux rives du Shannon y eurent, pendant mille ans, leur sépulture sur une hauteur verdoyante qui domine les bords marécageux du fleuve. On en voit encore les ruines tristement pittoresques, et parmi elles une croix de pierre où sont grossièrement sculptés le prince et l’abbé tenant à eux deux le pieu allongé par la pointe, dont la légende a consacré le souvenir.

Situé à sept milles au-dessous d’Athlone, sur la rive orientale du Shannon, Clonmacnoise fut plus tard érigé en évêché, qu’il ne faut pas confondre avec celui de Cloyne, quoique la désignation latine, Clonensis ou Cluanensis, soit identique. — Cette grande abbaye doit sa principale illustration à son abbé Tighernach (1088), historien très-souvent cité et dont les annales ont été publiées au tome II des Rerum Hibernicarum scriptores, d’O’Connor. Elle renfermait dans sa vaste enceinte une communauté de ces moines laïques, connus sous le nom de Culdees, dont nous aurons à parler plus loin, qui avait été créé par un frère convers du monastère, nommé Conn des pauvres à cause de sa grande charité. Plus tard, au douzième siècle, elle fut attribuée aux chanoines réguliers de Saint-Augustin, qui la conservèrent jusqu’à la spoliation générale. O’Curry, op. cit, p. 60. — Le Gentleman’s Magazine, de février 1864, »publie un plan de l’état actuel de Clonmacnoise, avec une notice fort intéressante de M. Parker sur l’architecture de ces ruines.

Comte de Montalembert, Les moines d’occident depuis Saint Benoît jusqu’à Saint Bernard. Tome III : Conversion de l’Angleterre par les moines. 1866.

18 mai 2014

Aux coureurs de tout poil, qu’ils soient amoureux de la petite reine ou des jeunes filles en fleurs

Classé dans : Histoire, Musique, Photographie, Progrès, Sciences, techniques — Miklos @ 18:47


À gauche, À bicyclette, de Laquer et Lorin (1947).
À droite, une « carriole irlandaise moderne » (1869). Autres photos ici.
Cliquer pour agrandir.

Il ne faut pas être amoureux de la petite reine pour avoir entendu Yves Montand interpréter La bicyclette (« Quand on partait de bon matin / Quand on partait sur les chemins… ») de Pierre Barouh (paroles) et de Francis Lai (musique), sortie en 1968. On aime ou non (moi, non : trop sirupeuse). Mais connaît-on À bicyclette (1947), « fox-marche bicyclo-bourvillien » de René Laquier (paroles) et Étienne Lorin (musique) que Bourvil interprète ici avec un côté si faussement naïf et, soit dit en passant, une excellente prononciation ? Si je connais – et j’adore – Bourvil, je n’avais jamais entendu parler ni de Laquier ni de Lorin (Wikipedia non plus, ce qui ne me console pas). La voici :

Il faut sans doute être plus qu’amoureux de la bicyclette pour en connaître les curieux modèles qui ont suivi son invention (on peut voir ici des illustrations d’époque), y compris un « vélocipède à vapeur » (terme quelque peu contradictoire, vélocipède désignant un appareil fonctionnant par le seul secours des pieds).

Ce précurseur de la mobylette a été inventé par un Français, Louis-Guillaume Perreaux, à qui l’on doit d’autres inventions originales : bateau sous-marin à air comprimé portant une roue à hélice (1840), machine à diviser la ligne droite et la ligne circulaire qui peut également être employée à tailler des roues dentées (1846), une machine propre à essayer les tissus de toutes sortes, dite machine dynamométrique (1851), le pulsographe ou kinésigraphe pour mesurer la force du pouls (1868), etc.

Ce nouveau mode de locomotion lui fit obtenir six récompenses à l’Exposition de 1867 (source). Comme il se doit, la Wikipedia en anglais attribue plutôt l’invention à l’Américain Sylvester H. Roper, qui l’aurait développé « sometime from 1867-1869 », tout en mentionnant les travaux de Perreaux à la même époque. Or si Perreaux avait déjà exposé son modèle en 1867, on se dit qu’il devait y avoir travaillé plus tôt et donc devrait bénéficier de l’antériorité.

Quant à l’ancêtre de la bicyclette, ce n’est pas le monocycle comme on pourrait le croire – lui-même sans doute dérivé du grand-bi (bicyclette avec immense roue avant et minuscule roue arrière) – mais la draisienne (aucun rapport avec la vespasienne, qui n’est d’ailleurs pas l’ancêtre de la Vespa), inventée par le baron allemand Karl von Drais au début du 19e siècle.

14 mai 2014

Life in Hell : les mystérieuses voies du métro en particulier et de la RATP en général

Classé dans : Actualité, Progrès, Société — Miklos @ 12:47


La révolte. (source)

Akbar apprécie l’existence des transports publics parisiens, mais pas ses ratées (paix !) voire ses lenteurs, surtout lorsqu’elles sont dues à celle de son administration.

Voici l’échange qu’il a depuis plus d’un an avec cette dernière.

Akbar à RATP, le 22/2/2013 :

Je prends souvent la ligne 3 vers Levallois, à partir de la station Arts-et-Métiers.

À plusieurs reprises, j’ai remarqué que sur ce quai il n’y avait aucun plan du métro/RER à Paris, tandis qu’il y a un plan des Bus à Paris, et deux plans RER en région parisienne.

Ce manque – tandis qu’il y a de la place pour en mettre – est non seulement surprenant, mais gênant, lorsqu’on veut vérifier le parcours à faire dans Paris avant de monter en rame, ou en changement.

J’espère que vous pourrez y remédier rapidement.

RATP à Akbar, le 27/2/2013 :

Votre courriel a retenu toute mon attention.

Je vous prie tout d’abord de bien vouloir accepter mes excuses pour le délai apporté à vous répondre.

Je transmet votre demande au responsable transport de la ligne concernée.

Je vous remercie de votre confiance.

RATP à Akbar, le 13/5/2013 :

Votre courriel a retenu toute mon attention.

Je vous prie tout d’abord de bien vouloir accepter mes excuses pour le délai apporté à vous répondre.

Je vous remercie pour votre signalement et l’intérêt que vous portez à notre entreprise, je transmet votre remontée d’information auprès du responsable transport de la ligne.

Akbar à RATP, le 4/7/2013 

1. Je vous ai écrit il y a bientôt cinq mois, le 22/2, pour signaler ce que je pense être un problème.

2. Le 27/2, Madame X. m’a écrit : « Je vous prie tout d’abord de bien vouloir accepter mes excuses pour le délai apporté à vous répondre. Je transmet votre demande au responsable transport de la ligne concernée. » Puis plus rien.

3. Le 13/5, Madame Y. m’a écrit quasiment la même formule avec la même faute d’orthographe : « Je vous prie tout d’abord de bien vouloir accepter mes excuses pour le délai apporté à vous répondre. Je vous remercie pour votre signalement et l’intérêt que vous portez à notre entreprise, je transmet votre remontée d’information auprès du responsable transport de la ligne. » Puis plus rien.

Je ne vous fais pas dire que cela frise le ridicule. Je vous serai reconnaissant de me répondre sur le fond dans les jours qui suivent, sinon je donnerai toute publicité à ce comportement que je trouve en sus finalement assez méprisant à l’égard d’une clientèle captive.

RATP à Akbar, 1/8/2013 :

Je reviens vers vous et vous prie de bien vouloir accepter toutes nos excuses pour les désagréments subis ainsi que pour cette réponse tardive.

Je comprends votre mécontentement et vous informe que j’ai transmis votre réclamation à mesdames X. et Y. afin que cette erreur d’orthographe ne se reproduise plus.

Quant à votre sollicitation de plan du métro/RER sur le quai de la station Arts-et-Métiers, une demande a été faite à nos services techniques. Nous sommes en attente de ce plan et dès livraison, le nécessaire sera fait. Ce délai long d’affichage s’explique par le déploiement des nouvelles lignes de tramway. En effet, le tracé de ces lignes doit figurer sur le plan du réseau ferré (métro/RER).

Je vous remercie pour votre témoignage, vous renouvelle mes excuses et vous prie de croire, Monsieur, à l’assurance de toute ma considération.

Akbar à RATP, le 10/5/2014 :

Cela fait bien plus d’un an que j’ai signalé le manque de plan de métro sur le quai de la ligne 3, station Arts-et-Métiers, direction Levallois, tandis qu’il y a deux plans de bus identiques sur ce même quai. Pendant plus de 6 mois vous m’avez répondu au compte goutte, et la dernière réponse, datant du 1/8/2013, il y a donc 7 mois, et rien n’a été fait.

Il est inconcevable que vous n’ayez pas installé un plan, même temporaire, en attendant vos nouveaux plans : la gène aux usagers est bien réelle. Je ne manquerai donc pas de donner toute publicité à ce que je considère comme un mépris de votre clientèle.

RATP à Akbar, le 14/5/2014 :

J’ai lu votre courriel ci-dessous avec attention. 

Je comprends votre sentiment et souhaite vous apporter ces précisions.

Dès que j’ai eu une connaissance de votre réclamation, j’en ai porté les termes à la connaissance du responsable d’exploitation de la ligne 11. Je vous informe que votre demande a été prise en compte et un des plans bus sera remplacé.

Soyez assuré que l’entreprise prête beaucoup d’attention aux observations de sa clientèle qui contribuent à l’amélioration de la qualité de service. Votre témoignage montre en tout cas que la RATP doit poursuivre les efforts engagés.

Akbar à RATP, le même jour

Merci, mais comme précisé dans mon courrier, il s’agit de la ligne 3 et pas de la ligne 11.

RATP à Akbar, le même jour

Je vous confirme qu’il s’agit bien du quai de la ligne 3. Toutefois, c’est la ligne 11 qui gère la station Art et Métiers. Il appartient au responsable d’exploitation de la ligne 11 de prendre les mesures nécessaires pour y remédier.

Un remède qui se fait attendre depuis si longtemps, ronchonne Akbar in peto, ça laisse le temps au patient de crever d’impatience.

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

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