Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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4 octobre 2009

Alla breve. XX.

Classé dans : Actualité, Alla breve, Musique — Miklos @ 12:03

[141] Le New York Philarmonic secoue un peu sa poussière. Alan Gilbert, son nouveau directeur musical, est loin d’être aussi charismatique que son jeune collègue Gustavo Dudamel de l’orchestre phiharmonique de Los Angeles, mais il s’est risqué à décoiffer (légèrement) un public quelque peu conservateur en incluant dans son premier concert les Poèmes pour Mi d’Olivier Messiaen (avec Renée Flemming) et EXPO du finlandais Magnus Lindberg. En guise de dessert d’un programme qui aurait pu paraître indigeste à certains, la Symphonie fantastique de Berlioz, mais le critique n’a pas trouvé le concert si fantastique que ça. (Source)

[142] De la musique japonaise qui décoiffe. Le compositeur Hifumi Shimoyama, contemporain de Toru Takemitsu (tous deux nés en 1930), s’inspire comme lui des traditions musicales japonaises, mais très différemment : lors d’un récent concert de ses œuvres, la guitare acoustique servait d’instrument de percussion, le pianiste plongeait dans le piano pour en pincer les cordes à l’instar d’une harpe, et un archet de violon servait de mailloche du xylophone. Mais Ichigo no tsukikage pour violoncelle, koto et bande magnétique démontre, s’il en est besoin, qu’il est capable de subtilité et de délicatesse. Écoutez Zona pour seize instruments à cordes, enregistrement live de l’orchestre de chambre Amadeus dirigé par Freddy Cadena. (Source)

[143] La musique qui tue. Tout amateur des romans de Gaston Leroux connaît leur musique si particulière qui « déchire le cœur et les oreilles ». Celle de maintenant, si elle s’adresse moins au cœur, peut en exploser les oreilles. Il existe des protections alternatives à la fuite : des bouchons de tous genres qu’on se vrille dans les oreilles et qui étouffent plus ou moins bien les sons, certains mieux que d’autres. Mais lorsqu’il s’agit d’une musique qu’on aimerait entendre, mais moins fort ? Le magazine Guitar Part s’est penché sur des produits dits passifs (sans électronique) destinés aux oreilles musicales et les testés sur les plans du rendu sonore, du confort et de l’esthétique. En sus, l’article fournit un tableau qui rappelle les précautions à prendre (réduction du temps d’exposition) lors de l’exposition à des niveaux croissants de bruit) et un schéma de l’anatomie de l’oreille.

[144] Décès d’un compositeur, Leon Kirchner (1919-2009). Né à Brooklyn d’un dentellier originaire d’Odessa, ce compositeur, pianiste, chef d’orchestre et pédagogue avait étudié avec Schoenberg à Los Angeles, sans pour autant adopter aveuglément le système dodécaphonique. Influencée d’abord par Bartók et Stravinsky puis par la seconde école de Vienne (Schoenberg, Berg, Webern), son œuvre intègre aussi des éléments jazzy et lyriques et plus tardivement de l’électronique. Son Quartet No. 3 lui vaut le prix Pulitzer pour la musique en 1967 (en 2009, c’est Double Sextet de Steve Reich qui a décroché cette distinction). En 1993, il est finaliste (mais non lauréat – ce sera Trombone Concerto de Christopher Rouse) du même prix pour son Music for Cello and Orchestra. (Source)

[145] Naissance d’une compositrice, Emily Howell (2003-). Conçue par David Cope, professeur d’informatique et de musique, c’est un programme informatique destiné à composer de la musique (dont l’anatomie est décrite dans cet ouvrage). Il succède à EMI (diminutif de Experiments in Musical Intelligence), autre programme qui, lui, analysait des œuvres d’un compositeur (Bach, Beethoven ou Mahler) pour produire une nouvelle pièce (on hésite à la qualifier d’œuvre) du même style, « juste comme si c’était ce compositeur qui l’avait écrite ». L’électronique a déjà permis de virtualiser des instruments, de remplacer des musiciens (voir ici, page 4) et le chef d’orchestre, à quand la disparition du public ? (Source)

[146] Résurrection d’un compositeur. À l’occasion du centième anniversaire du décès de Charles Bordes, fondateur de la Schola Cantorum et élève de César Frank, des mélodies de Bordes seront interprétées le 8 novembre par François-René Duchâble. Charles Koechlin écrivait en 1925 à son propos : « Mort jeune, il n’a pas été estimé a sa valeur. (…) L’un des premiers, il découvrit Paul Verlaine (cf. Soleil du matin, Dansons la gigue, etc.). Il y a dans son inspiration une naïveté charmante, que certains tiennent pour gaucherie de primitif, mais que l’absence de formules et la parfaite sincérité font attachante et vivante (…). » En 1943, Paul Landormy rajoute : « Son nom restera, avec quelques lignes d’une musique extrêmement personnelle, rêveuse, tendre, et parfois troublante. » On espère que le public y sera sensible. (Source)

[147] Redécouverte d’un autre compositeur. Élève de Béla Bartók et de Zoltán Kodály, puis maître de György Ligeti et de György Kurtág, Sándor Veress, né en Hongrie et décédé en Suisse (1907-1992), est resté relativement dans l’obscurité au niveau international et est encore plus méconnu en France que ses compatriotes. Ses œuvres ont commencé à bénéficier d’enregistrements – à l’instar de son Concerto pour clarinette, sa Sonate pour violoncelle solo ou son scintillant Hommage à Paul Klee – dans les années 1990, et plus récemment, une anthologie de sa musique de chambre sur le label Hungaroton (source). Deux récents concerts à Toulon ont enfin permis à des auditeurs français d’entendre ses deux quatuors. (Source)

1 octobre 2009

Life in Hell: ça roule, Jeff ?

Classé dans : Actualité — Miklos @ 7:22

La nuit tombe. Jeff aussi, de fatigue. Il veut rentrer à la maison. Sportif, il prend ses jambes à son cou et court vers la station Velib la plus proche et caresse légèrement de son passe Navigo le point d’attache du véhicule désiré. Mais la borne, bornée, ne se laisse pas charmer ainsi : elle lui lance un regard rouge sanglant : « pas d’abonnement attaché à cette carte Navigo ! ». Menteuse, se dit Jeff.

Le sang de Jeff, à l’instar de celui d’Alphonse Allais, ne fait pas cent tours ; son sang ne fait pas cinquante tours, son sang ne fait pas vingt tours (j’abrège pour ne pas fatiguer le lecteur) : son sang ne fait qu’un tour. Il appelle le service, et s’entend répondre que son abonnement a expiré et qu’ils ne préviennent plus les ex-abonnés par mail. Ils expérimentent sans doute avec la télépathie, se dit Jeff.

Dépité, il traîne des pieds jusqu’à son domicile. Il se lance vers son ordinateur et se rend sur le site de Velib pour y reprendre un nouvel abonnement. Manque de chance : le site est indisponible. Il insiste, rien n’y fait. Il va dîner, et revient, regaillardi, à la charge. Finalement, il parvient à effectuer l’inscription. Le site lui précise que celle-ci ne prend effet que quarante-huit heures ouvrées plus tard. Ils ne sont pas encore informatisés et doivent sans doute tout vérifier à la main, se dit Jeff.

Énervé, il tente de déposer un message sur le site pour exprimer en termes choisis et détaillés son opinion. « Cliquez ici », indique la page. Mais rien ne s’ouvre. Jeff reclique. Toujours rien. Il rappelle le service. L’opératrice lui répond avec navrement qu’elle « n’est pas du niveau » pour traiter sa demande, et qu’il devrait prendre sa plus belle plume et du papier vélin, rédiger en lettres moulées sa supplique et l’envoyer par la Poste. Mais celle-ci est en grève. Quel cauchemar éveillé, je ferai bien d’aller dormir, se dit Jeff.

Le lendemain, il décide de choisir un autre mode de transport.

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

8 septembre 2009

Ce n’est toujours pas Dell-icieux, ou pourquoi je ne rachèterai plus du Dell

Classé dans : Actualité, Sciences, techniques — Miklos @ 14:30

Moins de trois ans après la mort subite de son prédécesseur et moins de deux ans après sa précédente syncope, mon ordinateur portable, un Inspiron 9400 fourni en remplacement par Dell qui n’était pas arrivé à réparer le précédent, exhibe des signes inquiétants : l’écran est couvert de zébrures multicolores et parfois de petits points rouges ou oranges (je suspecte d’abord la rubéole), et refuse de finir de se lancer. Je respire profondément et appelle Dell.

Le technicien me redemande toutes mes informations (adresse, email, téléphone…) qu’il avait de toute façon (ça permet de meubler les vides) et que le premier opérateur avait vérifiées, puis il m’enjoint de lancer tous les tests possibles et imaginables : tout se passe bien. Sauf le lancement final.

Il me dit alors de brancher un autre écran sur l’ordinateur. Je lui réponds que je n’en ai pas : je n’ai acheté qu’un seul ordinateur avec un seul écran chez Dell. Il me redemande de brancher un autre écran. Je lève la voix pour qu’il entende ma réponse. Après avoir précisé qu’il n’était pas sourd (son manque de compréhension a donc une autre cause que je préfère ne pas expliciter ici et son manque de politesse n’a pas de justification, si ce n’est qu’il est dans son tort), il décrète qu’il faut « renvoyer l’ordinateur en atelier ».

Or ce n’est pas ce que la garantie précise, puisqu’elle comprend une intervention sur site. Poussé dans ses retranchements, le technicien dit alors que la pièce suspecte – la carte graphique – est en rupture de stock, qu’il n’y a pas de date prévue pour sa disponibilité, et qu’en conséquence il n’est pas à même de me fournir une date d’intervention. Le retour en atelier est donc une solution de facilité pour Dell, qui n’aurait pas eu à s’expliquer sur les retards de réparation.

Je fais la remarque. « Vous refusez les deux solutions que je vous propose ? » demande-t-il d’un air péremptoire. « Non, je vous demande de vous en tenir à votre engagement contractuel », puis je demande à parler à sa responsable. De mauvais gré, il accepte finalement. La dame me dit poliment que cette pièce est en rupture de stock mondialement et qu’il n’y en a que de temps en temps. Je lui demande alors quelle solution de rechange propose le constructeur lorsqu’il n’est pas en mesure de tenir ses engagements en maintenant un stock adéquat pour les appareils sous garantie. « Rien », répond-elle. Elle rajoute que le technicien demandera une intervention sur site pour demain, et qu’on m’appellera pour me dire quand (et si) ils viendront.

Après avoir repris la communication, le technicien me redemande encore une fois (c’est une manie, ils n’ont pas d’ordinateurs, chez Dell, pour noter ça une fois pour toutes ?) mes coordonnées, veut s’assurer que je sois bien disponible toute la journée parce qu’on vous préviendra 15 minutes avant – à quoi je lui réponds que, comme lui, je travaille… Il ne trouve aucune réponse à ça, dans ses manuels.

Après une heure au téléphone pour ce piètre résultat, je constate que le nouveau matériel de Dell n’aura pas tenu deux ans, et que son service de hot line est encore pire qu’avant. Conclusion ? voir le titre.

Mercredi 9 septembre. Appel de la société chargée d’effectuer la maintenance pour le compte de Dell (+331753764840) : « Le technicien qui devait passer réparer votre ordinateur ne viendra pas, nous n’avons pas reçu la pièce de Dell et ne savons pas quand on la recevra. »

Vendredi 11 septembre. Mail de Dell :

Nous vous contactons au sujet de l’intervention dont vous avez récemment fait la demande pour le remplacement d’une carte électronique pour votre ordinateur portable.

Malheureusement, nous n’avons pas cette pièce en stock pour le moment et nous travaillons activement avec nos fournisseurs pour vous l’envoyer dès que possible. Nous travaillons activement afin que les pièces actuellement en panne soient retournées réparées promptement. Ceci permettrait une disponibilité de ces pièces détachées dans les deux semaines afin de réparer votre système.

Malheureusement, en raison de la rupture de stock et du fait que nous envoyons les pièces disponibles dans l’ordre dans lequel nous recevons les demandes, nous sommes dans l’incapacité de vous offrir un service plus rapide pour le moment. Un représentant Dell vous contactera dès que la pièce est disponible pour réparer votre système.

Nous vous remercions pour votre compréhension et de votre fidélité envers Dell.

Je n’ai aucune compréhension envers Dell, dont la lettre dit en fait qu’il n’y a aucun délai (la « réparation » dont ils parlent n’est pas faisable, la composante doit être remplacée, et ils n’en ont pas en stock) ; et surtout, ma « fidélité » à Dell est totalement rompue.

Lundi 14 septembre. Message téléphonique de Dell voulant savoir si le technicien était passé (ils ne peuvent le savoir ? ils n’ont pas d’ordinateurs ?) ou m’avait téléphoné (non), et me demandent de les rappeler. Ce numéro est injoignable de l’étranger, où je me trouve. La personne qui rappelle le lendemain en mon nom me fait part de l’accueil téléphonique déplaisant (en guise de bonjour : « numéro de série ? ») et des attentes interminables, pour s’entendre finalement dire que la pièce manque. . .

Jeudi 24 septembre. La pièce est remplacée. C’est ce qu’on appelle sans doute « gestion de stocks en flux tendus », mais moi je ne tendrai pas à reprendre du Dell, j’ai été assez tendu comme cela pendant ces deux semaines.

6 septembre 2009

Alla breve. XIX.

Classé dans : Actualité, Alla breve, Musique — Miklos @ 23:23

[135] La mutation des radios de musique classique. Après celle de la station française éponyme, c’est la belge Musiq’3 qui abandonne son nom trop vieux jeu de Troisième programme et introduit jazz, musiques du monde et musiques de film – et plus généralement, « certaines musiques non-classiques » à l’antenne, web radio, blog… Si le « troisième » de son (ancien) nom décrivait l’âge de son audience traditionnelle, « d’un haut niveau socioculturel », ils veulent s’ouvrir vers les djeuns (ils avouent avoir eu besoin d’un lifting) en développant les plages plus courtes que celles où la musique est diffusée dans son intégralité (Radio Classique n’hésite pas à sabrer et pas que dans du Khatchatourian), ou des émissions où s’enchaînent « musiques électroniques, jazz voire du rock » sans paroles. Les plus vieux se consoleront avec les Romances sans paroles de Mendelssohn ou le Chant sans paroles de Tchaïkovsky. En version intégrale. (Source)

[136] La mutation des marchands de musique classique. Qobuz, cousine d’Abeille Musique, propose non seulement un site riche de contenus créés par des professionnels, mais un téléchargement payant. En octobre, elle ouvrira un nouveau service d’offre de streaming payant haute qualité. Sa valeur ajoutée ? elle intègre une « fiche produit (…) spectaculairement plus complète, plus riche et plus compétente que celle des autres sites de musique en ligne ». (Source)

[137] Jubilée du Lincoln Center . Une importante exposition marquera le cinquantenaire de cet important centre culturel et brossera sept thèmes : origine du Centre et renouveau urbain, architecture, personnalités marquantes, interprétations notoires, technologies innovantes, médias et commerce, initiatives pédagogiques. Du côté musical, on pourra admirer le frac de Leonard Bernstein ou la robe de scène que Beverly Sills a portée lors de la soirée de gala de ses adieux, une partition signée de John Adams, des photos, films ou lettres de Boulez, Pavarotti, Jessye Norman et autres stars. Du15 octobre au 16 janvier. (Source)

[138] Musiques inédites de Vivaldi. La bibliothèque nationale universitaire de Turin possède un trésor : quelques 450 manuscrits d’œuvres inédites, de la main de Vivaldi, dont 110 concertos pour violon. Cette collection, retrouvée en 1930 (Luigi Dallapiccola aurait alors dit que Vivaldi n’aurait pas composé des centaines de concertos, mais des centaines de fois le même concerto), est retombée dans l’oubli. Il y a une dizaine d’années, Alberto Basso, le musicologue qui avait catalogué le fonds, avait convaincu le label français Opus 111 – racheté depuis par Naïve – d’en publier un enregistrement intégral sur une centaine de CD. Le projet a déjà produit plus d’une trentaine de volumes, et vient de voir apparaître les deux Gloria. Pour en savoir plus sur l’archive.

[139] Classification en bibliothèque et musique. La numérotation décimale Dewey vise à identifier tous les domaines recouverts par les ouvrages en bibliothèque afin de les organiser. Ainsi, les nombres de 780 à 789 dénotent la musique : 780.5 les périodiques, 782.58 l’opéra russe, 786.4902 les œuvres pour piano à quatre mains… Complexe ? Si vous voulez en avoir une vision plus légère, regardez ceci. La Dewey n’est pas le seul système universel : le belge Paul Otlet (1868-1944), auteur d’un Traité de documentation en 1934, a été l’inventeur de la Classification décimale universelle (CDU) : basée sur la Dewey mais s’en différentiant dans certains de ses principes. Ce génial universaliste avait imaginé les communications en ligne ou la reconnaissance vocale… Son ambition de rassembler l’ensemble des connaissances du monde (et à les classer) s’est manifestée dans le Mundaneum (à Bruxelles), et devait mener à la création d’une cité mondiale pour laquelle Le Corbusier réalisa plans et maquettes (ambition qui n’est pas sans rappeler celle de la Mère, pour Auroville). Abandonné pendant 50 ans, il a rouvert à Mons il y a une dizaine d’années. La scénographie de sa salle d’exposition a été réalisée par les célèbres auteurs de bandes dessinées François Schuiten et Benoît Peeters, architectes de la démesure.

[140] L’éducation musicale. Le 31e numéro de cette lettre d’information en ligne vient de sortir. Autres brèves, où l’on apprendra que « la musique classique pourrait avoir des effets thérapeutiques » selon un professeur italien, tandis qu’en Grèce, le maître de musique d’Héraclès et frère d’Éros eut le crâne défoncé par la lyre de son élève. Autres lieux et autres temps, autres mœurs…

Life in Hell: tromper l’attente

Classé dans : Actualité — Miklos @ 20:14


Akbar prend le bus

Il ne s’agit pas d’un mauvais tour qu’Akbar aurait joué à sa tati, mais de deux de la RATP à son égard. Devant se rendre chez Jeff, Akbar décide de prendre l’autobus. Comme il n’aime pas attendre (ni faire attendre, mais c’est une autre histoire), il consulte l’Oracle qui lui annonce que le prochain passage a lieu dans huit minutes. Trois minutes plus tard, il est au pied de son immeuble et voit filer la boîte à canailles. Première tromperie, même si Akbar n’aura pas eu à attendre (mathématiquement, le temps d’attente était négatif). Comme le prochain bus est annoncé pour vingt minutes plus tard, il se rend pedibus (on n’y peut rien si ça rime) cum jambis à sa destination. En passant, il constate que le véhicule annoncé ne l’a pas doublé, bien qu’il lui aura fallu plus de vingt minutes pour rejoindre Jeff.

Plus tard, il doit reprendre la même ligne. On ne l’aura pas cette fois-ci avec de fausses promesses, il descend directement à la station. Grâce au ciel, pardon, SIEL, il apprend qu’il doit attendre huit minutes. Il prend son mal en patience, et voit finalement le chiffre 2 s’afficher, puis 1 et enfin (après un laps de temps bien plus long que celui affiché) 0. Mais rien à l’horizon. Akbar se met à fredonner un air de circonstance. Et, oh miracle, le 0 se transforme en 1, puis en 2. Et redescend, puis remonte… phénomène déjà étudié à Saclay et représenté par l’un des plus grands artistes. Plus de quinze minutes après (seconde tromperie), Akbar voit enfin s’avancer majestueusement la calèche publique, dans laquelle il grimpe lestement.

Akbar se demande ce que la RATP va imaginer pour son prochain voyage.

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

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