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« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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27 avril 2015

La femme aux deux vizages (sic)

Classé dans : Cinéma, vidéo, Littérature, Sciences, techniques, Société — Miklos @ 15:45


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Même équipé de lunettes de vue multi­focales, de micro­scope élec­tronique ou du télé­scope spatial Hubble, on n’arrive à distinguer les deux noms que donne l’ency­clopédie en ligne mondiale à cette extra­or­dinaire femme de lettres qu’était Christine de Pisan. Soit dit en passant, ce n’est pas cette particularité ono­mastique qui la distingue ainsi, comme nous l’avions évoqué dans une note à notre transcription de l’ouvrage De l’égalité des deux sexes, où l’on voit l’importance de se défaire des préjugés de Poullain de la Barre (lui aussi un phéno­mène en son genre), mais son métier et ses idées, en avance de bien des siècles sur son temps.

Le mystère s’éclaircit lorsqu’on consulte quelques-unes des autres versions de sa biographie dans la dite encyclopédie, où l’on constate que la variante occultée ici est « de Pizan », forme utilisée d’ailleurs par notre Bibliothèque nationale dans sa description de la version en ligne du manuscrit des œuvres de la dite demoiselle, et où on l’y distingue sans lunettes, microscope ou télescope :


Détail du manuscrit datant de 1399-1402 des œuvres de Christine de Pizan (source). On peut y lire : « Cy commencent les rebriches de la table de ce present volume fait compile par xpine [Christine] de Pizan demoiselle. »
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Les curieux chiffres de Lina (sic)

Classé dans : Actualité, Cinéma, vidéo, Sciences, techniques, Économie — Miklos @ 12:53


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L’actualité de ce jour nous a fait nous intéresser – vous vous demandez encore pourquoi ? – à Lina. Et l’on constate là aussi l’existence de chiffres vraiment curieux, ceux concernant son année de naissance. Comme on peut le voir ci-dessus, l’encyclopédie numérique universelle en donne deux, selon la langue. Et si l’on consulte les 21 autres versions, on trouve qu’elle est née :

— en 1926, selon les versions bulgare, française, hébreu, islandaise, japonaise, latine, malgache, polonaise, portugaise, russe, suédoise, tadjik et turque (13 au total) ;

— en 1928, si vous lisez l’allemand, l’anglais, l’espagnol, l’italien, le finnois, le grec, le néerlandais, le persan, le serbe ou le slovaque (10 au total).

S’il ne reste que les statistiques pour connaître cette information pourtant objective, on devrait choisir la première des deux années.

Mais cette incertitude (oh, Heisenberg, tu avais bien dit que plus on cherche moins on trouve) s’étend aussi à d’autres sources que l’on pense pourtant fiables, telles l’excellente (on le pensait jusque là) base de données du cinéma, IMDb (1926) ou ce temple du savoir qu’est l’université Harvard (1928) qui a pourtant une réputation inégalée.

Si l’on était tenté de croire la version en ligne de l’Encyclopaedia Britannica, qui donne comme date 1928, on se souvient que le trop sérieux magazine Nature avait annoncé que l’autre était quasiment aussi fiable. Notre perplexité reste totale.

Et ce n’est pas le site de cette dame indigne qui nous éclairerait : il indique seulement sa ville d’origine.

22 avril 2015

Grâces soient rendues à un pigeon anonyme

Classé dans : Histoire, Lieux, Musique, Photographie — Miklos @ 17:02


Tsitsernakaberd, mémorial dédié aux victimes du génocide arménien à Yerevan.

Je n’aime pas les pigeons, surtout les parisiens d’entre eux, de ceux qui envahissent mes jardinières (en allant jusqu’à y pondre) malgré les piques que je m’évertue à y disposer, et encore moins ceux qui fréquentent le Centre Pompidou, ou du moins ses parages. Ils y pullulent, attirés par un étrange personnage plié en deux, à la barbe foisonnante et vêtu de guenilles, traînant des chariots pliants remplis de grands sacs en papier pleins de pain rassis. Dès qu’il se rapproche de la placette bordant l’atelier Brancusi, des nuées de pigeons y descendent de toute part, en provenance des toits et des arbres voisins où ils devaient guetter son arrivée. Roucoulant douce­reu­sement, une multitude de ces volatiles pouilleux l’entourent alors en virevoltant, les plus hardis se posant sur ses bras et sur ses épaules comme sur les branches d’un arbre, tandis que d’un air béat l’homme se met à éparpiller autour de lui des miettes de ce pain qu’il rapporte d’on ne sait où et qu’il distribue obsessionnellement jour après jour ici et ailleurs.

Par ce clair après-midi ensoleillé (et pollué) d’hier, je m’étais placé en haut de la piazza du Centre pour photographier les passants à pied et à bicyclette, afin de mettre en œuvre et de maîtriser certaines techniques de saisie du mouvement que j’avais apprises dans le cours de photo auquel je participe actuellement. Je m’étais placé à proximité d’un tronc d’arbre contre lequel je pourrai caler l’appareil pour l’empêcher de bouger lorsque le temps d’exposition serait plus long. Occupé que j’étais à guetter d’un œil mes prochaines cibles tout en effectuant les multiples réglages qui devaient avoir pour effet de les saisir de façon adéquate – un cycliste étant bien plus rapide qu’un piéton, le temps d’exposition, l’ouverture, la sensibilité ne sont pas les mêmes –, j’aperçois brièvement un pigeon posé non loin, sur le faîte du grillage qui borde l’entrée au parking souterrain ; il semblait surveiller mes mouvements d’un regard torve : il devait préparer son coup. Puis je me concentrai sur ma tâche et l’oubliai.

Plus d’une cinquantaine de photos plus tard, floc ! Une fiente atterrit sur mon épaule. Non seulement indigné, mais submergé par le souvenir de la honte cuisante que j’avais ressentie, enfant, quand un ancêtre de ce volatile m’avait pris pour cible dans la cour de mon école communale, je m’éloigne rapidement de l’arbre tout en essuyant vigoureusement les traces de l’outrage que je venais de subir. Puis, levant les yeux qui, jusque là, avaient été surtout fixés sur le viseur de mon appareil, qui vois-je ?

– Risto !

– Michel !

– …

– …

– Que fais-tu à Paris ?

– Notre chœur et quelques-uns de nos musiciensRisto, que j’avais connu – et grandement apprécié autant pour ses qualités humaines que professionnelles – alors qu’il était directeur artistique de l’Ircam, dirige actuellement le département musique de la Fondation Calouste Gulbenkian à Lisbonne. prennent part au concert de ce soir au Théâtre du Châtelet, commémorant les 100 ans du génocide arménien. Au programme, des œuvres de Khatchaturian et de Komitas, une création de Michel Petrossian et le Requiem de Mozart. J’ai une place de disponible assortie d’une invitation au cocktail qui s’en suivra, veux-tu venir ?

J’avais entendu du Khatchaturian dès mon enfance, en Israël, où ses œuvres (dont l’exotisme des mélodies et de l’orchestration m’avaient toujours fasciné), et pas que la trop célèbre Danse du sabre, étaient régulièrement diffusées à la radio et jouées en concert – ainsi que celles de bien d’autres compositeurs de pays faisant alors partie de la « sphère d’influence » soviétique –, ce qui n’était pas le cas en France ; c’est ainsi que je connaissais aussi bien mieux Smetana, Bartók, Kabalevski, Chostakovitch ou Janácek que bien de mes congénères français.

Quant à Komitas, j’avais découvert son existence lors de la conférence internationale Musique et bibliothèques musicales au 21e siècle, qui s’était tenue à Yerevan en novembre 2012, à l’occasion du 300e anniversaire de Sayat-Nova, grand poète arménien. À ce propos, il faut mentionner la publication de la version originale restaurée du plus qu’extraordinaire film Sayat Nova. La couleur de la grenade du génial réalisateur (arménien, lui aussi), Serguei Paradjanov. Si vous ne l’avez vu, allez le voir (il sort aujourd’hui en salle). Si vous l’avez vu, allez le revoir.

J’avais entendu parler de Michel Petrossian mais ne connaissais pas son œuvre. Et en ce qui concerne le Requiem de Mozart, je l’avais écouté un nombre incalculable de fois depuis mon adolescence dans une des interprétations de Bruno Walter (si je ne me trompe : avec Irmgaard Seefried, Jennie Tourel, Léopold Simoneau et William Warfield), à tel point que je l’entends encore aujourd’hui sans même l’écouter.

J’ai donc accepté sans hésiter en remerciant vivement Risto, et, in peto, ce pigeon que j’avais maudit quelques instants auparavant.

Le soir venu, je me retrouve à l’entrée du Châtelet. La foule qui s’y pressait devait d’évidence comprendre une grande partie de la communauté arménienne française : l’ample chevelure épaisse noir de jais des femmes, le teint de la peau et les traits des visages des uns et des autres, me rappelaient tant ceux que j’avais vus lors de mon séjour en Arménie. Se connaissant, ils se saluaient et s’embrassaient chaleureusement.

Nous étions fort bien placés, au premier rang du second balcon, quasiment au centre : on voyait ainsi toute la scène et les deux balcons où deux groupes de choristes se positionneraient dans l’œuvre de Petrossian, et surtout : on entendait fort bien. Trop bien d’ailleurs en ce qui s’agissait d’un vrombissement sourd de moteur (aération ?) présent sans discontinuer dans la salle…

Alain Altinoglu, le chef d’orchestre d’origine arménienne (et dont le père, m’a dit Risto, était mathématicien), a dirigé avec vigueur – voire avec punch, en ce qui concernait Khatchaturian – les œuvres de la soirée. On aurait toutefois apprécié plus de graduation dans les nuances, plus de sensualité dans les œuvres qui le demandaient. Quant aux solistes du Requiem, les voix de femmes étaient métalliques et avaient un vibrato insoutenable, à donner le mal de mer, et c’était le ténor qui s’en sortait le moins mal. La création de Petrossian, Ciel à vif, une interpellation de Dieu face à l’horreur absolue du génocide, intégrait des textes de diverses origines et langues, et ne manquait pas d’intérêt malgré quelques longueurs.

Le très généreux buffet du cocktail était fourni – faut-il s’en étonner – par Petrossian, et je n’ai pas souvenir d’avoir jamais dégusté un saumon fumé et mariné si savoureux, dont le goût reste en bouche longtemps après sans s’altérer, ainsi que celui de cette chaleureuse soirée.

On signalera aussi à cette occasion la publication du hors série de Marianne, Les Arméniens : une histoire française, et la récente ouverture de l’exposition Le génocide des Arméniens de l’Empire ottoman : stigmatiser, détruire, exclure qui se tient jusqu’au 27 septembre au Mémorial de la Shoah.


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20 avril 2015

As you like it, ou, Ce qu’aimer (ne) veut (pas) dire

Classé dans : Cinéma, vidéo, Langue, Photographie, Sciences, techniques, Société — Miklos @ 17:18


La guerre des boutons.

« Aimer veut dire chez vous autres haïr un peu moins. Vous n’êtes capables d’aimer que vous-mêmes… » Lessing, Le Misogyne, ou L’ennemi des femmes, comédie en trois actes, 1748.

« Aimer c’est essentiellement vouloir être aimé. » Jacques Lacan, Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, 1973.

On aime ou on n’aime pas les réseaux sociaux, mais ceux qui aiment se doivent aussi d’aimer ce qu’ils voient et le signaler d’un clic sur le bouton « Like ». Même s’ils n’en voient qu’un bout, une ligne, ou mieux une image. S’il fallait une preuve que l’amour est en général aveugle, on l’a là. La laire lon lon.

Dans leur velléité de conquérir le monde, ces sites, même si conçus à l’origine en anglais (de cuisine ou non, ce marché étant leur cible principale) sont disponibles en plusieurs langues. Dont celle de Molière.

Mais leurs concepteurs n’étant pas forcément polyglottes, les traductions, qu’elles aient été effectuées par ces humains-là ou des machines, laissent parfois à désirer. Ainsi, on peut voir comme un problème dans la francisation de ce site :

où le bouton « Like » a été traduit par… « Comme ». C’est d’ailleurs un problème connu en linguistique, comparez-donc :

(1) Time flies like an arrow.

avec :

(2) Fruit flies like an apple.

où des mots, identiques en position et orthographe, n’ont pas du tout la même fonction ni le même sens : flies est le verbe voler dans (1) avec comme sujet Time mais un substantif au pluriel dans (2), fruit flies (= drosophiles) étant le sujet du verbe like (aimer), qui, en (1), est une préposition comparative (comme)…

En résumé, I like you ne veut pas dire Moi comme toi, surtout en ces temps de pseudo individualisme roi et de communautarisme meurtrier.

Ne prêtez pas…

Classé dans : Littérature, Livre, Sciences, techniques — Miklos @ 0:37


Gravure allemande.

…à Anatole France ce qui n’est sans doute pas à Anatole France, ni vos livres à personne.

Voici une savoureuse citation qui circule depuis un bon moment sur l’internet :

« Ne prêtez pas vos livres : personne ne les rend jamais. Les seuls livres que j’ai dans ma bibliothèque sont des livres qu’on m’a prêtés. » Citation d’Anatole France, Crainquebille.

(source). On a cherché dans tout Crainquebille (publié au début du 20e siècle), on ne l’y a pas trouvée. Ailleurs sur le réseau, on l’attribue à Anatole France sans indiquer une quelconque localisation, mais aucune de nos recherches n’a permis de la trouver dans son œuvre (pour autant qu’elle soit entièrement numérisée). Par contre, elle circulait déjà au 19e siècle sans aucune attribution. Ainsi, en 1898 :

On connaît la boutade attribuée à un passionné bibliophile, à qui certain visiteur, aussi téméraire que naïf, demandait un jour à emprunter un de ses trésors « Je ne prête jamais de livres. Les livres prêtés ne sont jamais rendus… Parfaitement ! Ainsi tous les livres que vous voyez là, ce sont des livres qu’on m’a prêtés et que j’ai gardés. »

(sourceMagasin pittoresque, 1898.). Ici, il ne s’agit plus de toute la bibliothèque du bibliophile, mais de ceux que son interlocuteur peut voir.

Dans une version antérieure, on a affaire à une bibliophile :

« — Comtesse, prêtez-moi donc ce volume.

— Je ne prête jamais de livres, on ne les rend pas. Ainsi, vous voyez cette bibliothèque… ce ne sont que des livres qu’on m’a prêtés. » (Figaro)

(sourceGazette anecdotique, littéraire, artistique et bibliographique, 1884, rubrique « Les mots de la quinzaine ». Le Journal de l’Ain, rubrique « Faits divers » du 2/7/1884 attribue la même version à un certain Masque de Fer.). Il ne s’agit pas ici forcément non plus de toute la bibliothèque du propriétaire, mais de celle qui se trouve devant les yeux du demandeur.

Le même Figaro auquel cette version était attribuée publiera 44 ans plus tard une variante impliquant toujours une certaine noblesse (ce qui n’étonne pas de la part de ce journal), mais de l’autre côté de la Manche :

Le Times a demandé à ses lecteurs leur avis sur le prêt des livres. Un bibliophile à qui cette enquête rappelle une savoureuse histoire en faisait part, hier, à notre confrère.

Un châtelain anglais faisait un jour les, honneurs de sa bibliothèque à ses invites.

— Prêtez-vous quelque fois vos livres ? lui demanda-t-on.

— Moi, jamais. Il n’y a que les imbéciles (fools) qui les prêtent.

Et désignant une longue rangée de reliures rares aux belles enluminures, le collectionneur ajouta :

— Ceux-là, par exemple, ont tous appartenu à des imbéciles.

(sourceLe Figaro, 9/3/1928.). Il ne s’agit plus que d’une rangée, mais d’évidence de qualité.

Ne pas rendre le livre emprunté n’est pas un phénomène récent : comme le rapporte Albert Cim dans son savoureux Amateurs et voleurs de livres (1903), qui s’ouvre d’ailleurs sur l’anecdote qui nous intéresse :

Le fait est que les emprunteurs ont été de tout temps, et bien plus que l’eau et le feu, la terreur des bibliophiles.

« Ite ad vendentes ! » avait fait graver Scaliger sur le fronton de sa bibliothèque. Oui, « allez en acheter », et laissez-moi les miens.

« Que le diable emporte les emprunteurs de livres ! » C’était une des plaisantes devises dont le cynique et savant peintre du Moutier avait, à l’époque de Louis XIII, orné la porte de son cabinet sous les combles du Louvre.

C’est bien le diable qui doit être à l’œuvre ici, et ce n’est donc pas étonnant que l’on trouve dans le Tableau abrégé des principaux devoirs d’un prêtre en forme de règlement et d’examen (1814) la confession suivante :

« N’ai-je pas gardé les livres qu’on m’a prêtés, négligeant de les rendre, ne cherchant pas avec assez de soin ceux à qui ils appartenaient ? (Le cas est plus grave quand ce sont de grands ouvrages dont on retient un volume.) »

L’union faisant la force, et pour rester dans les publications religieuses, on citera pour finir ce passage dans le numéro du 3 octobre 1911 de La Croix :

Une Ligue vient de se fonder, dont les adhérents prennent l’engagement de ne plus prêter un seul volume de leur bibliothèque à qui que ce soit.

Le but en est de donner du courage à ceux qui en manque et qui n’oseraient pas, s’ils ne se sentaient tenus par des engagements sérieux, refuser de prêter un livre à un ami étourdi.

Ainsi un amateur de livres montrait un jour sa bibliothèque, fort bien garnie d’ailleurs, à un visiteur qui semblait apprécier les richesses exposées à ses yeux. Avisant un volume, il en sollicita le prêt pour quelques jours.

— Mille regrets, dit vivement le propriétaire de la bibliothèque, mais la chose que vous me demandez est impossible. Je ne prête jamais de livres ; c’est, chez moi, un principe.

— Pourquoi ?

— Pourquoi ? Livre prêté, livre perdu.

— Pas en ce qui me concerne ; je vous promets de le rendre.

— C’est là une promesse que l’on fait toujours et que l’on ne tient jamais.

— Mais si, je vous assure…

— Non, non, je sais ce que je dis… Et la preuve, c’est que tous les livres que vous voyez là sont des livres prêtés.

Même si la Ligue n’est qu’un prétexte, ce sera toujours quelque chose.

Mais évidemment, si votre bibliothèque est numérique, vous ne pourrez la montrer d’un geste à votre interlocuteur en montrant qu’elle ne consiste que de livres empruntés… D’où l’avantage certain de la matérialité du livre (comme on l’avait déjà vu) malgré ce danger d’emprunt-sans-retour qu’elle comporte, et qui est sans comparaison avec ceux qui menacent les bibliothèques électroniques, capables de s’effacer entièrement d’un seul coup et bien plus rapidement que celle d’Alexandrie.

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