Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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19 février 2023

Ratatouille d’hiver et variée

Classé dans : Actualité, Cuisine — Miklos @ 20:32

Ratatouille d’hiver et variée. Cliquer pour agrandir.

Recette toute personnelle particulièrement facile : du fait de l’uti­li­sation de légumes bio, inutile de les éplucher…

3 bulbes de fenouil

4 carottes

4 pommes de terre

1 botte de pourpier (en option)

300 gr. de purée de tomates

3 gousses d’ail

2 lemonquats

1 capucine tubéreuse

3-4 c. à café de sel

1 c. à café de poivre

3 c. à soupe d’herbes de Provence

3-4 c. à soupe huile d’olive

1 verre d’eau

Parmesan râpé (en option)

Après avoir bien lavé les légumes, les couper en fines tranches (dans un robot, par exemple) à l’exception du pourpier (si on en utilise : le mettre tel quel), ainsi que la capu­cine tubéreuse, les aulx et les lemonquats en en retirant les pépins (à la main).

Mélanger le tout avec la purée de tomates, en séparant bien les tranches des légumes les unes des autres.

Assaisonnez.

Verser un fond d’huile d’olive dans une grande poêle couverte et y faire revenir brièvement le mélange, puis rajouter de l’eau (environ un verre).

Continuer la cuisson pendant environ 30 minutes à feu moyen, en mélangeant régu­liè­rement et s’assurant qu’il y a toujours un peu de liquide.

Ajuster l’assaisonnement. En option, parsemer de Parmesan râpé avant de servir (chaud ou réchauffé).

18 février 2023

Un excellent dîner libanais

Classé dans : Actualité, Cuisine, Loisirs — Miklos @ 18:11

Jeff et Akbar sur le point d’entrer au restaurant. Cliquer pour agrandir.

Après avoir essayé récemment deux autres tables du même chef libanais (Al Geaam, qui possède cinq autres commerces de bouche à deux pas d’ici, et quelques autres ailleurs à Paris et à Marseille) – Qasti grill et Faurn –, Jeff et Akbar ont dîné hier au Qasti (tout court). Ils ont tous deux choisi le Menu Qasti – soit un mezzé, un plat, un assortiment de desserts.

Le lieu d’abord : agréablement décoré, tables un peu (trop – au goût d’Akbar) rappro­chées les unes des autres (vu la sur­face du lieu), table mise élé­gamment (même si Akbar aurait préféré plus simple – par exem­ple, le cube ou la boîte de bois pour placer du pain ou des desserts). Sa seule vraie réserve sur le lieu : le niveau sonore de la musique, trop élevé (qui force donc à parler plus fort, et rajoute du bruit de fond, difficilement supportable pour ceux qui ont une bonne ouïe, se dit Akbar in petto).

Akbar avait pris en mezzé les falafels (à gauche dans la photo ci-jointe) : délicieux ! légè­rement crous­tillants en surface, moelleux en inté­rieur. Jeff, lui, avait pris une arousse (pita roulée et farcie de garnitures variées – ici, du mouton) kefta, tomate, persil, pickles, qu’il a beaucoup apprécié (ne mangeant pas de viande, Akbar n’a pu goûter).

En plat, Akbar a pris une sayadieh traditionnelle – cabillaud à la sauce tagine et aux oignons frits, riz pilaf (photo de gauche). Tout d’abord, il n’a pas vu le riz, puis l’a découvert en commençant à manger le cabillaud (délicieusement cuit) : il était en-dessous, très habilement dissimulé mais tout aussi bon, ainsi que ce qui les accompagnait. Jeff a pris un plat au mouton (photo du milieu) avec une très copieuse salade l’accompagnant (photo de droite), qu’il a très appréciés.

On leur a présenté les quatre desserts assortis en recommandant un ordre de dégustation (celui dans les photos : glace, pâtisserie au chocolat, autre pâtisserie, crème) qui est la seconde réserve d’Akbar : la crème (qui clô­turait la série) avait un goût telle­ment plus délicat que ce qui la précédait qu’il (le goût) ne lui était pas vraiment perceptible ! elle aurait peut-être gagné à être dégustée en premier, suivie de la (très bonne) glace, ensuite de l’autre pâtisserie (aux pistaches ?) et enfin de celle au chocolat : tout à fait délicieuse (sa préférence, pour ces quatre desserts), avec un goût qui persiste bien après l’avoir dégustée.

En résumé : un très beau (et bon) concert de saveurs, de textures et de formes. Et quant au service&nsbp;: rapide, attentionné, aimable.

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

16 février 2023

Des spams très créatifs

Classé dans : Actualité, Humour, Musique, Progrès, Religion — Miklos @ 12:22

Auditorium de la Maison de la Radio. Cliquer pour agrandir.

C’est grâce à une invitation de l’Ensemble C Barré que j’ai pu assister, dimanche dernier, à Cosmigimmicks (titre de l’œuvre d’Unsuk Chin qui a inspiré ce programme on ne peut plus d’actualité), concert surprenant à plusieurs égards qui s’est donné à la Maison de la Radio dans le cadre de Présences, festival annuel de Radio France.

L’Ensemble y interprétait, en compagnie des Neue Vocalsolisten, des œuvres inspirés, pour la plupart, par notre quotidien d’hyperconnectés – spams de plus en plus perfectionnés reçus par courrier électronique (Songs of Spam, de Mikel Urquiza), robots téléphoniques de centres d’appels (My Voice is my Password, de Mikel Urquiza), moyens de protection de plus en plus nombreux dans lesquels on se perd (Passwords, de Georges Aperghis) –, mais aussi par la Bible (Jonah, Seven Chants, de Martin Smolka).

Ma préférence est allée carrément aux deux œuvres de Mikel Urquiza (né en 1988) critiques intelligentes et décalées de ces phénomènes sociaux. Dans My Voice is my Password, un robot répondeur essaie de déterminer si son interlocuteur est bien un humain, et c’est finalement ce dernier qui se demande s’il n’est pas un robot. Ses Songs of Spam sont basés sur des spams bien réels mais subtilement détournés (Urquiza ne serait-il pas maître des transformations, textuelles comme musicales ?), de façon souvent très amusante, ironique, voire sarcastique (comme l’écrit Dan Albertson, cf. ci-dessous) ; ainsi, La taille compte, mème masculin s’il en est (même – si je puis dire – que Radio France y avait consacré une émission), détourne un spam destiné à promouvoir un produit pour ce faire : « Voici X-tender, la plus merveilleuse méthode pour agrandir votre nez »…

Quant à la musique, riche et claire (« rythmes francs, textures transparentes, courtes séquences motiviques », selon Albertson), faisant appel à des styles allant du passé (madrigal de la Renaissance…) au contemporain, elle reflète un don réel « pour faire une musique mémorable à partir des combinaisons les plus improbables » (Albertson). C’est ce qui m’a incité à acheter, en sortant du concert, Espiègle (adjectif qui convient fort bien à ce compositeur !), CD consacré à Mikel Urquiza par l’Ensemble C Barré et les Neue Vocalsolisten ; il comprend ces deux œuvres et quelques autres en plus, et une présentation fort enrichissante du tout par Dan Albertson dans le livret accompagnant ces enregistrements.

D’un genre très différent, Jonah, création mondiale de Martin Smolka (né en 1959), reprend des textes de la Bible décrivant le périple de Jonas en mer, puis au sein d’une baleine, pour échapper à l’ordre divin d’aller à Ninive pour inviter ses habitants à se repentir. Smolka y rajoute ses propres paroles, originales (« Tramway / Le poisson / Comme un train / L’a emmené à la plage / […] / Jonas, Jonas / Il s’est détaché / Propre / Classe / Barbe sèche / Gentleman / Passionnément priant / Gentleman »). Quant à sa musique, on citera ce qu’en écrit Pierre Rigaudière dans Diapason : « voix et instruments se nourrissent de la répétition et de la combinaison de formules simples qui confèrent au texte biblique légèrement revisité une immédiateté émouvante […] ; cette musique qui allie volontiers hétérophonie et micro­tonalité se dispense du superflu et de l’effet pour nous parler sans fard ».

12 février 2023

Aaron Zeitlin, Jacob Jacobson : une pièce fantastique et prémonitoire.

Classé dans : Littérature, Shoah, Société, Théâtre — Miklos @ 2:13

Cliquer pour agrandir.

Aaron Zeitlin était un poète et dramaturge yiddish et hébraïque vision­naire. Né en 1898 à Uvarovichi alors en Russie (et main­tenant en Biélo­russie), il commence à écrire encore enfant et sa première œuvre, une fiction, est publiée alors qu’il a 16 ans. Il continuera à écrire et publier des poèmes, des nouvelles, des articles de philo­sophie, des critiques litté­raires… Il s’installe en 1921 à Varsovie et y publie, en 1931, Jacob Jacobson. En 1939, il est invité par le directeur du Yiddish Art Theatre de New York pour collaborer à leur production de sa pièce de théâtre Esterke, ce qui l’empêche de retourner à Varsovie alors qu’éclate la Deuxième guerre mondiale. Il s’installe définitivement à New York et y décédera en 1973.

Le Troïm Teater, troupe d’amateurs jouant en yiddish, interprète ces jours-ci sa pièce Jacob Jacobson (avec surtitrage en français). En bref : Jacob Jacobson, marié à une Marie-couche-toi-là (ce n’est pas le seul personnage olé olé de la pièce, on y voit aussi une prostituée), homme d’affaires « qui a réussi », pragmatique, ne croît qu’à la négociation, pas au pouvoir, humain ou divin. À voir les humains se comporter, il est convaincu qu’une seconde guerre mondiale aura lieu (on est en 1930 !), qu’elle ne durera que trois jours et que les humains disparaîtront de la surface de la terre. Ce qui arrive : lui et sa femme sont les seuls survivants. Dieu se refusant absolument à recréer les humains au vu de ce qui s’est passé, ce sont les anges qui se mobilisent pour tenter de convaincre Jacob et sa femme de devenir les nouveaux Adam et Ève, qu’ils emmèneront au Paradis. Jacob résiste : il sait que Caïn et Abel se recréeront, que l’un va tuer l’autre, que l’humanité qui s’en suivra se détruira comme elle vient de le faire, mais finalement s’y résigne. Le fameux Serpent s’y trouve aussi – c’était auparavant un humain – mais il est incapable de séduire la nouvelle Ève pour la convaincre de manger une pomme, car c’est elle qui essaie de le séduire, ce qui lui enlève ses moyens. Quant à Jacob, il finira par se tuer (au Paradis !) pour éviter de contribuer à ce retour éternel, mais le Serpent utilisera alors une des côtes de sa veuve pour lui créer un Adam de substitution et permettre ainsi de donner naissance à la génération suivante…

Pièce alliant analyse sociologique profondément vraie de l’homme, surnaturel – vie au fond des mers peuplées d’Esprits des eaux et dans les cieux avec ses anges et archanges –, sensualité débridée, apparente légèreté de comédie mais exprimant un profond constat tragique – celui de l’homme artisan de son auto­des­truc­tion –, elle est d’une modernité d’autant plus étonnante que son fondement est mystico-religieux. L’adaptation et la mise en scène qu’en a faites Tal Hever-Chybowski et la représentation enlevée qu’en a donnée la troupe du Troïm Teater ont fort bien transmis son esprit.

Les troïkas du jour

Classé dans : Musique — Miklos @ 0:16

Mon abonnement au Théâtre de la Ville comprenait le concert de ce jour, intitulé « Trios russes » et sous-titré « Autour de La Mouette de Tché­khov », ce qui aurait pu me faire crain­dre le pire, vu les circonstances.

Au programme :

  • Dmitri Chostakovitch (1906-1975), 1er Trio pour violon, violoncelle et piano, en ut mineur, op. 8.

  • Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893), Trio pour violon, violoncelle et piano, « à la mé­moire d’un grand artiste », en la mineur, op. 50.

tous deux joués par le Trio Zadig, qui a donné en rappel :

  • Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893), « Octobre – Chant d’automne », 10e mouvement des Saisons, op. 34a, origina­lement composée pour piano seuL.

Pour finir, on a entendu :

  • Maurice Ravel (1875-1937), Gaspard de la nuit, pour piano seul.

interprété par le jeune (22 ans !) pianiste Darren Sheng.

J’ai beaucoup apprécié l’ensemble des œuvres ainsi que leur exécution – précise, claire et ciselée, délicate ou virtuose selon ce que demandaient les partitions, bien équilibrée entre les instruments –, avec toutefois une petite réserve : le début du Trio de Tchaïkovski aurait mérité (à mon goût) d’être un peu plus romantique ou expressif, ce qui a d’ailleurs été le cas pour le reste de l’œuvre. Ma préférence est allé au violoncelliste et au pianiste (qui jouait sur un excellent Steinway, au son clair et bien équilibré), plus « chaleureux » que le violoniste. Enfin, mon placement était excellent, autant pour voir que pour entendre (ce qui n’avait pas été le cas pour La Mouette). Bref, un grand plaisir.

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