Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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25 avril 2007

Une inquiétante aura

Classé dans : Livre, Progrès, Sciences, techniques, Société — Miklos @ 15:37

« Sorte d’émanation colorée, d’auréole qui flotte autour du corps humain, de la tête en particulier » (masson 1970). L’aura serait faite de matière astrale ou de fluide vital.Trésor de la langue française.

RFID (Radio Frequency Identification) est une technologie qui utilise des puces électroniques afin de permettre de tracer ou d’identifier des objets à distance1. Ces circuits, d’une taille microscopique2, contiennent des informations codées numériquement, et sont équipés d’une minuscule antenne. Pour lire ces informations, un appareil (appelé « lecteur d’étiquettes RFID » ou, plus génériquement, « scanner ») émet des ondes radio à une fréquence particulière ; celles-ci sont captées par l’antenne de la puce, ce qui a pour effet de produire un petit courant électrique dans la puce (qui jusque là est inerte), lui permettant d’émettre son contenu par l’entremise d’un signal radio, qui est capté par le lecteur.

« L’intérêt est devenu, surtout depuis 1789, le seul mobile de leurs idées ; il ne s’agit jamais pour eux de savoir si une action est légale ou immorale, mais si elle est profitable. » – Honoré de Balzac : Scènes de la vie de campagne. Les paysans (cité par Alexandre Tylski)C’est ainsi que fonctionnent les « passes » Navigo et OùRA, ou les cartes à télépéage sur les autoroutes. C’est ainsi qu’un nombre croissant de bibliothèques en équipe chacun de ses ouvrages, remplaçant le code-à-barre par cette puce invisible : elle permet de faire un inventaire sans avoir à sortir les livres un à un des étagères – il suffit de passer un scanner à proximité, il en relèvera les numéros et les transmettra à l’ordinateur. Elle facilite le prêt (et le retour) : pour peu que l’emprunteur ait sa carte de lecteur équipée elle aussi d’une puce RFID, son passage près d’une borne d’accueil permettra à celle-ci de l’identifier et de relever les codes des ouvrages qu’il a choisis. Principe qui s’étend aussi à certains commerces, et pas uniquement pour faciliter la gestion des stocks et la logistique : les récentes inquiétudes pour l’emploi soulevées par l’apparition de ce dispositif visant à remplacer les caissières dans la grande distribution en fluidifiant et en accélérant le passage du client3 sont loin de se calmer.

Deux priorités fondamentales s’imposent à la Cnil et aux autorités de protection des libertés : poser le principe que les données traitées sont bien des données personnelles, même s’il s’agit de données ne portant que sur des objets, dès lors que la technologie RFID permet d’instituer un maillage dense d’analyse des milliers d’objets qui entourent une personne (…). – Philippe Lemoine : commu­ni­cation relative à la Radio-Iden­ti­fi­cation, CNIL, octobre 2003.Même lorsqu’on ne trace que les objets (et les animaux), on doit se poser la question des libertés individuelles, comme l’a souligné la Cnil en 2003 (voir encadré). Il n’est pas toujours neutre d’apprendre, par exemple, quels livres ou magazines lit une personne qui les aurait non pas empruntés dans une bibliothèque mais achetés anonymement dans une librairie ou dans un kiosque. Et comme cette technologie s’étend dorénavant aux papiers d’identité, ce type d’espionnage à distance en est d’autant plus facilité. « Le problème est d’autant plus sérieux que, à la différence du vol d’un objet physique, ce type d’interception, d’altération, de surveillance ou d’usurpation d’identité numérique est impossible à détecter » (Internet Actu, juin 2006). Lorsque l’on sait maintenant que ces puces peuvent être infectées de virus (informatiques) comme tout vulgaire PC, on est en droit de se demander si leur efficacité si vantée (fluidification, accélération, mais aussi downsizing…) ne se paie pas trop cher. La réponse dépend évidemment du critère de valeur qu’on adopte : financier, social, éthique…

Il était prévisible qu’une telle technique d’identification passe aussi à l’homme. Comme on l’a rapporté, c’est chose faite depuis plus d’un an : certaines compagnies ont exigé l’implantation de puces RFID dans les bras de membres de leur personnel. Ce tatouage n’est pas sans rappeler des pratiques odieuses. Quelques législatures américaines ont réagi en interdisant non pas cette pratique, mais son caractère obligatoire, telle celle de l’Ohio dès l’année dernière. Doit-on s’en féliciter si rapidement ? Cette dernière n’impose qu’une amende de 150$ pour violation de la loi, autant dire que ça ne découragera sans doute pas les entreprises qui ont les moyens financiers d’implanter (c’est le cas de le dire) cette technologie. On vient toutefois d’apprendre que le sénat de Californie examine la possibilité d’interdire l’utilisation de la puce RFID pendant trois ans dans les documents d’identité personnels (aux États-Unis, il s’agit du permis de conduire, des cartes d’élèves ou d’étudiants), afin d’éviter la possibilité de capter à distance leurs informations personnelles. Cette proposition fait partie d’une loi plus vaste qui viserait à rendre obligatoire la réalisation de mesures fiables de sécurisation des informations personnelles sur les documents d’identité utilisant cette technologie, et qui imposerait des amendes élevées – s’élevant jusqu’à 50.000$ – et des peines d’emprisonnement à toute personne captant ces informations sans autorisation. Enfin, cette loi interdirait aussi l’incitation ou l’obligation d’implantation faite par des employeurs à leur personnel. Reste à savoir comment un employé refusant légalement d’être ainsi tatoué pourrait éviter d’être sanctionné indirectement…

À lire :
• Sarah Cavel et Claire Millet : Les étiquettes RFID, mémoire EFPG, mai 2004.
• Daniel Julien (éd.) : RFID : la police totale, mai 2006.
• Michel Rousseau : RFID : passeport s’il vous plaît (et même s’il ne vous plaît pas)


1 Jusqu’à au moins 10 m. actuellement, selon la fréquence utilisée.
2 Typiquement celle d’un grain de riz, mais pouvant descendre à 0,15 mm de côté et 7,5 μm d’épaisseur.
3 Fluidité et accélération sont deux des caractéristiques de la modernité en général et des réseaux informatiques en particulier.

8 avril 2007

L’amour au téléphone

Classé dans : Musique, Sciences, techniques, Société — Miklos @ 13:13

Heureusement que tu es maladroit et que tu m’aimes. Si tu ne m’aimais pas et que tu étais adroit, le téléphone deviendrait une arme effray­ante. Une arme qui ne laisse pas de traces, qui ne fait pas de bruit…………. Moi, méchante ?………… Allô !…………. allô ! allô !………….. allô, chéri……… où es-tu ? — Jean Cocteau, La Voix humaine

Tout objet se prête à des usages imprévus par ses inventeurs. Il n’a pas fallu attendre le minitel ou l’internet – avec ses courriels puis ses cla­var­dages1 – pour s’aimer de loin. Ou plutôt pour rompre, comme dans la bouleversante pièce de Cocteau2, là où il suffit parfois d’un mot, voire d’un silence, au téléphone entre personnes qui se connaissent déjà. Dans ce dialogue à une voix, c’est la femme que l’on voit et que l’on entend sur scène, et ce sont les silences qui donnent sa présence à la voix qui tue. Car on peut aussi assassiner à distance sans verser une goutte de sang.

And I go home and the phone rings and it’s Alan and he says: “You know, I’m gonna have a show on, uh, cable TV and it’s gonna be about lone­liness, you know, people in the city who for whatever socio­logical, psy­cho­lo­gical, phi­lo­so­phical reasons just can’t seem to commu­nicate, you know, The Gap, The Gap, uh, it’ll be a talk show and people’ll phone in but we will say at the begin­ning of each program: ‘Uh, listen, don’t call in with your personal problems because we don’t want to hear them’” — Laurie Anderson, New York Social LifeÀ l’instar des architectes de la tour de Babel, d’Icare, du Rabbin Loeb de Prague ou de Dorian Gray, l’homme cherche à dépasser les contingences des lois de la nature : la distance, le temps, et – ultimement – la mort, signifiant ainsi son « refus d’être créature ». Hybris démesuré pour les uns, peur panique pour les autres, l’homme alterne entre un individualisme exacerbé et une socialisation totalisante. Nous sommes entrés curieu­sement dans l’ère où ces deux tendances se combinent en un « indi­vi­dua­lisme de masse », celui d’une « solitude en commun » et là où l’anti­con­for­misme n’est qu’un confor­misme de plus. Le téléphone, destiné à nous rapprocher, nous lie tel un domestique à la sonnerie de son maître. Portable, il est devenu un attribut aussi vital qu’une perfusion ou qu’un stimulateur cardiaque : sans sa présence permanente, c’est la solitude, même temporaire, qui guette et qui menace. C’est ce qu’illustre ironiquement Laurie Anderson, qui mobilise les technologies pour en faire une critique fine dans son album United States, où le téléphone revient régulièrement comme vecteur de conversations stéréotypées et vides de sens entre amies qu’il maintient finalement à distance, voire entre une personne et un répondeur qui lui prodigue des conseils amicaux : « Listen, Laurie, uh, if you want to talk before then, uh, I’ll leave my answering machine on ». L’homme ne peut pas vivre seul, et il sait de moins en moins vivre avec l’autre.

Le compositeur Gian Carlo Menotti, « musicien honni par les modernes de l’Ancien Monde et cher aux anciens du Nouveau Monde »3 et récemment décédé, lance un clin d’œil malicieux à l’œuvre tragique de Cocteau dans son opéra en un acte Le Téléphone, ou L’Amour à trois (1947), qu’on a eu le grand plaisir de voir récemment à l’Opéra Comique sous la direction de Bruno Ferrandis et dans la mise en scène efficace d’Éric Vigié. Ben (Benoît Capt) est amoureux fou de Lucie (Katia Vellataz), à laquelle il tente désespérément de faire sa déclaration. Il doit partir en voyage, chaque minute compte. Non seulement il est timide, mais elle reçoit constamment des appels téléphoniques et passe son temps en des conversations futiles et répétitives qui l’exaspèrent et le désespèrent. Finalement il s’éclipse, et elle s’aperçoit qu’elle ne sait pas de quoi il voulait lui parler. Le téléphone sonne de nouveau, elle se précipite dessus : c’est lui, qui n’a trouvé que ce moyen pour se faire entendre ; elle l’écoutera enfin et acceptera joyeusement sa demande. Cet opéra-bouffe d’une vingtaine minutes, enlevé avec humour, brio et légèreté, illustre bien la place centrale des objets de communication dans notre vie (dans la mise en scène, le téléphone est un objet gigantesque placé au centre de la pièce autour duquel tout gravite4) et la difficulté croissante de la communication directe. Il suffit de voir les couples déambulant dans la rue, chacun son téléphone à l’oreille, comme s’ils se parlaient ainsi par portable interposé. Peut-être le font-ils vraiment ?

À lire :
• Biographie de Gian Carlo Menotti chez son éditeur Schirmer.
• Critique de Catherine Scholler du spectacle à l’Opéra Comique.


1 Terme que l’on préfère à la dénomination anglophone de ce mode de communication qui n’est pas à l’honneur des nobles représentants de la gens féline.
2 Mise en musique par Francis Poulenc, et admirablement interprétée par Denise Duval, qui avait créé le rôle.
3 René Alexandre, Le Nouvel Observateur, 29 mars 2007. Lors de la représentation à l’Opéra Comique, la salle était plus qu’à moitié vide, ce qui est désolant. Est-ce dû à la peur du public devant « la musique contemporaine » ? Crainte infondée : la musique de Menotti est d’un classicisme rassurant mais sans ringardise.
4 Seule faute de mise en scène : les touches du clavier du téléphone ; lorsque Lucie fait un numéro, la musique fait bien entendre les impulsions du cadran rotatif de l’époque, et non pas les fréquences vocales des appareils contemporains…

29 mars 2007

La bibliothèque 2.0

Classé dans : Livre, Progrès, Sciences, techniques — Miklos @ 9:56

Il est très tendance1 de qualifier les développements techniques à l’aide d’un vocable ou d’un sigle qui devient tellement banal qu’il ne veut plus rien dire, mais que tout le monde continue à utiliser avec ravissement ou avec l’air entendu des cognoscenti. C’est le cas de « 2.0 ». Les prémisses étaient apparues avec l’Internet 2 (développement destiné à pallier la saturation des adresses sur le réseau). Le point-zéro s’est rajouté au Web 2.0 (on parle déjà du 3.0) et menace d’envahir même la politique (après Bush 2.0, Clinton 2.0 ?). Quant aux bibliothèques, elles sont notoirement à la traine, chargées d’un patrimoine qui s’accommode parfois difficilement de l’innovation. Eh bien, chers bibliothécaires, chères bibliothécaires, plus de raison de désespérer : la bibliothèque publique de Charlotte et du Comté de Mecklenburg (en Caroline du nord) a développé un programme destiné à former les bibliothécaires aux nouvelles technologies et à leur vocabulaire, et l’a mis en ligne. On pourra y apprendre (pour peu qu’on se débrouille avec l’anglais) 23 choses essentielles : ce qu’est un blog et comment en ouvrir un ; comment traiter les photos et les images (Flickr et les mashups) ; comment se tenir informé (RSS, lecteurs et agrégateurs de news) ; comment cataloguer (comment ose-t-on vouloir l’enseigner à des bibliothécaires, dites-vous ? il s’agit de catalogage individuel – de LibraryThing) ; la personnalisation et le partage social des informations (les folksonomies, les tags et Technorati ; les wikis) ; la diffusion (podcast, vidéocast). Soyez dans le vent, participez 2.0 !


Note :
1 Ou comment se comporter comme tout le monde, mais juste un peu avant.

18 mars 2007

Un appel d’actualité brûlante

Classé dans : Politique, Société — Miklos @ 10:39

(…) Nous appelons d’abord les éducateurs, les mouvements sociaux, les collectivités publiques, les créateurs, les citoyens, les exploités, les humiliés, à célébrer ensemble l’anniversaire du programme du Conseil national de la Résistance (C.N.R.) adopté dans la clandestinité le 15 mars 1944 : Sécurité sociale et retraites généralisées, contrôle des « féodalités économiques », droit à la culture et à l’éducation pour tous, presse délivrée de l’argent et de la corruption, lois sociales ouvrières et agricoles, etc. Comment peut-il manquer aujourd’hui de l’argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes sociales, alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l’Europe était ruinée ? Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l’ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l’actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie.

Nous appelons ensuite les mouvements, partis, associations, institutions et syndicats héritiers de la Résistance à dépasser les enjeux sectoriels, et à se consacrer en priorité aux causes politiques des injustices et des conflits sociaux, et non plus seulement à leurs conséquences, à définir ensemble un nouveau « Programme de Résistance » pour notre siècle, sachant que le fascisme se nourrit toujours du racisme, de l’intolérance et de la guerre, qui eux-mêmes se nourrissent des injustices sociales.

Nous appelons enfin les enfants, les jeunes, les parents, les anciens et les grands-parents, les éducateurs, les autorités publiques, à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation marchande, le mépris des plus faibles et de la culture, l’amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous. Nous n’acceptons pas que les principaux médias soient désormais contrôlés par des intérêts privés, contrairement au programme du Conseil national de la Résistance et aux ordonnances sur la presse de 1944.

Plus que jamais, à ceux et celles qui feront le siècle qui commence, nous voulons dire avec notre affection : « Créer, c’est résister. Résister, c’est créer ».

Lucie Aubrac (†), Raymond Aubrac, Henri Bartoli, Daniel Cordier, Philippe Dechartre, Georges Guingouin (†), Stéphane Hessel, Maurice Kriegel-Valrimont (†), Lise London, Georges Séguy, Germaine Tillion, Jean-Pierre Vernant (†), Maurice Voutey
12 mars 2004

7 mars 2007

Le comble du sondage

Classé dans : Littérature, Politique, Sciences, techniques, Société — Miklos @ 22:36

« Tu vois, Linda, jusqu’à il y a une quarantaine d’années, tout le monde votait. Lorsqu’on voulait décider qui serait le prochain Président des États-Unis, les Démocrates et les Républicains choisissaient chacun un candidat, et tout le monde était appelé à dire qui il préférait. Après le jour des élections, on comptait combien de personnes voulaient du candidat démocrate et combien voulaient du républicain, et celui qui avait obtenu le plus de votes était élu. Tu vois ? »

Linda fit un signe d’assentiment puis demanda : « Comment tout le monde savait pour qui voter ? Est-ce que Multivac le leur disait ? »

Matthew fronça les sourcils et dit d’une voix sévère : « Ils utilisaient leur propre jugement, c’est tout ».

Elle s’écarta, et il baissa la voix : « Je ne suis pas en colère, Linda. Mais tu vois, ça prenait parfois une nuit entière pour compter toutes les voix, et les gens s’impatientaient. Alors ils ont inventé des machines spéciales qui comparaient les quelques premiers votes avec ceux des années passées au même endroit. C’est ainsi qu’elles purent calculer ce que serait le scrutin final, et qui serait élu. Tu vois ? »

Linda fit un signe d’assentiment. « Comme Multivac ».

« Les premiers ordinateurs étaient bien plus petits que Multivac. Mais les machines devirent de plus en plus puissantes, et pouvaient déterminer le résultat avec de moins en moins de votes. Finalement, ils construisirent Multivac, qui est capable de se déterminer à partir d’un seul électeur. »

(…)

« Multivac considère toutes sortes de facteurs, des milliards d’entre eux. Un seul facteur est inconnu, et pour longtemps : c’est le schéma de réaction de l’esprit humain. Chaque Américain est soumis à l’effet de moule causé par tout ce que les autres Américains disent et font, par ce qu’on lui fait et ce qu’il fait aux autres. N’importe quel Américain peut être amené devant Multivac pour enquêter sur son état d’esprit. À partir de cela, la tendance de tous les autres citoyens sera calculée. (…) Multivac possède déjà la plupart des informations nécessaires pour déterminer le résultat de toutes les élections, nationales, régionales et locales. Il lui reste à vérifier certains états d’esprit impondérables, et il se servira de vous pour cela. Nous ne pouvons savoir quelles questions il vous posera, et il se peut qu’elles ne vous semblent pas faire sens. Il pourrait vous demander ce que vous pensez du ramassage des ordures dans votre quartier, et si vous êtes pour l’incinération centralisée. »

Isaac Asimov, The Franchise (1955)
in American Satire

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