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« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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17 avril 2025

La fin de « selfie »

Classé dans : Langue, Photographie, Sciences, techniques — Miklos @ 17:26

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«Le vocabulaire propre aux nouvelles technologies progresse rapidement. L’exercice de votre profession vous amène sûrement à constater ce phénomène.

À titre d’exemple, le mot selfie apparaît en 2004 sur la plateforme Flickr. Il renvoie à l’idée de se prendre en photo à l’aide d’un téléphone intelligent, d’une tablette ou d’un appareil photo numérique. L’usage de ce mot se répand en 2012 grâce aux réseaux sociaux populaires. En 2013, le terme selfie connaît une croissance de 17 000 %, selon le Oxford Dictionary. Guy Bertrand,» premier conseiller linguistique à Radio-Canada, vous suggère de remplacer cet anglicisme par « auto­photo­graphie », « auto­photo », « auto­portrait » ou « égo­portrait ».

Benoît Béland, Guide de communication orale et écrite, 2015.

«Polyphoto, Autophoto, Photomatic, etc…. sont des noms donnés à des appareils destinés à produire auto­ma­ti­quement plusieurs poses ou, livrant presque instan­ta­nément un nombre déterminé d’épreuves.

Si vous n’avez pas été « qualifié » pour obtenir d’un démarcheur une démons­tration d’un de ses appareils, peu importe ! Nous n’avons pas la prétention de nous substituer à un courtier, mais tout simplement de vous mettre en garde contre l’exploitation des dits appareils.

Les Sociétés (la plupart étrangères) qui font le négoce des appareils Polyphoto ou similaires s’intéressent bien plus de trouver des clients chez les photographes ou même chez ceux qui ne sont pas du métier, que de savoir si les appareils placés avec contrat ou non, répondent aux besoins de la clientèle.

À cela naturel­lement et en bon commerçant vous nous» répondrez que ce n’est pas votre affaire, que les curieux ont toujours tort et que les Photographes Qualifiés n’ont besoin de personne pour leur donner des conseils.

L’Objectif, 1er novembre 1935.

«Cette année, le vrai succès est pour le camelot en plein vent ; le camelot, installé sur une table qu’éclaire une bougie dans du papier. Celui-là est le centre de groupes toujours nombreux qu’attirent son boniment et souvent l’originalité de la marchandise qu’il débite.

‒ Demandez, crie l’un d’eux, demandez l’autophoto ! Pour dix centimes vous aurez un appareil photo­graphique au moyen duquel vous obtiendrez votre portrait comme celui de toutes vos connaissances. Mon appareil est mon exclusive propriété, j’en suis le seul et unique inventeur. L’autophoto et la manière de s’en servir pour deux sous ! Et tenez, messieurs, ne croyez pas, vu la modicité de son prix, qu’il soit imparfait, quant au fonc­tion­nement.» Y a-t-il dans l’honorable assistance une personne qui veuille ce soir, offrir sa photo­graphie à un parent, un ami ? Pour cette fois seulement, j’expé­rimente gratui­tement.

Le Petit Marseillais, 2 janvier 1889.

3 avril 2025

Le propre de l’homme (et de la femme), hélas…

Classé dans : Littérature, Société — Miklos @ 11:25

«On est des êtres tribaux, Septième, a-t-il dit. La division est le propre de l’homme. Et de la femme. On a ça dans le sang. As-tu déjà consulté une carte des courants migra­toires ? On a commencé en Afrique, tous sem­blables, et on s’est tirés dès que possible, bravant tem­pêtes, océans, bêtes, famine. Pourquoi ? Par envie de voyager ? Pour voir Paris au prin­temps ? Non – parce qu’on ne se serait pas supportés une seconde de plus. L’enfer, c’est les autres, disait Sartre, mais Cro Man l’aurait dit bien plus tôt s’il avait maîtrisé le langage. Ou Cro Woman. Un jour, Septième Seltzer, écoute-moi bien, tout le monde aura sa propre nation. Pas chaque peuple mais chaque individu. C’est le seul moyen pour qu’il ou elle soit satisfait(e). Seltzerland. Village Rosen-bloom. Bourg Abdullah. Hernandezville. Des carrés d’un mètre de côté, divisés de façon uniforme sur toute la surface du globe, entourés de murs de trois mètres de haut hérissés de fil de fer barbelé et de drapeaux colorés, chacun dans son carré chantant des hymnes entraînants à la gloire de son carré, mon carré est le meilleur, Dieu l’a élu parmi tous les carrés, ce mètre carré est à moi et que Dieu vienne en aide à celui qui tentera de me le prendre. Et tu sais ce qu’on voudra après ?

— Des armes ?

— On en a déjà, a fait remarquer Rosenbloom. On voudra des histoires, des contes, des légendes. Sur les souffrances de notre carré, l’oppression qu’il a subie, sur nos périples de la dernière chance, sur la lutte courageuse de notre fondateur pour faire de notre carré le champion des carrés et sur les odieux ennemis qui n’ont eu de cesse jusqu’à ce jour de vouloir nous l’arracher. Au Seltzerland, des histoires circulent sur les immondes Rosenbloom; dans le village Rosenbloom, tout le monde rêve de rayer les Abdullah de la carte. Et Abdullah, penché par-dessus son mur pour voir les Hernandez emménager dans le carré d’à côté, se dit : Mon carré ne va plus valoir un clou. On est obnubilés par nos carrés, par notre peuple, par nos passés. Ce qui explique que l’homme n’a pas d’avenir. Ni la femme. Ça, c’est la mauvaise nouvelle.

»— Et la bonne ?

— C’est un marché en pleine expansion, a répondu Rosenbloom […]

Extrait de Maman pour le dîner de Shalom Auslander (trad. Catherine Gibert, 10/18, 2023)

18 mars 2025

Family, I love you!

Classé dans : Arts et beaux-arts, Humour, Sciences, techniques, Théâtre — Miklos @ 2:36

Source: ImageFX. Click to enlarge.

My brother-in law had, on the paternal side, a first cousin whose maternal uncle had a father-in-law whose paternal grandfather had married as his second wife a young native whose brother he had met on one of his travels, a girl of whom he was enamored and by whom he had a son who married an intrepid lady pharmacist who was none other than the niece of an unknown fourth-class petty officer of the Royal Navy and whose adopted father had an aunt who spoke Spanish fluently and who was, perhaps, one of the granddaughters of an engineer who died young, himself the grandson of the owner of a vineyard which produced mediocre wine, but wh had a second cousin, a stay-at-home, a sergeant-major, whose son had married a very pretty young woman, a divorcee, whose first husband was the son of a loyal patriot who, in the hope of making his fortune, had managed to bring up one of his daughters so that she could marry a footman who had known Rothschild, and whose brother, after having changed his trade several times, married and had a daughter whose stunted great-grandfather wore spectacles which had been given him by a cousin of his, the brother-in-law of a man from Portugal, natural son of a miller, not too badly off, whose foster brother had married the daughter of a former country doctor, who was himself a foster-brother of the son of a forrester, himself the natural son of another country doctor, married three times in a row, whose third wife was the daughter of the best midwife in the region and who, early left a widow, had married a glazier who was full of life and who had had, by the daughter of a station master, a child who had burned his bridges and had married an oyster woman, whose father had a brother, mayor of a small town, who had taken as his wife a blonde schoolteacher, whose cousin, a fly fisherman had married another blonde schoolteacher, named Marie, too, whose brother was married to another Marie, also a blonde schoolteacher whose father had been reared in Canada by an old woman who was the niece of a priest whose grandmother, occasionally in the winter, like everyone else, caught a cold.

— Eugene Ionesco, The Bald Soprano.

Version française ici.

1 mars 2025

Le rêve américano-russe || The Americano-Russian dream

Classé dans : Actualité, Peinture, dessin, Politique, Sciences, techniques — Miklos @ 16:57

Avec ChatGPT. Cliquer pour agrandir.

«Never in the past few decades at least has a president engaged in such an angry, scathing attack on a visiting foreign leader in the Oval Office. Their argument culminated with a threat that if Mr. Zelensky did not accept whatever peace deal Mr. Trump brokered with Russia, the United States would abandon Ukraine. The fracas led Mr. Trump to kick Mr. Zelensky out of the White House. The schism upended plans to sign a deal giving the United States rights to Ukrainian rare minerals, a concession Mr. Trump had demanded as payback for help with the war.

Mr. Trump often exhibits anger in public in ways other presidents have rarely done, particularly at rallies or in interviews. Just the other day, he snapped at the governor of Maine about transgender athletes. But he has never appeared so enraged and combative with a foreign visitor, especially a putative ally in the middle of a war for his country’s survival.

The closest analogy might be a few meetings he had with congressional Democrats during his first term when he quarreled with Nancy Pelosi, the House speaker at the time, and Senator Chuck Schumer, the Democratic majority leader. »At one of them, in fact, Ms. Pelosi famously stood, pointed a finger at him and snapped, “All roads with you lead to Putin.”

Peter Baker: “In Showdown With Zelensky, Trump Takes Offense on Putin’s Behalf”, The New York Times, Feb. 28, 2025.

26 février 2025

The Fall of the Magnificent Seven // La Chute des Sept Magnifiques

Image: ChatGPT, with corrections. Text: Le Monde : [en], [fr].

Version française plus bas.

Apple – The Rotting Core

Once a fruit of golden gleam,
A titan of the tech regime,
Yet lawsuits bled its veins so dry,
And hollow grew its battle cry.
A single worm, a poisoned lie,
Left orchards bare beneath the sky.

Microsoft – The Fading Script

A fortress built on lines of code,
Turned brittle as the ages strode.
AI rose and took its place,
No need for Windows, no embrace.
Once a titan, now a ghost,
A whisper of what mattered most.

Alphabet – The Blinded Eye

The all-seeing mind, the oracle bright,
Lost in the flood of endless bytes.
A world too wary, too aware,
Pulled down its banners, stripped it bare.
Its vaults of wisdom turned to dust,
For knowledge hoarded breeds no trust.

Amazon – The Crumbled Tower

Skies once filled with drones in flight,
Warehouses humming day and night.
Yet cracks appeared in endless haste,
And greed consumed what once was grace.
A titan toppled by its weight,
Crushed beneath its own estate.

Nvidia – The Broken Circuit

A king of silicon and light,
Forging dreams in frames so bright.
Yet as the wells of rare ores waned,
And markets burned in fevered pain,
Its power flickered, lost its spark,
And vanished silent in the dark.

Meta – The Vanished Ghost

It built a world beyond the real,
A kingdom where none dared to feel.
Yet echoes in an empty sphere
Left it to rot, to disappear.
No hands to touch, no eyes to see,
A phantom lost eternally.

Tesla – The Falling Star

A comet streaking through the sky,
Too fast, too bold, too high to die.
Yet debts like gravity held tight,
And hubris dimmed its trail of light.
It raced ahead, but none would follow,
And left the Earth both cold and hollow.

Thus fell the Seven, mighty, proud,
Their names now whispers in the cloud.

ChatGPT

Apple – La Pomme Pourrie

Le fruit doré, jadis divin,
Voyait son trône sans déclin,
Mais sous les lois et les procès,
Ses coffres vides ont confessé.
Un ver caché, un lent poison,
Rongea la chair de sa raison.

Microsoft – L’Ombre Effacée

Le code encre d’un temps révolu
Devint un temple vermoulu.
L’IA usurpa son empire,
Les licences cessèrent d’inspirer,
Et l’ogre immense, trop lassé,
Fut par la houle renversé.

Alphabet – L’Oracle Aveuglé

Le grand voyant, maître des pages,
Crut son savoir hors des outrages,
Mais l’homme craint ce qu’il devine
Et brisa l’œil des machines.
À trop scruter l’ombre humaine,
Il s’éteignit sous une haine.

Amazon – L’Empire en Cendres

Les tours d’acier, les cieux conquis,
Livraient au monde leurs profits,
Mais quand vint l’heure du labeur
Sans bras ni chair sous les labeurs,
Ses drones fous, sans capitaines,
S’écrasèrent dans l’arène.

Nvidia – Le Rêve Enrayé

Des puces vives, des cœurs de feu,
Forjaient [sic] les mondes les plus radieux,
Mais l’or du rêve fut pillé,
Les mines mortes, les puits taris,
Et dans le vide, désert gris,
Leur chant s’éteint, dissipé.

Meta – Le Fantôme Oublié

Dans son miroir il se perdit,
Un dieu tissé de fils de nuit,
Mais nul ne vit plus son reflet,
Le vide seul vint le cerner.
Sans âmes à hanter encor,
Il sombra seul dans le décor.

Tesla – La Comète Foudroyée

Elle filait comme une étoile,
Sans peur du gouffre ni du voile,
Mais un faux pas, un fil rompu,
Un rêve immense, mais mal cousu,
Et sous la dette et le mensonge,
Elle retomba dans les décombres.

Ainsi tombèrent les sept grands,
Écrits dans l’Histoire, effacés par le vent.

ChatGPT

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