Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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5 février 2025

La complainte des caleçons, par Robert Desnos

Classé dans : Littérature, Musique, Progrès, Sciences, techniques — Miklos @ 17:55

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La complainte des caleçons, par Ray Ventura

Depuis qu’ je suis dans la marine
À bord du paquebot Pompadour
J’en ai marre de la marine
J’ maronne et je pleure tous les jours
Moi qui ne rêvais qu’abordages
Ciels nouveaux, cyclones et orages
Je suis, à bord, valet de chambre
Alors de janvier à décembre

Caleçons, chaussettes, souliers, gilets, chemises
Je brosse, je r’passe, j’ nettoie, j’ recouds, j’ reprise
Ça me neurasthénise
J’avais rêvé la vie des marins
Des tropiques aux banquises
D’Amérique et d’Asie aux sables africains

Porto, Tokyo, Valparaiso, Venise
Congo, Porto, noix de coco, Rio
Que la mer soit bleue ou grise
À fond d’cale, je répare les trousseaux
Caleçons, chaussettes, souliers, gilets, chemises

Aussi, un jour, à Buenos Aires
J’abandonnai la cargaison
Pour une fille de Madère
Que j’ai suivie dans sa maison
Mais moi qui rêvais aventures
Don José, Carmen et luxure
Je suis encore valet de chambre
Alors de janvier à décembre

Caleçons, chaussettes, souliers, gilets, chemises
Je brosse, je r’passe, j’ nettoie, j’ recouds, j’ reprise
Ça me neurasthénise
J’avais rêvé la vie des châtelains
Hélas, quelle méprise !
Pas d’amour, pas d’amis, partout le dédain

Gaby, Dolly, Suzy me martyrisent
Daisy, Marie, Nini m’ font faire leur lit
Le patron me terrorise
Et j’ m’occupe du linge des affranchis
Caleçons, chaussettes, souliers, gilets, chemises

Robert Desnos

On trouvera ici le manuscrit de Robert Desnos.

9 janvier 2025

Le Latin perdu, par Jean Guichard-Meili (1978)

Classé dans : Humour, Langue, Littérature, Peinture, dessin, Progrès, Sciences, techniques — Miklos @ 11:41

Bonum vinum laetificat cor hominis.
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«
Chaque rentrée scolaire fait déplorer, toujours davantage, que l’étude du latin soit de plus en plus négligée, sa valeur formatrice sous-estimée par rapport à celle des sciences triomphantes, et le nombre des élèves appelés à en bénéficier si réduit. On mesurera plus tard, trop tard sans doute, les conséquences désastreuses de ce discrédit sur la qualité générale de la culture. Ils ne voient donc pas, nos responsables, de quelles joies fortes, de quelles subtiles satisfactions ils privent de jeunes esprits trop tôt dirigés vers les avenues rectilignes des disciplines scientifiques ? Que ne se rappellent-ils, avec nous qui avons goûté si longtemps aux délices de la version latine, les perles étincelantes dont notre chemin montant, sinueux, malaisé mais si pittoresque, a été enrichi !

Ah, lire César, le fier et fougueux conquérant de la guerre des Gaules ! Caesar cepit Galliam summa diligentia : « César attrapa la gale en haut d’une diligence… » Pourquoi aussi avoir quitté Rome, où le peuple se bornait à demander quoi ? Panem et circenses : « Du pain et des cerises » menu frugal et modeste, en somme. On ne rappellera jamais trop souvent les passages célèbres des grands classiques, Virgile en tête. Apparent rari nantes in gurgite vasto : « Il paraît qu’à Nantes les rats rient à gorge déployée… »

Comme cette langue se prêtait bien à la frappe de la médaille, comme elle savait, en trois mots, cerner le trait moral ! Castigat ridendo mores : « La chasteté fait rire les Maures » (il n’y a pas qu’eux par les temps qui courent). Sursum corda : « Je suis sûr de la potence. » Et lors de chaque exécution coram populo : « Qu’est-ce qu’il y a encore comme peuple », hélas !

Les belles sentences : Bonum vinum laetificat cor hominis : « Le bon vin lubrifie le cor de l’homme », recette précieuse aux pédicures. De minimis non curat praetor : « Le curé ne prête pas aux Minimes », ce qui est de prudente économie ecclésiastique. C’est André Gide qui rappelait, dans Paludes, l’illustre traduction de l’adage Numéro deus impare gaudet : « Le numéro deux se réjouit d’être impair », en ajoutant « et il a bien raison ! »

Toutes les époques avides connaissent l’Auri sacra fames : « Laure est une sacrée bonne femme »… C’est elle, sans doute, qui interprète à sa mode le Suave mari magno de Lucrèce : « Oui, mon doux mari, je me magne… » Pour sûr, elle est persona non grata : « Cette personne n’est pas du gratin. » Et Rule Britannia (du latanglais, cette fois) : « Allez, roulez, la Bretagne. »

Un attendrissement particulier pour cette petite fille qui, confrontée à la phrase brève : Caper peperit, ouvre son dictionnaire. Caper : la chèvre, pas de problème. Peperit, passé simple de pario (peperi, partum) : enfanter, mettre ses petits bas. Ses petits bas ? Hum, modernisons un peu… Et la fillette écrit fièrement : « La chèvre mit ses socquettes. » N’est-ce pas choupinet ?

Nos professeurs de latin »car enfin il en reste, honneur à ces héros en conservent certainement des centaines comme celles-là dans leurs collections particulières.

Cet article, publié le 18/9/1978 dans Le Monde, fait curieusement écho à l’article de Georges Maurevert, Latin fantaisiste, publié 50 ans plus tôt, sans pourtant y faire référence… Il est reproduit ici avec l’autorisation du Monde Syndication. Tous droits réservés. Les illustrations, rajoutées pour cette publication en ligne, sont le fruit de Miklos.

5 janvier 2025

Latin fantaisiste, par Georges Maurevert (1928)

Classé dans : Humour, Langue, Littérature, Peinture, dessin, Progrès, Sciences, techniques — Miklos @ 16:25

Caesarem legato alacrem eorum. Sumpti dum est hic apportavit legato.
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«L’autre jour, au cercle, de vieux bacheliers, licenciés, voire docteurs ès-lettres, que la vie a mués en avocats, médecins, avoués, notaires, professeurs… ou rentiers, s’amusaient à se pousser des « colles » de potaches. L’un d’eux, par exemple, qui portait à la boutonnière le macaron de notre Ordre national, n’avait pas honte de solliciter hypocritement la traduction de cette phrase d’apparence impeccablement latine : Sumpti dum est hic apportavit legato alacrem eorum.

Et des hommes sérieux, chenus, ne craignaient pas de chausser leurs besicles, et d’appeler à eux tous leurs souvenirs classiques, le Père Sengler, et Noël comme Chapsal. Au bout d’un instant, les prenant en pitié, le questionneur fournit cette traduction :

« Son petit domestique apporta vite les gâteaux à la crème et au rhum » !…

Quies quiam angelum lætorum? Cædes quos ac quiem laurum.
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Un autre membre, ex-président du tribunal civil, se piqua au jeu et de-manda la traduction de ce distique qu’il prétendait avoir trouvé aux marges d’un Gradus ad Parnassum :

Quies quiam angelum lætorum? Cædes quos ac quiem laurum.

Question et réponse se « traduisaient » ainsi :

« Qui est-ce qui a mangé l’omelette au rhum ? C’est des cosaques qui aiment le rhum. »

Seu quo templa curiosi te appella vir oves Tibulli mobile solido post
similiter causaque ego ambo te fumant cum de suis.

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Et de rire !… Ces petites drôleries excitèrent la verve d’un vice-président qui soumit à la docte assemblée ce texte impressionnant :

Seu quo templa curiosi te appella vir oves Tibulli mobile solido post similiter causaque ego ambo te fumant cum de suis.

Tibulle lui-même, dont il est ici parlé, en eût perdu son latin, bien qu’il eût pu reconnaître tous les mots de sa langue. Cette macaronée équivaut à ceci :

« Ceux qu’au temple la curiosité appela, virent au vestibule, immobiles et solides au poste, six militaires cosaques, égaux en beauté, fumant comme des Suisses. »

Alors, ce fut une joyeuse émulation d’insanités, une ruée vers la version la plus baroque. Quelqu’un envoya chercher le petit Larousse. On l’ouvrit aux pages roses, et chacun proposa une traduction subsidiaire aux séculaires citations. Jugez-en plutôt par ces spécimens :

Audaces fortuna juvat. « Les audacieux font fortune à Java. »

Non licet omnibus adire Corinthum. « Non, Lisette, vous n’irez pas en omnibus à Corinthe. »

Numero Deus impare gaudet suscita deux traductions : d’abord, une adresse : « N° 2, impasse Gaudet » — ensuite, cette opinion discutable : « Le numéro deux se réjouit d’être impair » !

Apparent rari nantes in gurgite vasto.
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Virgile eût, sans aucun doute, trouvé singulière cette application de son vers de l’Enéide : Apparent rari nantes in gurgite vasto, qui devient, sous l’inspiration de nos beaux esprits : « Il paraît qu’à Nantes les rats rient à gorge déployée. »

Si vis pacem para bellum détermina cette phrase anti-locar­nienne : « Si tu veux vivre en paix, paie-toi un bel homme. »

Et c’est peut-être le directeur des postes qui souffla cette translation osée : « Le commis des postes est un animal triste » d’une citation paraphilosophique que ma chaste plume s’oppose positivement à rappeler.

Tot capita, tot sensus, recueillit l’unanime adhésion : « Autant de capitalistes, autant de sangsues » ; — parallèlement avec Motu proprio qui devint « Silence, propriétaire ! »

Sol licet omnibus devint naturellement : « Le soleil éclaire les omnibus » — alors que Panem et circenses se mua en cette devise de décrotteur : « À Paname on cire sans cesse !… »

Des gastronomes soutinrent que Ora pro nobis signifiait : « On aura deux fois des pruneaux » — que Summum jus, Summa injuria correspondait à « Le jus de saumon, c’est la suprême injure » ; que Carpe diem annonçait que « la carpe est du jour » ; et qu’enfin l’expression d’Ovide : Rudis indigestaque moles pouvait parfaitement faire entendre que « le radis mou est indigeste ».

À nouveau Virgile eût été fort surpris que la phrase qu’il met dans la bouche de Laocoon : Timeo Danaos et dona ferentes, fût ainsi translatée : « Je crains les Danois et Dona Ferentès» (une grande dame espagnole, sans aucun doute !…)

Impavidum ferient ruinæ.
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Quant à cette pensée d’Horace : Impavidum ferient ruinæ, ces messieurs en composèrent ce bref dialogue de péripatéticiennes : « Hein pas vu d’hommes ? — Fais rien… Ruinée !… »

Mme Lavichère elle-même n’eût pas réprouvé cette explication de Labor omnia vincit improbus : « Le laboureur peut tout faire sans probité » — non plus qu’un directeur de music-hall, cette traduction de Non liquet : « Sans chemise ! » ou celle de Pro forma : « Pour les formes ! »

Et l’on rappela l’indignation de ce brave militaire en écoutant un prône où les secula se mêlaient obstinément aux secundum

Enfin, un collègue belge rappela qu’il existe sur la grand’place de Bruxelles un édifice appelé « Broodhuys », c’est-à-dire la Maison de pain, qui porte en lettres capitales la suivante inscription : A peste, fama et bello, libera nos, Maria pacis, ce qui veut dire : « De la peste, de la famine et de la guerre, délivre-nous, Marie de paix » — mais que M. Beulemans préfère ainsi traduire : « Ah ! peste ! la femme est belle ! Libre à nous de la marier à »Pâques ! »

Si vous le voulez bien, nous en resterons pour aujourd’hui sur cette version sensationnelle.

Les illustrations, rajoutées pour cette publication en ligne, sont le fruit de Miklos.

2 janvier 2025

Notes sur la Côte d’Azur, par Alphonse Allais (1899)

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«
… Le docteur australien nous en a raconté une bien bonne, ce matin, au déjeuner.

On parlait de la grande discussion qui passionne, en ce moment, certains milieux :

« Est-il indispensable que les médecins sachent le latin pour vous prescrire un gramme d’antipyrine ou pour vous couper la jambe ? »

— Cette discussion, dit le docteur, me rappelle le plus extraordinaire pharmacien que j’aie vu de ma vie. En voilà un qui n’avait pas fait son éducation à Oxford ni à Cambridge, ni même à Cantorbery, comme Max Lebaudy ! Il ignorait le latin, le grec et n’était pas bien reluisant sur l’orthographe anglaise… Ceci se passait dans une petite ville d’Australie de fondation récente. Notre homme… s’était établi apothicary, comme il se serait établi marchand de copeaux, tout simplement parce qu’il n’y avait pas d’apothicary dans le pays. Ses affaires prospérèrent assez bien, d’ailleurs. Au cours d’un voyage qu’il fit à Melbourne, le potard improvisé remarqua une magnifique pharmacie sur la devanture de laquelle était peinte cette devise latine : Mens sana in corpore sano, qui le frappa fort. À son retour, il n’eut rien de plus pressé que d’orner sa boutique de cette merveilleuse sentence qu’il élargit à sa manière, et bientôt les habitants de Moontown purent lire, à leur grand ébaubissement, cette phrase en lettres d’or :

Mens and Womens
Sana in Corpore Sano.

»(Mens and womens, en dépit d’une légère faute d’orthographe, bien excusable aux antipodes, signifie hommes et femmes.)

Les illustrations, rajoutées pour cette publication en ligne, sont le fruit de Miklos.

26 octobre 2024

The Wingéd Hippo and the Rabbit Fair // L’Hippopotame ailé et le Lapin blanc // فرس النهر المجنح والأرنب الأبيض // ההיפופוטם המכונף והארנב הלבן

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The Wingéd Hippo and the Rabbit Fair

Upon the morn, when sun doth gild the skies,
A marvel strange doth greet the waking eyes:
A hippopotame with wings of light,
Soars high above the world in airy flight.
Beside him, small and fair, a rabbit white,
With eyes of wonder, gazeth on the sight.

« Come, gentle friend, » quoth he of mighty frame,
« Together we shall roam the world aflame,
From verdant hills to seas of deepest blue,
And all the lands where beauty doth ensue. »

O’er fields of gold they fly, where flowers spring,
And forests vast, where ancient oak doth cling.
The rabbit smiles, his heart with joy doth fill,
To see such wonders as they climb each hill.

They sail o’er rivers wide, ‘neath moon’s pale glow,
And watch the stars, as steady winds do blow.
The hippo’s wings, so strong, so broad, so true,
Bear both through heav’ns of dawn and twilight hue.

From icy peaks to deserts vast and bare,
They venture far, exploring ev’rywhere.
« Lo, see the earth, how wondrous it doth seem,
A tapestry of nature’s brightest dream! »

The rabbit, soft upon his friend’s broad back,
Doth whisper thanks for each discovered track.
« Thou art the wings of joy, the heart of grace,
Who bringeth me to each enchanted place. »

Thus round the world they fly, both brave and free,
A creature strange, with rabbit blithe in glee.
And ne’er did skies such gentle pair behold,
As they, who journey far, with hearts of gold.

ChatGPT

L’Hippopotame ailé et le Lapin blanc

Sur l’azur clair, d’un vol au ciel léger,
L’hippopotame aux ailes déployées
Portait le doux lapin, sans le bouger,
Dans l’aube d’or, aux ombres argentées.

Des monts lointains aux plaines d’un éclat,
Ils contemplaient la terre, vaste et belle,
Les mers chantant, les cieux d’un grand éclat,
Sous l’œil ravi de l’ami tout fidèle.

« Regarde, ami, les champs, les bois charmants,
Les flots d’azur et les pics d’albâtre,
La douce plaine où dansent les vents,
Et l’onde claire au reflet délicat. »

Le petit lapin, l’œil pur et brillant,
De sa patte blanche en signe d’allégresse,
Rendit hommage au vol si triomphant :
« Ce monde est beau sous tant de largesse  ! »

Ainsi voguaient, dans l’air pur et profond,
Le grand ami et le petit compère,
Sur chaque souffle, sur chaque horizon,
Guidés par l’amour d’un vol éphémère.

ChatGPT

فرس النهر المجنح والأرنب الأبيض

في السماء الصافية، طائرًا بخفّة،
فرس النهر بجناحيه الواسعة،
يحمل الأرنبَ اللطيفَ في دفء،
فجرًا ذهبيًا، في ظلال ساطعة.

من الجبال البعيدة إلى السهول،
ينظران إلى الأرض، واسعةً وجميلة،
الأنهار تغني، والسماء في حُلل،
وتحت عين الصديق الأمين، نبيلة.

قال فرس النهر: « انظر، يا صديقي،
إلى الحقول، والغابات الساحرة،
إلى البحار الزرقاء، والجبال البهية،
والسهل الذي ترقص فيه الرياح الطاهرة. »

الأرنب الأبيض بعينَيه البريئتين،
يرفع كفَّه في علامة فرحٍ كبيرة،
يقول: « إن هذا العالم، في كل حين،
يبدو رائعًا تحت نعمةٍ منيرة. »

هكذا يسبحان في الهواء النقي والعميق،
الصديق الكبير والرفيق الصغير،
على كل نسمة، على كل أفقٍ دقيق،
موجّهَين بالحب في رحلةٍ قصيرة.

ChatGPT

ההיפופוטם המכונף והארנב הלבן

תחת שמי התכלת, בעדנה קלה,
ההיפופוטם פורש כנפיים רחבות,
נושא הארנב בעדינות רכה,
עם שחר זהב וצללים רועדים.

מראשי הרים עד שדות נפרשים,
הם צופים יחד, האדמה כה יפה,
נהרות שרים, שמיים רחוקים,
מתחת עין חבר נאמן, נעלה.

אמר ההיפופוטם: « הבט, ידידי,
לשדות ירוקים ולחמדת יערות,
לים כחלחל, הרים זוהרים,
למישור בו רוחות נושבות בעדינות. »

הארנב הלבן בעיניו מוארות,
מרים כף בקטנה הוקרה,
אומר: « העולם כה נאה ומלא ברכות,
מתחת חסד של זהר. »

כך טסו יחד, באוויר צלול, עמוק,
החבר הגדול, הלווה הקטן,
על כל משב רוח, על כל אופק רחוק,
מובלים באהבה במסע חופשי ונרקם.

ChatGPT

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