Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

This blog is © Miklos. Do not copy, download or mirror the site or portions thereof, or else your ISP will be blocked. 

25 janvier 2014

À quoi ressemble un labrador, selon Google ?

Classé dans : Sciences, techniques — Miklos @ 23:02


Images similaires à celle d’un labrador, selon Google.

Google offre un service intéressant, la recherche par image : fournissez-lui un graphique, un dessin ou une photo, il trouvera pour vous les images qui lui ressemblent le plus – voire qui lui sont identiques – ailleurs sur l’internet.

Cela peut se révéler d’une grande utilité, par exemple pour débusquer des arnaques de tous genre qui utilisent des photos (de personnes, de biens, de lieux) volées ailleurs sur l’internet. Mais les résultats sont parfois surprenants comme on peut le voir ci-dessus : ce gentil labrador ressemblerait à : un tronc d’arbre, un chien, une jeune femme, deux soldats embusqués en train de tirer à la mitrailleuse, El Pailón del Diablo en Équateur, l’entrée d’une maison troglodyte, un ibis, une corneille, un ours brun et j’en passe (liste complète ).

L’explication semble être due au fait que la recherche se fait principalement sur les couleurs de l’image originale, et pas par une reconnaissance de ce qui y est représenté (dans la plupart des cas ; une exception notable semble être les photos de visages humains, identifiées comme telles). Un autre service, TinEye, ne recherche que les images identiques (à la taille près) : il en trouve donc bien moins, mais parfois, oh surprise, il en débusque des exemplaires que Google n’a pas trouvés.

Comme quoi, il ne faut pas toujours ne faire confiance qu’à notre AMIAspirateur Mondial de l’Information. à tous…

9 janvier 2014

Coïncidence, ou, Les mathématiques mènent à la musique ou à l’actuariat, c’est selon.

Classé dans : Histoire, Musique, Sciences, techniques — Miklos @ 8:30


À gauche : le tromboniste de Gerald Hoffnung.
À droite : le tromboniste de l’Ensemble intercontemporain

De curieuses, parfois réellement étranges, coïncidences émaillent mon quotidien ; elles surviennent sans prévenir, illuminent, telles des comètes, de leur longue traîne née parfois dans un lointain passé ma vie, puis disparaissent en laissant la trace d’un certain merveilleux. En voici une.

C’est par hasard que je suis arrivé à l’Ircam, bien que je rêvais d’y entrer depuis plusieurs années.

Au début des années 1980, je faisais un troisième cycle en informatique – spécialité qui m’avait été imposée bien malgré moi après des études de mathématiques théoriques effectuées en Israël, mais que j’avais fini par aimer – à l’université Cornell aux Etats-Unis. Mon directeur de thèse, Tim (Ray) Teitelbaum, décide de prendre une année sabbatique à l’Inria à Rocquencourt, et il y emmène, en 1982, ses trois doctorants.

Au cours de notre séjour, le frère de Tim, Richard, compositeur de son métier, vient passer quelques jours à Paris et nous parle de l’Ircam : je m’y précipite, et la visite que j’y fais me convainc que c’est le lieu idéal pour mettre mes compétences informatiques au service de ma passion, la musique. Même si la musique contem­poraine n’était pas vraiment mon truc, c’était de la musique.

À partir de ce moment, j’essaierai vainement pendant plus de deux ans – tout d’abord jusqu’à la fin de notre séjour à Paris, puis de retour à Cornell pour poursuivre mon doctorat – de trouver comment y entrer : souvent aucune réponse à mes courriers, et quand j’en reçois c’est pour me dire qu’il n’y a pas de poste de disponible.

Et miracle ! en novembre 1984, Ken, autre étudiant de la fac avec lequel j’avais sympathisé, qui savait que j’étais Français et que j’aimais la musique, me raconte qu’il vient de voir passer sur l’Internet une petite annonceL’Internet, le courrier électronique et les forums publics existaient déjà depuis plusieurs années., celle d’un poste de développeur dans un centre de recherche en informatique musicale à Paris. Ken n’avait jamais entendu parler de l’Ircam, ne savait pas que je rêvais d’y entrer, et ce n’était que par curiosité qu’il m’en avait fait part. La voici :


Cliquer pour voir le détail de l’annonce, champagne y compris.

Elle avait été mise en ligne une dizaine de jours plus tôt. À cette époque, les courriers électroniques pouvaient prendre plusieurs jours pour arriver à destination. Craignant que le poste ne soit donc déjà en passe d’être pourvu – j’étais sûr de n’être pas le seul à le convoiter –, j’arrive à joindre téléphoniquement l’auteur de l’annonce, Adrian Freed. Tout se fait alors très rapidement, et, de fil en aiguille, je suis recruté et arrive à l’Ircam le 2 juin 1985.

Au bout de quelques mois dans l’équipe 4X – nom du synthétiseur que l’Ircam développait à l’époque –, voilà qu’on me propose le poste de responsable informatique de l’institut que j’accepte finalement après plusieurs semaines d’hésitations.

C’est un poste névralgique : qui n’a pas de problèmes infor­matiques, que ce soit de fichiers malencontreusement perdus, d’espace disque insuffisant (à l’époque, un disque d’une centaine de mégaoctets coûtait une somme astronomique…), de performances de calcul ou de réseau trop lentes… ? Tôt ou tard, tout le monde passait dans mon bureau.

Un beau jour se présente quelqu’un que je n’avais encore jamais vu. Il m’adresse la parole, et il me parait évident de lui répondre en hébreu : c’était effectivement sa langue maternelle si reconnaissable à son accent. À peine quelques minutes nous suffisent alors pour découvrir que, quelque quinze ans plus tôt, nous étions chacun en quatrième année de premier cycle de mathématiques, lui à l’université de Tel Aviv et moi au Technion de Haïfa. Puis nous trouvons que cette année-là – 1970-71 –, nous suivions un cours d’homologie algébrique (ne me demandez pas ce que c’est, je n’en connais plus que le nom) donné par une seule et même personne, Abraham Zaks, qui faisait l’aller-retour entre les deux facs. À la fin de cette année, quelques-uns de ses élèves rédigent chacun un chapitre d’un ouvrage des notes de ce cours, publié peu de temps après. Un des chapitres est de la main de Benny, un autre du mien.

Le parcours de Benny – mathématiques et philosophie d’une part, musique de l’autre, et le voici tromboniste de l’Ensemble inter­con­temporain – aura été très différent du mien, mais nous voici réunis à l’Ircam ; quant à notre professeur commun, sa page web indique qu’il s’est orienté vers l’actuariat.

Benny et moi avons sympathisés au fil des années – comment en serait-il autrement avec cet homme à la fois si modeste, attentif et souriant, et dont les connaissances et les compétences sont dignes d’admiration ?

Quelques temps après notre rencontre, Benny m’invite à une soirée chez lui, au cours de laquelle une amie israélienne, Noa Blass, viendra parler d’un livre remarquable. Et lorsqu’elle commence à présenter cet ouvrage, je suis saisi : il s’agit de celui de mon ami de très longue date Guy, cet être exceptionnel. Noa et Guy, tous deux récemment disparus, se connaissaient bien…

Plus tard, Benny rencontrera Guy.

4 janvier 2014

Une grande chanteuse hors du temps à plus d’un égard

Classé dans : Langue, Musique, Sciences, techniques — Miklos @ 23:22

L’« occupant allemand » ne devait pas savoir que Marjane avait interprété en 1938 une chanson yiddish à succès composée par Sholom Secunda (élève d’Ernest Bloch), Bei mir bistu schein dont avait fait deux enregistrements, un en anglais et l’autre en français : pendant l’Occupation, Marjane a pu se produire avec succès en France (surtout avec Seule ce soir), et c’est plutôt à la Libération qu’elle a été inquiétée (et acquittée).

C’est ce dernier qui ouvre le très beau coffret de deux CDs, Yiddish – New York – Paris – Varsovie 1910-1940, qui comprend des « tubes » de ce répertoire chantées dans leur langue d’origine ou en anglais voire en français par certains des plus grands musiciens de l’époque, à l’instar des célèbres clarinettiste Benny Goodman et violoniste Joseph Szigeti, de l’énergique Aaron Lebedeff (dont on avait parlé il y a peu), de Molly Picon (qui chante tout de même incom­pa­ra­blement mieux que Judith Magre, malgré le respect qu’on doit à cette dernière) ou de la dernière des Red Hot Mamas, j’ai nommé Sophie Tucker (non apparentée au grand ténor Richard Tucker, né Rubin Ticker…), des superbes chantres Gershon Sirota ou Yossele Rosenblatt (dans deux liturgies en hébreu, qui n’ont donc en fait rien de yiddish si ce n’est qu’elles sont interprétés dans la tradition musicale ashkenaze) et d’autres musiciens dont l’œuvre mérite d’être préservée et diffusée. On y trouve aussi L’Énigme éternelle, une des Chansons hébraïques de Maurice Ravel, mélodies yiddish tradi­tionnelles qu’il a orchestrées d’une façon tout à fait remar­quable (celle-ci s’appelle en yiddish Mayerke mein zin, litté­ra­lement « Petit Mayer, mon fils », Mayer était d’ailleurs le prénom de mon père dont c’était aujourd’hui l’anniversaire).

Dans le reportage que l’on peut voir ci-dessus, Marjane (née Thérèse Gendebien…) défie le temps : elle a alors cent ans, elle paraît en avoir au moins 20 de moins et possède l’énergie d’une femme dans la force de l’âge. Ce qui explique sans doute pourquoi la Wikipedia a aussi défié le passage du temps dans la page qu’elle lui consacre, comme on peut le voir dans cet extrait :


Cliquer pour agrandir.

Et pour finir en musique, voici l’enregistrement de la version française de cette fameuse chanson interprétée par Marjane :

18 décembre 2013

De l’origine de la trêve des confiseurs, ou, Quand les chiffres mentent

Classé dans : Livre, Progrès, Sciences, techniques — Miklos @ 15:34


Ouvrage édité en 1866-1877 mentionnant une date bien postérieure.

C’est en recherchant dans Gallica les premières occurrences en français de l’expression « trêve des confiseurs » qui dénote la période dans laquelle nous entrons que j’ai été dirigé vers un volume du Grand dictionnaire universel du XIXe siècle de Larousse, que la notice documentaire l’accompagnant décrit comme édité entre 1866 et 1877, période précédant toutes les autres occurrences que j’avais trouvées jusque là.

Or comme on peut le voir ci-dessus, l’article qui précède la définition que donne ce dictionnaire de l’expression en question mentionne 1886, date bien postérieure à celle de l’édition de l’ouvrage. Faute d’imputer ce phénomène à des capacités de précognition de Larousse (d’ailleurs décédé en 1875), on doit se résoudre à supposer une erreur de cata­logage.

J’ai donc recherché d’autres dates, ultérieures à 1866, dans le texte, à l’aide du module de recherche. Celui-ci en indiquait généreusement un certain nombre situées dans la dernière décennie du XIXe siècle, mais oh ! surprise, en comparant l’original au texte identifié par la reconnaissance optique de caractères, il s’avère qu’il y a discordance, comme on peut le voir ici :


Discordance entre une date dans l’original
et sa correspondance dans la reconnaissance de texte.
Cliquer pour agrandir.

Il ne s’agit plus ici d’une erreur humaine – du moins à ce niveau de transcription, effectuée automatiquement. C’est sans doute le logiciel de reconnaissance de caractères qui est défectueux – la qualité de l’image ne permet a priori aucune ambiguïté dans le processus, les deux « 8 » voisins semblant identiques et pourtant identifiés diffé­remment, défaut qui n’est pas sans rappeler celui qu’on a rapporté il y a peu dans un logiciel similaire équipant les scanners de Xerox. La BnF y aurait-elle fait appel ?

Les implications d’un tel problème dépendent évidemment de son étendue dans ce fonds important (et dans d’autres, éventuellement), que ce soit dans le cas d’une recherche manuelle comme celles que j’ai effectuées et qui nécessitent de vérifier les résultats affichés par la recherche dans l’image scannée voire dans l’original papier (au cas où ce serait le scan qui serait erroné, comme dans le cas Xerox), ou dans celui d’une recherche automatique dans un large corpus de texte à des fins d’études statistiques, par exemple.

Le fin mot de l’histoire ? À distance, difficile de dire, le volume en question n’étant pas daté (ou du moins, sur les pages présentes dans le document numérique, qui ne comprend pas les premières et dernières de couverture). Mais il suffit de lire la postface des éditeurs présente sur la toute dernière page du document numérique, dont la signature indique « Janvier 1890 », et suivie d’une note rédigée posté­rieu­rement, mentionnant la date du 15 décembre 1890.


Postface du volume en question.
Cliquer pour agrandir.

16 décembre 2013

Yes, you can! ou, Si l’écran de votre ordinateur portable s’est rayé, fendillé, fissuré, fracturé, cassé…

Classé dans : Sciences, techniques — Miklos @ 23:52

… vous pouvez le remplacer vous-même à l’aide de vos ongles et d’un petit tournevis cruciforme, comme le démontre très péda­go­gi­quement la vidéo ci-dessus (qui correspond à mon portable). L’avan­tage ? Il ne vous en coûtera que quelques dizaines d’euros.

Il vous suffit pour cela :

– de commander la dalle d’écran (uniquement la partie où s’affiche l’image, sans le couvercle) correspondant au modèle précis de votre ordi­nateur (information que l’on trouve en général sur l’étiquette comprenant un code à barres, colée sous le portable ; dans mon cas, il s’agit d’un Acer Aspire One 756-877B2KK, et j’ai trouvé sur eBay un fournisseur anglais qui en dispose de plus d’une dizaine, neufs) ;

– de trouver une vidéo qui décrit comment procéder pour votre modèle, à l’instar de celle affichée ici (elle est mise en ligne par un fournisseur américain de dalles d’écran – plus chères toutefois que celle que j’ai trouvée) ; la mani­pu­lation n’a pris que quelques minutes, et tout remarche main­tenant à perfection.

The Blog of Miklos • Le blog de Miklos