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« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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23 mars 2008

Les faits et les méfaits du mail

Classé dans : Histoire, Littérature, Sciences, techniques — Miklos @ 16:31

« Courrier Le courrier désigne la cor­res­pon­dance écrite entre personnes, gé­né­ra­le­ment deux : un ex­pé­di­teur qui l’envoie et un des­ti­na­taire qui le reçoit. Ce sont des lettres ma­nus­crites mais aussi des cartes postales. On les envoie dans une en­ve­loppe, ou tel quel quand c’est une carte postale. » (Wikipedia)

La définition que donne la WP du mot « courrier » s’en tient à son accep­tion originale qui date du xive et qui est loin de refléter son sens actuel : « Ensemble des lettres, imprimés, paquets qui sont acheminés et distribués par les services de la poste » (TLF) ou par des services privés.

Elle ignore aussi les autres significations du terme : messager ou émissaire (et sa variante avant-courrier), rubrique d’un journal regroupant des communications (« courrier des lecteurs »), et par extension appellation de périodiques (Le Courrier picard, Le Courrier de l’Ouest, Le Courrier international…), etc. Ce dernier usage s’apparente à celui du mot « lettre » dans l’expression générique « lettre d’information » ou dans des titres de publications papier ou en ligne dont la diffusion est loin d’être limitée à une personne, telles que Les Lettres nouvelles de Maurice Nadeau, qui y aura publié pendant 25 ans des textes d’Antonin Artaud, Henri Michaux, Jacques Prévert, Raymond Queneau, Brassaï, Roland Barthes, Georges Bataille, Maurice Blanchot, Kateb Yacine, Arrabal, Claude Simon, Alain Robbe-Grillet, Michel Leiris, Boris Pasternak, Evtouchenko, Soljenitsine, Le Clézio, Alberto Moravia, John Cage ou Samuel Beckett (source : Le Magazine littéraire) – et pourtant, la WP française n’y consacre qu’une phrase.

La WP française n’établit pas non plus de lien entre la courte page qu’elle consacre à « Courrier » et ses contreparties en anglais ; le choix existe pourtant entre « Mail », qui désigne le transport d’objets de tous ordres, et « Courier » (un seul r) qui désigne la personne ou l’organisme chargé d’effectuer ce transport.

Signe des temps, l’entrée consacrée au courrier électronique est bien plus prolixe. Elle omet toutefois de mentionner le projet Uucp, développé au début des années 1980 dans le but de faciliter l’échange de courrier électroniques entre ordinateurs utilisant le système d’exploitation Unix et ce protocole de transport. C’est ainsi que nombre d’organismes français ont pu échanger des messages entre eux et à l’international avant l’arrivée de l’internet en France. Dans cet environnement, l’arobase n’était pas utilisée dans l’adresse ; Uucp utilisait le point d’exclamation (exemple : seismo!okstate!uokmax!uokucs!rcl – où « rcl » est l’identifiant du des­ti­na­taire, précédé de la liste des relais nécessaires pour le joindre à partir de l’ordi­nateur de l’expéditeur). Cette page ne rappelle pas non plus l’existence du réseau Bitnet (né aussi à la même période, mais pour des ordinateurs IBM, et plus tard pour d’autres environnements) qui permettait non seulement l’échange de courriers électroniques et la gestion de listes de diffusion (« Listserv »), mais aussi ce qui fut les premiers échanges directs en ligne (connus aujourd’hui sous le nom anglais de chat) et les tous premiers jeux de rôle (précurseurs des mondes virtuels apparus il y a quelque dix ans avec Active Worlds, donc bien avant Second Life) et notamment des Mud (« multi-user dungeon »), inventés en 1984 par deux étudiants de l’École des Mines de Paris, Bruno Chabrier et Vincent Lextrait.

Enfin, autre signe des temps, la WP française redirige « mail » vers « courrier électronique », ignorant tout de ses significations alternatives (et bien françaises, celles-là) de gros marteau en fer ou de maillet en bois et du jeu éponyme, ancêtre du croquet et du golf dont il possédait toutes les vertus qu’on attribue à son descendant british :

« Mais le jeu de lancer favori des élites dans la seconde modernité est sans nulle doute le pallemail ou mail, mêlant exercice et adresse, qui poursuit la carrière entamée au xvie siècle. Le jeu a envahi tout le royaume au milieu du xviie siècle, qui voit la création d’un corps de « palemardiers » ou maîtres de mail en 1668 à Montpellier. Les villes se dotent en périphérie de longues allées sablées, bordées de rangées d’arbres, dont l’appellation survit dans la toponymie contemporaine. On y emploie des boules de buis ou de néflier de cinq à six onces de diamètre et des mails de chêne vert – les plus réputés viennent d’Avignon –, dont le manche, proportionné à la taille du joueur, doit aller des pieds jusqu’à la ceinture. Le mail exige un parfait contrôle de l’attitude corporelle ; il faut jouer des reins, dit L’Encyclopédie, et pas seulement des bras, se mettre aisément sur la boule ni trop près ni trop loin, ne pas avancer un pied plus que l’autre, les genoux souples, les brase de même, “afin que le coup soit libre et aisé”. On joue au rouet – chacun pour soi –, ou en partie, c’est-à-dire par équipe. On peut aussi y jouer à la chicane, en pleine campagne, par les chemins. (…) Mais la version la mieux aimée aux xviie et xviiie siècles consiste à parcourir les allées uniformes des parcs aristocratiques, car “on peut en même temps jouer, causer et se promener en bonne compagnie”. Louis XIV s’y adonne depuis son enfance (…). Et la maison du roi compte parmi ses officiers plusieurs “porte-mail et billiard”, jusque sous le règne de Louis XV. C’est le meilleur des jeux pour la santé, affirme L’Encyclopédie (…), “il est propre à tous les âges, depuis l’enfance jusqu’à la vieillesse”. Il est également accessible aux femmes, ce qui contribue à son succès. » — Élisabeth Belmas : Jouer autrefois. Esssai sur le jeu dans la France moderne (xvie-xviiie siècle). Éd. Champ Vallon, 2006.

De là à ce que les nouvelles générations supposent que la rue du Mail à Paris, à Angers, à Nîmes, en Avignon et ailleurs doit son nom à quelque cybercafé plutôt qu’à un lieu où se réunissait les joueurs de mail, il n’y a plus qu’un pas à faire. Voici ce que dit Albin Michel de l’origine du nom de cette voie dans son Nîmes et ses rues en 1876 :

Le jeu de mail ou de pallemalhe était autrefois en grande faveur à Nimes, et l’on avait pris l’habitude d’y jouer sur tous les chemins qui aboutissaient à la ville, ce qui occasionnait souvent des accidents et des plaintes des propriétaires dont on détruisait les clôtures et dont on violait les propriétés, pour aller chercher les boules égarées. Aussi, en 1636, le sieur Jean Guirauden, lieutenant du prévôt des maréchaux au diocèse de Nimes, adressa-t-il aux consuls et au gouverneur de la ville une pétition pour être autorisé à établir un jeu de mail sur une terre par lui acquise du sieur Escudier, au quartier appelé Saint-Vincens. »

Le terme alternatif employé dans la pétition a donné en anglais « Pall Mall », qui, à l’instar du terme en français, a donné son nom à diverses rues et à une célèbre artère londonienne et pour des raisons similaires. Dans l’extrait de la pétition dont parle Albin Michel, on peut lire ce savoureux passage :

…en considération de ce que l’exercisse est honneste et permis, néansmoyns en la présente ville de Nismes (…) il n’y a aulcung lieu destiné pour led. exercisse, en telle sorte, que les plus grans et fréquans chemins abordans lad.ville comme celluy d’Abvignon, de Montpellier, Beaucaire, Arles et autres infinis chemins sont occupés par lesd. Joueurs aud. Pallemalhe ou pour mieux dire à la chicquane, dont le public et particuliers reçoivent une notable injeure et prejudice ; car, en premier lieu, pandan qu’on s’exerce en ses grands chemins, les passans, qu’elle hoste et affaires importans qu’ils aient, sont contrainctz s’arrester, voire mesme, qui pui est, s’ils s’opiniatrent à continuer leur chemin, courent fourtune d’estre offancés, ce quy es. Grandement préjudiciable au négosse et commerce de la dite ville ; d’alheurs ont fait pleuzieurs desgats et dommages aux maisons, bleds, vignes et jardins qui confrontent et abottissent lesd. Chemins, dont ordinairement les particuliers en font plaintes, pour les quelles faire cesser et autre incommoditez quy en arrivent et malheurs qui peuvent ensuivre, vouldrait ledit suppliant qu’il feust votre bon plaizir lui permettre faire faire ung jeu de pallemalhe en une etter qu’il a acquise jougnant les vieilles mazures de l’ancienne muralhe, cartier appelé Saint-Vincens, et icelluy approuver, sous les modifications, pactes et conditions cy apprès escriptes et les ordonnances et les réglemans au folhet cy attaché, et moyennant ce led. suppliant priera Dieu pour vos santés et prospérités.

À ces méfaits du mail d’alors, qui empêchaient les braves citoyens de vaquer à leurs occupations, succèdent ceux du mail d’aujourd’hui, où la vague croissante des spams (pourriels), des hoax (canulars) et des tentatives de phishing (hameçonnages frauduleux), qui atteint quelque 98% de tous les échanges électroniques, menacent de noyer les braves cybercitoyens qui prieraient bien quelque dieu pour qu’on les en débarrasse d’une façon ou d’une autre. À ceux qui se trouveraient du temps libre du fait d’avoir renoncé à utiliser le courrier électronique et qui souhaiteraient se perfectionner à ce jeu (ce qui ne manquera pas de calmer leur ire, aussi justifiée soit-elle), on ne saurait trop conseiller la lecture préliminaire de l’Académie Universelle des Jeux, Contenant les Règles des Jeux de Cartes permis ; celle du Billard, du Mail, du Trictrac, du Revertier, etc. etc. Avec des Instructions faciles pour apprendre à les bien jouer dans sa nouvelle édition de 1806, Augmentée du Jeu des Echecs, par Philidor ; du Jeu de Whist, par Edmond Hoyle, traduit de l’Anglais ; du Jeu de Tre-sette, du Jeu de Domino, de l’Homme de Brou, etc. etc.. Les règles concernant le jeu du mail se trouvent dans le second des trois tomes, p. 254-284 (cf. ci-contre). Son style ne manque pas de saveur pour le lecteur contemporain, jugez-en : « Il ne sera pas inutile de remarquer combien il est avantageux à ce jeu d’avoir de bonnes boules ; c’est le pur hasard de la nature qui les forme, et, s’il faut ainsi dire, qui les pétrit ; mais c’est l’adresse du Joueur habile, qui achève de les faire en les bien jouant, de les connaître pour s’en servir à propos. » L’ouvrage était disponible chez Amable Costes à Paris et Amable Leroy à Lyon, et dorénavant chez Gallica (quand ça marche et ne répond pas, poliment bien qu’en anglais, « Server temporary unavailable. The server is temporarily unable to service your request due to maintenance downtime or capacity problems. Please try again later. »).

Encycl. Antiq. On appelait un courrier public ou privé, chez les Romains, angarius ou angarus. Ce nom leur venait des Grecs, mais il était d’origine barbare. Bochart le dit arabe ; d’autres le croient persan. Les relations qui s’établirent par la guerre et le commerce entre les Grecs et les Perses firent adopter aux premiers les meilleurs usages des seconds, entre autres ce que nous appelons la poste. Les Grecs, en instituant des courriers publics à l’imitation des Perses, transportèrent dans leur langue un terme dont ils avaient besoin et reçurent ainsi de la Perse le nom et la chose. Ce fut de la Grèce que ce nom passa aux Latins, quand ils adoptèrent l’usage des courriers à l’imitation des Grecs. La politique des rois de Perse leur avait fait imaginer ces sortes d’officiers à cheval, messagers de leurs ordres, par lesquels ils étaient promptement informés de ce qui se passait dans les provinces les plus éloignées de leur vaste empire. Le besoin de communiquer entre eux a naturellement suggéré aux hommes des moyens de transmission très-divers. Cyrus, ou Xerxès, selon Hérodote, établit des courriers et des chevaux de distance en distance, et fut le premier instituteur de ce mode de communication. Ce serait donc au plus tôt vers l’an 536, et au plus tard vers l’an 485 avant notre ère, qu’on aurait commencé à avoir des courriers régulièrement établis, seulement toutefois pour le service particulier des rois. L’usage était de faire courir ces messagers à cheval durant toute une journée ; le premier courrier remettait ses dépêches à un autre, qui courait le jour suivant, et ainsi de suite jusqu’à destination. C’est ce qui leur fit aussi donner par les Grecs le nom d’hémérodromes, coureurs d’un jour. Suidas dit qu’ils parcouraient d’un trait 1,500 stades. On voit là, à l’état rudimentaire, l’origine et la première idée des postes.

La difficulté de charger un homme et un cheval de tablettes quelquefois assez lourdes suggéra au Romains l’idée d’atteler le cheval à un léger véhicule. Les courriers du temps de l’empire avaient le droit de forcer 1es particuliers ou les villes à leur fournir des chevaux ou des bêtes de somme, quelquefois des voitures, comme on l’apprend par le jurisconsulte Paulus, au mot Angaria. Cette obligation excita des plaintes réitérées de la part des provinces, et l’on dut à l’empereur Adrien l’abolition de cette servitude. La poste, si l’on peut ainsi parler, fut dès lors entretenue aux frais de l’Etat. Louis XI est le premier, dans les temps modernes, qui ait établi, par un édit de 1464, l’usage des postes, jusqu’alors inconnu en France. Il y ordonna le changement des chevaux de deux en deux lieues, à la différence des anciens qui n’en plaçaient qu’au bout de l’espace de chemin qu’un cheval pouvait faire par jour, et il fut ainsi le véritable inventeur des relais à court intervalle.

Pierre Larousse, extrait de l’article « courrier »
in Grand dictionnaire universel du XIXe siècle,
tome cinquième. Paris, 1869.

22 mars 2008

En parcourant la Wikipedia (3)

Classé dans : Sciences, techniques — Miklos @ 13:06

« Escape Artist Escape Artist Records est un label indépendant fondé en 1997 et basé en Philadelphie, aux Etats-Unis »

Outre les fautes de grammaire et de ponctuation, la liste des artistes du label est incorrecte (Ganglahia n’en fait pas, ou plus, partie – il semble avoir disparu totalement –, « Ken Mode » s’écrit « KEN mode ») et le lien sur 27 (le nom de l’un des groupes) mène vers la page consacrée à l’année 27 du calendrier julien… Ce n’est pas le cas de la page correspondante en anglais (qui n’est d’ailleurs pas liée à celle-ci).

« En avoir ou pas En avoir ou pas (en anglais, To Have and Have Not) est un roman fréquemment oublié d’Ernest Hemingway, paru en 1937. »

Cette entrée laisserait entendre que ce roman a été publié en français en 1937. Or il l’a été en 1945 dans la traduction de Marcel Duhamel (que l’on trouve curieusement mentionné souvent sous le nom de « Maurice Duhamel »), qui aurait mérité d’être mentionné dans ce contexte (dans la fiche que la WP française lui consacre, ce roman l’est). Ce livre est à l’origine du fameux film Port de l’angoisse de Howard Hawks (qui rapporte qu’Hemingway lui avait confié que c’était son plus mauvais livre) avec le couple extraordinaire Bogart et Bacall, dont la complicité ne se résumait pas qu’à celle qui perçait l’écran. William Faulkner – excusez du peu – a participé à la rédaction du scénario, et les répliques savoureuses, ironiques, sensuelles, en portent la griffe. Comment ne pas goûter la façon suggestive dont Slim (Bacall) dit langoureusement à Sam (Bogart) qu’il suffit qu’il la siffle pour qu’elle vienne : « You know how to whistle, don’t you, Steve? You just put your lips together and… blow. » (la pause d’un instant avant le dernier mot lui accorde une charge érotique assez puissante). Ou alors, lorsque, nonchalante, elle demande à Sam, le voyant porter dans ses bras Hélène de Bursac (Dolores Moran) évanouie : « What are you trying to do, guess her weight? ». Un film qu’on ne se lasse pas de revoir. Quant à la WP anglaise, la page consacrée à ce roman mentionne toutes ses adaptations cinématographiques (qui ont aussi une entrée à part), ce qui n’est pas le cas de la page correspondante en français.

« Godfrey Harold Hardy Godfrey Harold Hardy (7 février 1877 – 1er décembre 1947) est un mathématicien britannique de premier plan, lauréat de la Médaille Sylvester en 1940 et de la médaille Copley en 1947, connu pour ses œuvres en théorie des nombres et en analyse. Les non-mathématiciens le connaissent surtout pour deux choses (…) Des années plus tard, Hardy a cherché à supprimer le système Tripos comme il a estimé que cela devenait une fin en soi qu’être des moyens à une fin. Hardy est aussi crédité de sa réforme dans les mathématiques britanniques en leur ayant apporté la rigueur, qui avait précédemment une caractéristique de mathématiques françaises, suisses et allemandes. (…) »

Le triste charabia qui émaille la notice à propos de l’un des plus grands spécialistes de la théorie des nombres résulte d’une traduction littérale et de mauvaise qualité de l’article correspondant en anglais. On ne peut dire que cela apporte de la rigueur à la WP… L’article contient une anecdote sans intérêt si ce n’est qu’elle mentionne la célèbre hypothèse de Riemann, conjecture mathématique soulevée il y a bientôt 150 ans par Riemann et restée sans démonstration (ou réfutation) à ce jour : un prix de 1 millions de $ sera attribué à la personne qui y arrivera finalement. Ce que la page de la WP consacrée à ce problème (prise de la page anglaise) ne mentionne pas c’est qu’un étudiant britannique, Ce Bian, a franchi une étape probablement cruciale dans cette recherche, à l’aide d’un ordinateur (10 000 heures de calcul…) et de son directeur de thèse (qui, on le suppose, lui aura consacré moins d’heures).

« Prix Gémeaux Les Prix Gémeaux, créés en 1986, sont des prix qui récompensent chaque année les professionnels de la production télévisuelle francophone au Canada. Les Gemini Awards récompensent les productions anglophones. »

Cette définition est suivie d’une liste de 190 catégories (actuelles ou passées) de ce prix, chacune d’elle donnant lieu à une page souvent presque vide. On a vu ailleurs d’autres exemples de ce genre de prolifération (communes, villages, hameaux, sportifs, acteurs, films, groupes, disques…) produisant des entrées indigentes qui, si elles se trouvaient dans l’une des encyclopédies avec lesquelles la WP prétend se comparer, n’auraient pu assurer leur réputation. En ce qui concerne les films, rien n’égale – en exhaustivité, en détail des contenus ni en fonctionnalités – la célèbre base de données IMDb, qui comprend plus d’un million d’entrées (qui, à la différence de la WP, ont toutes du contenu) dont quelque 380 000 films et 480 000 épisodes de séries télévisées. À ceux qui recherchent des informations en français sur le cinéma, on conseillera Allociné, qui fournit, en plus des synopsis et de la distribution, les lieux et les horaires des séances. La WP ne peut s’y mesurer – comme elle ne le peut avec les bases de données spécialisées – elle devrait donc effectuer des choix bien plus clairs : moins d’articles, plus de qualité (= articles de fond, et pas uniquement une définition, ou, pire, une mention). Mais lorsque le critère de comparaison n’est que quantitatif (nombre de pages), il n’est pas étonnant que l’on veuille faire du chiffre. Ah, les trompettes de la renommée…

« Scientific Data Systems Scientific Data Systems, or SDS, was an American computer company founded in September 1961 by Max Palevsky, a veteran of Packard Bell and Bendix, along with eleven other computer scientists. (…) In December 1966 SDS shipped the entirely new Sigma series, starting with the 16-bit SDS Sigma 2 and the 32-bit SDS Sigma 7, both using common hardware internally. The rise of the 8-bit ASCII character standard was pushing all vendors to the 8-bit standard from their earlier 6-bit ones, and SDS was one of the first to enter this market.  »

La WP de langue anglaise donne – heureusement – un historique bien plus complet de ce constructeur informatique américain de premier ordre que ne le fait la WP française, dont la définition se résume à « SDS (Scientific Data System) est le nom d’une ancienne compagnie informatique américaine. » Cette dernière n’est d’ailleurs pas beaucoup plus prolixe au sujet d’Honeywell, dont l’activité informatique, non négligeable en son temps, fut vendue au groupe français Bull. Pour en revenir à l’ordinateur Sigma 2 de SDS, il est intéressant de noter (ce que ne fait pas la WP anglaise) qu’il comportait une mémoire vive de 32 Ko (aujourd’hui, il est courant d’avoir 1 Go dans son ordinateur, soit 32 000 fois plus), n’avait pas de mémoire externe (disques durs) et pouvait effectuer des tâches graphiques multi écrans et en temps réel grâce, d’une part, à son architecture novatrice et, d’autre part, à l’économie de moyens utilisés en programmation (en langages assembleur ou, plus rarement, Fortran). Là où la WP anglaise se plante, c’est en parlant d’« ASCII 8 bit » à son propos : double erreur, le codage ASCII nécessite 7 bits, et le Sigma 2 utilisait un codage différent, l’EBCDIC (sur 8 bits), qui avait été introduit auparavant par IBM.

Quelques textes précédents et suivants à ce propos :

• Wikipedia (28/9/2004)
• Le web comme hégémonie de l’amateurisme, ou Wikipedia sous les feux croisés (20/10/2005)
• Wikipedia redux, ou l’amateurisme a un coût (26/10/2005)
• La Wikipedia au Kärcher (12/12/2005)
• De musique, de numérique, de blogs, de Wikipedia et d’Amazon, de célébrité et d’authenticité (26/2/2007)
• Du rififi chez les Wikipediens (4/3/2007)
• Le parcours d’une star : d’étoile à supernova ? (12/10/2007)
• L’amateur, le savant, le contributeur anonyme et l’auteur (28/1/2008)
• Les faits et les méfaits du mail (23/3/2008).

19 mars 2008

Hewlett-Packard tombe dans le panneau

Classé dans : Sciences, techniques — Miklos @ 21:14

« J’attendrai le jour et la nuit
J’attendrai toujours… »

— Nino Rastelli (paroles, trad. Luis Poterat), Dino Olivieri (musique)

Nous entrons, dit-on, dans l’ère de l’éco­nomie des ser­vices. Mais pour le moment, ce sont plutôt des sévices. Et ce n’est pas par­ti­cu­liè­rement éco­no­mique, vu le temps qu’on y perd.Il y a bientôt un mois, j’achète une imprimante multifonction de la marque HP : ses caractéristiques me semblent correctes, la marque m’inspire confiance. Lors de l’installation, je constate que le panneau de contrôle est en anglais, et la documentation indique qu’il suffit de coller un cache correspondant en français, fourni avec l’imprimante. Or il n’était pas fourni.

J’envoie donc un courrier au support de la dite compagnie. La réponse que je reçois me demande de leur « apporter une liste de renseignements » – que j’avais tous fournis dans mon courrier – et mon adresse pour l’envoi du cache. Je m’exécute.

Dix jours plus tard, je reçois un courrier du support me demandant si le « dysfonctionnement sur ma machine » a été résolu. Je réponds que rien n’a été fait. HP me répond alors qu’ils vont envoyer un rapport au « service des experts ».

Encore dix jours passent. Je reçois alors une demande d’évaluation du service client de HP fournissant l’adresse d’un site qui me permettra d’« évaluer la qualité de cette récente expérience en matière d’assistance ». Ma première tentative de connexion à ce service échoue (« timeout » du service) et toutes les tentatives ultérieures indiquent que j’ai déjà répondu à cette enquête (dont je n’ai pas vu le début du commencement)… J’envoie une plainte au support des enquêtes.

Dix jours plus tard, je reçois par courrier un cache… en anglais, identique au panneau de l’imprimante.

Quelques jours passent encore. Près de deux semaines après mon dernier courrier, le support des enquêtes me répond qu’il faut que j’attende une heure avant de réessayer de continuer à remplir cette enquête. Je réessaie pour la forme, et reçois alors comme réponse que « cette enquête n’est plus disponible ».

J’attends toujours le cache en français.

18 mars 2008

En parcourant la Wikipedia (2)

Classé dans : Sciences, techniques — Miklos @ 8:39

« Jean-Marie Lustiger Aron Jean-Marie Lustiger, né le 17 septembre 1926 à Paris et mort le 5 août 2007 à Paris, était un dignitaire de l’Église catholique romaine, archevêque de Paris de 1981 à 2005, créé cardinal en 1983. (…) Le 25 août 1940, à l’âge de 14 ans, il reçoit le baptême à Orléans. »

Ce n’est évidemment qu’un détail, mais à la date donnée pour son baptême (ici le 25, mais selon les WP anglaise, finlandaise, italienne, polonaise, portugaise et russe le 21) il n’avait pas encore 14 ans (le JDD, l’Encyclopædia Britannica ou l’Encyclopédie Universalis ne s’y sont pas trompés, eux). Quant à son prénom d’origine, l’orthographe varie entre « Aron » et « Aaron » selon les versions des WP (et ailleurs). Il serait intéressant de consulter son acte de naissance, ce qui permettrait de voir s’il en avait reçu d’autres, comme il est souvent de coutume.

« Liste de saints patrons Un saint patron est saint protecteur d’un groupe particulier. Il peut s’agir d’une localité, d’une région ou d’un pays, ou encore d’une corporation ou d’une profession. »

Certains « groupes particuliers » et leurs saints tutélaires sont notoirement absents de cette liste : les serial killers ont Saint Caedwalla (qui en était un, puis s’est repenti et converti au christianisme, ce qui ne l’a pas empêché de décéder dix jours plus tard, en 689) ; les voleurs et les prostituées se réclament de Marie-Madeleine en France et de Santa Muerte au Mexique (qui n’est pas en odeur de sainteté, pourtant, auprès de l’église catholique de ce pays). C’est Sainte Monique qui s’attache au sort des alcolos : son mari l’avait été. Sainte Dymphna est la patronne des malades mentaux et des victimes de viol : son père, qui n’était pas un saint et avait perdu la tête de chagrin à la mort de sa femme, voulait épouser sa fille, et faute d’y arriver, la décapita. Sainte Blandine protège ceux qui sont injustement accusés de cannibalisme, tandis que Saint Dreux (dont la WP française ne parle pas, bien qu’il ait été français), dont la laideur était tellement repoussante qu’il passa les quarante dernières années de sa vie reclus dans une cellule attenante à son église, est le patron de ceux que la nature a défavorisés. Quant à la modernité, elle n’a pas échappé à la saintitude : la télévision a Sainte Claire d’Assise (c’est Pie XII qui l’a dit), et l’internet – Saint Isidore de Séville (depuis 2002 ; la WP ne l’a pas raté, lui). [Sources : BBC et autres, 17/3/2008].

« Lose My Breath « Lose My Breath » is an R&B/dance-pop song written by Beyoncé Knowles, Kelly Rowland, Michelle Williams, Rodney Jerkins, LaShawn Daniels, Fred Jerkins III, Sean Garrett, and Shawn « Jay-Z » Corey Carter for Destiny’s Child’s fourth studio album, Destiny Fulfilled (2004). It was produced by Knowles and Jerkins and released as the album’s lead single in autumn 2004. The single was released with « Why You Actin’ » as the b-side.(…)

Vrai ou non, là n’est pas le problème : c’est un article entièrement en anglais (à l’exception des intertitres…) dans la WP française. Et il n’est pas le seul, il y en aurait 3 320 en souffrance de traduction, qui se rajoutent au nombre impressionnant d’articles à l’état d’ébauche (231 000 pages de la WP française contiennent la mention « cet article est une ébauche » pour un total de 635 887 articles). [18/3/2008]

« Single stand binding protein Single staind binding protein (SSBB) est le nom d’une protéine que l’on trouve lors de la réplication du génome chez les eucaryotes. Au moment de la séparation des 2 brins complémentaires de l’ADN bicatenaire, ces protéines se fixent sur le brin tardif afin d’empêcher les deux brins de se « recoller » ensemble. »

Les deux tentatives de donner le nom (anglais) de cette protéine ont échoué : il s’agit de Single-strand binding protein (et non pas « stand » ou « staind » – deux lapsus que l’on qualifierait de lazuli, tant ils sont beaux, pour qui connaît l’anglais). L’acronyme est, bien évidemment, SSBP (et non pas SSBB, qui dénote un jeu de combat pour console Wii publié par Nintendo) : impossible donc de trouver, dans la WP française, cette entrée si on effectue une recherche avec le nom ou l’abréviation corrects.

« Théophraste Théophraste, en grec ancien Θεόφραστος (Érésos, Lesbos v.372 av. J.-C.–Athènes v.287 av. J.-C.), philosophe grec de l’école du Lycée. »

Si, par perverse curiosité, on consulte les versions de cet article en d’autres langues, on remarquera qu’il est né en -372 (versions catalane, croate, danoise, espagnole, espéranto, grecque, hébreu, norvégienne, portugaise, roumaine, slovène), en -371 (versions allemande, anglaise, finlandaise, hongroise, italienne, néerlandaise), en -371 ou -370 (version suédoise), en -370 (versions bahasa indonesia, bulgare, islandaise, limbourgeoise, polonaise, russe, turque). On ne peut que vouloir lire son Des Ratiocinations, ou Du Faux et du Vrai. Mais n’ayons pas l’esprit chagrin, à propos de quoi Théophraste disait : « L’esprit chagrin fait que l’on n’est jamais content de personne, et que l’on fait aux autres mille plaintes sans fondement. » (Caractères) Car il y a un fondement à nos plaintes.

« Zanger Bob Zanger Bob (né 28 avril, 1996) est un chanteur Hollandais. »

Le problème (enfin, un des problèmes) avec cette définition est que Bob s’appelle Offenberg – ce que ne mentionne pas la WP –, et que « Zanger » veut dire « chanteur » (Zanger Bob est son surnom). En outre, il aurait plutôt fallu préciser qu’il est néerlandais (avec une minuscule, comme il se doit pour l’adjectif). Enfin, on est en droit de se demander pourquoi nombre d’articles de la WP souvent plus longs (ce qui n’est pas difficile vu la brièveté de celui-ci) sont décorés de l’avertissement « Cet article est une ébauche concernant… » ou, mieux encore, « Cette page ne correspond pas aux critères d’un article encyclopédique… », tandis que celui-ci est vierge de tout avertissement. On peut aussi se demander ce qui justifie l’existence de cet « article encyclopédique » tandis qu’on note l’absence d’articles concernant le quatuor Kronos ou le chœur Accentus et son chef Laurence Équilbey, cette dernière pourtant mentionnée dans une quinzaine d’autres articles, ce qui n’est pas le cas de notre jeune Caruso. [17.3.2008]

16 mars 2008

En parcourant la Wikipedia

Classé dans : Sciences, techniques — Miklos @ 11:37

« Angklung L’anklung est un instrument de musique fabriqué en bambou. »

Problème de point « g » ? La version anglaise de la page semble tout aussi incertaine sur l’orthographe de l’instrument : on y trouve aussi « angkung ». Un autre instrument de la même région se trouve à l’entrée française « kulintang », qui écrit plus loin « kulingtan ». [16.3.2008]

« Antonino Repaci Antonino Repaci (1910 – 2005 Turin) homme politique, antifasciste et historien italien. (…) Il fonde le 1er groupe de résistance italien avec Duccio Galimberti en 1940 , ils auront comme compagnons Primo Levi et Sandro Pertini. Ensemble ils publient clandestinement le 1er traité de constitution européenne en 1942. (…) Le reste de son temps, il le consacre à écrire des livres sur le fascisme, une dizaines de livres publiés dont le plus connu La marche sur Rome 1961, qui sera adapté au cinéma par Dino Risi en 1962. »

La marche sur Rome a été l’événement de 1922 qui a permis à Mussolini et à son parti fasciste d’accéder au pouvoir – et pourtant la Wikipédia française n’en fait pas mention. Le livre (2 vol.) de Repaci a été publié en 1963, tandis que le film éponyme – une comédie avec Vittorio Gassman, Ugo Tognazzi et Roger Hanin – est sorti en mars 1962 (plusieurs scénaristes, dont Ettore Scola) : ni la différence des genres de ces œuvres, ni l’inversion des dates ne permettent d’affirmer que Risi ait adapté Repaci… En ce qui concerne la proposition de constitution d’une confédération européenne (« Progetto di costituzione confederale europea ed interna »), elle a été élaborée avec Tancredi Galimberti (Duccio) entre l’automne 1942 et avril 1943, selon Repaci lui-même, et publiée pour la première fois par Repaci à Turin en 1946. Auparavant, ce n’est que le manuscrit qui avait circulé dans un groupuscule (parler de sa publication clandestine en 1942 est donc un oxymore et un anachronisme). [16.3.2008]

« Fontaine Stravinski La fontaine Stravinski (ou fontaine des automates, œuvre de 1983) est le fruit d’une collaboration entre Jean Tinguely et Niki de Saint Phalle. Elle est réalisée dans le cadre du pourcentage du budget de la construction du Centre Georges-Pompidou. C’est une commande publique entre la ville de Paris, le ministère de la culture et le Centre Pompidou. L’œuvre est la propriété de la ville de Paris qui se charge de son entretien. Ce monument évoque l’œuvre musicale du compositeur russe Stravinski. Compositeur russe du XXe siècle, celui-ci est le symbole de l’éclectisme et de l’internationalisme artistique. La fontaine, tout comme le furent certaines représentations du compositeur, peut paraître révoltante et être sujette à polémique ou à débat. On retrouve pour les deux monuments cette provocation. »

Outre le style répétitif et obscur (le reste de l’article n’est pas mieux écrit) – que signifie « le cadre du pourcentage de budget ? », de quels « deux monuments » s’agit-il ? le qualificatif de « révoltante » pour la fontaine est bien mal choisi – ailleurs dans la WP, on parle « des fontaines du Centre Georges-Pompidou conçues par Niki de Saint Phalle » (page « Institut de recherche et coordination acoustique/musique ») ou de « la Fontaine Igor Stravinski à Paris devant Beaubourg » (page Niki de Saint Phalle), sans lien vers cette page-ci. Ce qui, en passant, ne permet pas non plus d’identifier Beaubourg au Centre [Georges-]Pompidou. [16/3/2008]

« Gare de Bénestroff La Gare de Bénestroff est une gare ferroviaire située sur la commune de Bénestroff dans le département de Moselle. »

Le potentiel de la WP est infini : toutes les gares et les communes de France (et pourquoi pas du monde, on y trouve bien Huizen, Holon ou Lütschental), auxquelles se rajoutent tous les albums 45t parus (à l’instar de l’entrée « La Route Disque 45 tours de Michel Corringe paru en 1968 »), toutes les bandes dessinées, les mangas et leurs personnages, tous les sportifs du monde (« Christian Bruder Christian Bruder (né le 30 avril 1982) est un sauteur à ski allemand » qui est loin d’être un champion mondial, semblerait-il) et les événements et lieux qui s’y rapportent (5e étape du Tour d’Espagne 2006), toutes les recettes de cuisine (la page Cuisine castillane existe, vide, et attend d’être remplie, tandis qu’on trouve ailleurs la recette du Gaspacho andalou)… On attend impatiemment les entrées qui expliqueront les noms des près de 400 000 astéroïdes connus (en 2007), d’Aakashshah à Zyskin (on n’y trouve pour le moment qu’une liste des 100 000 premiers). Il est d’ailleurs possible de rajouter à la WP des définitions par lot (c’est-à-dire automatiquement, pas manuellement une après l’autre) : c’est le cas de la WP en volapük, ce qui en a fait l’une des versions les plus riches par le nombre d’articles (mais pas par leur longueur…) qui dépasse les 100 000, bien que cette langue artificielle soit quasiment morte : elle n’est nourrie que par un seul contributeur (assisté d’un ordinateur).

« Idiotisme Un idiotisme est une tournure ou une locution particulière à une langue, qui est intraduisible (…). »

Si l’article parle, plus loin, d’anglicismes, il omet de mentionner le gallicisme – bien que le terme soit défini dans la WP et fasse référence, lui, à l’idiotisme (terme plus générique). Ah, la puissance impérialiste de l’anglais… !

« Nerf vague Le nerf vague ou nerf pneumo-gastriquetimo ou encore nerf cardio-pneumo-entérique est la Xe paire des nerfs crâniens. (…) En 230, Otto Loewi a, le premier, mis en évidence la transmission synaptique (…) »

Otto Loewi, toujours selon la WP, est né en 1873, plus de 1600 ans après la date où il aurait mis en évidence cette transmission ; quant à la seconde qualification du nerf, « gastriquetimo » : inconnue des autres encyclopédies (ces deux détails sont le fait d’un vandalisme de la WP à partir d’un abonné de Wanadoo, coutumier du fait, mais qui ne semblent pas être détectés ni par leurs « bots » ni par la réputée vigilance des millions de lecteurs de la WP ; bloqué à plusieurs reprises, il récidive…). Plus loin dans l’article, on trouvera l’expression « plexus soléaire » (au lieu de « solaire »), « rameau recurant » (au lieu de « récurrent », comme il l’est d’ailleurs écrit ailleurs). [16/3/2008]

« Paroisse de Franklin La paroisse de Franklin (anglais : Franklin Parish) a été créée par la scission des paroisses de Carroll, de Catahoula, de Madison et d’Ouachita en 1843. La paroisse a une superficie de 1 615 km² de terre émergée et 31 km² d’eau. Elle est enclavée entre la paroisse de Richland au nord et au nord-ouest, la paroisse de Madison au nord-est, la paroisse des Tensas au sud-est, la paroisse de Catahoula au sud et la paroisse de Caldwell à l’ouest. (…) »

Impossible de savoir, à première vue, de quel pays ou région il s’agit (sauf à consulter la carte en insert) : ce n’est pas explicité dans le texte. Plus loin, il est écrit : « Trois autoroutes quadrillent la paroisse : les autoroutes de Louisiane (Louisiana Highway) n° 4, 15 et 17. » et l’article est classé dans la catégorie « Portail des Etats-Unis », tout à la fin. La page anglaise correspondante est intitulée « Franklin Parish, Louisiana », et précise, dans sa première phrase, qu’il s’agit d’une paroisse située « in the U.S. state of Louisiana ». La page française, qui fournit toutes sortes de détails démographiques, omet de mentionner que l’appellation est en l’honneur de Benjamin Franklin et que le siège de la paroisse est Winnsboro. Enfin, contrairement à ce qui est annoncé dans l’article, cette paroisse ne provient pas d’une partie de celle de Carroll (qui, elle, a fait scission en East et West Carroll), qui ne lui est pas limitrophe (et ce que confirme le site officiel de la paroisse de Franklin). [16/3/2008]

« Wikipédia en danois La Wikipédia en danois est l’édition de Wikipédia en danois. (…) »

On trouve aussi, dans les pages correspondantes, « Wikipédia en anglais est l’édition de Wikipédia en langue anglaise », « Wikipédia en suédois est l’édition de Wikipédia en langue suédoise. », etc. Il n’y a que pour certaines langues que le terme « Wikipédia en … » est défini (celles qui comportent plus de 100 000 articles, semble-t-il), et pour le danois uniquement, l’article défini. Pour le français, on aura la variante suivante : « Wikipédia en français est l’édition de Wikipédia rédigée en langue française », tandis que pour le finnois, « Wikipédia en finnois est l’édition de Wikipédia en finnois » (idem pour l’espagnol et l’allemand). Pour le chinois, on parlera de « langue chinoise », tandis que pour le chinois classique, de « chinois classique ». [16/3/2008]

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