Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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10 décembre 2013

Life in Hell : la surprise était totale.

Classé dans : Actualité, Cuisine — Miklos @ 1:29


Le Père et la Mère Noël rendant visite à Akbar et Spirou

On sonne à la porte. Akbar s’y dirige en se demandant in peto qui peut bien venir à cette heure si tardive sans s’être préalablement annoncé, comme le recommande très vivement la baronne Staffe, dont il a longuement étudié le manuel.

Il ouvre la porte. Quel n’est pas sa stupéfaction en apercevant les visages souriants du Père et de la Mère Noël – le dit Père ayant fait abstraction de sa barbe, ce qui permettait d’apercevoir son sourire rayonnant et la dite Mère n’en ayant pas mis pour l’occasion, ce qui… (bon, assez, ronchonne Akbar) – incarnés en un fameux Guitariste ailurophile et une célèbre Calligraphe alsacienne.

Pour une fois, il reste coi, même in peto, ce qui ne l’empêche pas d’être ravi. Spirou, qui était dans le coup, n’avait rien laissé deviner (enfin, presque rien, se dit Akbar silencieusement), ce qui n’est pas dans ses habitudes.

Le Père Noël s’avère savoir (sic) jouer du pinceau aussi bien que d’une guitare (bien qu’il n’en ait pas encore fait écouter à Akbar) et présente à Spirou son portrait dédicacé, que ce dernier va instan­ta­nément inaugurer sur sa page Facebook (k final sec).

La Mère Noël s’avère faire (sic) partie d’une famille de grands pâtissiers alsaciens, et présente à Akbar un sachet de délicieux Winachtsbredele d’une grande variété de formes, de couleurs, de textures et de parfums qu’elle lui a amené apporté, sur lequel il se précipite ni une ni deux et en savoure autant l’intention que le goût.

Akbar ne s’étonne plus qu’ils n’aient pas utilisé la cheminée pour passer remettre ces cadeaux, ils en auraient eu un goût de fumée qui convient plus au saumon norvégien qu’il est d’ailleurs recommandé d’éviter. Et bien qu’ils s’en soient délestés, c’est la porte qu’ils prennent après une conversation à bâtons rompus fort cordiale.

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

8 décembre 2013

Qui est le doyen des acteurs belges ?

Classé dans : Cinéma, vidéo, Sciences, techniques — Miklos @ 1:57


Le doyen des acteurs belges.
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À toute question sa réponse dans l’Encyclopédie mondiale et universelle du savoir absolument incontestable™. En l’occurrence, un article dont on voit ci-dessus l’incipit, en fournit la réponse : Pierre Laroche.

La version définitive de sa date de naissance – l’historique de l’article montre qu’elle a changé au fil de l’évolution des connaissances historico-scientifiques pour se stabiliser il y a plusieurs mois – est sans nul doute le fruit de sérieuses recherches archivistiques de la part des petites mains laborieuses qui construisent inlassablement ce monument du savoir, et qui ont nécessité le déchiffrage de stèles romaines, Laroche étant d’évidence né à l’époque bénie où « Gallia est omnis divisa in partes tres, quarum unam incolunt Belgae… »

L’ancienneté de l’information démontre indubitalement sa véracité, puisque il est notoirement avéré que lorsqu’un blagueur (belge, évi­demment) « vandalise » la Wikipedia, le robot de service et les masses laborieuses conjugueront leurs forces pour détecter et réparer quasi instantanément cet outrage à la Vérité.

7 décembre 2013

Cette droite schizophrène…

Classé dans : Actualité, Médias, Politique, Progrès — Miklos @ 14:54


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Voici ce qu’annonçait ce matin Le Point via Google. Elle n’en finit pas de le faire, le point, cette droite.

C’est tout de même curieux de qualifier ce retour du jedi de la droite de « nouveauté politique », mais n’est-ce pas la nature du conser­vatisme que de valoriser l’éternel retour vers le passé et la nostalgie de temps révolus, qui, avec leur éloi­gnement croissant, parais­sent bien plus roses positifs qu’ils ne l’étaient réellement ?

On ne peut que lui recommander, à l’instar de Mac-Mahon, « Eh bien, continuez ! »

29 novembre 2013

« Redonner un visage à l’homme. Repenser la centralité anthropomorphe. »

Classé dans : Histoire, Judaïsme, Langue, Littérature, Livre, Progrès, Shoah, Société, Éducation — Miklos @ 23:24

Lors du colloque « Permanence du yiddish » qui s’était tenu à l’Unesco il y a un an, l’allocution d’ouverture de Rachel Ertel, grande dame de la langue et de la culture yiddish s’il en est, a placé le propos spécifique de la confé­rence dans celui, bien plus général, de la place de l’homme – et donc de la langue, de l’histoire, de la culture, de l’iden­tité, de la transmission – dans, ou face à, la moder­nité. On trouvera ci-dessous le début de son inter­vention qui donnera, on l’espère, l’envie d’écouter (ici, où l’on peut aller directement à son intervention par le menu de droite) ou de lire () l’intégralité de sa communication.

Rachel Ertel est pessimiste : le yiddish est une « langue assassinée », elle ne redeviendra plus une langue populaire. Mais, dit-elle, « elle peut conserver et transmettre son infinie richesse en son propre idiome ou, comme dans la métaphore de Peretz par “la métamorphose de sa mélodie”, en d’autres langues », ce que sa propre activité de traductrice (vers le français) n’a eu de cesse de démontrer. Mais la tâche du traducteur est aussi celle de « témoin du témoin absent ».

Rachel Ertel a aussi œuvré à enseigner et faire enseigner le yiddish – j’en sais quelque chose personnellement – et pas uniquement à l’intention de ceux dont les parents maintenant disparus et leurs propres parents souvent assassinés parlaient cette langue, mais de jeunes générations parfois étrangères à cette filiation mais qui n’en montrent pas moins d’intérêt à l’étudier, à se l’approprier.

Et donc, en dépit de son pessimisme affiché, elle conclut ainsi : « En faisant jouer ensemble toutes ces strates on peut espérer qu’une sédimentation fertile verra le jour, dont il est impossible de prévoir les avatars et les configurations, mais qui peut, peut-être, redonner une fluidité, une capacité de métamorphose, bref une vitalité au yiddish qui lui donnera une forme de permanence. »

Nota bene : le terme yiddish de « Khurbn » qui revient à plusieurs reprises dans la seconde partie de son allocution provient de l’hébreu où il signifie « destruction », voire « destruction totale, catastrophique ». En hébreu, il est surtout appliqué aux deux destructions du Temple de Jérusalem. En yiddish, il dénote l’extermination des Juifs durant la Seconde guerre mondiale (en français, on tend à utiliser de nos jours dans ce contexte le mot hébreu de « Shoah », qui signifie « catastrophe »).

«La notion de permanence et sa définition, celle du dictionnaire, est la suivante : « Caractère de ce qui est durable, de ce qui dure, demeure, sans discontinuer, ni changer ». J’insiste sur le terme de « changer ».

La question qui se pose alors est d’ordre tout à fait général : est-ce le cas des langues, est-ce le cas des cultures ? Les langues et les cultures qui durent, qui demeurent sans discontinuer ni changer deviennent vite des langues et des cultures mortes. Il faut donc, pour être permanent, ne cesser de changer, de se transformer, et de se muer constamment. La réalité de la permanence est un flux constant, la seule permanence est la fluidité, la transformation, la métamorphose, l’ubiquitaire, le polysémique, la mutation, le polymorphe.

Jusqu’à la fin du XIXe siècle, et pour certains même pendant une partie du XXe, nous vivions dans l’illusion du progrès illimité de l’humanité. La technique avance plus vite que jamais, mais le progrès n’est plus crédible. L’humanité toute entière a perdu la face, et l’histoire continue à nous montrer que, loin de la retrouver, elle ne fait que la bafouer et l’abolir de jour en jour.

Nous vivions dans des dimensions à échelle humaine – des familles, des régions, à la rigueur des États-nations –, nous vivons maintenant à l’échelle planétaire, autant dire nulle part.

Nous vivions dans l’illusion d’un axe du temps unilatéral qui nous menait vers des lendemains qui chantent. Pour certains, la rédemption était accomplie ; mais les faits l’ont démenti. D’autres attendent encore une rédemption qui semble de plus en plus hypothétique si nous nous en tenons aux faits historiques aux guerres, aux massacres, de plus en plu industriels, de plus en plus scientifiques. La science que l’on croyait la panacée universelle a dévoilé sa face d’ombre.

Nous avons perdu notre innocence. Pour ma génération l’univers entier est à repenser. Les mots ont perdu ou changé de sens. Nous vivons dans « le désenchantement du monde. » Et tout est à repenser. À commencer : redonner un visage à l’homme. À repenser la centralité anthropomorphe. À retrouver le sens des mots, les dimensions dans lesquelles l’être humain évolue, les espaces de vie.

Pour pouvoir vivre, le repenser non pas en termes de mondialisation, de globalisation, mais d’une proximité qu’aucun internet, le plus sophistiqué ne peut supplanter. Repenser le temps. Le temps, non plus comme un axe unilatéral, ni comme un cycle toujours recommencé. Le temps avance et recule par bonds, il oscille, il va et vient, il tangue, il bafouille, il bégaie.

Il faut peut-être repenser notre monde non plus par sa centralité, mais comme disait Richard Marienstras, par les marges.

Repenser de fond en comble la notion, nous dire que la permanence est mortifère, que la véritable dimension de la permanence c’est le mouvement, c’est le changement, c’est la transformation.

»Alors nous pourrons repenser la permanence dans ses multiples dimensions : linguistique, historique, culturelle, iden­titaire, transmissible, c’est-à-dire dans la vie avec tous ses aléas.

25 novembre 2013

« Chasse aux ténors », ou De quelques étoiles filantes

Classé dans : Littérature, Musique, Médias, Société — Miklos @ 20:52

C’est en lisant un article très enlevé de l’écrivain et journaliste Paul Acker (1874-1915) publié en 1908 dans le quotidien Gil Blas que m’est revenue à l’esprit la récente vidéo qu’on peut voir ici : elle montre la surprenante performance vocale d’un jeune coréen dans un de ces concours truffés de paillettes, de visages savamment ahuris et de bons sentiments qui ont fait la célébrité parfois aussi éphé­mère qu’instantanée de parfaits inconnus a priori peu prédisposés par la nature – on pense à Susan Boyle – ou par les circonstances – ce jeune homme de 22 ans aurait vécu seul, dans les rues, de 5 à 15 ans – à ce genre de succès et dans ce type de répertoire. L’article, émaillé de citations tirées du Madame Bovary de Flaubert, m’a aussi remis en mémoire la performance para­musicale d’un certain ténor – « cette admirable nature de charlatan où il y avait du coiffeur et du toréador » – dont j’avais parlé ailleurs.

«— Oui, mon cher, c’était un soir, je me rappelle. J’errais dans les vieilles petites rues de la ville, habitées par de petites gens, de très petites gens misérables, brocanteurs sans clients, marchands de fruits pourris, matelassiers, chiffonniers. J’étais mélan­colique, presque triste — ainsi j’allais au hasard. Les étoiles parsemaient le ciel. Et, tout à coup, j’entends une voix. Elle chantait, cette voix… Quelle voix et quel chant ! Je n’avais jamais rien entendu de pareil : une pureté, une limpidité, une netteté, un éclat, et avec cela une souplesse, une émotion. Je m’étais arrêté, stupéfait, ravi, bouleversé, et j’écoutais. La voix chantait toujours, oh ! la plus banale des chansons, je ne sais quelle romance pour peintre en bâtiment ; mais qu’importaient les paroles, je ne les entendais pas, je n’entendais que la voix. Enfin, je voulus savoir qui était ce chanteur, je m’approchai. Devant une pauvre boutique de menuisier, un homme chantait. Il pouvait avoir vingt-cinq ans, et avait pour métier de raboter des planches. Je lui parlais, je le félicitai. Je lui dis qu’il avait cent mille francs dans la gorge, que Paris l’attendait. Je revins le lendemain, puis le surlendemain ; enfin je le décidais à m’accompagner. Et voilà comment j’ai découvert ce fameux ténor…

C’est ainsi qu’on raconte l’histoire de tout ténor réputé : on les a toujours découverts par aventure, exerçant d’humbles métiers, ne se doutant nullement du talent qu’ils possédaient. Du moins, c’est ce qu’on dit, et je ne sais pas de ténor dont les débuts n’aient pas une origine merveilleuse. Il en va de même de beaucoup de chanteuses. Delna n’était-elle pas fille d’auberge, et n’est-ce pas le peintre Baudoin qui, se promenant dans la forêt de Meudon, la surprit, jeunesse de quatorze ans, qui roucoulait divinement en plein air ? Heureux artistes ! il y a encore pour eux des fées, et des bons génies. Ils n’ont qu’à chanter, où qu’ils soient, dans une ruelle de province, dans un bois, au creux d’une montagne : la Providence les entend toujours et la Fortune leur vient en chantant.

Du moins, je le croyais ; mais il parait que cela n’est plus. Le ténor se fait rare, presque introuvable. Toulouse même, leur patrie, n’en produit plus. Sans doute, a-t-on fouillé tous les villages, toutes les villes, toutes les campagnes, l’oreille tendue, le souffle retenu, pour saisir soudain une enchanteresse modulation : les villages, les villes, les campagnes ne recèlent plus de ténors. Et on en cherche. Or, pour en chercher, deux journaux, Musica et Comœdia, ont organisé un concours. Des candidats se sont fait inscrire de toutes parts. De premières épreuves en ont éliminé beaucoup : il en restait cependant encore cent vingt-cinq. Ces cent vingt-cinq, un jury vient de les entendre. Quel supplice pour ces honnêtes personnes qui composaient le jury ! ils ont entendu jusqu’à vingt-huit fois la cavatine de Faust, quinze fois l’aubade du Roi d’Ys, douze fois la berceuse de Jocelyn. Comment n’en sont-ils pas morts ! Et le pianiste, qui accompagnait, comment va-t-il, après la torture qu’il a endurée ? a-t-on de ses nouvelles ? son état est-il grave ? Et tout cela inutilement, tant de mesures pour rien. Parmi ces ouvriers, ces employés, ces voyageurs de commerce, ces graveurs, ces ciseleurs, ces photographes, ces électriciens, ces militaires, ces que sais-je encore ? il n’y en avait pas un qui chantât seulement juste, à ce point que le public se tordait de rire, sans pitié.

Ainsi le ténor se meurt. Pour moi, je le regretterai vivement : il m’amusait prodigieusement. Quand, au bord de la scène, devant le trou du souffleur, une main sur le cœur, l’autre vers les frises, il s’emportait en trilles échevelés, sans qu’on comprît un mot de ce qu’il disait, et sans se soucier une seconde de l’acteur ou de l’actrice auquel il était censé s’adresser, je vivais d’exquises minutes. Il n’y avait pas au monde d’être plus conventionnel, plus faux, plus ridicule que le ténor, et pourtant il n’y avait pas au monde d’être plus prétentieux, plus plat, plus pénétré de son importance. Un ténor ! comme le mot seul est vieux, et comme il évoque des opéras et des opéras-comiques surannés, presque grotesques, toute une musique qui enchanta nos pères, et que nous ne pouvons plus justement souffrir. Le ténor, le beau ténor, le fort ténor, qui était la gloire du grand théâtre de Carpentras, la coqueluche de ces dames, et la colère de ces messieurs ! Que de ravages ils auront commis dans les cœurs féminins, non pas même en les conquérant, mais en éveillant en eux, qui jusqu’alors étaient si tranquilles, des rêves d’amour, de poésie, de passion ! Un gros bonhomme qui roucoule, au feu de la rampe, et cela suffit pour qu’une femme s’emballe.

Ah ! Madame Bovary, c’est parce qu’un soir, à Rouen, au grand-théâtre de Rouen, vous avez entendu, dans Lucie de Lammermoor, Edgard Lagardy, ténor. Il portait un pourpoint de couleur brune, et « un petit poignard ciselé lui battait sur la cuisse gauche ». On racontait sur lui de tragiques et belles histoires. Vous vous penchiez pour le voir, égratignant avec un ongle le velours de votre loge ». Vous vous emplissiez le cœur de « ces lamentations mélodieuses qui se. traînaient à l’accompagnement des contrebasses ». Entraînée vers l’homme par l’illusion du personnage, vous tâchiez de vous figurer sa vie, cette vie retentissante, extraordinaire, splendide, et que vous auriez pu mener cependant, si le hasard l’avait voulu. Vous vous seriez connus, vous vous seriez aimés. Avec lui, par tous les royaumes de l’Europe, vous auriez voyagé de capitale en capitale, partageant ses fatigues et son orgueil, ramassant les fleurs qu’on lui jetait ; brodant vous-même ses costumes ; puis, chaque soir, au fond d’une loge, derrière la grille à treillis d’or, vous eussiez recueilli, béante, « les expansions de cette âme qui n’aurait chanté que pour vous seule… » Et c’est parce qu’un soir, vous avez entendu Edgard Lagardy, ténor — « cette admirable nature de charlatan où il y avait du coiffeur et du toréador » — que vous avez aimé M. Léon, étudiant en droit et que vous vous êtes livrée. C’est du ténor qu’est venu tout le mal. Et combien de vos sœurs, dans les préfectures et dans les sous-préfectures, ont ainsi, pour la voix d’un ténor, pris rang dans la longue théorie des femmes adultères. Pauvre cœur de femme, si pauvrement fragile. Comment se fait-il que Jean-Jacques, dans sa fameuse lettre à d’Alembert, n’ait pas songé au ténor ?

Il n’y a plus de ténor, mais il y a toujours des hommes qui voudraient être ténors. Les fabuleuses sommes dont on paie une voix d’or, n’ont sans doute pas médiocrement contribué à produire, à ce concours, tant de candidats. Mais je suis bien sûr que le désir des applaudissements et le rêve de séduire les femmes — des femmes du monde surtout — n’a pas moins entraîné vers le jury tous ces braves gens. Jusqu’alors, ils menaient une vie tranquille et obscure, se contentant d’en « chanter une » à la fin des repas de noces ou d’un banquet politique, ou à la fête des pompiers. Les bravos de leurs concitoyens leur suffisaient : ils étaient une gloire locale : c’est beaucoup. Maintenant ils ont voulu, ils ont espéré être une gloire parisienne, bien plus, une gloire européenne. Après avoir chanté, ils déchantent. Quelle déception, quelle amertume, quelle rancune ! on ne leur a pas rendu justice, »ils ont été la victime d’intrigues, de basses intrigues ; Paris, d’ailleurs, méprise la province. Et tout en ravalant leurs notes fausses, ils prennent place, bien entendu, parmi les incompris, les aigris, les ratés.

Paul Acker, « Chasse aux ténors », Gil Blas, 27 février 1908.


Panthéon Charivarique : Gilbert-Louis Duprez.
Source : Catherine Authier, La naissance du mythe du ténor.

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