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« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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18 novembre 2020

Apéro virtuel II.16 – mardi 17 novembre 2020

Classé dans : Arts et beaux-arts, Humour, Lieux — Miklos @ 2:49

Le mur des lamentations, Jérusalem (1967-1968)

Jean-Philippe, premier arrivé, reconnaît immédiatement l’arrière-plan de Michel (ci-dessous), et s’écrie, bras levés, « Nous sommes à Jérusalem ! », à quoi Michel répond : « Nous étions à Jérusalem, c’était en 1967-8 », et Jean-Philippe de rétorquer : « L’an prochain à Jérusalem ! », ce qui rappelle à Michel une anecdote : peu après 1967, se trouvant à Londres en vacances dans une auberge de jeunesse, il conversait avec un autre occupant originaire d’Asie du sud-est. Ce dernier, apprenant que Michel habitait en Israël, lui demande quelle en est la capitale, et s’exclame stupéfait en entendant la réponse : « Comment, Jérusalem n’est pas une ville céleste ??? » Michel se dit alors in peto que tout aurait été plus simple si elle l’avait effec­ti­vement été…

Sur ces entrefaites, Sylvie apparaît, puis Françoise (C.) masquée, se trou­vant dans un train qui la ramène à Paris. Si l’on avait eu par le passé quelques zoomistes se trouvant ailleurs en France ou à l’étranger – Françoise (M.) à Montpellier, Françoise (C.) elle-même en Italie, Elsa à Beyrouth… – c’est bien la première fois qu’un(e) participant(e) est présent en cours de déplacement (à part les quelques apparitions de François marchant dans les rues de Paris).

Sylvie souhaite montrer les premières minutes d’une vidéo consacrée à l’expo­si­tion Raphaël au Domaine de Chantilly, organisée à l’occasion du 500e anni­versaire de sa mort. Cette vidéo est le fruit de la réalisation d’Olivier Magnan, blogueur Arts et Culture « Scribe Accroupi1 », et qui a produit des dizaines d’autres vidéos disponibles sur sa chaîne YouTube. Avant même le visionnage de la vidéo, Jean-Philippe interjette que cela lui rappelle un biopic qu’il a récemment vu, Michel-Ange, réalisé par Andrey Konchalovsky, et continue avec un développement sur les relations souvent difficiles entre Michel-Ange et Raphaël (qui y fait une brève apparition) qui avaient des tempéraments particulièrement opposés. Sur ces entrefaites, Françoise (P.) venant d’apparaître, on regarde le début de la vidéo en question.

Ensuite, Sylvie déclame à la Malraux un discours à l’occasion de l’avènement de Joe Biden, discours qui convient aussi au fait que le (second) pic de l’épidémie du coronavirus semble être passé. Le texte en a été écrit par André Isaac Pierre Dac en 1972 à l’occasion de l’inauguration du square qui porte son nom à Meulan. Après les applau­dis­sements des spectacteurs, Françoise (P.) évoque la couverture des Pensées de Pierre Dac (que l’on peut voir ci-contre), qui parodie les petits fascicules Larousse de l’époque. Elle mentionne aussi L’Os à moelle (dont une antho­logie vient d’être publiée), Signé Furax, dont la première saison s’intitulait Malheur aux barbus, Pierre Dac à la manière d’Hitchcock… Elle précise l’avoir découvert grâce à Francis Blanche, qui avait écrit des chansons ravissantes, à l’instar du Prisonnier de la tour.

flourish

Michel montre alors la photo du Mur des Lamentations et quelques trans­for­mations qu’il en a faites (les deux dernières photos de l’album dénotant bien l’instabilité croissante de la situ­ation dans cette ville et d’ailleurs dans toute la région). En ce qui concerne la photo elle-même, ce lieu était encore relativement dans son jus, même si la ruelle dans laquelle il se trouvait avait d’évidence disparu pour faire place à cette esplanade ; depuis s’y sont rajoutés toutes sortes d’objets et de meubles servant au culte qui s’y concentre.

Françoise (P.), catholique pratiquante, raconte être allée glisser un petit papier entre deux des blocs du Mur, sa mère étant très malade à l’époque, pratique destinée à exprimer un vœu (sorte d’ex voto transposé à ce contexte…). Son mari, qui voulait l’accompagner jusqu’au Mur, a dû mettre sur la tête une calotte (kippah, en hébreu) qu’on lui tendait ; puis, Françoise (P.) voulant le prendre en photo, des hommes en arme se sont approché d’elle, exigeant qu’elle leur remette la pellicule de son appareilAucun rapport avec les cheveux ; c’est ce sur quoi s’enregistraient les photos avant l’ère du numérique., il a dû s’exécuter… dommage pour les autres photos qui s’y trouvaient déjà.

Michel ayant demandé à Françoise (P.) si la lapidation dont la voiture dans laquelle elle se trouvait en entrant à Mea Shearim avait été la cible comme elle l’avait relaté hier – le fait de conduire une voiture étant interdit le Shabbat pour les pratiquants juifs, ils voulaient sans doute l’empêcher d’entrer dans leur quartier –, une discussion fournie s’engage entre Jean-Philippe et Sylvie sur l’histoire des pres­crip­tions religieuses du judaïsme.

L’apéro se termine par une évocation de prénoms (à l’instar de Barthélémy et d’Adolphe) et des noms (Connard/Cosnard, Cocu…) lourds à porter du fait de leur sens ou de leur histoire.

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1. Le Scribe accroupi est une merveilleuse œuvre se trouvant dans le département des antiquités égyptiennes du musée du Louvre.

16 novembre 2020

Apéro virtuel II.15 – lundi 16 novembre 2020

Classé dans : Lieux, Musique — Miklos @ 23:59

Vue de Jérusalem. Die Heylighe Bevarden tot dat heylighe grafft in Iherusalem
(Le Saint Pèlerinage au Saint Sépuchre), de Bernhardt van Breydenbach (1440?-1497),
imprimé en 1488. (source). Cliquer pour agrandir.

À l’apéro de ce soir arrivent gradu­el­lement Jean-Philippe, Betty en compa­gnie de Charlot et de l’enfant (The Kid, 1921) assis sagement derrière elle, puis Françoise (C.). En attendant d’autres participants, on lève le coude allè­grement après qu’elle ait renversé donné à boire du vin à son télé­phone portable, vin qu’elle tire de cubitainersRécipient cubique, généralement en matière plastique, servant au stockage et au transport de liquides. (Larousse) de 2 litres, en carton, ce qui lui évite d’avoir à jeter des bouteilles en verre.

Sur ces entrefaites, Sylvie apparaît à l’écran alors que Michel explique à Françoise que Betty et lui ont fait connaissance, comme Sylvie et lui, sur les bancs d’une école (mais pas la même). Françoise dit alors être curieuse de savoir pourquoi ceux des présents qui avaient vécu longtemps en Israël avaient décidé de revenir en France.

Michel raconte ses tribulations entre la France (où il est né) et Israël du fait du métier de son père, puis son départ aux US pour ses études de doctorat et enfin la découverte fortuite d’un poste à l’Ircam à Paris qui lui fait abandonner ses études et partir à Paris, au lieu de revenir en Israël comme il pensait le faire.

Sylvie prend le relais avec ses tribulations en France (où elle est aussi née) – Paris, Châtellerault, La Rochelle, Paris –, puis son départ pour quelques mois en Israël en 1967 (année de la Guerre des Six jours) en tant que volontaire au kibboutz de Houlda (où le célèbre écrivain israélien Amos Oz avait vécu un temps), et enfin derechef en 1968 après les événements de mai, à la recherche d’indépendance (la sienne) et de nouveaux horizons. Elle obtient la nationalité israélienne à son arrivée en vertu de la Loi du retourLoi qui garantit à tout Juif le droit d’immigrer en Israël. et commence par y étudier les bases de l’hébreu dans un oulpanOrganisme d’enseignement intensif de l’hébreu en Israël., puis entre au Technion, l’institut technologique d’Israël, en deuxième année de mathématiques (après quelques errances dans d’autres départements) où elle fait connaissance de Michel. Quant au service militaire (obligatoire pour hommes et femmes), elle en a été dispensée : trop vieille (elle avait 20 ans…). Elle se marie en Israël et a deux filles. Quelques années plus tard, elle décide de rentrer en France « deux enfants sous un bras, deux valises sous l’autre ».

Les chemins de Sylvie et Michel se séparent à la fin de leurs études, et ce n’est que quelque 45 ans plus tard que Sylvie tombe fortuitement sur le profil de Michel dans LinkedIn qui le lui suggère comme ami (sans doute au vu de leur parcours technionesque commun). N’ayant pas de compte payant sur le site, elle ne peut l’y contacter, mais arrive finalement à le faire par un autre moyen, et c’est ainsi qu’ils se sont retrouvés.

À propos du service militaire en Israël, Jean-Philippe raconte que, lors de sa visite dans ce pays l’année dernière, il avait remarqué avec beaucoup d’étonnement qu’il y avait des soldats partout – non pas pour surveiller, mais très présents dans la société, dans les rues, dans les tramways, visitant des musées, attablés à des cafés, dans … – très jeunes, armés jusqu’au dents et en même temps très bon enfant.

Puis c’est au tour des deux Françoises de parler de leur « petite expérience » en Israël avec le chœur de l’orchestre de Paris. Françoise (C.) raconte que Daniel Barenboim, à l’initiative de qui ce chœur avait été créé en 1976, avait donné son cachet pour financer son voyage en Israël (avril 1986) – transport, hébergement et repas y compris – à Pâques pour chanter la Damnation de Faust d’Hector Berlioz. Les choristes purent y faire des excursions, notamment au lac de Tibériade. Puis derechef en 1986, toujours à l’initiative de Barenboim, cette fois-ci à Noël, pour chanter La Création de Haydn sous la direction de Zubin Mehta. À la répétition du matin avec les trois solistes – José van Dam, Barbara Hendricks et Chris Merritt –, il manquait un pianiste. Daniel Barenboim se trouvant dans les parages en tenue très décontracté, Mehta l’a sollicité pour ce faire, avec les répliques de quelques choristes qui assistaient à la répétition assis dans la salle. Durant ce voyage, certains en ont profité pour partir en excursion à Eilath, alors que Françoise (C.) a fait une marche de Beer-Sheva à Massada1. Puis, se plongeant en maillot de bain dans la Mer Morte et se badigeonnant de boue, son groupe a entonné le chœur des Buveurs2 de la Damnation de Faust. Enfin, le chœur est allé chanter la messe de minuit au monastère d’Abu Gosh (situé entre Jérusalem et Tel-Aviv). Bien des années plus tard, vers 2014-2015, Françoise a été sélectionnée par Arts et Vie pour accompagner deux voyages en Israël. Le but du second était d’aller écouter la Traviata à Massada par 45° à l’ombre, après quoi leur groupe est passé par le même monastère, où elle a rencontré un moine qui avait assisté à leur concert des années auparavant.

Quant à Françoise (P.), elle a « fait » Massada, de jour, avec José van Dam, si drôle et sympathique. Elle se souvient aussi très bien et avec beaucoup de plaisir de la messe de minuit à Abou Gosh. Mais son plus grand souvenir, c’est celui d’avoir fait le Chemin de croix. Une anecdote : lors d’une balade en voiture avec son mari et quelques amis un soir après la répétition, ils se sont égarés à Jérusalem et retrouvés dans le quartier ultra-orthodoxe de Mea Shearim ; et voilà qu’ils se sont fait lapider par ces intégristes, sans pouvoir même leur demander leur chemin3

Betty a dû aller 6-7 fois en Israël en touriste, souvent avec une proche amie. La dernière fois, en décembre 2018, elle s’est trouvé dans le très beau (et bobo, même) quartier de Neve Tsedek de Tel-Aviv, où siègent nombre d’organismes culturels, avec, entre autres, Yung Yidish TLV qu’anime Mendi Kahan. Lors d’un de ces voyages, elle a visité le quartier de Mea Shearim sans aucun problème.

Un échange s’engage alors entre les zoomistes autour de la question des fractures sociales croissantes qui affectent nombre de pays démocratiques – entre ultras (religieux mais pas que) et non ultras, entre gauches et droites, avec, comme le signale Sylvie, l’amalgame facile entre la politique d’un pays et son peuple, en l’occurrence avec l’identification de sioniste = juif, avec comme corrélat de l’utilisation d’une posture antisioniste qui est de fait de l’antisémitisme, alors qu’il est tout à fait possible d’être antisioniste sans être antisémite : certains juifs – et notamment les ultra orthodoxes, opposés à un pays juif laïc – le sont.

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1. Vu la distance, on se demande comment ils ont fait tout cela en un jour…

2. En en écoutant les paroles – « Oh ! Qu’il fait bon quand le ciel tonne […] se remplir comme une tonne dans un cabaret enfumé ! J’aime le vin… » – on peut comprendre que Françoise (C.) préfère des conteneurs de 2 l. aux bouteilles de 3/4 l.

3. Hypothèse : aurait-ce été un vendredi soir, début du Shabbat où, entre autres interdits, on ne peut utiliser de voiture ?

15 novembre 2020

Apéro virtuel II.14 – dimanche 15 novembre 2020

Classé dans : Arts et beaux-arts, Philosophie, Progrès, Sciences, techniques — Miklos @ 23:59

L’arrière-plan de Michel ayant suscité de l’étonnement chez Jean-Philippe (qui pense à Matrix) et Françoise (C.), il leur parle du premier ordinateur1 sur lequel il a travaillé professionnellement, à partir de 1972 (son premier cours d’informatique remontant à 1966) : alors qu’un ordinateur portable n’a que quelques centimètres d’épaisseur, et un téléphone portable se met dans une poche, cet ordinateur, d’une capacité de mémoire 100.000 fois moindre, nécessitait une armoire pour héberger ses circuits : à l’époque, la mémoire était composé de tores magnétiques, petits anneaux visibles à l’œil nu autour desquels étaient enroulés des fils électriques qui servaient soit à les magnétiser dans un sens ou dans l’autre (ce qui correspondait à un 0 et un 1, respectivement), soit à lire le champ magnétique qui y était présent. Ce type de mémoire était évidemment aussi très volumineux en taille en comparaison par exemple à une carte SIM actuelle, mais permettait d’y garder l’information enregistrée pendant plusieurs années sans aucune alimentation électrique… Faculté d’autant plus nécessaire que cet ordinateur ne possédait pas de disque dur, et qu’on chargeait le programme initial à l’aide d’une bande de papier perforée (chaque trou correspondant à 0 ou 1), à l’instar des télex de l’époque3, et ultérieurement des cartes perforées. Malgré la taille très réduite de sa mémoire et l’aspect « primitif » de cet ordinateur, il était extrêmement rapide et permettait de réaliser en temps réel des simulations graphiques complexes sur 6 écrans en interaction avec 6 personnes.

Michel continue en expliquant à quoi servent ces 0 et 1, en montrant comment ils peuvent servir à compter2 et à calculer tout aussi bien qu’avec les chiffres de 0 à 9 – c’est d’ailleurs le cas des bouliers, où chaque boule n’a qu’une position, en haut ou en bas, ou des doigts de la main (qui peuvent être soit pliés soit redressés). C’est ce qu’on appelle le système binaire, et il est encore utilisé dans tous les ordinateurs d’aujourd’hui (mais évidemment dans des circuits électroniques qui n’ont rien à voir avec ceux d’alors), et pas que pour coder des nombres, mais aussi des lettres et tout signe qui « entre » dans l’ordinateur. Françoise (C.) demande alors que veulent dire « 2 puissance 2, 4 puissance… », à quoi Michel répond que « 2 puissance 2 » (ou « 2 au carré ») est un raccourci pour dire « 2 multiplié deux fois par lui-même » (donc 2 x 2), « 2 puissance 3 » (ou 2 au cube ») voulant dire « 2 multiplié 3 fois par lui-même »(donc 2 x 2 x 2), « 4 puissance 2 » étant « 4 multiplié 2 fois par lui-même » (4 x 4), etc. Et 25 x 25 est donc appelé « 25 puissance 2 » ou « 25 au carré » (rappelant ainsi que la surface d’un carré de 25 cm de côté est de 25 x 25 cm²). Françoise (P.) dit avoir bien compris, mais ne sent pas qu’elle pourrait l’expliquer à d’autres, à quoi Michel répond que c’est normal pour tout apprentissage – il faut laisser du temps au temps pour qu’une fois appris on puisse restituer.

Jean-Philippe raconte alors que ceci lui rappelle son instituteur en 6e qui avait enseigné le système binaire à ses élèves à l’aide d’une petite boîte avec commutateurs et deux types de lumières qu’il avait fabriqué lui-même. Il rajoute que certaines de ces anciennes tech­niques deviennent obsolètes, à l’instar du Morse (pas l’animal, mais le code – binaire, lui aussi – permettant dans le passé de coder des messages télégraphiques) dont l’usage aurait été supprimé par une convention internationale signée l’année dernière4. Il rajoute que non seulement le Morse est un système binaire (il n’a que deux signes basiques, représentés par le point et le trait), mais le Braille aussi. Michel rajoute un autre exemple d’un « usage binaire » : les images dans la presse (ou ailleurs). Si on les regarde à la loupe, on voit qu’elles sont composées d’une alternance de points (microscopiques) blancs et noirs – donc, ici aussi, deux signes uniquement pour « coder » une image qui peut être très riche et semble tout à fait lisse.

Enfin, à propos de miniaturisations, Michel mentionne son admiration pour des peintures miniatures du passé, faites à la main, où les détails – personnes, animaux, plantes, paysage…- font à peine quelque millimètres, ce qu’on retrouve pour la gravure sur des camées, précise Jean-Philippe.

Michel explique alors le choix de son arrière-plan : il avait brièvement mentionné hier une nouvelle dystopique d’Asimov, écrite en 1955, qui prédisait l’usage absurde des sondages pour déterminer le résultat de l’élection du président américain grâce à un superordinateur (cela ne s’appelait pas comme ça à l’époque) appelé Multivac (en écho du premier ordinateur commercial créé aux US, Univac). Cet arrière-plan illustre quelque peu ces monstres, réels comme fictifs. Il rajoute que la critique de la technique n’est pas récente, et a dû sans doute commencer avant même la Deuxième guerre mondiale (on pense aux Temps Modernes de Charlie Chaplin, ou à Metropolis de Fritz Lang), et mentionne l’incontournable Jacques Ellul (1912-1990), sociologue et théologien protestant, qui a écrit des ouvrages remarquables sur la technique, à l’instar de Le Système technicien5. ouvrage qu’il détient parmi d’autres d’Ellul. Jean-Philippe montre alors son exemplaire de Jacques Ellul, l’homme qui avait (presque) tout prévu de Jean-Luc Porquet. Bien qu’ayant enseigné longtemps en France, il est surtout célèbre… aux États-Unis et ailleurs.

Françoise (P.) demande à la cantonade ce qu’ils ont « visité » (virtuellement) dans la nuit des musées, à quoi Françoise (C.) répond : « Le musée Galliera » où se tient l’exposition Dior, qu’elle n’a regardée que d’un œil, ayant voyagé toute la journée en train de Milan à Paris.

Occupé qu’il était à écrire le compte-rendu d’hier, Michel n’avait pu participer à ces visites, et il avait donc décidé de présenter aujourd’hui sa visite (réelle) au musée Zadkine, il y a quatre ans.

En préliminaire, il identifie « La sentinelle » présente sur la première photo de l’album de Khor Virap (Arménie) qu’il avait montrée l’avant-veille, information que lui a fournie un ami arménien qu’il a interrogé : il s’agit de Kevork Chavush (1870-1907), milicien arménien dont l’action visait à améliorer le sort de la paysannerie arménienne face aux harcèlements des Turcs et des Kurdes (on le voit de plus près sur cette photo tirée de Wikipedia).

Puis au moment où il commence à montrer son album de photos du petit musée en question, Sylvie se joint à l’apéro et s’exclame qu’elle avait, elle aussi, prévu de parler du même musée… C’est donc à deux qu’ils commenteront les quelques photos sur lesquelles Michel s’attarde – en général de très expressives – et modernistes – sculptures de personnages dans des variétés de bois, mais parfois d’autres matériaux.

Sylvie souhaite alors montrer une vidéo (d’une durée de 4 minutes) du musée Antoine-Lecuyer à Saint-Quentin (Aisne, pas Yvelines), consacrée au portrait. Mais hélas, les capacités de sa connexion à l’internet ne lui permettent pas de partager le visionnage de la vidéo par Zoom. La voici donc :

Elle parle ensuite de l’excellente exposition consacrée à Pierre Dac au musée d’art et d’histoire du judaïsme, qu’elle a pu visiter quelques jours avant le début du confinement actuel. Le site du musée permet de visionner sept vidéos de, ou sur, Pierre Dac, avec, entre autres, Le Biglotron :

ainsi que Le Parti d’en rire :

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1. C’était le modèle Sigma 2 de la marque SDS (ou Scientific Data Systems), dont on peut voir une photo ici.

2. Avec les chiffres de 0 à 9 on compte ainsi jusqu’à 999 (par exemple) : _ _ 0, _ _ 1, _ _ 2, …, _ _ 8, _ _9 – puis on remet le 9 à zéro et rajoute un chiffre à gauche : _ 1 0, et l’on recommence avec le zéro le plus à droite : _ 1 1, _ 1 2, …, _ 1 8, _ 1 9 – puis on remet le 9 à zéro, et augmente le 1 : _ 2 0, _ 2 1, …, _ 9 9 – et on remet tous les 9 à zéro et on rajoute un 1 à gauche : 1 0 0, 1 0 1… jusqu’à 9 9 9.

Pour le binaire, exactement la même démarche, mais on n’utilise que 0 et 1, et donc on aura : _ _ 0, _ _ 1 – et comme on ne peut augmenter le 1 (puisqu’on n’a pas le droit d’utiliser d’autres chiffres), on le remet à zéro et rajoute un chiffre à gauche : _ 1 0, _ 1 1 – et encore une fois, on remet les 1 à zéro, rajoute un chiffre à gauche, et recommence à incrémenter à partir de la droite : 1 0 0, 1 0 1 – là on remet le 1 à droite à zéro et à sa gauche on passe à 1 : 1 1 0, 1 1 1.

On n’a pu écrire ainsi que 8 nombres, de 000 à 111 – ils correspondent donc aux nombres décimaux 0 à 7. En d’autres termes, 111 (par exemple) est le codage binaire de 7.

3. Les bandes servant à l’informatique étaient percées (ou non) de 8 trous en largeur, ce qui correspondait à un octet. Les bandes du télex étaient percées de 5 trous en largeur. On peut voir ici ces deux types de bandes.

4. On n’a trouvé nulle référence à une telle suppression, notamment sur le site de l’ITU.

5. Il aurait aussi fallu mentionner dans ce contexte L’Obsolescence de l’homme. Sur l’âme à l’époque de la deuxième révolution indus­trielle de Günther Anders, publié en 1956.

14 novembre 2020

Apéro virtuel II.13 – samedi 14 novembre 2020

Classé dans : Actualité, Arts et beaux-arts — Miklos @ 23:59

Machine à coudre à moteur animal – Machine à écrire musicale dite « L’Harmoniscribe » – Brosse à dents sans manche – Métronome géant – W.C. pour bergers landais
Cliquer pour agrandir

Michel trinque à la santé des arrivants – Jean-Philippe, suivi de Sylvie puis de Françoise (P.) – en levant un verre de côtes de Provence bio et en croquant de délicieux canistrelli au citron, biscuits originaires de Corse (et non pas d’Italie comme il l’avait suggéré).

Les quatre présents évoquent ensuite l’actualité – à commencer par cette fête clandestine monstre qui avait réuni tout à fait illégalement, la nuit dernière, plus de trois cent personnes dans un loft à Joinville-le-Pont (Val de Marne), dont au moins une s’est révélée porteuse du coronavirus, soirée qui a dégénéré en bagarre générale avant que la police n’intervienne avec des grenades de désencerclement.

On évoque ensuite le long film complotiste Hold Up devenu viral grâce (si l’on peut dire) aux réseaux sociaux, utilisant des méthodes de démagogie (mensonges, citations hors contexte, appel à l’affect et aux peurs plutôt qu’à la raison, etc.) communes aux négationnistes de la Shoah et leurs semblables pour « démontrer » une « manipulation mondiale » autour de la pandémie actuelle1. Comme le dit un professeur des écoles, « Ce documentaire a atteint un public que le fact-checking à son sujet n’atteindra jamais. Les dégâts sont considérables. »

Selon Michel, la démocratie est menacée, voire impuissante, devant ces types de phénomènes – le complotisme venant d’« en-bas », la démagogie et les abus de pouvoir venant d’« en haut » (Netanyahou, Trump…). Que reste-t-il pour nous défendre ? « La presse ! », répond Jean-Philippe. « Les gens ! », rajoute Sylvie, rappelant que depuis août des manifestations se tiennent partout en Israël chaque semaine pour demander le départ de Netanyahou. Mais qu’est-ce que cela changera ?, demande Michel, ni l’un ni l’autre de ces personnages ne sont impressionnés par les manifestations à leur encontre. Qu’est-ce qui fera sortir Trump de la Maison Blanche s’il refuse d’en partir ? « Le Secret Service », répond Sylvie. Jean-Philippe rajoute que le chef de l’État major de l’armée américaine a déclaré n’avoir prêté allégeance ni au roi ni au président, mais à la Constitution.

On en vient à discuter de la méthode actuelle utilisée dans ce pays pour déclarer le vainqueur : ce sont les médias qui le font, très rapidement, non pas basés uniquement sur un décompte (partiel) des voix, mais sur des sondages. Ce qui n’est pas sans rappeler à Michel une extraordinaire nouvelle américaine publiée en 19552 et qui illustrait, de façon ironique et prémonitoire, l’absurdité du système électoral qui se décide de fait sur un nombre de moins en moins élevé de votants et à l’aide de logiciels de statistiques de plus en plus performants.

Pour faire écho aux textes inexploitables de Hubert Haddad d’une part, et aux détournements d’œuvres littéraires et artistiques par Clémentine Mélois d’autre part, mentionnés l’un et l’autre hier par Jean-Philippe et Michel respectivement, ce dernier présente le second volume du Catalogue d’objets introuvables3 de Carelman (publié en 1976), n’ayant pas trouvé son premier volume (qu’il préfère). Carelman, à l’origine dentiste, invente des objets absolument abracadabrantesques (cf. certains dans l’image ci-dessus), qu’il représente sous forme de gravures anciennes, objets qui, pour certains, se réaliseront bien plus tard sous une forme ou une autre.

Sylvie présente un trio de sites consacrés à la culture générale : Artips pour les arts, Musiktips pour la musique et Sciencetips pour les sciences. Ceux qui s’y inscrivent (gratuitement) reçoivent une ou plusieurs fois par semaine (selon le site) un courriel avec une « anecdote décalée et mémorable à lire en une minute seulement », suivie d’un jeu-concours qui consiste à identifier l’auteur d’une œuvre dont ils montrent une image, voire identifier un animal étrange. Sylvie affiche les pages des récents concours d’Artips et de Musiktips – faisant passer un examen aux présents avant de leur montrer les réponses elles-mêmes (mais par erreur parfois avant même d’avoir laissé le temps de répondre…). Celui qui cumule le plus grand nombre de bonnes réponses dans le mois peut recevoir un livre d’Artips… L’animal étrange en question était le wombat, de la famille des mammifères marsupiaux, c’est-à-dire à poche, poche dans laquelle se développe le petit à sa naissance. Et, précise Michel, une fois parti, la mère peut se servir de sa poche pour l’autorisation de sortie en cas de confinement.

Pour ceux des présents qui, après s’être inscrits, voudraient gagner à tous les coups, Michel suggère l’utilisation des sites d’identification de photos Google Images et TinEye, complémentaires (parfois l’un identifie ce que l’autre n’arrive pas à trouver) et qui lui a servi dans diverses occasions (en général, pour identifier des arnaques dans des annonces de location…).

De son côté, pour faire écho aux récentes évocations d’école communale (par exemple dans la visite du musée national de l’éducation à Rouen, il y a quatre jours), Françoise (P.) montre l’ouvrage À l’encre violette. Un siècle de vie quotidienne à la communale, de Clive Lamming, qui comprend de nombreuses photos4 – en noir et blanc principalement, assez sombre et triste, selon Françoise.

Michel remarque que l’école communale ne s’appelle plus ainsi de nos jours, mais, comme le précise Sylvie, « école primaire ». Il trouve cet abandon regrettable, « communale » suggérant ce qui est commun à tous, et quand on dit de quelqu’un qu’il est primaire, ce n’est pas un compliment !

À ce propos, Jean-Philippe conseille d’écouter l’enregistrement de l’émission Répliques d’Alain Finkielkraut chez France Culture de ce matin consacrée à Régis Debray, retraçant son parcours depuis la lutte armée et politique en Amérique latine jusqu’à ses engagements et réflexions plus récentes autour de la « médiologie » ainsi qu’également la place de l’Histoire et de la Nature pour comprendre l’actuel changement de paradigme. Michel en profite pour raconter avoir croisé Régis Debray chez Marcel Bénabou, alors, et toujours, secrétaire définitivement provisoire (c’est son titre officiel) de l’Oulipo (et donc encore un écho à Clémentine Mélois, membre du même organisme…).

Pour finir, Sylvie rappelle que ce soir a lieu La Nuit des musées, qui se fera de façon virtuelle, ou, comme le précise la Ville de Paris, sous la couette… Elle fournit aussi un lien récent en provenance du Grand Palais consacré à la naissance du fauvisme.

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1. On trouvera ici l’article que Libération a consacré à ce « documentaire » dans sa rubrique Check News.

2. Il s’agit de Franchise (en français : Le Votant) d’Isaac Asimov. On trouvera ici un extrait très significatif (en français) de l’essence de cette nouvelle.

3. Le titre se poursuit, comme celui de recueils bien plus anciens, par « …et cependant indispensables aux personnes telles que : acrobates, ajusteurs, […] xylographes, yogis, zingueurs et bricoleurs en tous genres… » En feuilletant l’ouvrage, ne pas oublier de lire la très fine ligne de citations en bas de chaque page !

4. Provenant, pour une bonne part, de quatre musées de l’éducation dont celui de Rouen… Cf. cet article.

13 novembre 2020

Apéro virtuel II.12 – vendredi 13 novembre 2020

Classé dans : Littérature — Miklos @ 23:59

Françoise (C.) arrivée quelques instants avant Jean-Philippe puis Sylvie, elle exprime à Michel sa sidération sur le fait qu’on puisse cliquer sur un mot d’une phrase (par exemple : « cliquez ici ») pour que s’ouvre une autre page ou fenêtre à l’écran avec du texte, des images ou de la musique. Michel explique que cette technique, appelée hypertexte, est vraiment simple à comprendre : il tâchera de l’expliquer ici prochainement.

Jean-Philippe étant arrivé, une discussion s’engage sur les prénoms – il y a parfois jusqu’à trois Françoises présentes aux apéros, ce qui réduit de beaucoup le taux d’erreurs dans la remémoration du prénom à insérer dans le « Bonjour X ». Il rajoute que non seulement il y avait (et il y a toujours) des modes, mais autrefois il y avait une régle­men­tation beaucoup plus stricte qui n’autorisait que certains prénoms et pas d’autres, alors qu’aujourd’hui quasiment tous sont permis, à cause d’un grand débat qui a eu lieu dans les années 1980 autour du prénom « Cerise », interdit jusque là. Michel raconte que ses parents ont eu du mal (mais réussi) à l’inscrire à sa naissance (qui prédatait de loin celle de la fameuse Cerise) sous le prénom « Michael » que Françoise (C.) associe avec le dragon…

Passant aux choses sérieuses, Michel demande aux participants d’identifier ce qui se trouve en fond de son écran (voir ci-dessus). Sylvie n’hésite pas à y lire « Le DVD » (même quand on lui dit de mieux regarder !), alors que Françoise (C.) parle plutôt d’un poème. C’est Jean-Philippe qui l’identifie comme une variante du Dormeur du val d’Arthur Rimbaud – poème qu’il avait lu à l’apéro d’avant-hier… – à quoi Michel précise qu’il ne s’agit pas d’une variante, mais du texte original, où certains groupes de mots ont été remplacés par leurs initiales : ainsi, « Le DDV » dénote « Le Dormeur du val », « HDA » pour « haillons dargent », etc. Cette Anthologie de la poésie française pour l’administration est l’œuvre de Clémentine Mélois, plasticienne membre de l’Oulipo (faut-il s’en étonner ?), qui fait de jolis détournements humoristiques de couvertures de livres, de poèmes, d’images, de tableaux, d’affiches… par de subtiles modi­fi­cations des illustrations et des jeux de mots savants sur les titres et les textes, qui, souvent, expriment aussi une critique politique ou sociale sous-jacente ; il faut évidemment connaître les originaux pour appré­cier ses transformations très oulipiennes. Michel montre alors quelques photos qu’il avait prises lors d’une exposition des œuvres de Mélois sur laquelle il était vraiment tombé par hasard, exposition intitulée « Lit tes ratures ! Ou Une exposition à rater » : dès les trois premiers mots, deux jeux : ils se prononcent « Littérature », et le mot ratures est utilisé dans la seconde moitié du titre, à lire ainsi « Une exposition à ne pas rater » (« ne pas », parce que « rater » est barré…).

Françoise (P.) débute un quiz poétique : elle lit les premiers vers d’un poème, les présents devront dire la suite et l’identifier. Ainsi, on entend successivement :

  1. Le temps a laissé son manteau / De vent de froidure et de pluie…
  2. Frères humains qui après nous vivez… (dont Michel transforme intentionnellement le troisième vers à la Mélois : « Car si pitié de nous pauvres Ave Maria…),
  3. Mignonne, allons voir si la rose…
  4. Quand vous serez bien vieille, le soir à la chandelle…
  5. Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage…
  6. Coucher trois dans un drap, sans feu ni sans chandelle…
  7. Les Levantins en leur légende / Disent qu’un certain Rat, las des soins d’ici-bas…
  8. L’épi naissant mûrit de la faux respecté…
  9. J’irai, j’irai porter ma couronne effeuillée / Au jardin de mon père où revit toute fleur…
  10. J’ai voulu ce matin te rapporter des roses…
  11. Ainsi, toujours poussé vers de nouveaux rivages…
  12. Les nuages couraient sur la lune enflammée…
  13. Maintenant que Paris, ses pavés et ses marbres / Et sa brume et ses toits sont bien loin de mes yeux…
  14. Je suis le ténébreux, le veuf, l’inconsolé…
  15. Mon enfant, ma sœur, / Songe à la douceur / D’aller là-bas vivre ensemble !… suite à quoi Michel en fait écouter sa mise en musique par Henri Duparc, chanté par la soprano Kiri Te Kanawa accompagnée par l’Orchestre symphonique de l’Opéra national de Bruxelles, sous la direction de Sir John Pritchard (1984). Puis, Sylvie cite un poème du même, « Je suis belle, ô mortels ! comme un rêve de pierre… »
  16. Les sanglots longs / Des violons / De l’automne / Blessent mon cœur / D’une langueur / Monotone…
  17. Mon âme est une infante en robe de parade / Dont l’exil se reflète, éternel et royal

Michel raconte, qu’ayant quitté la France à 14 ans pour revenir en Israël, il n’y avait pas étudié des poèmes en français, donc ceux qu’il connaît soit prédatent ce départ (et donc appris plutôt commen enfant) ou découverts par intérêt personnel plus tard. Il a surtout étudié des poèmes en hébreu, puis quelques-uns en anglais – Sylvie mentionne de son côté The Daffodils – puis, lors de son séjour de plusieurs années aux USA, il y découvre nombre de poètes américains – donc plus contemporains – de grande qualité, à l’instar de John Ashbery, e. e. cummings (en minuscules initiales), Emily Dickinson, Donald Justice, le quasi oulipien Ogden Nash, Edna St. Vincent Millay…

Sylvie lance « J’ai mis mon képi dans la cage / et je suis sorti avec l’oiseau sur la tête… », dont Françoise (P.) identifie rapidement le poète, puis poursuit avec « Il dit non avec la tête… », du même. C’est le fameux cancre, dont Michel dit que ce n’était pas parce qu’il était bête, mais plutôt hors système, et c’est sans doute l’instituteur qui n’avait pas su lui en ouvrir les portes. Jean-Philippe ajoute qu’un tel poème est plus facile à apprendre pour un cancre, il s’y reconnaît, ce n’est pas si loin de sa propre expérience. Mais il est vrai que le titre « Le cancre » n’est pas une étiquette flatteuse… On se met alors à rechercher un titre alternatif : « Le nul » pour Françoise (P.), « Le mec vraiment libre » pour Michel, voire « Le mec qu’en a rien à foutre » pour Françoise (P.), « Le keum qu’est libre » pour Sylvie.

Jean-Philippe prend alors la parole pour continuer dans le sens de ce qui s’était dit aujourd’hui et hier ; il présente un ouvrage de Hubert Haddad, frère de Michel Haddad dont Sylvie avait parlé hier : Le Nouveau Magasin d’écriture, compilation de nombreux carnets (le livre fait presque 1000 pages…) dans lesquels cet auteur très productif avait noté des idées souvent abracadabrantes et inexploitables pour de futurs romans mais sur lesquelles on peut laisser son imagination gambader.

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